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Publié par Patrick Granet

Les répercussions du séisme provoqué par l’élection de Donald Trump se font encore sentir. Les classes dominantes américaines sont divisées autour de l’affaire des emails de l’équipe de campagne des Démocrates. En effet, dans les mois qui ont précédé les élections, plusieurs dizaines de milliers de messages ont été piratés et dévoilés, mettant à mal la stratégie électorale de la candidate démocrate. Certains vont jusqu’à dire que sans cette histoire, elle aurait remporté les élections et qu’il s’agit tout bonnement d’un trucage des élections US, mis en œuvre pour favoriser le candidat républicain.

Depuis le mois d’octobre, avant le scrutin, l’administration d’Obama accusait déjà Moscou d’être impliqué dans cette histoire, dans le but de biaiser le processus électoral états-uniens. Mais l’affaire connaît aujourd’hui un nouveau rebondissement, après la fuite d’un rapport de la CIA dans la presse, mettant directement en cause le pouvoir russe dans une tentative délibérée de faire élire Trump plutôt que Clinton. Depuis quelques jours, les déclarations se multiplient dans le camp démocrate.

« Je ne pense pas que des événements aux ramifications aussi importantes se produisent au sein du gouvernement russe sans que Vladimir Poutine ne soit au courant, a déclaré Ben Rhodes, proche conseiller d’Obama, sur la chaîne MSNBC ce jeudi. En dernier ressort, Vladimir Poutine est responsable des actions du gouvernement russe ».

Le même soir, au cours d’un entretien à la radio NPR, Obama a décrété : « Il est clair que si un gouvernement étranger, quel qu’il soit, tente d’entacher l’intégrité de nos élections, alors nous devons agir ».

Ce vendredi, Obama s’est exprimé plus largement sur la question au cours d’une conférence de presse. Il a notamment déclaré que la question nécessitait une plus ample réflexion, afin de déterminer à quel point l’affaire a influencé le résultat des élections. Il a également affirmé avoir déjà demandé personnellement à Vladimir Poutine de cesser les « cyberattaques », au risque de s’exposer à des « conséquences sérieuses ». « Les Russes sont efficaces en partie parce qu’ils ne disent pas ce qu’ils font. Ce n’est pas comme si Poutine criait sur tous les toits ce qu’il commet. »

Des enquêtes parlementaires ont par ailleurs été ouvertes par les Républicains du Congrès, afin de faire le jour sur le rôle de la Russie au cours de la campagne présidentielle états-unienne. Dans son propre camp, seul Donald Trump et quelques-uns de ses proches continuent à montrer un visage résolument pro-russe, allant à l’encontre de l’orientation traditionnelle de son propre parti. Donald Trump est « la seule personnalité américaine à ne pas encore avoir concédé que les Russes ont lancé une grande campagne clandestine d’influence contre les États-Unis » a ainsi déclaré Michael Hayden, ancien patron de la CIA. Dans le même temps, à Moscou, on récuse toutes les accusations portées à l’encontre de Vladimir Poutine.

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