anarchiste individualiste
2 Novembre 2014
Le panarabisme est un mouvement politique, culturel, et idéologique fortement séculier qui vise à réunir et à unifier les peuples arabes. Il se propose de défendre l'identité arabe, et le destin partagé. Le chérif de La Mecque Hussein ben Ali est fréquemment considéré comme le fondateur du panarabisme.
Le contenu idéologique
Peuplement arabe.
Le mouvement de la renaissance arabe, la Nahda, s'est développé au xixe siècle. Ce mouvement insiste sur l'unité de tous les Arabes et exalte la grandeur de l'héritage arabe musulman, et particulièrement l'unité du viie siècle sous la dynastie des Omeyyades. Ce courant idéologique forge des hommes qui veulent assurer la succession de l'Empire ottoman, au nom du nationalisme arabe.
Ce mouvement remporte fréquemment les suffrages des élites, remplaçant peu à peu le sentiment d'appartenance à l'islam, ce qui n'est pas toujours le cas pour le peuple. Ce mouvement est théorisé aussi bien par des chrétiens que par des musulmans, ce qui lui donne une coloration laïque, en tout cas œcuménique et transcendant les religions. Après la Première Guerre mondiale, le sentiment nationaliste arabe est très fort, mais c'est néanmoins la division qui prévaut, une division non-consentie, élaborée dans les Accords Sykes-Picot.
Le parti Baas
Le parti Baas (Baas signifiant renaissance en arabe) incarne le renouveau du nationalisme arabe. Il est fondé en 1947 par Michel Aflaq et Salah al-Din al-Bitar, le premier étant chrétien et le second musulman. Le but de ce mouvement est de créer une nation arabe, avec un socialisme arabe et laïque.
Selon ses créateurs, la Nation Arabe est porteuse d'une mission éternelle. Ils insistent sur la dimension culturelle arabe commune, un fait de civilisation que représente l'islam.
Le parti comprend un commandement national à l'échelle de la nation arabe et des commandements régionaux à l'échelle de chaque pays. Le parti Baas se développe en Syrie et en Irak mais le parti est jugé trop autoritaire et les divisions en son sein font qu'il n'a qu'une portée limitée.
Le Nassérisme
Après avoir renversé le roi Farouk Ier d'Égypte en 1952, Gamal Abdel Nasser développe un nouveau courant panarabe, le Nassérisme. L'action est alors nettement orientée contre l'Occident. La nationalisation du Canal de Suez en 1956 s'inscrit en partie dans cette optique. À l'époque Nasser veut construire le barrage décisif d'Assouan pour gérer les crues du Nil et se trouve obligé de nationaliser le canal pour pouvoir financer le projet. Cette crise a des répercussions mondiales. Par ailleurs l'idéologie nassérienne est cristallisée par le conflit israélo-palestinien et la création de l'État israélien. Le panarabisme devient discours d'État. Le panarabisme de Nasser persistera après sa mort.
Les tentatives d'union de Kadhafi
Mouammar Kadhafi, au pouvoir en Libye à partir de 1969, est fortement influencé à ses débuts par le nassérisme. En 1971, la République arabe libyenne signe avec la Syrie et l'Égypte un traité instituant l'Union des républiques arabes, fédération qui échoue cependant à se concrétiser. Tout au long de la carrière politique de Kadhafi, la République arabe libyenne (puis la Jamahiriya arabe libyenne) suit une ligne politique à la fois panarabe et panafricaine, tentant avec divers pays d'Afrique du Nord et d'Afrique subsaharienne (Tunisie, Tchad, Maroc...) une série d'unions, dont aucune ne débouche concrètement sur les unifications de la « nation arabe » et des peuples d'Afrique prônées par Kadhafi.
Bibliographie[modifier | modifier le code]
Saint-Prot, Charles. Le nationalisme arabe. Paris, Ellipses, 1995, traduit en arabe, Alger, 1996.
Voir aussi
panarabisme
Gamal Abdel Nasser
Idéologie affirmant la nécessité d'unir le monde arabe et qui a donné naissance, après la Seconde Guerre mondiale, à des mouvements politiques et à une éphémère République arabe unie (1958-1961) dominée par l'Égypte de Nasser.
