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SERPENT -  LIBERTAIRE

anarchiste individualiste

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Offensive s'arrête

L'Offensive Libertaire et Sociale, tout comme sa revue Offensive, est née il y a une
dizaine d'années. ---- Le groupe politique affirmait vouloir appartenir à une galaxie
libertaire, « apportant sa contribution au mouvement révolutionnaire », et ne pas être une
énième organisation menant à « la » vérité révolutionnaire. L'OLS se vivait en coopération
avec d'autres groupes, organisations, collectifs dans l'idée de participer, aussi
modestement soit-il, à la transformation de la société. L'organisation OLS n'a jamais
voulu être une marque qu'on apposerait en bas de tracts et autres pétitions, mais une
manière de s'organiser de façon visible et affirmée, avec un mode de fonctionnement clair
et ouvert à toutes et tous. ---- Reflet de nos engagements, la revue Offensive avait
surtout l'ambition « de contribuer au renouvellement de la critique libertaire », pour
interroger des clichés de nos milieux révolutionnaires, questionner le « sens commun » des
milieux radicaux, prendre le contrepoint d'évidences un peu trop évidentes... Grain de
sable pour faire penser, outil à faire réfléchir, écho de luttes et d'alternatives,
Offensive souhaitait interpeller au-delà du petit milieu, pour s'ouvrir à d'autres. Et ce,
grâce à une exigence de qualité sur le fond comme sur la forme.


Nous ne sommes pas les mieux placé-e-s pour tirer le bilan de tout ça, et nous nous
garderons bien de dresser un tableau élogieux de notre parcours, de nos plus belles idées
et réalisations. Nos productions écrites restent les témoignages de notre travail.


En revanche, nous constatons aujourd'hui, à l'heure où Offensive ferme boutique, que les
militantes et militants qui sont investi-e-s ou se sont investi-e-s dans l'OLS ressortent
avec des convictions, des engagements... Loin de tuer nos envies révolutionnaires - comme
peut opérer parfois la lourdeur des organisations - l'OLS a ouvert nos appétits ; même si
ces envies de changement nous mènent aujourd'hui dans des directions différentes et
parfois discordantes.



C'est aussi ce constat qui a conduit à éteindre notre projet. Là où nous étions plus à
tâtons au début des années 2000, prêt-e-s à explorer mille sentiers nouveaux, à engager le
débat sans relâche, les avis des un-e-s et les opinions des autres se sont affirmés, et
donc les contradictions se sont faites plus tranchantes dans le même temps. Aujourd'hui,
la lassitude a gagné, la dynamique de notre groupe et le désir de faire ensemble ne
rencontrent plus nos aspirations personnelles. Cela a contribué à affaiblir la revue, à la
rendre moins mordante, moins en décalage, et donc à rendre nos apports plus pauvres.


Malgré des retours favorables, des abonné-e-s en nombre ainsi que des lecteur-rice-s
toujours assidu-e-s, nous avions décidé il y a un peu plus d'un an de faire une pause. Un
désaccord profond sur le contenu d'un dossier sur la violence avait révélé d'autres
oppositions. Nous en avons ici relevé quelques-unes :
o Autour de la critique de la société industrielle : Comment faire pour que la critique
anti-technologique ne verse pas dans une mythification du passé ? Peut-on alimenter les
valeurs que nous souhaitons défendre en s'appuyant sur le passé ? Nommer le mouvement
anti-industriel de réactionnaire est-il un moyen de le disqualifier pour esquiver les
questions qu'il soulève ? L'émergence des nouvelles technologies appauvrit-elle les
luttes, les engagements au profit d'un militantisme du zapping, plus éphémère ?
o Sur le féminisme : Le féminisme peut-il faire l'impasse sur la déconstruction du genre ?
Peut-on lutter contre les dominations sans déconstruction ? L'idée de déconstruction
conduit-elle inévitablement à nier toute idée de nature ? Les luttes pour la libération
sexuelle ne contribuent-elles pas à véhiculer des valeurs qui sont celles du néolibéralisme ?
o à propos de la famille : La famille peut-elle être une réponse au délitement des liens
sociaux et des solidarités et un espace de résistance au capitalisme ? Ou ne reste-t-elle
qu'une institution patriarcale qui socialise aux normes dominantes ?
o Sur l'autorité : La position d'expert, de spécialiste doit-elle être systématiquement
l'objet de méfiance ? Est-il indispensable que des militants développent des savoir-faire
et des connaissances spécifiques pour nourrir les luttes ? Peut-on faire autorité sans
être autoritaire ?

L'Offensive Libertaire et Sociale, tout comme sa revue Offensive, est née il y a une
dizaine d'années. ---- Le groupe politique affirmait vouloir appartenir à une galaxie
libertaire, « apportant sa contribution au mouvement révolutionnaire », et ne pas être une
énième organisation menant à « la » vérité révolutionnaire. L'OLS se vivait en coopération
avec d'autres groupes, organisations, collectifs dans l'idée de participer, aussi
modestement soit-il, à la transformation de la société. L'organisation OLS n'a jamais
voulu être une marque qu'on apposerait en bas de tracts et autres pétitions, mais une
manière de s'organiser de façon visible et affirmée, avec un mode de fonctionnement clair
et ouvert à toutes et tous. ---- Reflet de nos engagements, la revue Offensive avait
surtout l'ambition « de contribuer au renouvellement de la critique libertaire », pour
interroger des clichés de nos milieux révolutionnaires, questionner le « sens commun » des
milieux radicaux, prendre le contrepoint d'évidences un peu trop évidentes... Grain de
sable pour faire penser, outil à faire réfléchir, écho de luttes et d'alternatives,
Offensive souhaitait interpeller au-delà du petit milieu, pour s'ouvrir à d'autres. Et ce,
grâce à une exigence de qualité sur le fond comme sur la forme.


