anarchiste individualiste
24 Juillet 2015
L’intérêt d’une certaine extrême droite pour l’écologie a des origines anciennes. Le partage de thématiques communes favorise les ponts avec d’autres courants de l’écologie, notamment à gauche1, qui tendent malheureusement à se développer largement depuis quelques années, au cœur même de nos mouvements. Petit tour d’horizon de la mouvance2.
Au sommaire de ce dossier :
Les fondements théoriques de l’écologie d’extrême droite
La Nouvelle droite et l’extrême droite intellectuelle
Le Front national
Alain Soral et les survivalistes
Les Identitaires
Les animalistes
Les catholiques réactionnaires
Quelques ponts confusionnistes
Des médias au service de la confusion
Les fondements théoriques de l’écologie d’extrême droite
L’intérêt d’une certaine extrême droite pour l’écologie a des origines anciennes, notamment en France, et avant même que le mot « écologie » ne soit popularisé. L’invocation des lois naturelles (héritage du catholicisme), du retour à la nature contre la ville qui pervertit est une vielle antienne réactionnaire mise en avant au tournant des 19e et 20e siècles par des traditionnalistes comme Maurice Barrès, tandis que Charles Maurras prônait déjà une forme de régionalisme alliant relocalisation de l’économie et retour aux racines. Maurras d’ailleurs basait ses théories sur une synthèse à la fois du catholicisme et du darwinisme appliqué à la société, ce qu’on a appelé le darwinisme social, à savoir qu’il existe une sorte de « sélection naturelle » dans le corps social, que ce soit au niveau des individus et des groupes, les forts étant « naturellement » appelés à supplanter les faibles. Ces deux manières de défendre l’existence de lois naturelles censées régir la vie humaine ont servi à justifier le repli sur soi et la nécessaire défense du corps social contre ce qui lui est étranger.
Par la suite, Vichy, tout en menant une politique de développement industriel planifiée, a tenté, sans grand succès, de promouvoir un programme de retour à la campagne et sa propagande a toujours mis en avant cette idée que « la terre ne ment pas »3. Bien plus tard, quand le mouvement écologiste se structure à partir de la fin des années 1960, l’une de ses principales références intellectuelles est le libéral Bertrand de Jouvenel, ancien militant d’extrême droite dans les années 19304.
Le rapport mystique à la terre et à une forme d’ordre naturel transcendant a été porté à l’extrême dans certains cercles occultistes et néo-païens allemands dans l’entre-deux-guerres, comme la Société Thulé, fondée par Alfred Rosenberg, eux-mêmes héritiers du courant völkisch de la fin du 19e siècle. Ce dernier, devenu par la suite un haut dirigeant nazi, a tenté de construire une mystique nazie. Il a fini éxécuté suite au procès de Nuremberg. De son côté, la SS a créé sa propre société de recherche des origines d’un prétendu peuple aryen, l’Ahnenerbe. Inspirés par cette philosophie, les nazis ont effectivement adopté des lois de protection des animaux. Aujourd’hui, le mouvement Terre et Peupleanimé par Pierre Vial continue de se réclamer en France du mouvement völkisch et du néo-paganisme.
Du côté du fascisme italien, c’est le théoricien Julius Evola qui a fait le pont entre mysticisme et critique de la modernité, se référant entre autres à l’hindouisme et au bouddhisme. Evola est justement une des références de la Nouvelle Droite.
Si a priori toutes ces idées n’ont pour la plupart qu’un rapport très lointain avec l’écologie politique, elles servent néanmoins de base philosophique à l’extrême droite pour justifier son intérêt pour l’écologie. De plus, on les retrouve encore souvent, au moins partiellement, dans les courants qui allient écologie et mysticisme.
Aujourd’hui, il existe un courant écofasciste très minoritaire qui rêve d’instaurer un régime autoritaire à la faveur de la crise écologique, seul à même selon lui d’opérer la nécessaire transition vers une société post-industrielle en imposant les « sacrifices » nécessaires : retour à un mode de vie plus « simple » et réduction de la population via le malthusianisme mais pouvant aller jusqu’à l’eugénisme et l’élimination des humains jugés surnuméraires. Son principal théoricien est le Finlandais Pentti Linkola. En parallèle, le spectre d’une dictature écofasciste sert de figure repoussoir à nombre d’écologistes humanistes soucieux de mettre en garde contre ce risque.
La Nouvelle droite et l’extrême droite intellectuelle
Alain de Benoist est depuis de nombreuses années un des principaux promoteurs de la nécessité pour l’extrême droite d’investir le terrain écologiste, et un des principaux artisans de rapprochements entre écologistes de gauche et de droite. C’est ainsi que dans les revues de son mouvement, le Grece (Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne, plus connu sous le nom de Nouvelle Droite), on retrouve des signatures comme celle d’Antoine Waechter, Alain Lipietz, Serge Latouche ou le philosophe Michel Serres5. La rubrique « Décroissance et écologie » est la première mise en avant sur le site de ses revues, revue-elements.com et De Benoist lui-même a publié en 2007 un livre intitulé Demain la décroissance ?
Une autre figure importante de ces rapprochements intellectuels est Laurent Ozon, ex-conseiller à l’écologie de Marine Le Pen et longtemps partisan comme De Benoist de l’écologie profonde. C’est sans doute un des écologistes d’extrême droite qui a l’un des plus vastes réseaux d’influence dans ces milieux, entretenant des échanges à la fois avec la Nouvelle Droite et des membres du Mauss (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales). Il a animé entre 1994 et 2000 une revue, Le Recours aux forêts, qui a accueilli des signatures d’horizons extrêmement divers, en vue de favoriser des rapprochements intellectuels entre gens qui normalement ne devraient pas se parler. A gauche, la revue décroissantiste Silence! a accueilli sa signature en 1998.
En 1999, lors de la guerre du Kosovo, il a fondé le collectif Non à la guerre qui a publié un manifeste à l’argumentaire nationaliste signé par trois cent personnalités, dont la liste était un véritable catalogue du confusionnisme puisqu’on y trouvait le chanteur Renaud, Gisèle Halimi, Gilles-William Goldnadel, l’Abbé Pierre, Alexandre Soljenitsyne, Max Gallo, Alain de Benoist, Paul-Marie Couteaux, le Général Gallois, le chanteur Mikis Theodorakis, le dramaturge Harold Pinter, le cinéaste Ken Loach etc. La revue antifasciste Ni Patrie Ni Frontières indique qu’à cette époque, Ozon était « directeur de Nouvelle Ecologie, groupe écologiste lié au club de la Nouvelle Droite, le GRECE, lui-même étroitement lié au Front national. [… ] Ozon travaille étroitement avec le millionnaire anglais Goldsmith dont les idées écologistes ultraconservatrices exercent une énorme influence dans les cercles de la Nouvelle Droite. Dans certains cas, Ozon a agi comme porte-parole de Goldsmith en France. » Participaient aux colloques de la Nouvelle Ecologie Latouche, Waechter, Goldsmith ou De Benoist.
En 2007, Ozon a tenté de présenter une liste localiste à Vendôme puis a créé en 2008 le mouvement Maison commune. En 2008, il est allé promouvoir la relocalisation de l’économie et le régionalisme à la tribune de la Convention identitaire, mais cela ne l’a pas empêché pas de participer, entre mars 2009 et février 2010, à plusieurs réunions constitutives d’Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV). Il a rejoint le bureau du Front national (FN) en janvier 2011, avant d’en démissionner sept mois plus tard parce que ses propos imputant la responsabilité de la tuerie d’Oslo à l’immigration avaient été désavoués par Marine Le Pen.
Dernier cas : Antoine Waechter, dont les proximités avec la Nouvelle Droite, Ozon et Goldsmith ont provoqué en 1999 une crise au sein du Mouvement écologiste indépendant (MEI) (voir aussi ici). Malgré cette casserole, il a retenté à partir de 2003 des rapprochements avec les Verts qu’il avaient quittés en 1994 pour fonder le MEI. En 2009, il a réessayé avec EELV dans la perspective des européennes, mais a échoué et a finalement rejoint la droitière Alliance écologiste indépendante (AEI), aux côtés notamment de La France en Action de Jean-Marc Governatori (actuel co-secrétaire de l’AEI, voir aussi là). Toutefois, il a été second sur une liste EELV la même année aux régionales dans le Haut-Rhin et est élu au second tour. En 2013, toujours président du MEI, il a accordé une interview au journal d’extrême droite Minute dans laquelle il a dénoncé les écologistes d’extrême gauche6 et défendu la ligne « ni à droite ni à gauche » de Nicolas Hulot.
Le Front national
Le fait que le FN parle d’écologie ne date pas de son court compagnonage avec Ozon. Dès 1981, l’écologie figurait au programme de sa pré-campagne. Depuis 1989, le FN met régulièrement en avant les questions écologistes lors des élections auxquelles il se présente. Toutefois, il s’agit plus d’un discours de façade que d’une vraie préoccupation, car en réalité, le parti d’extrême droite utilise l’écologie comme un prétexte pour promouvoir le productivisme, le nationalisme et son programme xénophobe.
Lire la suite sur Luttons contre le FN →
Alain Soral et les survivalistes
Autre ex-conseiller de Marine Le Pen, Alain Soral développe lui aussi un discours pseudo-écologiste, dont il fait commerce. Sur les quatre boutiques en ligne destinées à financer son organisation, Egalité et réconciliation (E&R), trois affichent des thèmes « ruraux » : Au Bon Sens qui vend des produits bio « sains et enracinés », Sanguis Terrae qui vend des vins bio et enfin Prenons le Maquis (ex-Instinct De Survie), qui vend des stages et du matériel survivaliste.
Le courant survivaliste est né aux Etats-unis et est présent au Canada. Il a commencé à s’introduire dans le monde francophone via le Québec. En cas d’effondrement civilisationnel, il parie sur la guerre de tous contre tous plutôt que sur la solidarité collective et prône donc l’autodéfense individuelle et familiale et ses partisans s’y entraînent. Il est principalement porté en France Par E&R et des gens qui en sont proches, comme l’homme d’affaires suisse Piero Falloti dit Piero San Giorgio (voir ici, là et là), auteur du livre à succèsSurvivre à l’effondrement économique, édité par la maison d’extrême droite Le retour aux Sources.
Fin septembre 2012, Alain Soral et Piero San Giorgio se sont rendus au Québec où ils ont donné deux conférences. On a également retrouvé Piero San Giorgio en invité d’honneur de Laurent Ozon lors de la relance récente de son mouvement Maison Commune le 21 septembre 2012. Susceptible de marcher sur les plate-bandes du mouvement décroissantiste, le survivalisme est régulièrement dénoncé par le journal La Décroissance.
D’autre part, E&R ou des organisations proches ont organisé des conférences portant sur des théories du complot sanitaires avec Salim Laïbi alias Le Libre Penseur (dentiste marseillais pour qui le VIH n’existe pas), feue Sylvie Simon (écrivaine défendant des théories du complot sur la santé et l’alimentation), Claire Séverac (ex-chanteuse auteure du livre Complot mondial contre la santé) ou Corinne Gouget (qui dénonce de manière paranoïaque les additifs alimentaires et qui était présente au « Congrès de la Dissidence » organisé le 4 mai dernier à Bruxelles par le député belge d’extrême droite Laurent Louis).
Les Identitaires
Ces dernières années, les Identitaires aussi se sont montrés actifs dans le champ de l’écologie, que ce soit en montant en 2010 « un réseau de distribution directe de produits agricoles entre parisiens préoccupés par tout ce qui favorise l’enracinement et agriculteurs traditionnels » qui se voulait « inspiré des Amaps »7 puis en montant en 2011 une véritable Amap dans la région de Dijon, dans la lignée de l’implantation locale en 2008 deLa Desouchière, énième maison identitaire (on connaît aussi la Vlaams Huis et Ti Breizh, aujourd’hui fermée). Le Projet Apache, branche parisienne de Génération identitaire, a organisé fin 2009 un repas du « terroir d’Ile de France » avec pour slogan « Penser global, manger local »8.