1. Le sentiment unitaire des Arabes
Avant même la prédication de Mahomet, les Arabes ont toujours eu conscience d'appartenir à un peuple uni par des généalogies fictives rattachant les tribus les unes aux autres et l'existence d'une langue commune. Le caractère sacré de l'arabe, qui est la langue du Coran, a renforcé ce sentiment d'unité, malgré la présence constante dans le monde arabe de minorités chrétiennes et juives.
2. Naissance du sentiment national arabe
En 1517 est proclamé le califat ottoman d'Istanbul (le seul des cinq califats musulmans à ne pas avoir été détenu par des Arabes, mais par des Turcs). Pendant des siècles, les Arabes se sentent humiliés de voir un sultan ottoman exercer la fonction religieuse et politique de calife. À la fin du xixe s. toutefois, le prestige du sultan Abdülhamid II, qui se proposait de défendre la grandeur de l'islam, était réel parmi les Arabes. C'est la décadence de l'Empire ottoman, dominé par les Turcs, qui est à l'origine de la naissance du sentiment national arabe.
3. L'appel d'Abd al-Rahman al-Kawakibi à un califat arabe
Le désir de former un État national, fondé sur l'appartenance à la communauté arabe, apparaît au début du xxe s., alors que l'Empire ottoman se révèle incapable de résister à la domination occidentale. En 1902, Abd al-Rahman al-Kawakibi, réformateur religieux et politique syrien (1849-1902), exalte dans La Mecque, mère des cités (1902) la supériorité des Arabes sur les Turcs et appelle à la création d'un califat arabe établi à La Mecque afin de s'opposer à la domination occidentale.
4. Frustrations et radicalisations
La Première Guerre mondiale entraîne la disparition de l'Empire ottoman, mais aussi l'échec de la tentative de créer un royaume arabe. Le chérif de La Mecque, Husayn ibn Ali, se proclame en 1916 roi des Arabes, mais les Alliés – en dépit de leurs promesses – se partagent les territoires arabes sous contrôle ottoman. De surcroît, par la déclaration Balfour du 2 novembre 1917, les Britanniques acceptent l'idée de créer en Palestine un foyer national juif. D'où les frustrations expliquant l'apparition d'un sentiment d'appartenance au monde arabe, notamment dans une Égypte sous domination britannique.
5. Création de la Ligue arabe
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni tente de regagner l'appui des Arabes, parfois sensibles à la propagande de l'Axe, et soutient la création, en 1945, de la Ligue arabe.
6. Émergence du panarabisme
En 1947, le chrétien syrien Michel Aflak crée le parti Baath (« résurrection » en arabe), transformé en 1953 en parti de la Résurrection arabe et socialiste, qui se propose de fonder une nation arabe et laïque. L'héritage culturel de l'islam est revendiqué au nom de l'arabité.
Quelque temps après, le coup d'État mené en 1952 par les Officiers libres égyptiens bouleverse le monde arabe, de plus en plus hostile à la présence des puissances coloniales dans la région.
L'idée de créer un État arabe au Proche- et au Moyen-Orient mobilise les foules dans le contexte de la décolonisation.
7. Apogée et échec du panarabisme
Gamal Abdel NasserGamal Abdel Nasser
En 1954, Nasser devient le maître effectif de l'Égypte. Il défend la cause de l'indépendance de l'Algérie. Il nationalise en 1956 le canal de Suez et triomphe de l'alliance franco-britannique. Son prestige dans le monde arabe, dont il devient l'homme fort, est immense. Grâce au soutien du parti Baath, influent en Syrie, le raïs (le « chef » en arabe) proclame en 1958 la création de la République arabe unie (RAU), qui comprend l'Égypte, la Syrie et bientôt le Yémen. En 1961, la Syrie recouvre son indépendance, suivie par le Yémen ; l'échec de cette tentative marque la fin du panarabisme.
Après 1961, le panarabisme n'est plus qu'un élément du discours politique nassérien. Revendiqué un temps par le jeune colonel Kadhafi, le panarabisme s'efface bientôt devant l'islamisme, qui séduit davantage une partie du monde musulman.
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Encyclopédie Larousse en ligne - panarabisme
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Fédérer des peuples : l’exemple du panarabisme
dimanche 17 février 2013, par Arnaud Huc
Avec la montée des islamismes au Moyen-Orient nous avons tous oublié que les Arabes, tout comme les Européens ont un jour rêvé de s’unir, de former un Etat arabe. En effet ce qu’on appelle aujourd’hui panarabisme a été il est vrai idéologiquement proche du fédéralisme idéaliste qui a pu marquer l’Europe dans les années 1950. Le rêve panarabe, très fort des années 1950 à 1970 a été aujourd’hui balayé par l’islamisme. Ce courant pourtant ne mérite pas d’être oublié.