Nous ne sommes pas les mieux placé-e-s pour tirer le bilan de tout ça, et nous nous
garderons bien de dresser un tableau élogieux de notre parcours, de nos plus belles idées
et réalisations. Nos productions écrites restent les témoignages de notre travail.


En revanche, nous constatons aujourd'hui, à l'heure où Offensive ferme boutique, que les
militantes et militants qui sont investi-e-s ou se sont investi-e-s dans l'OLS ressortent
avec des convictions, des engagements... Loin de tuer nos envies révolutionnaires - comme
peut opérer parfois la lourdeur des organisations - l'OLS a ouvert nos appétits ; même si
ces envies de changement nous mènent aujourd'hui dans des directions différentes et
parfois discordantes.


C'est aussi ce constat qui a conduit à éteindre notre projet. Là où nous étions plus à
tâtons au début des années 2000, prêt-e-s à explorer mille sentiers nouveaux, à engager le
débat sans relâche, les avis des un-e-s et les opinions des autres se sont affirmés, et
donc les contradictions se sont faites plus tranchantes dans le même temps. Aujourd'hui,
la lassitude a gagné, la dynamique de notre groupe et le désir de faire ensemble ne
rencontrent plus nos aspirations personnelles. Cela a contribué à affaiblir la revue, à la
rendre moins mordante, moins en décalage, et donc à rendre nos apports plus pauvres.


Malgré des retours favorables, des abonné-e-s en nombre ainsi que des lecteur-rice-s
toujours assidu-e-s, nous avions décidé il y a un peu plus d'un an de faire une pause. Un
désaccord profond sur le contenu d'un dossier sur la violence avait révélé d'autres
oppositions. Nous en avons ici relevé quelques-unes :
o Autour de la critique de la société industrielle : Comment faire pour que la critique
anti-technologique ne verse pas dans une mythification du passé ? Peut-on alimenter les
valeurs que nous souhaitons défendre en s'appuyant sur le passé ? Nommer le mouvement
anti-industriel de réactionnaire est-il un moyen de le disqualifier pour esquiver les
questions qu'il soulève ? L'émergence des nouvelles technologies appauvrit-elle les
luttes, les engagements au profit d'un militantisme du zapping, plus éphémère ?
o Sur le féminisme : Le féminisme peut-il faire l'impasse sur la déconstruction du genre ?
Peut-on lutter contre les dominations sans déconstruction ? L'idée de déconstruction
conduit-elle inévitablement à nier toute idée de nature ? Les luttes pour la libération
sexuelle ne contribuent-elles pas à véhiculer des valeurs qui sont celles du néolibéralisme ?
o à propos de la famille : La famille peut-elle être une réponse au délitement des liens
sociaux et des solidarités et un espace de résistance au capitalisme ? Ou ne reste-t-elle
qu'une institution patriarcale qui socialise aux normes dominantes ?
o Sur l'autorité : La position d'expert, de spécialiste doit-elle être systématiquement
l'objet de méfiance ? Est-il indispensable que des militants développent des savoir-faire
et des connaissances spécifiques pour nourrir les luttes ? Peut-on faire autorité sans
être autoritaire ?
o à propos de la violence : La violence des oppresseur-se-s peut-elle être utilisée à son
tour par les opprimé-e-s pour s'émanciper ? Peut-on se contenter de la non-violence ?
Toute violence sert-elle inévitablement le système capitaliste et l'Etat ? Est-ce que la
violence des dominé-e-s exercée contre celle des dominant-e-s peut être l'objet de critique ?
o Autour de l'identité et de l'universalisme : La multiplication des identités ne
brouille-t-elle pas la perception qu'on a des rapports de domination ? Cette atomisation
des identités ne risque-t-elle pas de participer de la déstructuration du tissu social,
des solidarités ? Les luttes sociétales (comme le féminisme, l'antiracisme...), que l'on
dit plus facilement récupérables par le pouvoir, doivent-elles pour autant passer au
second plan ? Situer d'où on parle est-il primordial pour lutter et penser ensemble ?
Peut-on lutter ensemble sans partager certaines valeurs communes ?


Cette fois-ci, nous n'avons pas réussi à construire du commun à partir de ces questions, à
tourner et à retourner ces désaccords en réflexion pertinente comme vous avez pu le lire
parfois dans Offensive. Nos pratiques et nos modes d'action communs ont aussi pâti de ces
oppositions. Et l'arrêt momentané de publication n'a pas conduit à produire de nouvelles
envies, mais a, au contraire, agrandi les fissures qui étaient peu à peu apparues dans
notre collectif. Certains et certaines se sont même mis-e-s en retrait ou retiré-e-s de
l'élaboration collective.


Nous décidons donc d'arrêter l'aventure, avant que l'aventure ne nous arrête. Ce clap de
fin est celui de l'OLS et non pas de nos désirs révolutionnaires et libertaires pour une
société « fondée sur la solidarité, l'égalité sociale et la liberté ». En 2014 encore,
tout comme en 2003, il nous apparaît nécessaire de s'organiser pour résister. « La lutte
continue » pour nous, comme pour tant d'autres.


Offensive Libertaire et Sociale, décembre 2014

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Offensive s'arrête
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