Enfin, les identitaires se sont fait remarquer en 2010-2011 par leurs manifestations contre la « malbouffe » visant notamment la chaîne de restauration rapide Quick, jugée coupable d’avoir ouvert des restaurants halal. Lors de ces manifestations, ils avaient pris pour habitude de porter des masques de cochons, à l’instar de celle qui s’est déroulée à Lyon le 14 mai 2011 à l’initiative du groupe Rebeyne. Un des discours favoris de cette mouvance consiste à lier la dénonciation de la viande halal (et notamment du mode d’abattage des animaux, en oubliant au passage que pour des raisons de coût et de gain de temps, bien des animaux ne sont pas étourdis même lors des abattages « normaux ») et celle d’une supposée « islamisation » de la France. La Fondation Bardot, elle, y rajoute la viande casher.
Réfléchir et Agir, Terre et Peuple, le Mouvement d’Action sociale, La Dissidence, Le Lys noir… On ne compte plus les groupes qui à l’extrême droite tentent d’investir le terrain de l’écologie, tout comme ils tentent de le faire avec le social. Et le phénomène n’est pas que français, puisqu’en Allemagne, une soixantaine d’exploitations bio seraient tenues par des militants du NPD.
Les animalistes
L’emprise de Brigitte Bardot sur le mouvement animaliste, via les nombreux financements que sa Fondation octroie, est connue et rend très difficile toute critique de ses idées xénophobes et réactionnaires au sein de ce mouvement par ailleurs majoritairement caractérisé par une absence de réflexion politique sérieuse, au profit de la mise en avant de postures morales9.
Le meurtre du militant antifasciste Clément Méric le 5 juin 2013 par un militant des Jeunesses nationalistes révolutionnaires de Serge Ayoub a mis en lumière des tentatives d’infiltration de la droite la plus radicale, sujet d’inquiétude croissant pour les militants antifascistes engagés dans la cause de la libération animale. En effet, Esteban Morillo, l’assassin de Clément, avait participé en novembre 2012 à une manifestation contre la fourrure au sein d’un petit cortège de Section Défense Animale, un faux-nez de Troisième Voie. Aux côtés de Morillo ce jour-là, Katia Veloso, elle aussi impliquée dans le meurtre de Clément, mais surtout Nathalie Krier, alors candidate aux élections à la SPA et activiste de la Fondation Bardot.
La même Krier a également été investie (nous ignorons si elle l’est encore) dans le Comité radicalement anticorrida (Crac), aux côtés deJérôme Lescure10, auteur d’un film controversé sur l’Animal Libertion Front (ALF) sorti fin 2012 mais néanmoins soutenu par Charlie Hebdo, Le Vivre ensemble (émission de Radio libertaire), mais aussi Sea Sheperd, la Fondation Bardot, le Klan du Loup (organisation fasciste ayant un logo inspiré de la Waffen-SS11) ou encore le réseau de refuges belges Animaux en Péril12, qui a accueilli en août 2013 un rassemblement animaliste dont ont été exclus environ soixante-dix antifascistes qui demandaient un débat collectif sur ces problèmes. Dès lors, est-ce un hasard si lors d’une action à Bayonne le 9 août 2013, le Crac a publié le communiqué suivant, renvoyant dos-à-dos extrême droite et extrême gauche et menaçant de livrer des militants aux autorités13 ?
« Nous souhaitons par ailleurs dénoncer les tentatives de plus en plus nombreuses d’infiltration des actions en faveur du droit des animaux de la part de groupuscules d’extrême-gauche et d’extrême-droite. […] Dorénavant, le CRAC Europe fera un rappel de son positionnement en début de chaque manifestation ou action. S’il est organisateur, il remettra immédiatement aux forces de l’ordre les perturbateurs identifiés. »
Enfin, parmi les blogueurs influents de cette sphère, notons aussiMaxime Ginolin alias MagickJack, lui aussi proche de Krier et adepte de diverses théories du complot.
Les catholiques réactionnaires
Si depuis qu’elles sont apparues comme un enjeu politique majeur, les problématiques écologistes ont occupé une bonne part des réflexions des courants se revendiquant du christianisme social ou de la théologie de la libération14, on constate cependant depuis quelques mois une offensive des courants catholiques les plus réactionnaires sur ce terrain, émanant tant des instances de l’Église catholique que de mouvements ou d’individus se revendiquant du catholicisme.
L’intérêt de l’Église pour ces questions s’est réveillé surtout sous l’impulsion de Benoît XVI, même si son prédécesseur Jean-Paul II n’était pas en reste. En 2012, le Pape à prononcé lors des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) un discours allant dans ce sens15, et qui annonçait les principales thématiques devant servir de base à son « écologie humaine », le maître-mot étant la sauvegarde de la« Création », mot utilisé en lieu et place de « nature » ou « environnement ». Si ces dernières comprenaient des problématiques chères au mouvement écologiste comme la déforestation ou le gaspillage des ressources pour « alimenter un besoin de consommation insatiable », le Pape y a aussi lié des thèmes moraux chers aux réactionnaires, dénonçant par exemple « l’abus d’alcool et de drogue, l’exaltation de la violence et la dégradation de la sexualité, qui sont souvent présentés par la télévision et par internet comme un divertissement », ainsi que le « relativisme ». Si « les préoccupations au sujet de la non-violence, du développement durable, de la justice et de la paix, de la protection de notre environnement sont d’une importance vitale pour l’humanité », le Pape a tenu à rappeler qu’à ses yeux « Tout cela, cependant, ne peut être compris sans une profonde réflexion sur la dignité innée de toute vie humaine, de la conception jusqu’à la mort naturelle, dignité qui est conférée par Dieu lui-même et qui est, par conséquent, inviolable ». On y est : à travers l’écologie, il s’agit aussi de rappeler l’opposition de l’Église par exemple à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Enfin, s’agissant de critiquer le capitalisme, le Vatican se limite sans surprise à en dénoncer les « distorsions », sans du tout remettre ne cause sa légitimité16.
Ce leitmotiv sert depuis de base aux réactionnaires se revendiquant du catholicisme pour investir le terrain écologiste. Surfant sur le succès des Manifs pour Tous, Tugdual Derville, délégué général de l’Alliance Vita, a par exemple fondé il y a quelques mois le courant Ecologie humaine, dont le nom reprend la terminologie vaticane. Tout récemment, un « Appel de carême 2015 pour la conversion écologique » a été signé par des chrétiens de tous bords politiques, dont deux des co-fondateurs des Poissons roses (un courant catholique proche du Parti socialiste) mais aussi Guillaume de Prémare, ancien président de la Manif pour Tous.
Lors de l’été 2013, un groupe de Veilleurs (mouvement issu des Manifs pour Tous) a tenté d’organiser une marche Bordeaux-Notre-Dame-Des-Landes, mais a été arrêté à Nantes par les militants de Notre-Dame-des-Landes. L’organisateur, Gaultier Bès de Berc, qui se dit proche de certains milieux décroissantistes lyonnais, affichait keffieh et barbiche. Avec des références intellectuelles très éclectiques, il justifiait ainsi sa démarche dans l’hebdomadaire catholique La Vie le 16 juillet 2013 : « le gouvernement impose un aéroport sur une surface agricole. On change la définition pluriséculaire du mariage. Dans les deux cas, il y a une réaction populaire et pacifique. Du coup, nous allons rencontrer des militants de Notre-Dame-des-Landes lors de notre marche en août »17.
Du côté des instances catholiques, le Pape François Ier aurait fait valoir son opposition aux gaz de schiste18 tandis que l’Église catholique de France et la Conférence des Evêques de France organisent des colloques autour de ces thématiques, de même que l’Opus Dei.
Il serait fastidieux de détailler ici toutes les initiatives entrant dans le cadre de cet agenda particulier, mais pour avoir une idée de leur ampleur il suffit de se rendre sur le site confusionniste Reporterre, animé par Hervé Kempf, qui ne manque jamais de relayer la moindre initiative des courants chrétiens engagés dans la lutte écologiste, même lorsque ceux-ci sont fondamentalement réactionnaires19.
Quelques ponts confusionnistes
Le mouvement décroissantiste est sans doute au sein de l’écologie un des plus perméables à ces ponts, et le thème de la décroissance un des concepts écologistes les plus repris par l’extrême droite, y compris en en dénaturant le propos pour parler de « décroissance migratoire »20. Outre le cas Latouche qui a pu entretenir quelques liens avec la Nouvelle Droite (et dont le relativisme culturel est très problématique), rappelons le soutien que Paul Ariès apporte encore aujourd’hui à René Balme, cet ex-élu Front de Gauche et propagandiste complotiste21, ou encore celui de Vincent Liegey, qui a été à la fois porte-parole du Parti pour la Décroissance (il l’est d’ailleurs toujours) et cadre de l’association complotiste ReOpen911, dont il semble s’être détaché depuis22. Est-ce un hasard si la ligne du journal phare de ce courant, La Décroissance, est de plus en plus confuse ?
Le mouvement anti-technologie, qui a de nombreuses affinités avec l’écologie et la décroissance, n’est pas en reste. Outre quelques déclarations passées très douteuses de L’Encyclopédie des nuisances sur la pilule ou l’accouchement sous péridurale dignes de Civitas sous prétexte d’asservissement supposé de la femme à la technologie23, ce sont surtout Pièces et Main d’Oeuvre (PMO) et son éditeur, les Editions L’Echappée, qui se sont illustrés ces derniers mois. PMO a ainsi publié depuis un an plusieurs tribunes contre les antifascistes (qui oublieraient le « fascisme technologique »), un texte issu de L’Ecologiste adoptant un positionnement anti-mariage gay et anti-PMA24 (texte également relayé par Fabrice Nicolino25), et a donné une interview au webzine à tonalité réactionnaire RageMag26. De leur côté, Les Editions L’Échappée ont publié récemment un livre dans lequel on retrouve un article à la gloire du penseur réactionnaire Jean-Claude Michéa rédigé par un proche de Soral, Charles Robin, et un autre sur Pasolini rédigé par Olivier Rey, catholique créationniste anti-« théorie du genre » (voir ici). Alors que la maison d’édition reconnaît ne pas avoir vérifié ses sources, elle se défend en dénonçant les antifascistes pour avoir rendu l’affaire publique27 et en appelant à la vigilance… des autres28 ! Or, ces cas sont malheureusement de moins en moins isolés, comme en témoigne le succès récent du réactionnaire Alexis Escudero auprès de certains militants anti-technologie ou libertaires…
Mais même des figures de l’écologie politique ne sont pas épargnées. La prise de position anti-PMA (procréation médicalement assistée) de José Bové devant plusieurs médias catholiques le 30 avril 2014 a fait polémique29. Quant à Pierre Rabhi et ses Colibris, ils sont également au cœur de collusions douteuses. Encore aujourd’hui, EELV est régulièrement approché par des personnages sulfureux, que ce soit Antoine Waechter ou Jean-Marc Governatori, tandis que Les Verts ont dû exclure en 2005 l’une de leurs fondatrices, Ginette Skandrani30, pour négationnisme. Moins connue mais très active dans la préservation des semences paysannes, l’associationKokopelli diffuse sur son blog les théories du complot de Sylvie Simon entre autres31. Son président, Dominique Guillet, ne croit pas au réchauffement climatique et il l’écrit32.
Des médias au service de la confusion
Cette ligne confusionniste dispose pour prospérer de ses propres médias, essentiellement sur Internet. Le principal est sans doute le site Reporterre, tenu par l’ex-journaliste du Monde Hervé Kempf, qui est prêt à relayer quiconque s’auto-proclame un tant soit peu écologiste.