Pays de la ligue arabe – By Karakizi (Own work) [CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons
Auteurs
Arnaud Huc
Étudiant en Science Politique à l’Université de Montpellier.
À lire aussi :
Fédéralismes du monde arabe
Pays arabes-UE : Les bons voisins font les bons amis
Mots-clés
Afrique
Histoire
Une histoire trouble du panarabisme
Si le panarabisme a émergé, c’est dans un contexte particulier. Les Arabes, en effet, dominés par les Ottomans depuis le XVIe ont en même temps que les nations européennes développé une idéologie nationaliste. C’est durant la première guerre mondiale que, s’alliant avec les Anglais pour se libérer du joug turc, les Arabes entrèrent en révolte ouverte contre l’Empire ottoman. C’est Hussein Ben Ali qui est usuellement désigné comme le leader de cette grande révolte qui fit espérer un grand Etat arabe.
Les Anglais et les Français, trahissant leurs paroles respectives, décidèrent pourtant de se partager le proche orient, sans respecter les souhaits des nationalistes arabes. La France acquit la Syrie et le Liban, le Royaume-Uni la Jordanie et l’Irak [1] . Cet acte qui frustra grandement les nationalistes arabes explique certainement la haine anti-occidentale qui sera l’un des ressorts du panarabisme de l’après seconde guerre mondiale.
Car c’est en effet après la seconde guerre mondiale que le panarabisme vécut son heure de gloire.
La Syrie devint indépendante en 1946, de même que la Jordanie, tandis que l’Egypte et l’Irak étaient déjà indépendants. La Libye quant à elle sera indépendante en 1951, et les pays du Maghreb encore un peu plus tard. C’est dans ce contexte que le nationalisme arabe se développa. Partant du principe que tous les arabes parlaient la même langue, avaient la même culture et la même histoire, un courant panarabe se développa dans une majorité des Etats arabes.
La figure marquante de ce panarabisme qui dura des années 1950 à 1970 est Gamal Abdel Nasser, président de l’Egypte de 1954 à 1970. Il tira parti du fort antisionisme ainsi que du fort rejet de l’occident présent chez les arabes pour tenter d’unir les arabes autour d’une idéologie socialiste et séculière. Il tenta à plusieurs reprises de faire fusionner des Etats arabes :
- Egypte et Syrie de 1958 à 1971 au sein de la République arabe unie qui exista effectivement en tant qu’Etat.
- Egypte, Syrie et Libye de 1971 à 1984 (projet de Kadhafi) au sein de l’Union des Républiques arabes qui ne resta qu’embryonnaire.
- La Jordanie et l’Irak essayèrent également de s’unir au sein d’une Fédération arabe d’Irak et de Jordanie qui ne dura que 6 mois en 1958.
Après toutes ces tentatives infructueuses, le panarabisme s’essouffla progressivement avec la mort de Nasser et l’islamisation de Kadhafi. Pourtant, malgré ces échecs, il ne faut pas oublier que l’idéologie panarabe était une idéologie progressiste.
Une idéologie progressiste
Le panarabisme ce n’est pas qu’un mouvement nationaliste comme un autre, mais bien une idéologie qui dans le cadre de la guerre froide prôna comme la plupart des anciens pays colonisés, une troisième voie.
Le panarabisme de Nasser c’est avant tout un courant socialiste, mais pas communiste. En effet, Nasser voulait activement développer l’économie de son pays et le rendre indépendant des puissances occidentales. En ce sens il entreprit notamment la nationalisation du canal de Suez (nationalisation qui donna lieu à une guerre) et la mise en œuvre de grands travaux tels le barrage d’Assouan. Ces idées socialistes déteignirent sur le panarabisme pour faire de lui un courant marqué à gauche et plutôt proche de l’Union soviétique. Le panarabisme c’est également un mouvement séculier qui voulait entreprendre l’autonomisation du politique vis à vis du religieux. Il s’oppose donc totalement à l’islamisme d’aujourd’hui tant le pouvoir politique devait, aux yeux du panarabisme, être sinon laïc au moins séculier.
