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SERPENT -  LIBERTAIRE

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Critiques de Facebook


Origine : https://fr.wikipedia.org/wiki/Critiques_de_Facebook


Le 22 mars 2014
Le réseau social Facebook a essuyé un bon nombre de critiques et controverses incluant la vie privée, la sécurité infantile et l'incapacité de supprimer un compte sans préalablement en supprimer le contenu manuellement. En 2008, plusieurs compagnies ont retiré leurs publicités du site car elles étaient dangereusement exposées à plusieurs groupes ou individus [réf. nécessaire]. Les pages d'utilisateurs, groupes et forums ont été critiqués à cause de sujet parfois hautement sensibles. Plusieurs censures ont été imposées dans et en dehors du site [réf. souhaitée].


Doutes


Liberté d'expression (vis-à-vis de l'employeur d'un utilisateur)


Suite à divers procès, dont un en novembre 2010, il apparaît que Facebook est un espace public, et que dans le cadre de la relation employé-employeur, « le droit d'expression existe dans et hors du lieu de travail, mais il y a ensuite appréciation faite par le juge sur le caractère abusif ou non des propos » et que « la jurisprudence rappelle que la liberté d'expression a pour corollaire la responsabilité de ceux qui en usent. Il s'agit de l'exécution loyale du contrat, qui impose la discrétion tant vis-à-vis des tiers que des collègues : les internautes ont le droit de s'exprimer sans que cela conduise à des abus1 ».


Concurrence malhonnête


Le 12 mai 2011, le journal The Daily Beast a révélé un accord visant à discréditer Google. L'entreprise Facebook a payé l'agence Burson-Marsteller dans l'intention de rallier de nombreux blogueurs et personnalités de la toile pour dénoncer un problème fictif de vie privée concernant Google. Un internaute a refusé de relayer ses accusations, avant que des journalistes du USA Today ne décident d'enquêter sur les responsables de ces accusations et c'est finalement Facebook qui a avoué en être l'auteur2.


Vie privée


Vente d'informations personnelles


Depuis sa création, Facebook fait l'objet d'une controverse concernant le respect de la vie privée des utilisateurs. Le logiciel utilise en effet les informations personnelles des utilisateurs afin d'introduire des publicités ciblées qui sont adaptées à leur profil3 et vend les informations livrées par les utilisateurs à des entreprises privées, comme c'est indiqué dans sa charte concernant la vie privée4. Cette charte indique par ailleurs que Facebook peut aller récolter des informations sur les membres à partir de sources extérieures comme les journaux, les blogs et d'autres sources sur Internet5.


Les informations sur les utilisateurs sont également collectées par Facebook pour améliorer ses bases de données et permettre à ses clients de mieux cibler les publicités, en connaissant les comportements de consommation des utilisateurs de Facebook. Les sites tiers peuvent, grâce à Facebook Social Ads, utiliser les informations amassées par Facebook pour envoyer des publicités ciblées en fonction des différentes caractéristiques des profils6. Ceux-ci pouvant par exemple contenir des données sur : le niveau d'études, les opinions politiques, la religion, les emplois occupés7. Depuis le 17 janvier 2011, l'adresse et le téléphone mobile ont été ajoutés.


Le contrat passé avec les utilisateurs de Facebook spécifie que toutes les données entrées sur le site (messages, éléments de profils, photos etc.) ont leurs droits concédés sous licence à Facebook qui a le droit de les utiliser pour ses publicités, de les revendre à des tiers, de les sous-licencier. Le 4 février 2009, Facebook a modifié ses conditions d'utilisations et a inventé le principe d'une « licence perpétuelle sur tout le contenu déposé » (articles, photos, vidéos...) par un utilisateur, y compris les contenus supprimés8. Devant le tollé provoqué, l'entreprise a fait marche arrière deux semaines plus tard9,10.


Beacon, le dernier logiciel publicitaire de Facebook en date permet à des sites Internet intégrant un script de Facebook d'envoyer des informations sur les actions d'un membre de Facebook sur leur site (un achat, un jeu, etc.) aux amis Facebook de ce membre, dans leur « newsfeed », ou de mettre ces informations dans son journal sur sa page personnelle11. Cette forme de marketing est considérée comme très efficace, car elle passe par les réseaux sociaux et non par l'interpellation directe des personnes par la publicité12.


Voici un extrait particulièrement significatif des conditions de cession de droits au profit de Facebook :


« Pour le contenu protégé par les droits de propriété intellectuelle, comme les photos ou vidéos (« propriété intellectuelle »), vous nous donnez spécifiquement la permission suivante, conformément à vos paramètres de confidentialité et paramètres d'application : vous nous accordez une licence non-exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale pour l'utilisation des contenus de propriété intellectuelle que vous publiez sur Facebook ou en relation à Facebook (« licence de propriété intellectuelle »). Cette licence de propriété intellectuelle se termine lorsque vous supprimez vos contenus de propriété intellectuelle ou votre compte, sauf si votre compte est partagé avec d'autres personnes qui ne l'ont pas supprimé13 ».


