— En Turquie
La négation de l’identité du peuple kurde (15 millions de personnes soit 20% de la population) est implacable. Depuis les années 1980, la lutte entre la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et l’armée turque a fait plus de 40 000 morts. La région du Kurdistan est placée sous état d’urgence. Mais les Kurdes participent aussi au jeu politique et électoral. En juin 2015, le jeune parti prokurde, Parti démocratique des peuples (HDP) obtient avec 13 % des sièges un groupe d’élus au Parlement. Mais en novembre 2015, dans un climat de quasi-guerre civile, lors de nouvelles élections, son score tombe à 11%. Depuis la tentative de coup d’État par une partie de l’armée contre le président Erdogan en juillet 2016, les responsables kurdes, comme une partie des forces vives du pays, sont emprisonnés. Et ses élus ne siègent plus au Parlement.
— En Syrie
Avec 2 millions de personnes (soit 9 % de la population), les Kurdes représentent la minorité la plus importante du pays, concentrée principalement au nord-est, mais aussi à Alep et à Damas. Depuis la guerre menée par le pouvoir contre la volonté de démocratie de la population syrienne, puis l’arrivée sur le territoire syrien de l’Organisation de l’État islamique (OEI), les Kurdes du Parti de l’union démocratique (PYD) ont adopté une stratégie d’autodéfense et se sont trouvés en première ligne dans la lutte contre l’OEI. Le PYD, porteur d’un projet politique intitulé « confédéralisme démocratique » a proclamé l’autonomie de la région le Rojava qu’il a renommée Fédération du nord de la Syrie.
Par ailleurs, près de deux millions de Kurdes vivent en diaspora, dont plus de la moitié en Europe.