Le panarabisme c’est enfin l’unification des Arabes contre l’Occident et contre Israël. Nasser, de même que tous les dirigeants arabes et le peuple arabe dans son ensemble était profondément hostile vis à vis de l’Occident qui, représenté par le Royaume-Uni et la France avaient trahi les arabes en 1918 en se partagent le Moyen-Orient. D’autre part, les Arabes étaient encore plus hostiles aux Juifs qui en 1948 avec l’accord des occidentaux avaient reconstruit l’Etat d’Israël sur une terre arabe. C’est d’ailleurs cette lutte entre Israéliens et arabes qui fit du Moyen-Orient une véritable poudrière (6 conflits impliquant Israël de 1948 à aujourd’hui).
Une idéologie aujourd’hui disparue
Le panarabisme a été fortement dépendant de ces leaders, Nasser d’une part, et Kadhafi dans ses jeunes années d’autre part. Il a été progressivement remplacé par un islamisme venant de l’Arabie Saoudite alors alliée des Etats Unis car anti-communiste. Cet islamisme a définitivement supplanté le nationalisme arabe lors des révolutions de 2011 ou les derniers autocrates laïcs ont été renversés (Ben Ali, Moubarak et dans une moindre mesure Kadhafi) ou sont entrain d’être renversés (Al-Assad). Ces régimes dictatoriaux qui étaient anti-islamistes ont été renversés officiellement pour installer la démocratie, mais on peut craindre une confiscation de ces révolutions par l’islamisme qui n’a cessé de se renforcer depuis les années 2000.
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Fédérer des peuples : l'exemple du panarabisme
Si le panarabisme a émergé, c'est dans un contexte particulier. Les Arabes, en effet, dominés par les Ottomans depuis le XVIe ont en même temps que les nations européennes développé une idé...
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LABORIEUX REMODELAGE DE L’ORDRE RÉGIONAL AU PROCHE-ORIENT
De la menace israélienne au péril islamique
EN 1990-1991, la crise du Golfe et la guerre contre l’Irak auront donné le coup de grâce au mythe de l’unité arabe qui avait si longtemps nourri l’espoir des populations. Le nouvel ordre régional a pour centre de gravité la péninsule arabe et ses richesses pétrolières, et bien d’autres fractures se dessinent. Les négociations qui se sont amorcées entre Israël et les Etats arabes laissent percer une dure vérité : le conflit palestinien est en train de passer au second plan, au nom de la lutte contre le péril islamiste. La paix en sera-t-elle mieux assurée ?
par Mohamed Sid-Ahmed, mai 1994 APERÇU
« Et si, dans le conflit du Proche-Orient, nul autre choix n’était possible, lequel des deux vous paraîtrait un moindre mal : la solution de l’islamisme radical ou un règlement au net bénéfice des Israéliens ? » La question fut soudain posée, un soir du début de printemps, dans un salon du Caire où se trouvait assemblé un échantillon assez typique de l’élite égyptienne : journalistes, universitaires, hommes d’affaires... Une discussion animée s’ensuivit, dans laquelle peu de gens osèrent prendre clairement position.
Certains tentèrent d’éluder le problème : la question était mal posée, ou bien le choix était faussé puisque en réalité, c’étaient les Israéliens qui, au départ, avaient encouragé le mouvement islamiste contre l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ; ou encore, seule une démarche du monde arabe s’opposant à un règlement favorisant Israël permettrait d’endiguer la montée de l’islam radical. D’autres dirent préférer un projet se réclamant de la « civilisation moderne », car, à s’accrocher à des tabous du passé, les Arabes risquent fort, une fois encore, de rater tous les trains.
Les propos témoignaient d’un certain désarroi, mais ce qu’on ne disait pas, c’était que le nationalisme panarabe, qui avait été longtemps la bouée de sauvetage, n’était plus de mise. Sa disparition ouvrait la voie à deux options divergentes : ou bien renoncer à la confrontation avec Israël et conclure une paix à ses conditions, ou bien poursuivre la confrontation sans relâche, et dans ce cas il faudrait s’appuyer non plus sur le panarabisme, mais sur une mobilisation en faveur de l’islamisme radical.
La crise du Golfe, alors que la guerre froide s’achevait, aura donné le coup de grâce aux espoirs d’unité arabe. Malgré l’invasion du Koweït, près de la moitié des Etats arabes se refusèrent à condamner M. Saddam Hussein, qui s’était soudain découvert une identité plus islamiste que baasiste ou panarabiste. Ses adversaires du monde arabe, qui, eux, se présentaient comme les défenseurs du "nouvel (...)
