Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Patrick Granet

« Nuit Debout, ça existe encore ? »

LE MONDE | 28.05.2016 à 14h55 |Par Nathalie Quintane (Ecrivaine et poétesse)


Réagir Classer

Partager (127)Tweeter

image: http://s1.lemde.fr/image/2016/05/28/534x0/4928335_7_edda_manigestation-nuit-debout-a-toulouse-le-19_8192ea17b6c57ea44a0e5d1b629834f5.jpg

Par Nathalie Quintane, écrivaine et poétesse

Une enquête récente, réalisée par un collectif de chercheurs et parue dans Le Monde, proposait une sociologie des Nuit debout, et concluait par ces mots : « Une limite à l’extension du mouvement réside probablement dans la perception qu’en ont ceux qui se suffisent de descriptions univoques. Voulant clore la question de ce qu’il est, ils s’interdisent la possibilité d’être surpris par le mouvement. »

Le fait qu’une partie non négligeable de mes amis de gauche soient absents du mouvement, que ce soit à Paris ou en province (où je vis), n’a pas laissé de m’interroger dès le début. Si l’on écarte celles et ceux qui sont malades, trop âgés, qui travaillent de jour comme de nuit, qui viennent d’avoir un enfant ou qui en ont beaucoup, il en reste tout de même un certain nombre qui préfèrent rester chez eux. Comme je les croisais à une occasion ou à une autre, j’en venais à aborder le sujet. De ce qu’ils m’ont dit, j’ai gardé ces trois phrases :

« C’est des réunions Télérama, quoi ! » Au-delà de la sociologie rudimentaire des médias, qu’on colporte par paresse et par indifférence, et qui réduit les Nuit debout à un rassemblement bobo, il y a chez mes amis de gauche la crainte de la ringardise, du retour à l’époque des militants moustachus en

Trêve générale à Nuit debout

Que reste-t-il de Nuit debout ? Place de la République, à Paris, plus grand-chose, à part quelques dizaines de personnes quand le temps le permet. L’assemblée générale a levé le camp, les curieux aussi. Envolés les slogans « Un joyeux bordel est possible », « A la fin, c’est nous qu’on va gagner ».

Lancé le 31 mars, au soir de l’une des plus grosses manifestations contre la loi travail, Nuit debout fêtait ses cent jours, vendredi 8 juillet. Trois mois plus tard, rares sont les commissions thématiques, qui pullulaient au plus fort du mouvement, à subsister. Idem pour toutes les déclinaisons qui avaient pu voir le jour, de Radio debout à Banlieues debout.

Tout sauf spontané, ce mouvement a été planifié par une poignée de militants autour de François Ruffin, réalisateur du film Merci patron ! L’idée était de « ne pas rentrer chez soi » et de se réapproprier une place comme espace citoyen.

« Catalyseur »

Jusqu’à la mi-mai, Nuit debout a attiré de petites foules, sympathisants de gauche, syndicalistes, déçus de François Hollande, jeunes, riverains, simples passants. Les politiques n’y sont pas les bienvenus, les chefs non plus.

La parole est libre et les AG n’en finissent plus de ne pas décider. « L’un des acquis de Nuit debout, c’est d’avoir fait émerger plusieurs questions dans le débat public : celles de la démocratie, du capitalisme financier, du rapport au pouvoir politique, des nouvelles formes de solidarité ou de la contestation du productivisme, explique le politologue Gaël Brustier....

Commenter cet article