Autre exemple : Le Cercle des Volontaires, webzine confusionniste proche de divers mouvements d’extrême droite, qui s’intéresse lui aussi de près à l’écologie, relayant des théories du complot (par exemple sur les « chemtrails »33), mais aussi les thèses et activités de Pierre Rabhi, des initiatives de la Confédération paysanne, l’université d’été 2012 des Alternatifs, Kokopelli, certains rendez-vous contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou les gaz de schiste. L’équipe a également couvert une manifestation contre Monsanto le 25 mai 2013. Aux côtés des institutionnels de la lutte anti-OGM (Marie-Monique Robin, le Crigen, Kokopelli, Greenpeace) s’étaient retrouvés ce jour-là les Colibris, Zeitgeist et Corinne Gouget. Depuis, il continue de couvrir régulièrement ces sujets et cette ligne se retrouve chez son pendant webtélévisuel, l’Agence Info Libre, ou sur un autre webmedia à succès, Mr Mondialisation, dont les vidéos à forte tonalité conspirationniste atteignent des dizaines voire des centaines de milliers de vues.
Encouragés par ces relais, des militants d’extrême droite ou des conspirationnistes on tenté à plusieurs reprises de s’introduire sur la lutte de Notre-Dame-des-Landes, sans grand succès heureusement. Un des exemples était feu Erick « Bozz » Mary, fondateur du mouvement quenello-nationaliste FFI 2.0. Il est également arrivé qu’on les retrouve sur les luttes anti-gaz de schiste, par exemple à Lézan fin août 2011, où même des mouvements sectaires avaient pignon sur rue34. Pourtant, les événements récents à la Zad du Testet, lors desquels le syndicat agricole FNSEA avait monté des milices violentes contre les zadistes, montrent à quel point les productivistes et les réactionnaires de tout poil ne sauraient être les alliés des luttes écologistes35, et aussi que, face à eux, nombre de militants savent heureusement s’organiser et résister36.
Conclusion
On le voit, la vigilance est de mise pour les écologistes concernant l’offensive menée actuellement par l’extrême droite. Malheureusement, la naïveté de beaucoup, le manque d’analyse politique de certains qui préfèrent penser ces problématiques sur des bases qui techniques, qui morales mais en général déconnectées du social et de toute critique du capitalisme, la perméabilité aux thèses pseudo-scientifiques et mystiques font qu’il est facile pour des mouvement par nature opportunistes de s’engouffrer dans la brèche. Un combat efficace contre ces dérives ne peut être mené qu’à condition d’avoir un mouvement écologiste inscrit dans les autres luttes, avec une vision proprement révolutionnaire du monde37.
O. G.
En complément, nous vous conseillons :
– Critique de la société industrielle et écologie radicale, de la nécessité d’un positionnement social et antifasciste ! par Carnet de Bord d’un Antifa (20 avril 2014)
– Extrême droite : Les liaisons dangereuses bruns-verts, par Alternative libertaire (12 janvier 2015)
– Extrême droite et écologie, interview de Stéphane François parue dans Les Inrocks et reprise par La Horde (28 décembre 2014)
– La « Nouvelle Ecologie » du Front National, par Esprit critique révolutionnaire (28 janvier 2015)
Mise à jour, 28 juin 2015, 19h40 : ajout d’une phrase sur les lois nazies de protection animale et d’une note sur les contributeurs de gauche de la revue Krisis.
Mise à jour, 17 juillet 2015, 16h07 : ajout d’une phrase sur Maxime Ginolin.
A (re)lire sur Confusionnisme.info :
– Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion
– Nettoyage chez Reporterre : encore un effort !
– La Décroissance par l’incohérence ?
– Saint-Nazaire : des militants de la CGT et des élus FN brisent une lutte écologiste
– L’extrême droite mobilisée contre une ferme industrielle dans la Creuse
– L’Agence Info Libre, organe de propagande présentable de l’extrême droite
– Yves Calvi, Eric Dénécé et les fascistes ukrainiens de Notre-Dame-des-Landes
– Paris Zone de Combat, nouveau webzine réactionnaire
– Découvrez Thierry Casasnovas, le gourou du « manger cru »
– Strasbourg : portrait des deux fachos anti-Monsanto
Image de « une » : Logo du Collectif Nouvelle Ecologie, promoteur d’une « écologie patriote » au sein du Rassemblement Bleu Marine (RBM)
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Notons d’emblée que contrairement à une idée reçue, cette dernière est de toute façon loin d’avoir le monopole du discours écologiste : des courants de droite plus classiques ont toujours été actifs au sein du mouvement, et ont même largement participé en France à sa structuration, à tel point qu’en 1978, la majorité des voix écologistes est allée à Valéry Giscard d’Estaing. Sur ce sujet, lire la contribution de Gilles Richard, « L’élection présidentielle des 26 avril et 10 mai 1981 : fin ou péripétie de « la société libérale avancée » ? » dans Serge Berstein et Jean-François Sirinelli (dir.) Les années Giscard. 1978-1981 : les institutions à l’épreuve ? Armand Colin, 2010, pp. 99-104. ↩
Nous nous intéresseront exclusivement ici aux mouvements réactionnaires et d’extrême droite, avec un petit détour en fin d’article vers quelques acteurs du confusionnisme, mais nous n’aborderons pas la question des mouvements sectaires et mystiques qui pullulent aussi dans certaines luttes et qui mériteraient la rédaction d’un autre article. ↩
Sur Vichy et son rapport au monde rural, lire Robert O. Paxton, La France de Vichy 1940-1944, Editions du Seuil 1973-1997, collection Points Histoire, pp. 253-262. ↩
Passé du Parti radical au PPF de Doriot, il fréquente des milieux allemands pendant la guerre tout en participant à la Résistance. Après guerre, il devient une figure du libéralisme économique tout en prenant part à l’élaboration de la pensée écologiste. Lire Olivier Dard, Bertrand de Jouvenel, Perrin, 2008. ↩
Mais aussi Jacques Julliard, Jean-Luc Mélenchon, Gisèle Halimi ou Bernard Langlois, ce dernier tweetant encore aujourd’hui à l’occasion des textes d’Alain de Benoist : twitter.com/panouille/status/327719464768503808 ↩
C’est-à -dire Mamère, Voynet ou Cohn-Bendit (sic) : minute-hebdo.fr/tout-minute/actualites/616-entretien-avec-antoine-waechter-conseiller-regional-dalsace-chez-les-verts-la-culture-dextreme-gauche-fait-tout-foirer ↩
Voir le site des identitaires parisiens sur Archive.org. ↩
Voir sur Archive.org ↩
De plus, si elle en a l’occasion, la Fondation Brigitte Bardot n’hésite pas à tenter d’étouffer les critiques par la voie judiciaire. S’agissant de xénophobie, notons aussi celui de Paul Watson, le leader de Sea Shephard : http://alerte-environnement.fr/2013/11/15/quand-des-journalistes-servent-la-soupe-a-paul-watson/ Voir aussi là. ↩
Délaissant toute analyse de classe, l’homme pense que « L’être humain est surprotégé par rapport au reste du règne animal, et se donne le droit de l’exploiter. Moi, je suis militant et je suis né comme ça. Mon combat, c’est les animaux, je ne sais pas l’expliquer. […] Oui, c’est l’ultime combat. » animauxenperil.be/pdf/pdf-publications/interview-jl.pdf ↩
Voir le site vegan straight-edge La Terre d’abord. ↩
alf-lefilm.com/les-partenaires-ins110.html ↩
anticorrida.com/actu/tous-ensemble-a-bayonne-2/ ↩
En France, ce sont par exemple le pasteur Stéphane Lavignotte (Ensemble!) et le philosophe marxiste Michaël Löwy (NPA) qui contribuent à promouvoir aujourd’hui la vision écologiste de ces courants progressistes du christiannisme. ↩
Voir ici : la-croix.com/Religion/Actualite/Devant-la-Curie-Benoit-XVI-promeut-une-ecologie-humaine-_NG_-2008-12-22-681727 ; là : zenit.org/fr/articles/benoit-xvi-presente-les-bases-d-une-ecologie-humaine et là : qe.catholique.org/la-une-news/20389-benoit-xvi-presente-les-bases-d-une-ecologie ↩
reporterre.net/Le-Vatican-favorable-a-une ↩
http://www.lavie.fr/actualite/societe/gaultier-bes-le-clivage-gauche-droite-n-a-pas-de-sens-pour-moi-16-07-2013-42579_7.php ↩
reporterre.net/Le-pape-Francois-est-oppose-au-gaz ↩
Par exemple ici : reporterre.net/DOSSIER-Ecologie-spiritualite-et ↩
la-dissidence.org/2013/07/29/debat-laurent-ozon-albert-ali/ ↩
Sur son site Oulala.info, toujours confusionnsite, René Balme relaie également les luttes écologistes. S’agissant d’Ariès, on peut aussi se demander au vu de son discours très républicain comment il entend promouvoir une société de la décroissance sans remettre en cause l’État, pourtant bras armé du capital. ↩
Sous le pseudonyme Kyja, il a interviewé en 2008 Thierry Meyssan pour cette association. Parmi les autres leaders de ce groupe, on trouve plusieurs militants d’extrême droite ou confusionnistes. Depuis de nombreux mois, on ne trouve cependant plus trace de ReOpen911 sur le Facebook de Vincent Liegey. ↩
« Car c’est chaque fois de manière à nous dispenser de savoir exactement ce que l’on fait, d’en avoir la pleine intelligence ; en nous fournissant le confort de n’avoir pas à être entièrement conscients de nos actes et d’en éprouver les déterminations contraires : de n’avoir pas, en quelque sorte, à être là en personne. C’est toujours une infantilisation, que ce soit par le voyage instantané en avion ou le paiement avec une carte de crédit, le récepteur d’image à domicile ou la lecture assistée par ordinateur; par la contraception hormonale ou l’accouchement de confort sous péridurale. », cité dans la brochureContre l’Encyclopédie des nuisances – Contribution à une critique du situationnisme écrite en 2001 par D. Caboret, P. Dumontier, P. Garrone et R. Labarrière ↩
piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=427 ↩
Fabrice Nicolino se félicite par ailleurs de l’amitié qui le lie à Thierry Jaccaud, rédacteur en chef de L’Écologiste : http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1590 ↩
piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=453 ↩
Dans l’émission « Les Amis d’Orwell » diffusée sur Radio libertaire le 7 mars 2014 ↩
Même si la polémique vient peut-être surtout du choix des médias dans lesquels elle c’est exprimée plutôt que par contenu de cette prise de position, qui n’a pas grand chose à voir avec les arguments de la Manif pour Tous, même si elle a pu lui apporter du grain à moudre. ↩
Candidate par la suite sur la liste du parti antisioniste, elle s’illustre également dans la défense des régimes dictatoriaux du monde arabe. ↩
Voir ici : kokopelli-semences.fr/la_coalition_des_clowns_psychopathes et là : kokopelli-semences.fr/nouvelles_de_kokopelli_dcembre_2010 ↩
liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/generaux/caniculs.html ↩
Théorie du complot selon laquelle les avions, non contents de polluer, épendraient en fait des maladies et des produits chimiques pour manipuler la population, changer le climat, etc. Des partisans de cette thérorie sont présents chaque 1er mai à paris et ont déjà diffusé leur propagande à Notre-Dame-des-Landes. ↩
Comme l’a relaté l’équipe de la radio Fréquence Paris Plurielle. ↩
Citons aussi le cas de ce journaliste d’extrême droite « infiltré » au Testet pour Valeurs Actelles. ↩
Au passage, on peut noter l’opportunisme de la FNSEA, syndicat marqué à droite, qui s’oppose par exemple à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais uniquement dans l’espoir de récupérer des terres sur la zone humide concernée et qui est de toute façon complètement absente de la lutte anti-aéroport. ↩
A ce titre, il convient de réfléchir à la proximité des pensées marxiste et écologiste. ↩
ARTICLE PRÉCÉDENTDécryptage du programme écologique du Front nationalARTICLE SUIVANTBéziers : la rue du 19-Mars-1962 débaptisée
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Le procès d’Alexandre Koltechenko et d’Oleg Sentsov vient d’ouvrir il y a quelques jours en Russie. Aujourd’hui, c’est le procès de militants anti-austérité, arrêtés lors de la manifestation du 15 juillet dernier, qui a commencé en Grèce. Une pétition de soutien a été déposée à l’ambassade de Grèce, notamment par Alain Krivine. Voici un extrait du texte de la pétition :« Le gouvernement SYRIZA-ANEL, qui a adopté le nouveau mémorandum dans la lignée des gouvernements précédents, prouve qu’il ne peut ni mettre en œuvre les nouvelles mesures d’austérité qui détruisent la vie des travailleurs et du peuple en Grèce ni réussir à opérer un renversement du NON massif de la classe ouvrière, sans recourir à la forme ultime de la domination sociale : la violence policière d’État et la répression. « Nous essaierons de vous tenir au courant autant que possible du déroulé des événements.