De la menace israélienne au péril islamique
" Et si, dans le conflit du Proche-Orient, nul autre choix n'était possible, lequel des deux vous paraîtrait un moindre mal : la solution de l'islamisme radical ou un règlement au net bénéfice...
Qu'est-ce que le Baa's (ou Baath) ?
Parti politique d'origine syrienne dont l'appellation officielle est le parti de la renaissance socialiste. Parti fondé en 1943 par Michel Aflak. Sa doctrine repose sur deux piliers: la constitution d'une nation arabe unifiée du Maroc à l'Irak, et la construction d'un socialisme antimarxiste fondé sur l'individu. En Irak, le parti Baas est devenu une simple courroie de transmission au service de l'exécutif et plus particulièrement de Saddam Hussein, président du parti et chef d'Etat.
Source : Dictionnaire encyclopédique d'Histoire Mourre
DEVELOPPEMENT
Le Baath (Renaissance en arabe) est le parti politique au pouvoir en Irak et Syrie depuis les années 1960.
Le mouvement baathiste a été créé à Damas dans les années 40 par le chrétien Michel Aflak et le musulman sunnite Salah Al Din Bitar. En 1953, ce mouvement prend le nom de Parti baath Arabe Socialiste. Il atteint son apogée dans les années 60, et devient l'une des principales expressions du nationalisme arabe révolutionnaire.
L'unité arabe est au centre de la doctrine du baath et prime sur tout autre objectif. Selon son fondateur, Michel Aflak, les peuples arabes forment une seule nation aspirant à constituter un Etat et à jouer un rôle spécial dans le monde. De sensibilité laïque, il admet cependant le rôle que l'Islam a joué dans l'arabisme et appelle au socialisme. Le baath se prononce, du moins dans les années 50, en faveur d'une démocratie pluraliste et d'élections libres. Enfin, la question palestinienne, si elle le préoccupe, est loin de constituer le point central de son idéologie.
Le baath se manifeste très tôt dans la vie politique de la Syrie où militaires et civils se succèdent au pouvoir après l'indépendance. Une mutation se produit dans l'idéologie et l'organisation du parti à la suite de périodes de clandestinité successives. Il multiplie les attaques contre la démocratie libérale alors que les militaires jouent un rôle accru dans l'appareil; les revendications à caractère socialiste s'affirment.
Mais le tournant dans l'histoire du parti date de 1958 et de la constitution de la République Arabe Unie (RAU) entre l'Egypte et la Syrie. Le baath, qui partage les analyses de Nasser sur la politique arabe et internationale, accepte de dissoudre sa section syrienne. L'échec de la RAU en septembre 1961 provoque une longue crise interne. Celle-ci s'accentue alors même que le parti accède au pouvoir en Irak en février 1963 et en Syrie en mars de la même année.
L'échec de la RAU amène surtout certains cadres à remettre en cause le dogme de l'unité arabe. En Syrie, ceux qu'on appelle les "régionalistes" - dont faisait partie le chef de l'Etat syrien Hafez El Assad - (par opposition aux "nationalistes", favorables à un dessein arabe), affirment progressivement leur domination à partir de la prise de pouvoir par le baath en 1963. Les fondateurs du parti, dont Michel Aflak, sont contraints à l'exil.
Deux directions panarabes - avec chacune ses sections régionales - se mettent en place : l'une à Damas, l'autre à Bagdad où Michel Aflak s'est réfugié, après la prise de pouvoir par le baath - avec la participation de Saddam Hussein - en juillet 1968. Les deux partis se transforment alors en instrument des politiques d'Etat. L'annexion du Koweit par l'Irak en août 1990 "comme une étape de l'unification arabe" est une illustration de cette transformation.
Paradoxalement, c'est une fois arrivé au faîte du pouvoir - avec la direction de deux grands Etats arabes - que le baathisme a entamé son déclin comme idéologie. Le baathisme imprime pourtant une marque spécifique en politique intérieure - avec l'application de mesures socialistes et une certaine laïcité.
Source : MEDEA (Institut européen de Recherche sur la Coopération Méditerranéenne et Euro-Arabe)
(août 1990)
Le Baath (Renaissance en arabe) est le parti politique au pouvoir en Irak et Syrie depuis les années 1960. Le mouvement baathiste a été créé à Damas dans les années 40 par le chrétien Miche...
http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/actu/USA-Irak-2003/irak/baas.htm