Le piège des accords d’Oslo
Face à la perplexité israélienne, incapable d’étouffer la profondeur du mouvement, le premier ministre de droite Yitzhak Shamir, et Yitzhak Rabin, ministre du Travail, ont tenté de lancer une campagne pour attribuer la responsabilité du "chaos" à Arafat, malgré le fait qu’il était déjà en Tunisie et qu’en 1985 et que lors de la Conférence d’Alger le Fatah et l’OLP avaient déjà capitulé, reconnaissant l’existence de l’État d’Israël et abandonnant leur ancien programme démocratique pour une Palestine laïque et non raciste.
Sous cette domination a surgi le Hamas, qui était "toléré" par le régime sioniste, selon le journaliste israélien Uri Avnery, car en tant que mouvement islamique il a conspiré pour diviser le mouvement national avec un caractère laïc. Alors que les masses étaient organisées en comités de différents types, le Hamas a séparé de ces comités les secteurs les plus paupérisés avec des mesures d’assistance sociale.
Dans le cadre contre-révolutionnaire de la première guerre en Irak lancée par George Bush (père) en 1991 et l’offensive néolibérale, l’impérialisme américain, l’État d’Israël et Arafat ont détourné ce processus par le biais des Accords d’Oslo de 1993 promouvant la solution à deux États. Ceux-ci n’ont été qu’un piège servant à augmenter exponentiellement la colonisation juive des territoires palestiniens de près de 500 000 colons, niant toutes les exigences démocratiques du peuple palestinien, parmi lesquelles le droit au retour de 7 millions de personnes vivant dans la diaspora, principalement dans des camps de réfugiés dans les pays arabes. Le droit à l’autodétermination nationale du peuple palestinien est une tâche qui ne pourra se réaliser que dans la lutte de tous les travailleurs, paysans et peuples du Moyen-Orient contre l’impérialisme, son gendarme sioniste dans la région et les bourgeoisies réactionnaires arabes.
L’actualité
La provocation du président américain Donald Trump de reconnaître officiellement Jérusalem comme la capitale d’Israël coïncide avec la commémoration des 30 ans de ce soulèvement. C’est pour cela que cette date est si importante et l’attitude du président américain encore plus insultante. Aucun pays impérialiste, ni même les États-Unis eux-mêmes dans les administrations précédentes, n’a osé un acte pareil, conscient qu’ils étaient que cela pourrait provoquer une nouvelle révolte palestinienne et forcer les États arabes à se positionner.
Nous en avons déjà eu un aperçu avec les "trois jours de colère" auxquels ont appelé les organisations palestiniennes dans la région. Mercredi 6, à quelques heures de la provocation incendiaire de Trump avec la signature de la résolution, des groupes de chrétiens palestiniens qui sortaient de l’église de la Nativité ont brûlé des affiches avec la photo du président américain. Puis, il y a eu des affrontements entre la population palestinienne de Cisjordanie et l’armée israélienne, qui à l’heure de réprimer a trouvé un allié dans la police de l’Autorité Palestinienne, bien qu’à plusieurs reprises, certains policiers aient refusé de réprimer leurs frères.
Vendredi, la répression de l’armée israélienne (Hagana) a tué un jeune homme et plusieurs dizaines de blessés ont été signalés. Les manifestations ont eu lieu à Ramallah, Naplouse, Belen, Hébron et bien sûr à Jérusalem-Est, auxquelles s’ajoutent des mobilisations massives dans plusieurs pays arabes.
Samedi la Ligue arabe a appelé de toute urgence à une réunion des ministres des Affaires étrangères de ses États pour discuter de la décision des Etats-Unis, le plus grand partenaire d’Israël.
Paradoxalement, à l’occasion de l’anniversaire de la première Intifada, a eu lieu une réunion de dirigeants arabes plus soucieux de maintenir le statu quo dans la région (que Bergoglio lui-même en son caractère de pape a appelé à soutenir) malgré les provocations de Trump et de l’État sioniste d’Israël, dans le but d’arrêter la spontanéité des manifestations et limiter leur développement, mettant ainsi tout en œuvre pour éviter un soulèvement généralisé de la population arabe (musulmane et chrétienne) de cette région.