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Pour François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR), l’île de la Réunion sur laquelle il s’est rendu récemment est une « terre française depuis toujours ». Voici la citation complète, tirée d’un communiqué vantant l’arrivée d’un 8000e adhérent issu de l’île :
« Il m’apparaît aussi comme un merveilleux symbole : car « la Réunion » porte bien son nom. Dans cette terre française depuis toujours, des Français de toutes les ethnies, de toutes les religions, de toutes les convictions, y vivent de façon harmonieuse, dans une « réunion » autour des grandes valeurs de la France et de la République.
Au fond, l’idéal de l’UPR est justement de « réunir » les Français du XXIe siècle autour de l’amour de la France et des idéaux d’égalité et de justice dont notre pays est porteur, et dont le modèle réunionnais est l’un des plus émouvants exemples. »
Alors que la France elle-même n’a pas été « française depuis toujours » (faut-il encore rappeler que les États et les nations tels que nous les connaissons sont des constructions historiques relativement récentes ?), c’est pourtant encore moins le cas de ses ex-colonies comme la Réunion, colonisée aux tournants des 17e et 18e siècles. Reprenant la propagande touristique, le leader de l’UPR, qui y a effectué un voyage récent, y a vu une société « harmonieuse ». Pourtant, derrière les clichés, comme dans toutes les sociétés issues de la colonisation et anciennement esclavagistes, les discriminations tant sociales que raciales ou de genre persistent aussi à la Réunion (un exemple parmi d’autres). François Asselineau est apparemment en très grande forme en ce moment, puisqu’il a aussi appelé ces jours derniers les éleveurs en colère, pourtant pour la plupart membres de la FNSEA et premiers bénéficiaires de la Politique agricole commune (Pac) à rejeter l’Union européenne comme cause de tous leurs maux, mais aussi les militants des autres partis politiques et notamment ceux du NPA, du MRC, de Debout la France et du FN à rejoindre l’UPR pour ne pas « se faire « syriser » ».
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Le dernier Dîner du Cercle, l’émission de débat du Cercle des Volontaires (CDV), a réuni Jacques Nikonoff (Parti de l’Émancipation du Peuple – ex-M’Pep), le député républicain Jacques Myard,Gabriel Rabhi et Gérard Foucher, un écrivain qui s’intéresse à la création monétaire. Notons s’agissant de Myard qu’il est en ce moment en délégation parlementaire en Russie et en Crimée occupée, en compagnie notamment de Claude Goasguen et Thierry Mariani. Quant à Rabhi, il semble que ce soit devenu un habitué du CDV, pour lequel il a récemment écrit deux articles au sujet de la crise grecque. Le prochain dîner devrait réunir Claude et Lydia Bourguignon, deux militants écologistes promoteurs de la biodynamie (une version anthroposophique de l’agriculture biologique) qui sont peu regardants sur leur collaborations médiatiques (on les a vus par exemple sur MetaTV) et qui sont relayés notamment par Égalité et Réconciliation.
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Le M’Pep avait annoncé en début d’année un changement de nom. C’est désormais chose faite : le parti de Jacques Nikonoff s’appelle désormais Parti de l’Emancipation du Peuple (ex-M’Pep). Cette nouvelle dénomination est censée acter l’orientation « ni droite ni gauche » désormais assumée de ce parti qui se définit comme« anticapitaliste et démondialisateur » qui tient à réaffirmer « la nécessité de restaurer la souveraineté nationale » et a pour ambition de représenter « les intérêts structurels des classes populaires et moyennes », comme l’indique son communiqué en date du 21 juin dernier sur les raisons d’y adhérer. Le slogan ne laisse aucun doute quant à sa ligne nationaliste, le nouveau parti se sentant même obligé de devoir s’y distinguer du Front national, tant sa ligne peut prêter à confusion : « Démondialiser et sortir de l’Otan – Reconquérir la souveraineté nationale – ni Union européenne, ni euro, ni FN ». Sachant que s’agissant du FN, la seule chose qui semble déranger le nouveau parti est sa complaisance avec les institutions européennes et pas du tout son appartenance à l’extrême droite (un discours finalement assez proche de celui de l’UPR avec lequel le M’Pep est depuis deux ou trois ans en concurrence directe), puisqu’il s’agit de« dénoncer le double jeu politicien du Front national qui prétend vouloir sortir de l’euro et de l’Union européenne, et qui veut entrer dans le système dont il dit vouloir sortir par le biais du « Parlement » européen » (cf. son appel à contribution financière du 8 juin dernier). Enfin, tout comme le M’Pep, le nouveau parti se revendique d’un « socialisme du 21e siècle » et donc de l’héritage de Hugo Chavez. Sur l’histoire de cette formation et de sa dérive droitière, nous vous invitons à (re)lire l’article que nous lui avions consacré en janvier dernier.
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Le 8 juillet dernier, Jean Bricmont s’interrogeait sur le Facebook du Gentil Virus Anthony Rêveur, un proche d’Etienne Chouard, sur une éventuelle adhésion au Comité Orwell, fondé à l’occasion des dix ans du « non » par la journaliste réactionnaire Natacha Polony, avec pour objectifs de promouvoir « la liberté d’expression et le pluralisme des idées » et de défendre « la souveraineté populaire ». Sans commentaire… Cliquer pour agrandir :
Un texte d’Ornella Guyet, dans le cadre d’un dossier plus large consacré à l’extrême droite et l’écologie à paraître sur son site Confusionnisme.info (Ici..)
Ecologie : Que dit le Front national ?
Le fait que le FN parle d’écologie ne date pas de son court compagnonnage avec Laurent Ozon, chantre de la Nouvelle Droite qui a conseillé Marine Le Pen sur ce sujet en 2011. Dès 1981, l’écologie figurait au programme de sa pré-campagne. Depuis 1989, le FN met régulièrement en avant les questions écologistes lors des élections auxquelles il se présente[1].
En 1996, Bruno Mégret a affirmé lors d’une formation de cadres que « Le Front national est le seul mouvement authentiquement écologiste de France » tandis que Pierre Vial, responsable de l’Institut national de formation du FN (et aujourd’hui de l’association Terre et Peuple) a renchéri :
« Notre congrès de mars devra élaborer une plate-forme politique en vue des élections législatives et régionales. Les Français attendent nos propositions, y compris sur l’écologie ».
Libération, présent lors de la conclusion de ce colloque, a précisé à l’époque que depuis 1990, Mégret et Vial ont milité pour que le FN «repense l’écologie».
Persuadés que «les partis écolo-gauchistes sont une espèce en voie d’extinction», ils prônaient un retour «à une éthique et une esthétique de la vie qui raniment le sens du sacré et de la durée, et permettent à l’homme de retrouver la conscience de ses racines et de son identité…». […] Ainsi «l’identité nationale» retrouverait son «essence écologique». Bruno Mégret assénait : «Défendre la faune, la flore, les sites, le patrimoine, c’est défendre ce que l’on est, c’est défendre son identité, sa vie.» Contre «l’écologisme cosmopolite», le délégué général du parti d’extrême droite «pose comme essentielle la préservation du milieu ethnique, culturel et naturel de notre peuple».[2]
En 2010 pourtant, Jean-Marie Le Pen associait encore « l’écologisme » à une « nouvelle religion des populations urbaines aisées ‘bobos gogos‘ de l’Occident » lors d’un colloque organisé par son parti, sobrement intitulé « Réchauffement climatique, mythe ou réalité ».
C’est donc logiquement qu’en février 2013 Marine Le Pen a lancé une campagne sur le thème de la « ruralité » lors d’une visite dans les Charentes :
« La ruralité est un élément fondamental et majoritaire de notre pays, a-t-elle alors déclaré. La campagne, c’est l’endroit où vivent en nombre les oubliés, ceux qui ont le moins la parole. Nos dirigeants sont en train de signer l’arrêt de mort de l’agriculture et de la ruralité. »
Sans oublier l’insécurité, qui « frappe les campagnes avec une brutalité inouïe. Les cambriolages en série sont devenus le fléau de notre monde rural. »[3]. Il s’agissait de lancer le site France-Ruralité, devenu depuis la vitrine des eurodéputés FN Edouard Ferrand et Philippe Loiseau.
Cette volonté d’investir le champ écologique se traduit aussi depuis 2012 par la création au sein du Rassemblement Bleu Marine (RBM) de plusieurs cercles de réflexion ouverts aux membres du FN en vue de promouvoir « une écologie réaliste et patriote », le dernier en date étant le Collectif « Nouvelle Ecologie » lancé le 10 décembre dernier autour de l’économiste Philippe Murer, qui est un proche deJacques Sapir. Écoutons-le : « L’écologie ne doit pas être un totalitarisme qui impose sa loi sur tout, il faut qu’elle se conjugue avec le reste« , dit-il, affirmant que « EELV prône une politique mondialiste favorable aux marchés de quota et soumise aux lobbies des multinationales qui ont pignon sur rue à Bruxelles »
D’après la Horde et Alternative Libertaire qui font le lien entre l’Extrême Droite et l’écologie.
Ainsi qu’ Esprit Critique Révolutionnaire.
L’écologie dans le programme du FN
Le FN tente donc de récupérer à son compte les thématiques écologistes. Mais dans son programme[4], s’il est certes question d’écologie, c’est pour la subordonner au productivisme : « L’écologie ne doit en aucun cas être synonyme de décroissance, écrit-il. Il convient au contraire de ne jamais négliger les implications des mesures écologiques sur la croissance économique, en visant systématiquement les décisions écologiques les plus favorables au développement de l’économie nationale. A cet égard, toute création d’impôt au nom de l’écologie doit être refusée. » D’ailleurs, le FN prône la réindustrialisation, associée à une relocalisation de l’économie au nom du « produisons et achetons français ». Finalement peut soucieux d’intervenir sur le terrain écologique, le parti des Le Pen renvoie in fine à la responsabilité des individus et des entreprises.
S’agissant du nucléaire, et parce que selon lui « les énergies dites « vertes » ne sont aujourd’hui pas réalistes en l’état », le FN entend soutenir le projetITER à Cadarache et poursuivre la construction de l’EPR à Flamanville, n’envisageant une éventuelle sortie du nucléaire qu’à « long terme » : autant dire jamais. Et du côté du gaz de schiste, c’est peu ou prou la même chose : si Marine Le Pen s’est déclarée « absolument contre » lors de la dernière campagne présidentielle[5], elle a depuis fait marche arrière en se prononçant en faveur de la prospection, première étape avant l’exploitation des sols[6].
