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Publié par Patrick Granet

~ En ces temps où le débat sur l’énergie nucléaire fait rage, il est bon de replonger aux sources. Avec Fournier, qui a écrit dans l’Hebdo Hara-Kiri, puis dans Charlie-Hebdo, où il a su imposer l’écologie. Puis, il a créé le mensuel « La gueule ouverte », le journal qui annonce la fin du monde. Rien de moins. Fournier et ses amis étaient résolument « catastrophistes », ce qui a parfois provoqué des vagues. Malgré des prévisions très pessimistes, parfois à très court terme, la fin du monde n'a pas encore eu lieu. Leur acte de naissance a été la lutte anti-nucléaire. Nucléaire militaire, nucléaire civil. Même s’ils n’hésitaient pas à élargir leur contestation : pollutions diverses et variées, société de consommation.

Ils étaient contre la centrale de Fessenheim, contre la centrale de Bugey. Elles font encore, malheureusement, la une des journaux. Seront démantelées ? Continueront ? C'est un des enjeux de la présidentielle à venir. Enjeu qui, au passage, ne concerne pas que la France... Si on les avait écoutés, on n’en serait pas là. Elles n’existeraient tout simplement pas. Et je parie que la terre continuerait de tourner. Et si ça se trouve, on ne s’éclairerait même pas à la bougie…

Ce bouquin, pour moi, c’est beaucoup de nostalgie. J’étais trop jeune pour les manifs contre Bugey 01. Par contre, je découvrais Charlie-Hebdo, j’ai milité au GARM (Groupe d’Action et de Résistance à la Militarisation), qui a su semer ses graines de non-violence, d’objection et d’insoumission parmi la jeunesse lyonnaise. Et contre les essais nucléaires à Mururoa. Puis, bien entendu, le Larzac, le refus de l’impôt qui accompagnait cette lutte. . Sans compter un rassemblement dans le Jura, organisé par « La gueule ouverte » (Isabelle Cabut, si mes souvenirs sont bons), sur le thème des écoles parallèles, de l’éducation libertaire

. Futur instit, j’ai sans doute appris plus à ce rassemblement, dans les divers groupes militants où j’ai évolué, que sur les bancs de l’école normale d’instituteurs de Lyon. Je découvrais la vraie vie, celle qui bouge, qui crée, qui ose inventer une autre parole que la parole officielle, celle des Zautorités Zofficielles de l’époque.

Un livre à lire si vous êtes adeptes d’une écologie qui, à chaque instant, souhaite réinventer la vie, une autre vie, sans concessions à un vieux monde qui a engendré des monstruosités comme le nucléaire. Et bien d’autres.

Ce livre nous rappelle aussi que l’itinéraire de l’écologie, l’itinéraire des écologistes n’est pas un long fleuve tranquille. A trop vouloir magnifier la terre, certains se sont parfois perdus dans une écologie loin d’être sociale. Au minimum conservatrice (au sens de conserver, ne rien changer ; car c’était tellement mieux avant…). Parfois même réactionnaire, avec la tentation autoritaire qui est en embuscade, juste derrière. Mais c’est la vie, et il faut aussi connaître ce genre d’itinéraire.

~ Un petit regret sur la forme : certaines chroniques de l’Hebdo Hara-Kiri, ou de Charlie hebdo, sont longues à lire. Pour ma part, j’aurais souhaité un peu plus de « gueule ouverte ».

Et peut-être plus de détails historiques, et moins de reproductions de chroniques. Mais on ne peut jamais contenter tout le monde…

Pour finir, dernier clin d’œil aux Lyonnais : cette lecture m’a remis en mémoire les « fêtes des fous », les manifs à vélo des années 72 / 73 / 74. Je ne me souviens plus des dates exactes. J’y étais. Nous y étions. Et certes, on n’a pas changé la vie. Mais on a bien rigolé. C’est déjà pas mal, non ?

Et si on réinventait une écologie, une contestation où on rigole ?

Fournier n’aimait pas trop. Moi, j’aimais bien… Charlie Hebdo n° 101, 23 octobre 1972 Publié par JM Lacroûte à 12:02

 "Fournier, précurseur de l'écologie"

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