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SERPENT -  LIBERTAIRE

anarchiste individualiste

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Après les matraques et l’expulsion du Mirail, quelles perspectives pour nos luttes ?

Après les matraques et l’expulsion du Mirail, quelles perspectives pour nos luttes ?
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Dans la nuit du mardi 8 au mercredi 9 mai, les forces de répression sont entrées sur le campus du Mirail et en ont brutalement expulsé les étudiants et leurs soutiens qui l’occupaient. Quelle forme prendra la contestation et la colère des travailleurs et des étudiants du Mirail, aujourd’hui « en exil » ?

La décision d’expulser le Mirail à coups de matraque est lourde de sens. Cette université toulousaine connaît une mobilisation historique, de par sa durée, sa radicalité, et les nombreux retournements de situation qui l’ont jalonnée. Initiée par les personnels, rapidement rejoints dans la bataille par les étudiants, quelles perspectives s’ouvrent après l’évacuation policière, pour toutes celles et ceux qui avaient fait du Mirail le foyer de la contestation à Toulouse ?

D’une lutte locale à une mobilisation nationale

À l’origine de la mobilisation, qui a débuté à la mi-décembre : une trahison. Celle de Daniel Lacroix, ancien président de l’université, qui a utilisé sa voix « prépondérante » dans un conseil d’administration pour faire passer le projet de fusion des universités toulousaines. Un coup de force en radicale opposition avec les résultats d’une consultation – sorte de référendum universitaire – au cours de laquelle les étudiants et les travailleurs du Mirail s’étaient largement exprimés contre la fusion.

Un évènement sans précédent sur le campus, qui a révélé largement le véritable visage de la « démocratie » universitaire. Celui d’un mépris total pour les principaux acteurs de l’université, pour celles et ceux qui la font fonctionner au quotidien, c’est-à-dire les étudiants et les personnels.

Quelques jours plus tard, le 13 décembre, les personnels BIATSS (travailleurs des bibliothèques, ingénieurs, administratifs, techniciens, sociaux et de santé) se réunissaient à plus de 200 en assemblée générale, et votaient la grève. De leur côté, les enseignants-chercheurs étaient majoritairement favorables au projet de fusion des universités, raison pour laquelle ils sont encore aujourd’hui les grands absents de la mobilisation, qui a pourtant dépassé le cadre local depuis longtemps déjà.

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Les images prises par les étudiants eux-mêmes, en contradiction totale avec ce qu’affirment les médias traditionnels, montrent clairement que cette expulsion s’est faite dans la violence, à l’instar de l’évacuation de Nanterre, Tolbiac et tant d’autre facs avant elles. Coups, blessures, grenades, matraques et un blessé grave… Ce choix du tout répressif, opéré par le gouvernement, est lourd de sens.

Quels acquis et quelles perspectives ?

En choisissant la matraque, Macron et ses sbires ont fait le pari de tuer dans l’œuf la colère étudiante. L’expulsion violente du Mirail est le fruit d’une décision politique : celle d’étouffer par la force une lutte, exemplaire par de nombreux aspects. Mais quelle que soit l’issue de la mobilisation, des acquis centraux ont été arrachés depuis le 13 décembre. L’auto-organisation exemplaire des BIATSS et les liens profonds tissés entre les différents secteurs mobilisés, une compréhension accrue du véritable rôle du gouvernement mais aussi de la soi-disant « démocratie » universitaire, des réflexes de lutte assimilés par une large couche du mouvement étudiant…

Aujourd’hui, les grévistes du Mirail sont en « exil », dépossédés de leur lieu d’étude et de travail. Mais la colère reste vivace et dépasse largement le simple rejet des lois scélérates de Macron. Hors de l’université, la mobilisation s’organise désormais dans la ville, à l’image de l’assemblée générale qui a suivi l’expulsion et qui s’est tenue place du Capitole, en plein centre de Toulouse. Forcés de trouver de nouveaux moyens de lutte, les étudiants et les personnels devront désormais empêcher la tenue « normale » des examens déplacés dans des salles municipales et amplifier le rapport de force par des actions communes avec les autres secteurs en lutte, à commencer par les cheminots.

L’ensemble du monde du travail et de la jeunesse s’affrontent à un ennemi commun : Macron, son gouvernement et sa police. La seule réponse à même de le faire reculer est une réponse d’ensemble, une lutte commune de tous les secteurs attaqués conjointement par le gouvernement, qui dépasse les intérêts corporatistes de chacun et qui s’exprime dans une grève massive.



 

MOTS-CLÉS

 Plan Etudiants   /    mouvement étudiant   /    Fusion des universités   /   Sélection à l’université   /    Mirail   /    Toulouse   /    Université   /    Jeunesse

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