Si le productivisme, le protectionnisme, la défense du nucléaire ou la lutte contre les cancers dont il est également question ne sont pas spécifiques au FN, en revanche, l’association problèmesécologiques/immigration est bien une thématique propre à l’extrême droite. En effet, pour le FN, «l’enjeu environnemental » est également « très lié […] à la maîtrise internationale des migrations »[7] Et de développer : « La maîtrise des phénomènes migratoires, couplée à une politique ambitieuse de coopération avec les pays souffrant d’une émigration massive, permettra de favoriser les perspectives de croissance et de développement harmonieux des zones de la planète aujourd’hui menacées par un saccage des ressources naturelles et l’anarchie qu’engendre (sic) les flux migratoires liés à la pauvreté. » On retrouve ici la nouvelle rhétorique de l’extrême droite justifiant la lutte contre les immigrés non plus par un racisme franc et affiché, mais par une entourloupe humanitaire (et ici, écologique).
Chassez le naturel, il revient au galop : les thématiques d’extrême droite transpirent à la rubrique « protection animale », s’agissant du respect de « l’interdiction de l’abattage des animaux destinés à la consommation sans étourdissement préalable », dont on peut penser qu’il vise en priorité – bien que ne les citant pas – les communautés musulmane et juive.
Enfin, à la rubrique « préservation de nos paysages et prévention des catastrophes naturelles » (sic), il n’est pas question de lutter contre l’envahissement publicitaire, mais de promouvoir une « intégration de l’urbanisme et de l’architecture dans l’environnement naturel et le respect de nos traditions architecturales. » Il s’agira de viser « la destruction des cités construites dans les années 1960 les plus vétustes et leur remplacement par un habitat de taille et d’esthétique traditionnelles ». Evidemment, le FN ne dit rien de ce qu’il adviendra dans ces conditions de leurs habitants, pauvres et/ou immigrés, qui seraient dans cette vision, on l’imagine aisément, remplacés par une classe de petits propriétaires bien « français », eux.
Une politique anti-pauvres qui se voit dans l’indigence de ses propositions en matière de transports, qui s’adresse surtout au classes aisées des centre-ville. «C’est en fluidifiant le trafic et le stationnement que l’on luttera efficacement contre la pollution », affirme Wallerand de Saint-Just, trésorier national du FN. Face au pic de pollution il propose « une augmentation significative du nombre de places de stationnement, permettant aux résidents de se garer facilement, sans tourner pendant des heures, et donc sans polluer pendant des heures ». On le voit : le FN ne prend aucunement en compte ces questions de mobilité ni dans leur dimension écologique ni dans leur dimension sociale, le transport étant un des postes qui émet le plus de CO2 à l’heure actuelle mais bien souvent aussi une nécessité pour les travailleurs qui habitent loin de leur lieu de travail, parfois avec un accès difficile aux transports en commun, et qui bien souvent n’ont pas les moyens de s’acheter des voitures récentes dites peu polluantes. Il ne dit rien non plus d’une des sources essentielles de cette pollution, à savoir l’industrie du transport routier, se cantonnant à en faire un problème reposant sur les seules épaules des particuliers. Il est intéressant aussi de noter que dans les villes qu’il contrôle ou a contrôlées comme Orange (aujourd’hui tenue par la Ligue du Sud de Jacques Bompard, ex-FN), les transports en commun à destination et en provenance des banlieues pauvres ont été drastiquement réduits voire supprimés, afin d’éviter que les habitants des quartiers populaires vus comme des étrangers et des délinquants en puissance ne viennent perturber la bourgeoisie du centre-ville.
Rien d’étonnant donc à ce qu’au niveau international, le FN se prononce contre la conclusion d’un accord de réduction des gaz à effet de serre…
Au niveau local toujours, l’écologie est avant tout vue comme un moyen pratique de justifier des coupes budgétaires :
« L’écologie c’est une nouveauté au FN. A Hénin-Beaumont, c’est une source d’économies comme pour l’éclairage public. Mais moi, je ne veux pas d’éoliennes dans ma ville« ,a tranché Steeve Briois… Il y a encore du travail.
En résumé, pour le FN, « le respect des lois de la nature et la maîtrise du développement économique, agricole et industriel de la France participent par ailleurs de la défense de l’identité nationale »[8]. Et en effet, l’écologie n’est qu’un prétexte pour servir sa soupe nationaliste, ce que Marine Le Pen appelle le «patriotisme écologique »[9] et qu’elle a résumé ainsi lors de la conférence de presse de lancement du Collectif Nouvelle Ecologie :
Pour aller plus loin :
[3] http://www.sudouest.fr/2013/02/10/marine-le-pen-drague-la-france-rurale-en-charente-962122-710.php
[4] http:/www.frontnational.com/pdf/Programme.pdf, p.31. Sauf mention contraire, les citations suivantes en sont extraites.
[6] http://www.usinenouvelle.com/article/gaz-de-schiste-marine-le-pen-face-a-ses-contradictions.N187484
[7] http:/www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/avenir-de-la-nation/ecologie-securite-alimentaire-et-industrielle-protection-animale/
[8] http:/www.frontnational.com/le-projet-de-marine-le-pen/avenir-de-la-nation/ecologie-securite-alimentaire-et-industrielle-protection-animale/
[9] http://www.alternativelibertaire.org/?Extreme-droite-Les-liaisons
http:/www.frontnational.com/2015/01/pic-de-pollution-a-paris-lecologie-comme-paravent-de-lincompetence-municipale/
http://lahorde.samizdat.net/2014/12/28/extreme-droite-et-ecologie-2/
http://www.alternativelibertaire.org/?Extreme-droite-Les-liaisons
Alain Soral et les survivalistes
Autre ex-conseiller de Marine Le Pen, Alain Soral développe lui aussi un discours pseudo-écologiste, dont il fait commerce. Sur les quatre boutiques en ligne destinées à financer son organisation, Egalité et réconciliation (E&R), trois affichent des thèmes « ruraux » : Au Bon Sens qui vend des produits bio « sains et enracinés », Sanguis Terrae qui vend des vins bio et enfin Prenons le Maquis (ex-Instinct De Survie), qui vend des stages et du matériel survivaliste.
Le courant survivaliste est né aux Etats-unis et est présent au Canada. Il a commencé à s’introduire dans le monde francophone via le Québec. En cas d’effondrement civilisationnel, il parie sur la guerre de tous contre tous plutôt que sur la solidarité collective et prône donc l’autodéfense individuelle et familiale et ses partisans s’y entraînent. Il est principalement porté en France Par E&R et des gens qui en sont proches, comme l’homme d’affaires suisse Piero Falloti dit Piero San Giorgio (voir ici, là et là), auteur du livre à succèsSurvivre à l’effondrement économique, édité par la maison d’extrême droite Le retour aux Sources.
Fin septembre 2012, Alain Soral et Piero San Giorgio se sont rendus au Québec où ils ont donné deux conférences. On a également retrouvé Piero San Giorgio en invité d’honneur de Laurent Ozon lors de la relance récente de son mouvement Maison Commune le 21 septembre 2012. Susceptible de marcher sur les plate-bandes du mouvement décroissantiste, le survivalisme est régulièrement dénoncé par le journal La Décroissance.
D’autre part, E&R ou des organisations proches ont organisé des conférences portant sur des théories du complot sanitaires avec Salim Laïbi alias Le Libre Penseur (dentiste marseillais pour qui le VIH n’existe pas), feue Sylvie Simon (écrivaine défendant des théories du complot sur la santé et l’alimentation), Claire Séverac (ex-chanteuse auteure du livre Complot mondial contre la santé) ou Corinne Gouget (qui dénonce de manière paranoïaque les additifs alimentaires et qui était présente au « Congrès de la Dissidence » organisé le 4 mai dernier à Bruxelles par le député belge d’extrême droite Laurent Louis).
Les Identitaires
Ces dernières années, les Identitaires aussi se sont montrés actifs dans le champ de l’écologie, que ce soit en montant en 2010 « un réseau de distribution directe de produits agricoles entre parisiens préoccupés par tout ce qui favorise l’enracinement et agriculteurs traditionnels » qui se voulait « inspiré des Amaps »7 puis en montant en 2011 une véritable Amap dans la région de Dijon, dans la lignée de l’implantation locale en 2008 deLa Desouchière, énième maison identitaire (on connaît aussi la Vlaams Huis et Ti Breizh, aujourd’hui fermée). Le Projet Apache, branche parisienne de Génération identitaire, a organisé fin 2009 un repas du « terroir d’Ile de France » avec pour slogan « Penser global, manger local »8.
Enfin, les identitaires se sont fait remarquer en 2010-2011 par leurs manifestations contre la « malbouffe » visant notamment la chaîne de restauration rapide Quick, jugée coupable d’avoir ouvert des restaurants halal. Lors de ces manifestations, ils avaient pris pour habitude de porter des masques de cochons, à l’instar de celle qui s’est déroulée à Lyon le 14 mai 2011 à l’initiative du groupe Rebeyne. Un des discours favoris de cette mouvance consiste à lier la dénonciation de la viande halal (et notamment du mode d’abattage des animaux, en oubliant au passage que pour des raisons de coût et de gain de temps, bien des animaux ne sont pas étourdis même lors des abattages « normaux ») et celle d’une supposée « islamisation » de la France. La Fondation Bardot, elle, y rajoute la viande casher.
Réfléchir et Agir, Terre et Peuple, le Mouvement d’Action sociale, La Dissidence, Le Lys noir… On ne compte plus les groupes qui à l’extrême droite tentent d’investir le terrain de l’écologie, tout comme ils tentent de le faire avec le social. Et le phénomène n’est pas que français, puisqu’en Allemagne, une soixantaine d’exploitations bio seraient tenues par des militants du NPD.
Les animalistes
L’emprise de Brigitte Bardot sur le mouvement animaliste, via les nombreux financements que sa Fondation octroie, est connue et rend très difficile toute critique de ses idées xénophobes et réactionnaires au sein de ce mouvement par ailleurs majoritairement caractérisé par une absence de réflexion politique sérieuse, au profit de la mise en avant de postures morales9.
Le meurtre du militant antifasciste Clément Méric le 5 juin 2013 par un militant des Jeunesses nationalistes révolutionnaires de Serge Ayoub a mis en lumière des tentatives d’infiltration de la droite la plus radicale, sujet d’inquiétude croissant pour les militants antifascistes engagés dans la cause de la libération animale. En effet, Esteban Morillo, l’assassin de Clément, avait participé en novembre 2012 à une manifestation contre la fourrure au sein d’un petit cortège de Section Défense Animale, un faux-nez de Troisième Voie. Aux côtés de Morillo ce jour-là, Katia Veloso, elle aussi impliquée dans le meurtre de Clément, mais surtout Nathalie Krier, alors candidate aux élections à la SPA et activiste de la Fondation Bardot.
La même Krier a également été investie (nous ignorons si elle l’est encore) dans le Comité radicalement anticorrida (Crac), aux côtés deJérôme Lescure10, auteur d’un film controversé sur l’Animal Libertion Front (ALF) sorti fin 2012 mais néanmoins soutenu par Charlie Hebdo, Le Vivre ensemble (émission de Radio libertaire), mais aussi Sea Sheperd, la Fondation Bardot, le Klan du Loup (organisation fasciste ayant un logo inspiré de la Waffen-SS11) ou encore le réseau de refuges belges Animaux en Péril12, qui a accueilli en août 2013 un rassemblement animaliste dont ont été exclus environ soixante-dix antifascistes qui demandaient un débat collectif sur ces problèmes. Dès lors, est-ce un hasard si lors d’une action à Bayonne le 9 août 2013, le Crac a publié le communiqué suivant, renvoyant dos-à-dos extrême droite et extrême gauche et menaçant de livrer des militants aux autorités13 ?
