Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
SERPENT -  LIBERTAIRE

anarchiste individualiste

Publicité

Facebook, Snapchat : sans les bourses, ils seraient impuissants

Facebook, Snapchat : sans les bourses, ils seraient impuissants
Publicité

Les grands noms de la « tech » ont besoin de financements considérables pour se développer. Des sommes qu’ils obtiennent en bourse avec plus ou moins de réussite, comme en témoigne la récente dégringolade de l’action Snapchat, qui n'est pas sans rappeller les débuts houleux de Facebook au Nasdaq.

Il y a à peine plus d’un an, Snapchat débarquait en bourse. Une introduction sur les marchés financiers logique, alors que l’application revendiquait plusieurs centaines de millions d’utilisateurs à travers le monde. Depuis, le montant d’une action « Snap Inc » a presque perdu la moitié de sa valeur. En ce début de mai, l’entreprise a connu un important soubresaut, voyant son cours chuter de 10%. La faute, semble-t-il, à « des résultats trimestriels inférieurs aux attentes », comme l’indique la presse économique.

Ces turbulences envoient des signaux négatifs aux investisseurs et traduisent l’incertitude qui entoure l’avenir de nombreux acteurs de la Silicon Valley. Pour Snapchat comme Facebook, une présence en bourse fait pourtant figure de passage obligé, permettant d’obtenir des sommes considérables, indispensables pour se développer. Malgré plusieurs années consécutives de déficit, il faut rappeler que la firme de Mark Zuckerberg a investi sans compter pour assurer sa croissance. Les milliards récoltés au Nasdaq ont donné au réseau social les moyens de croître et de pérenniser son modèle, puisqu’il parvient aujourd’hui à dégager d’importants bénéfices.

À l’instar de Snapchat aujourd’hui, Facebook a connu une série de péripéties en s’aventurant dans le monde indomptable de la finance. Des galères qui ont d’ailleurs débuté dès les premiers jours, au moment de sa fameuse introduction. Un épisode qui offre sans doute quelques clés pour entrevoir le futur de « Snap » et comprendre l’instabilité qui caractérise son cours.

Zuckerberg revient de loin

Avant de se retrouver dans la tourmente à cause du scandale Cambridge Analytica, le PDG de Facebook s’est longtemps fait des cheveux blancs en suivant les cours boursiers.

Au printemps 2012, François Hollande se prépare à rejoindre l’Élysée. Pour autant, les investisseurs américains n’en ont cure, leurs yeux sont en effet rivés sur la première cotation du titre Facebook. En l’espace de quelques heures, l’entreprise lève 16 milliards de dollars, tandis que Mark Zuckerberg grimpe en flèche dans le classement des plus grosses fortunes américaines. Pourtant, ces sommes mirobolantes s’avèrent insuffisantes : dès les premiers jours, le cours de l’action enchaîne les séances de chute. « 32 milliards de dollars de capitalisation boursière sont partis en fumée », lance alors Le Figaro, alors que dans le même temps, Le Mondes’interroge sur les « raisons d’un fiasco ».

175 $ 
Le montant d'une action Facebook aujourd'hui, contre 38 dollars lors de son introduction en bourse. PARTAGER SUR TWITTER

Données fournies par le Nasdaq

Du côté de la Silicon Valley, la brusque chute en bourse connue par Snapchat ces derniers jours constitue une piqûre de rappel salvatrice. Elle illustre la volatilité d’un secteur où la valeur ne dépend plus de la taille des usines, du nombre d’ouvriers ou du degré de perfectionnement des machines-outils. Contrairement à d’autres multinationales, figures d’industries plus « traditionnelles » (automobile, assurances, BTP…), les entreprises de la tech basent leur modèle sur l’innovation et les services qu’ils apportent à leurs utilisateurs. L’investissement dans un géant d’Internet n’a rien à voir avec celui dans un constructeur de trains ou un spécialiste de la métallurgie, qui disposent de site et d’outils de production, d’une production « physique », « palpable ».

Au cœur de cet univers, la notion de confiance règne en maître. Confiance dans l’avenir, dans les capacités à développer de nouveaux services, à s’adapter aux usagers, à bousculer les usages. Un pari sur le futur, en somme, au caractère assez spéculatif. Dans ce contexte, les risques de bulle se trouvent multipliés. Les investisseurs se fient à des indicateurs moins concrets qu’un nombre de voitures sorties d’usines ou de prêts contractés (dans le cas des banques). Ils font avant tout un pari sur l’avenir et prennent des risques en pariant sur les futures annonces des sociétés qu’ils soutiennent. Au tout début des années 2000, l’éclatement de la « bulle Internet » aux États-Unis a bien montré l’emballement irrationnel qui accompagnait le développement des start-ups.

Sommes-nous à l’aube d’une déroute similaire avec les nouveaux géants que sont Facebook, Snapchat, ou bien encore Dropbox – entré en bourse il y a peu ? Sans boule de cristal, impossible de jouer au prophète. Quelques signaux, s’ils ne doivent pas nécessairement nous alerter, posent en tout cas question. La valeur intrinsèque de Snapchat par exemple : sa capitalisation de 17 milliardsinterpelle, surtout lorsqu’on la compare à celle d’autres entreprises majeures. Figure de l’aéronautique, la compagnie American Airlines affiche pour sa part une capitalisation proche, de 21 milliards. Quand figurent d’un côté une application mobile et quelque 3 000 salariés, de l’autre, on retrouve une vaste flotte d’avions, une existence presque centenaire et environ 126 000 salariés. Une dichotomie peu rationnelle au premier regard.

Sans doute faut-il porter un regard neuf sur l’économie du XXIe siècle, puisque les « vieilles » industries ne parviennent plus à rivaliser avec les têtes de gondole de la tech. Outre-Atlantique, le classement des plus importantes capitalisations boursières place Apple, Amazon, Microsoft, Alphabet (Google) et Facebook aux cinq premières places. Leur puissance financière leur donne aujourd’hui un pouvoir semblable à celui des États. Pour s’en convaincre, rappelons qu’en début d’année dernière, le Danemark nommait un ambassadeur dans la Silicon Valley. Son rôle : adapter les outils de la diplomatie pour inventer une « techplomatie ». Rien que ça

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article