« Nous souhaitons par ailleurs dénoncer les tentatives de plus en plus nombreuses d’infiltration des actions en faveur du droit des animaux de la part de groupuscules d’extrême-gauche et d’extrême-droite. […] Dorénavant, le CRAC Europe fera un rappel de son positionnement en début de chaque manifestation ou action. S’il est organisateur, il remettra immédiatement aux forces de l’ordre les perturbateurs identifiés. »
Enfin, parmi les blogueurs influents de cette sphère, notons aussiMaxime Ginolin alias MagickJack, lui aussi proche de Krier et adepte de diverses théories du complot.
Les catholiques réactionnaires
Si depuis qu’elles sont apparues comme un enjeu politique majeur, les problématiques écologistes ont occupé une bonne part des réflexions des courants se revendiquant du christianisme social ou de la théologie de la libération14, on constate cependant depuis quelques mois une offensive des courants catholiques les plus réactionnaires sur ce terrain, émanant tant des instances de l’Église catholique que de mouvements ou d’individus se revendiquant du catholicisme.
L’intérêt de l’Église pour ces questions s’est réveillé surtout sous l’impulsion de Benoît XVI, même si son prédécesseur Jean-Paul II n’était pas en reste. En 2012, le Pape à prononcé lors des Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) un discours allant dans ce sens15, et qui annonçait les principales thématiques devant servir de base à son « écologie humaine », le maître-mot étant la sauvegarde de la« Création », mot utilisé en lieu et place de « nature » ou « environnement ». Si ces dernières comprenaient des problématiques chères au mouvement écologiste comme la déforestation ou le gaspillage des ressources pour « alimenter un besoin de consommation insatiable », le Pape y a aussi lié des thèmes moraux chers aux réactionnaires, dénonçant par exemple « l’abus d’alcool et de drogue, l’exaltation de la violence et la dégradation de la sexualité, qui sont souvent présentés par la télévision et par internet comme un divertissement », ainsi que le « relativisme ». Si « les préoccupations au sujet de la non-violence, du développement durable, de la justice et de la paix, de la protection de notre environnement sont d’une importance vitale pour l’humanité », le Pape a tenu à rappeler qu’à ses yeux « Tout cela, cependant, ne peut être compris sans une profonde réflexion sur la dignité innée de toute vie humaine, de la conception jusqu’à la mort naturelle, dignité qui est conférée par Dieu lui-même et qui est, par conséquent, inviolable ». On y est : à travers l’écologie, il s’agit aussi de rappeler l’opposition de l’Église par exemple à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Enfin, s’agissant de critiquer le capitalisme, le Vatican se limite sans surprise à en dénoncer les « distorsions », sans du tout remettre ne cause sa légitimité16.
Ce leitmotiv sert depuis de base aux réactionnaires se revendiquant du catholicisme pour investir le terrain écologiste. Surfant sur le succès des Manifs pour Tous, Tugdual Derville, délégué général de l’Alliance Vita, a par exemple fondé il y a quelques mois le courant Ecologie humaine, dont le nom reprend la terminologie vaticane. Tout récemment, un « Appel de carême 2015 pour la conversion écologique » a été signé par des chrétiens de tous bords politiques, dont deux des co-fondateurs des Poissons roses (un courant catholique proche du Parti socialiste) mais aussi Guillaume de Prémare, ancien président de la Manif pour Tous.
Lors de l’été 2013, un groupe de Veilleurs (mouvement issu des Manifs pour Tous) a tenté d’organiser une marche Bordeaux-Notre-Dame-Des-Landes, mais a été arrêté à Nantes par les militants de Notre-Dame-des-Landes. L’organisateur, Gaultier Bès de Berc, qui se dit proche de certains milieux décroissantistes lyonnais, affichait keffieh et barbiche. Avec des références intellectuelles très éclectiques, il justifiait ainsi sa démarche dans l’hebdomadaire catholique La Vie le 16 juillet 2013 : « le gouvernement impose un aéroport sur une surface agricole. On change la définition pluriséculaire du mariage. Dans les deux cas, il y a une réaction populaire et pacifique. Du coup, nous allons rencontrer des militants de Notre-Dame-des-Landes lors de notre marche en août »17.
Du côté des instances catholiques, le Pape François Ier aurait fait valoir son opposition aux gaz de schiste18 tandis que l’Église catholique de France et la Conférence des Evêques de France organisent des colloques autour de ces thématiques, de même que l’Opus Dei.
Il serait fastidieux de détailler ici toutes les initiatives entrant dans le cadre de cet agenda particulier, mais pour avoir une idée de leur ampleur il suffit de se rendre sur le site confusionniste Reporterre, animé par Hervé Kempf, qui ne manque jamais de relayer la moindre initiative des courants chrétiens engagés dans la lutte écologiste, même lorsque ceux-ci sont fondamentalement réactionnaires19.
Quelques ponts confusionnistes
Le mouvement décroissantiste est sans doute au sein de l’écologie un des plus perméables à ces ponts, et le thème de la décroissance un des concepts écologistes les plus repris par l’extrême droite, y compris en en dénaturant le propos pour parler de « décroissance migratoire »20. Outre le cas Latouche qui a pu entretenir quelques liens avec la Nouvelle Droite (et dont le relativisme culturel est très problématique), rappelons le soutien que Paul Ariès apporte encore aujourd’hui à René Balme, cet ex-élu Front de Gauche et propagandiste complotiste21, ou encore celui de Vincent Liegey, qui a été à la fois porte-parole du Parti pour la Décroissance (il l’est d’ailleurs toujours) et cadre de l’association complotiste ReOpen911, dont il semble s’être détaché depuis22. Est-ce un hasard si la ligne du journal phare de ce courant, La Décroissance, est de plus en plus confuse ?
Le mouvement anti-technologie, qui a de nombreuses affinités avec l’écologie et la décroissance, n’est pas en reste. Outre quelques déclarations passées très douteuses de L’Encyclopédie des nuisances sur la pilule ou l’accouchement sous péridurale dignes de Civitas sous prétexte d’asservissement supposé de la femme à la technologie23, ce sont surtout Pièces et Main d’Oeuvre (PMO) et son éditeur, les Editions L’Echappée, qui se sont illustrés ces derniers mois. PMO a ainsi publié depuis un an plusieurs tribunes contre les antifascistes (qui oublieraient le « fascisme technologique »), un texte issu de L’Ecologiste adoptant un positionnement anti-mariage gay et anti-PMA24 (texte également relayé par Fabrice Nicolino25), et a donné une interview au webzine à tonalité réactionnaire RageMag26. De leur côté, Les Editions L’Échappée ont publié récemment un livre dans lequel on retrouve un article à la gloire du penseur réactionnaire Jean-Claude Michéa rédigé par un proche de Soral, Charles Robin, et un autre sur Pasolini rédigé par Olivier Rey, catholique créationniste anti-« théorie du genre » (voir ici). Alors que la maison d’édition reconnaît ne pas avoir vérifié ses sources, elle se défend en dénonçant les antifascistes pour avoir rendu l’affaire publique27 et en appelant à la vigilance… des autres28 ! Or, ces cas sont malheureusement de moins en moins isolés, comme en témoigne le succès récent du réactionnaire Alexis Escudero auprès de certains militants anti-technologie ou libertaires…
Mais même des figures de l’écologie politique ne sont pas épargnées. La prise de position anti-PMA (procréation médicalement assistée) de José Bové devant plusieurs médias catholiques le 30 avril 2014 a fait polémique29. Quant à Pierre Rabhi et ses Colibris, ils sont également au cœur de collusions douteuses. Encore aujourd’hui, EELV est régulièrement approché par des personnages sulfureux, que ce soit Antoine Waechter ou Jean-Marc Governatori, tandis que Les Verts ont dû exclure en 2005 l’une de leurs fondatrices, Ginette Skandrani30, pour négationnisme. Moins connue mais très active dans la préservation des semences paysannes, l’associationKokopelli diffuse sur son blog les théories du complot de Sylvie Simon entre autres31. Son président, Dominique Guillet, ne croit pas au réchauffement climatique et il l’écrit32.
Des médias au service de la confusion
Cette ligne confusionniste dispose pour prospérer de ses propres médias, essentiellement sur Internet. Le principal est sans doute le site Reporterre, tenu par l’ex-journaliste du Monde Hervé Kempf, qui est prêt à relayer quiconque s’auto-proclame un tant soit peu écologiste.
Autre exemple : Le Cercle des Volontaires, webzine confusionniste proche de divers mouvements d’extrême droite, qui s’intéresse lui aussi de près à l’écologie, relayant des théories du complot (par exemple sur les « chemtrails »33), mais aussi les thèses et activités de Pierre Rabhi, des initiatives de la Confédération paysanne, l’université d’été 2012 des Alternatifs, Kokopelli, certains rendez-vous contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou les gaz de schiste. L’équipe a également couvert une manifestation contre Monsanto le 25 mai 2013. Aux côtés des institutionnels de la lutte anti-OGM (Marie-Monique Robin, le Crigen, Kokopelli, Greenpeace) s’étaient retrouvés ce jour-là les Colibris, Zeitgeist et Corinne Gouget. Depuis, il continue de couvrir régulièrement ces sujets et cette ligne se retrouve chez son pendant webtélévisuel, l’Agence Info Libre, ou sur un autre webmedia à succès, Mr Mondialisation, dont les vidéos à forte tonalité conspirationniste atteignent des dizaines voire des centaines de milliers de vues.
Encouragés par ces relais, des militants d’extrême droite ou des conspirationnistes on tenté à plusieurs reprises de s’introduire sur la lutte de Notre-Dame-des-Landes, sans grand succès heureusement. Un des exemples était feu Erick « Bozz » Mary, fondateur du mouvement quenello-nationaliste FFI 2.0. Il est également arrivé qu’on les retrouve sur les luttes anti-gaz de schiste, par exemple à Lézan fin août 2011, où même des mouvements sectaires avaient pignon sur rue34. Pourtant, les événements récents à la Zad du Testet, lors desquels le syndicat agricole FNSEA avait monté des milices violentes contre les zadistes, montrent à quel point les productivistes et les réactionnaires de tout poil ne sauraient être les alliés des luttes écologistes35, et aussi que, face à eux, nombre de militants savent heureusement s’organiser et résister36.
Conclusion
On le voit, la vigilance est de mise pour les écologistes concernant l’offensive menée actuellement par l’extrême droite. Malheureusement, la naïveté de beaucoup, le manque d’analyse politique de certains qui préfèrent penser ces problématiques sur des bases qui techniques, qui morales mais en général déconnectées du social et de toute critique du capitalisme, la perméabilité aux thèses pseudo-scientifiques et mystiques font qu’il est facile pour des mouvement par nature opportunistes de s’engouffrer dans la brèche. Un combat efficace contre ces dérives ne peut être mené qu’à condition d’avoir un mouvement écologiste inscrit dans les autres luttes, avec une vision proprement révolutionnaire du monde37.
O. G.
En complément, nous vous conseillons :
– Critique de la société industrielle et écologie radicale, de la nécessité d’un positionnement social et antifasciste ! par Carnet de Bord d’un Antifa (20 avril 2014)
– Extrême droite : Les liaisons dangereuses bruns-verts, par Alternative libertaire (12 janvier 2015)
– Extrême droite et écologie, interview de Stéphane François parue dans Les Inrocks et reprise par La Horde (28 décembre 2014)
– La « Nouvelle Ecologie » du Front National, par Esprit critique révolutionnaire (28 janvier 2015)
Mise à jour, 28 juin 2015, 19h40 : ajout d’une phrase sur les lois nazies de protection animale et d’une note sur les contributeurs de gauche de la revue Krisis.
Mise à jour, 17 juillet 2015, 16h07 : ajout d’une phrase sur Maxime Ginolin.
A (re)lire sur Confusionnisme.info :
– Ecologie, Monnaie… Le clan Rabhi à l’avant-garde de la confusion
– Nettoyage chez Reporterre : encore un effort !
– La Décroissance par l’incohérence ?
– Saint-Nazaire : des militants de la CGT et des élus FN brisent une lutte écologiste
– L’extrême droite mobilisée contre une ferme industrielle dans la Creuse
– L’Agence Info Libre, organe de propagande présentable de l’extrême droite
– Yves Calvi, Eric Dénécé et les fascistes ukrainiens de Notre-Dame-des-Landes
– Paris Zone de Combat, nouveau webzine réactionnaire
– Découvrez Thierry Casasnovas, le gourou du « manger cru »
– Strasbourg : portrait des deux fachos anti-Monsanto
Image de « une » : Logo du Collectif Nouvelle Ecologie, promoteur d’une « écologie patriote » au sein du Rassemblement Bleu Marine (RBM)
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Notons d’emblée que contrairement à une idée reçue, cette dernière est de toute façon loin d’avoir le monopole du discours écologiste : des courants de droite plus classiques ont toujours été actifs au sein du mouvement, et ont même largement participé en France à sa structuration, à tel point qu’en 1978, la majorité des voix écologistes est allée à Valéry Giscard d’Estaing. Sur ce sujet, lire la contribution de Gilles Richard, « L’élection présidentielle des 26 avril et 10 mai 1981 : fin ou péripétie de « la société libérale avancée » ? » dans Serge Berstein et Jean-François Sirinelli (dir.) Les années Giscard. 1978-1981 : les institutions à l’épreuve ? Armand Colin, 2010, pp. 99-104. ↩
Nous nous intéresseront exclusivement ici aux mouvements réactionnaires et d’extrême droite, avec un petit détour en fin d’article vers quelques acteurs du confusionnisme, mais nous n’aborderons pas la question des mouvements sectaires et mystiques qui pullulent aussi dans certaines luttes et qui mériteraient la rédaction d’un autre article. ↩
Sur Vichy et son rapport au monde rural, lire Robert O. Paxton, La France de Vichy 1940-1944, Editions du Seuil 1973-1997, collection Points Histoire, pp. 253-262. ↩
Passé du Parti radical au PPF de Doriot, il fréquente des milieux allemands pendant la guerre tout en participant à la Résistance. Après guerre, il devient une figure du libéralisme économique tout en prenant part à l’élaboration de la pensée écologiste. Lire Olivier Dard, Bertrand de Jouvenel, Perrin, 2008. ↩
Mais aussi Jacques Julliard, Jean-Luc Mélenchon, Gisèle Halimi ou Bernard Langlois, ce dernier tweetant encore aujourd’hui à l’occasion des textes d’Alain de Benoist : twitter.com/panouille/status/327719464768503808 ↩
C’est-à -dire Mamère, Voynet ou Cohn-Bendit (sic) : minute-hebdo.fr/tout-minute/actualites/616-entretien-avec-antoine-waechter-conseiller-regional-dalsace-chez-les-verts-la-culture-dextreme-gauche-fait-tout-foirer ↩
Voir le site des identitaires parisiens sur Archive.org. ↩
Voir sur Archive.org ↩
De plus, si elle en a l’occasion, la Fondation Brigitte Bardot n’hésite pas à tenter d’étouffer les critiques par la voie judiciaire. S’agissant de xénophobie, notons aussi celui de Paul Watson, le leader de Sea Shephard : http://alerte-environnement.fr/2013/11/15/quand-des-journalistes-servent-la-soupe-a-paul-watson/ Voir aussi là. ↩
Délaissant toute analyse de classe, l’homme pense que « L’être humain est surprotégé par rapport au reste du règne animal, et se donne le droit de l’exploiter. Moi, je suis militant et je suis né comme ça. Mon combat, c’est les animaux, je ne sais pas l’expliquer. […] Oui, c’est l’ultime combat. » animauxenperil.be/pdf/pdf-publications/interview-jl.pdf ↩
Voir le site vegan straight-edge La Terre d’abord. ↩
alf-lefilm.com/les-partenaires-ins110.html ↩
anticorrida.com/actu/tous-ensemble-a-bayonne-2/ ↩
En France, ce sont par exemple le pasteur Stéphane Lavignotte (Ensemble!) et le philosophe marxiste Michaël Löwy (NPA) qui contribuent à promouvoir aujourd’hui la vision écologiste de ces courants progressistes du christiannisme. ↩
Voir ici : la-croix.com/Religion/Actualite/Devant-la-Curie-Benoit-XVI-promeut-une-ecologie-humaine-_NG_-2008-12-22-681727 ; là : zenit.org/fr/articles/benoit-xvi-presente-les-bases-d-une-ecologie-humaine et là : qe.catholique.org/la-une-news/20389-benoit-xvi-presente-les-bases-d-une-ecologie ↩
reporterre.net/Le-Vatican-favorable-a-une ↩
http://www.lavie.fr/actualite/societe/gaultier-bes-le-clivage-gauche-droite-n-a-pas-de-sens-pour-moi-16-07-2013-42579_7.php ↩
reporterre.net/Le-pape-Francois-est-oppose-au-gaz ↩
Par exemple ici : reporterre.net/DOSSIER-Ecologie-spiritualite-et ↩
la-dissidence.org/2013/07/29/debat-laurent-ozon-albert-ali/ ↩
Sur son site Oulala.info, toujours confusionnsite, René Balme relaie également les luttes écologistes. S’agissant d’Ariès, on peut aussi se demander au vu de son discours très républicain comment il entend promouvoir une société de la décroissance sans remettre en cause l’État, pourtant bras armé du capital. ↩
Sous le pseudonyme Kyja, il a interviewé en 2008 Thierry Meyssan pour cette association. Parmi les autres leaders de ce groupe, on trouve plusieurs militants d’extrême droite ou confusionnistes. Depuis de nombreux mois, on ne trouve cependant plus trace de ReOpen911 sur le Facebook de Vincent Liegey. ↩
« Car c’est chaque fois de manière à nous dispenser de savoir exactement ce que l’on fait, d’en avoir la pleine intelligence ; en nous fournissant le confort de n’avoir pas à être entièrement conscients de nos actes et d’en éprouver les déterminations contraires : de n’avoir pas, en quelque sorte, à être là en personne. C’est toujours une infantilisation, que ce soit par le voyage instantané en avion ou le paiement avec une carte de crédit, le récepteur d’image à domicile ou la lecture assistée par ordinateur; par la contraception hormonale ou l’accouchement de confort sous péridurale. », cité dans la brochureContre l’Encyclopédie des nuisances – Contribution à une critique du situationnisme écrite en 2001 par D. Caboret, P. Dumontier, P. Garrone et R. Labarrière ↩
piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=427 ↩
Fabrice Nicolino se félicite par ailleurs de l’amitié qui le lie à Thierry Jaccaud, rédacteur en chef de L’Écologiste : http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1590 ↩
piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=453 ↩
Dans l’émission « Les Amis d’Orwell » diffusée sur Radio libertaire le 7 mars 2014 ↩
Même si la polémique vient peut-être surtout du choix des médias dans lesquels elle c’est exprimée plutôt que par contenu de cette prise de position, qui n’a pas grand chose à voir avec les arguments de la Manif pour Tous, même si elle a pu lui apporter du grain à moudre. ↩
Candidate par la suite sur la liste du parti antisioniste, elle s’illustre également dans la défense des régimes dictatoriaux du monde arabe. ↩
Voir ici : kokopelli-semences.fr/la_coalition_des_clowns_psychopathes et là : kokopelli-semences.fr/nouvelles_de_kokopelli_dcembre_2010 ↩
liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/generaux/caniculs.html ↩
Théorie du complot selon laquelle les avions, non contents de polluer, épendraient en fait des maladies et des produits chimiques pour manipuler la population, changer le climat, etc. Des partisans de cette thérorie sont présents chaque 1er mai à paris et ont déjà diffusé leur propagande à Notre-Dame-des-Landes. ↩
Comme l’a relaté l’équipe de la radio Fréquence Paris Plurielle. ↩
Citons aussi le cas de ce journaliste d’extrême droite « infiltré » au Testet pour Valeurs Actelles. ↩
Au passage, on peut noter l’opportunisme de la FNSEA, syndicat marqué à droite, qui s’oppose par exemple à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais uniquement dans l’espoir de récupérer des terres sur la zone humide concernée et qui est de toute façon complètement absente de la lutte anti-aéroport. ↩
A ce titre, il convient de réfléchir à la proximité des pensées marxiste et écologiste. ↩
ARTICLE PRÉCÉDENTDécryptage du programme écologique du Front nationalARTICLE SUIVANTBéziers : la rue du 19-Mars-1962 débaptisée
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Le procès d’Alexandre Koltechenko et d’Oleg Sentsov vient d’ouvrir il y a quelques jours en Russie. Aujourd’hui, c’est le procès de militants anti-austérité, arrêtés lors de la manifestation du 15 juillet dernier, qui a commencé en Grèce. Une pétition de soutien a été déposée à l’ambassade de Grèce, notamment par Alain Krivine. Voici un extrait du texte de la pétition :« Le gouvernement SYRIZA-ANEL, qui a adopté le nouveau mémorandum dans la lignée des gouvernements précédents, prouve qu’il ne peut ni mettre en œuvre les nouvelles mesures d’austérité qui détruisent la vie des travailleurs et du peuple en Grèce ni réussir à opérer un renversement du NON massif de la classe ouvrière, sans recourir à la forme ultime de la domination sociale : la violence policière d’État et la répression. « Nous essaierons de vous tenir au courant autant que possible du déroulé des événements.
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Pour François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine (UPR), l’île de la Réunion sur laquelle il s’est rendu récemment est une « terre française depuis toujours ». Voici la citation complète, tirée d’un communiqué vantant l’arrivée d’un 8000e adhérent issu de l’île :
« Il m’apparaît aussi comme un merveilleux symbole : car « la Réunion » porte bien son nom. Dans cette terre française depuis toujours, des Français de toutes les ethnies, de toutes les religions, de toutes les convictions, y vivent de façon harmonieuse, dans une « réunion » autour des grandes valeurs de la France et de la République.
Au fond, l’idéal de l’UPR est justement de « réunir » les Français du XXIe siècle autour de l’amour de la France et des idéaux d’égalité et de justice dont notre pays est porteur, et dont le modèle réunionnais est l’un des plus émouvants exemples. »
Alors que la France elle-même n’a pas été « française depuis toujours » (faut-il encore rappeler que les États et les nations tels que nous les connaissons sont des constructions historiques relativement récentes ?), c’est pourtant encore moins le cas de ses ex-colonies comme la Réunion, colonisée aux tournants des 17e et 18e siècles. Reprenant la propagande touristique, le leader de l’UPR, qui y a effectué un voyage récent, y a vu une société « harmonieuse ». Pourtant, derrière les clichés, comme dans toutes les sociétés issues de la colonisation et anciennement esclavagistes, les discriminations tant sociales que raciales ou de genre persistent aussi à la Réunion (un exemple parmi d’autres). François Asselineau est apparemment en très grande forme en ce moment, puisqu’il a aussi appelé ces jours derniers les éleveurs en colère, pourtant pour la plupart membres de la FNSEA et premiers bénéficiaires de la Politique agricole commune (Pac) à rejeter l’Union européenne comme cause de tous leurs maux, mais aussi les militants des autres partis politiques et notamment ceux du NPA, du MRC, de Debout la France et du FN à rejoindre l’UPR pour ne pas « se faire « syriser » ».
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Le dernier Dîner du Cercle, l’émission de débat du Cercle des Volontaires (CDV), a réuni Jacques Nikonoff (Parti de l’Émancipation du Peuple – ex-M’Pep), le député républicain Jacques Myard,Gabriel Rabhi et Gérard Foucher, un écrivain qui s’intéresse à la création monétaire. Notons s’agissant de Myard qu’il est en ce moment en délégation parlementaire en Russie et en Crimée occupée, en compagnie notamment de Claude Goasguen et Thierry Mariani. Quant à Rabhi, il semble que ce soit devenu un habitué du CDV, pour lequel il a récemment écrit deux articles au sujet de la crise grecque. Le prochain dîner devrait réunir Claude et Lydia Bourguignon, deux militants écologistes promoteurs de la biodynamie (une version anthroposophique de l’agriculture biologique) qui sont peu regardants sur leur collaborations médiatiques (on les a vus par exemple sur MetaTV) et qui sont relayés notamment par Égalité et Réconciliation.
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Le M’Pep avait annoncé en début d’année un changement de nom. C’est désormais chose faite : le parti de Jacques Nikonoff s’appelle désormais Parti de l’Emancipation du Peuple (ex-M’Pep). Cette nouvelle dénomination est censée acter l’orientation « ni droite ni gauche » désormais assumée de ce parti qui se définit comme« anticapitaliste et démondialisateur » qui tient à réaffirmer « la nécessité de restaurer la souveraineté nationale » et a pour ambition de représenter « les intérêts structurels des classes populaires et moyennes », comme l’indique son communiqué en date du 21 juin dernier sur les raisons d’y adhérer. Le slogan ne laisse aucun doute quant à sa ligne nationaliste, le nouveau parti se sentant même obligé de devoir s’y distinguer du Front national, tant sa ligne peut prêter à confusion : « Démondialiser et sortir de l’Otan – Reconquérir la souveraineté nationale – ni Union européenne, ni euro, ni FN ». Sachant que s’agissant du FN, la seule chose qui semble déranger le nouveau parti est sa complaisance avec les institutions européennes et pas du tout son appartenance à l’extrême droite (un discours finalement assez proche de celui de l’UPR avec lequel le M’Pep est depuis deux ou trois ans en concurrence directe), puisqu’il s’agit de« dénoncer le double jeu politicien du Front national qui prétend vouloir sortir de l’euro et de l’Union européenne, et qui veut entrer dans le système dont il dit vouloir sortir par le biais du « Parlement » européen » (cf. son appel à contribution financière du 8 juin dernier). Enfin, tout comme le M’Pep, le nouveau parti se revendique d’un « socialisme du 21e siècle » et donc de l’héritage de Hugo Chavez. Sur l’histoire de cette formation et de sa dérive droitière, nous vous invitons à (re)lire l’article que nous lui avions consacré en janvier dernier.
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Le 8 juillet dernier, Jean Bricmont s’interrogeait sur le Facebook du Gentil Virus Anthony Rêveur, un proche d’Etienne Chouard, sur une éventuelle adhésion au Comité Orwell, fondé à l’occasion des dix ans du « non » par la journaliste réactionnaire Natacha Polony, avec pour objectifs de promouvoir « la liberté d’expression et le pluralisme des idées » et de défendre « la souveraineté populaire ». Sans commentaire… Cliquer pour agrandir :
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A Brême en Allemagne, Valentin, un militant antifasciste, est en détention préventive, accusé de faits de violence dans le cadre d’affrontements contre des hooligans d’extrême droite. La Horde donne les détails de cette affaireen français. Il est aussi possible de se tenir au courant sur le site en allemandqui lui est consacré. Pendant ce temps en Espagne, des militants communistes partis combattre Daesh aux côtés des kurdes ont été inculpés pour terrorisme. Rappelons à cette occasion que l’Espagne a adopté ces derniers mois des lois renforçant drastiquement l’arsenal répressif (voir ici, là, là et là). Parallèlement, les violences fascistes continuent un peu partout. Il y a quelques jours, des membres du Gud ont ainsi été incarcérés pour avoir revendiqué sur Facebook l’agression de trois étudiants noirs à la sortie d’un bar de nuit lyonnais dans la nuit du 5 au 6 juin derniers. Une ratonnade qui n’a bien entendu pas empêché Bruno Gollnisch d’aller prendre l’apéro au bar parisien de l’organisation quelques jours après. Enfin aux Etats-Unis, le Ku Klux Klan et les néo-nazis qui manifestent contre le retrait du drapeau confédéré des bâtiments officiels de Caroline du Sud, non sans opposition de la part des militants des droits civiques néanmoins. Au milieu de ces tristes nouvelles, à noter tout de même l’action réjouissante d’un groupe anarchiste qui est alléredécorer il y a quelques jours le local de l’Oeuvre française.
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L’Agence Info libre annonce qu’Eric Fiorile, le chef de la Démosophie à l’origine du Mouvement du 14-Juillet, a été démis, semble-t-il avec son accord, de ses fonctions de porte-parole du fameux Conseil national de transition, pour des raisons d’image. Duarte Monteiro, un des principaux animateurs de ce mouvement, a expliqué ce qui s’est passé à la webtélé d’extrême droite :
« On a appelé Eric en lui disant qu’on avait de gros soucis avec la presse qui systématiquement ramenait le mouvement à lui parce qu’il en est à l’origine et parce qu’il continue d’apparaître régulièrement et que ça nous posait problème et Eric a immédiatement dit : « Mais dans ce cas-là, enlevez-moi des porte-parole et je redeviens juste participant comme n’importe qui. […] On a effectivement trouvé que c’était une bonne solution pour prouver qu’on n’est pas dans une secte, qu’il n’a pas une place particulière. […] Et donc voilà, on arrête de passer pour la secte d’Eric Fiorile, parce qu’on a pas mal de démarches avec les médias en ce moment et c’est vrai que tapez « Eric Fiorile » sur Google, c’est une horreur, et ce n’est que des accusations, que des accusations, donc voilà, les gens finissent toujours par se dire : « il n’y a pas de fumée sans feu » sans vérifier. Donc je les invite un à vérifier et deux à venir vérifier ici comment on fonctionne pour voir quelles sont les interventions d’Eric Fiorile sur le groupe et ils comprendront par eux-mêmes. »
Pas sûr que cela suffise à améliorer l’image d’un mouvement de toute façon gangréné dès le départ par des conspirationnistes et des sympathisants d’extrême droite. Aujourd’hui, ce qui reste des campeurs des Invalides est allé manifester devant France Télévisions, tandis que d’autres se retrouveront peut-être ce soir à un atelier constituant organisé par les Citoyens constituants et promu par Etienne Chouard.
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Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul à oser les métaphores historiques douteuses. Nicolas Dupont-Aignan a lui carrément comparé sur Twitter la politique du gouvernement allemand à celle d’un 4e Reich :
Il a par la suite tenté de se justifier maladroitement, en expliquant trois jours plus tard sur France 2 que« personne n’a compris ma formulation parce que ‘Reich’ en allemand, ça ne veut pas dire ‘régime hitlérien’, pas du tout, ça veut dire ’empire’. Il y a le 1er Reich, le 2e Reich. Même la République de Weimar s’est appelée ‘Reich’. […] J’ai volontairement, de manière un peu provocatrice c’est vrai, employé ce mot car je crois, en tant que gaulliste, à l’amitié franco-allemande. »Toujours le 12 juillet, il a retweeté une brillante analyse de son économiste préféré comparant la situation actuelle à celle qui prévalait en Europe à la veille du déclenchement de la Première guerre mondiale :
Décidément, l’Allemagne et les deux guerres mondiales sont une obsession chez les souverainistes !
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Alors qu’Alexis Tsipras a fait voter son mémorandum avec le soutien de l’opposition de droite, alors qu’il a du coup perdu le soutien d’une bonne partie de son propre parti (voir aussi ici) et alors que manifestations et émeutesse multiplient en Grèce contre ces nouvelles mesures d’austérité et font l’objet d’une forte répression, le premier ministre grec peut toujours compter sur ses soutiens à l’étranger, que ce soit en France Pierre Laurent ou Jean-Luc Mélenchon ou en Espagne le leader de Podemos, Pablo Iglesias. « C’est triste, mais c’est la seule chose qu’il pouvait faire », a déclaré ce dernier, précisant :« La politique est abjecte. […] Ce qui s’est passé en Grèce, c’est la vérité du pouvoir. »Et d’affirmer : « mais c’était une situation limite : soit l’accord, soit une sortie de l’euro […] d’une certaine manière le gouvernement [grec] a gagné en stabilité »Quant à Jean-Luc Mélenchon, interrogé par la télévision associative Télé Bocal sur le non respect de ses promesses par Tsipras, il a eu cette réponse très énervée : « Et toi par exemple, est-ce que tu n’es pas un menteur dans ta vie privée ? Tu n’as jamais menti à personne ? Tu n’a jamais menti à aucune femme ? […] Ce n’est pas un politique « qui a décidé que » comme tous les autres, c’est un homme qui est tout seul face à dix-huit personnes. »Enfin, Pierre Laurent, le porte-parole du PCF, trouve lui que « si un accord est signé, c’est grâce au courage du Premier Ministre grec. Pour la première fois, un chef de gouvernement a osé affronter les puissances dominantes qui pensent que tout leur est permis en Europe. Le soutien de son peuple n’a cessé de grandir depuis janvier pour cette raison. » De son côté, le ministre de l’économie démissionnaire Yanis Varoufákis a été invité par Arnaud Montebourg et ses amis à leur Fête de la Rose.
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Eric Fiorile a admis dans une interview accordée à la télévision russe RT au lendemain de sa prise de pouvoir manquée avoir voulu faire une« opération du communication » avec son Mouvement du 14-Juillet, tout en niant avoir voulu faire un coup d’Etat, expliquant :
« Un coup d’Etat consiste à remplacer un gouvernement par un autre. Nous avons bien établi de façon factuelle que le gouvernement actuel était illégitime au regard de la constitution française et nous avons utilisé le cadre juridique international qui permet de palier à ce genre de situation par la création d’un Conseil National de Transition. Cette entité juridique existe depuis sa mise en place par Nicolas Sarkozy en 2008. Il existe donc bien un cadre légal pour se substituer à une entité qui gouverne la France de manière illégitime. Maintenant, il faut que tous les Français sachent qu’un tel cadre existe, qu’ils le connaissent, puissent analyser ses fondements juridiques, son mode d’existence et sa mission. […] En aucun cas nous ne proposons un gouvernement de substitution. Nous proposons une formule de transition qui garantit qu’en France il n’y aura aucune forme de trouble économique ou institutionnel, et que le calme sera établi durant cette période durant laquelle les français choisirons leur mode de gouvernance. «
Comprenne qui pourra… Au contraire de ce qui a été diversement affirmé au départ par lui-même et par son mouvement, il a aussi indiqué au média poutinien que « Bien évidemment, nous n’attendions pas une foule immense. […] Nous avons nous même comptabilisé le nombre de personnes présentes. Elles étaient entre quatre et cinq mille. Beaucoup sont toujours en garde à vue encore aujourd’hui, beaucoup de membres dont les noms figuraient sur notre site ont été déférés devant le tribunal pour des délits fictifs. » Or, nous n’avons toujourspas connaissance de ces prétendus déferrements… Et pendant ce temps-là,les rescapés campent tous les soirs aux Invalides, tandis que Sylvain Baron organise le siège quotidien de divers médias.
Source : francais.rt.com/opinions/4386-eric-fiorile-coup-detat
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Gabriel Rabhi, hier sur Facebook :
C’est vrai que notre homme s’y connaîten matière de théories du complot…
Source : facebook.com/michael.le.sauce/posts/943745882355413
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Evo Morales offre au Pape François 1erun crucifix en forme de faucille et de marteau :
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« La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même. Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du Roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le Roi n’est plus là ! »
Emmanuel Macron, ministre de l’économie, Le 1 hebdo n°64, 8 juillet 2015. Macron y est présenté comme « un philosophe en politique ». (Source.)
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L'extrême droite et l'écologie
L'intérêt d'une certaine extrême droite pour l'écologie a des origines anciennes. Le partage de thématiques communes favorise les ponts avec d'autres courants de l'écologie, notamment à gauc...
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