Au début du mois de janvier 2014, deux internautes américains ont déposé plainte contre le réseau social, le soupçonnant d'analyser tous messages privés accompagné d'une URL, pour ensuite les compiler afin de dresser un profil détaillé sur l'auteur du message. Ce profil serait par la suite revendu à des tiers 14.


Utilisation abusive des données personnelles


De nombreuses ONG de défense des droits de l'homme et de la vie privée des personnes, comme Electronic Frontier Foundation ou Privacy International, s'inquiètent de cette nouvelle manière de récolter des informations sur les internautes et de les utiliser. Elles la considèrent comme d'autant plus pernicieuse qu'elle se met en œuvre avec la parfaite collaboration des utilisateurs de Facebook, qui n'ont pas nécessairement conscience des dangers d'une telle concentration d'informations entre les mains d'une entreprise privée, de leur vente à d'autres entreprises15, ou de leur mise à disposition aux autorités fédérales américaines à leur demande16. Il semblerait également que les employés de Facebook puissent avoir accès aux pages de tous les utilisateurs du service17.


Fin novembre 2007, un réseau lancé par MoveOn a fait pression pour défendre la vie privée des utilisateurs du site, et a lancé une pétition en ligne18. De nombreux groupes se sont créés sur Facebook pour dénoncer ce viol de la vie privée des utilisateurs du site19.


Le site de MoveOn.org proposait des liens vers une pétition pour mettre un terme au système Beacon, ainsi que vers un site décrivant comment, sur Mozilla Firefox, bloquer Beacon20 : il faut télécharger l'extension (« addon ») BlockSite et faire une manipulation simple, expliquée sur le site mentionné.


Pour l'étudiant autrichien Max Schrems, Facebook va jusqu'à créer des "profils fantômes" en collectant illégalement des données sur des personnes n'ayant jamais créé de compte sur le site21. USA Today détaille un mode opératoire comparable à la publicité en ligne22.


Conséquences


Les informations sur la vie privée publiées sur Facebook peuvent être lues et utilisées par des personnes à qui elles n'étaient pas initialement destinées. Certaines entreprises utilisent Facebook pour recueillir des informations sur leurs employés tandis que des recruteurs s'en servent pour leur sélection de candidats : « Les recruteurs appuyaient parfois un refus d'embauche sur des détails privés ainsi collectés »23. Par ailleurs, certains parents se servent de Facebook pour surveiller la vie de leurs enfants23.


Les Renseignements généraux puis Direction centrale du renseignement intérieur peuvent aussi collecter des informations et compléter leurs fichiers types EDVIGE. C'est une forme de fichage volontaire, ce qui lui a donné le surnom d'« Edvige Volontaire »24. Des logiciels d'analyse de réseaux sociaux permettent d'effectuer ce genre d'opérations (voir l'article en anglais sur le sujet).


Virus


Un virus nommé Koobface utilise le compte Facebook de ses victimes. Il a été découvert en novembre 2008 par l'éditeur McAfee et se propage en envoyant des courriers électroniques aux amis des personnes dont l'ordinateur a été infecté. Lorsque l’utilisateur télécharge le programme, son ordinateur est infecté et dirige ses utilisateurs sur des sites contaminés lors de recherches sur Google, Yahoo ou encore MSN25.


Sécurité


McAfee et Facebook sont partenaires depuis janvier 2010 dans le but de renforcer la sécurité informatique du site26. L'entreprise a également ouvert une partie sécurité sur son site27. En 2010, le site a connu plusieurs failles de sécurité :


24 avril 2010, un hacker met à la vente l'accès à 1 500 000 comptes Facebook, des identités manifestement volées aux utilisateurs28 ;


6 mai 2010, une faille de sécurité a permis à tout internaute de voir les conversations d’autres membres en train de tchater avec leurs contacts via la messagerie instantanée du site29 ;


12 mai 2010, une faille liée au Open Graph Protocol permettait aux hackers, en passant par les sites partenaires de Facebook (ceux utilisant les APIs Facebook) et en utilisant un Cross-site scripting, de récolter un nombre illimité d'informations sur tous les utilisateurs30.


Site délateur


Suppression définitive de compte


Facebook propose à l'utilisateur de seulement désactiver son compte et non de le supprimer définitivement. Quand le compte est désactivé, toutes les données personnelles restent en mémoire. Il existe pourtant un formulaire de suppression31 qui déclenche la dite suppression mais celle-ci est longue et compliquée (12 formulaires différents sont à remplir) et un délai de 6 mois minimum pour la prise en compte de la demande.


Une procédure moins contraignante est désormais possible32 : l'utilisateur peut se rendre dans la rubrique "aide" du site puis soumettre la question "supprimer mon compte". L'accès au formulaire de suppression est alors possible. La suppression a lieu quatorze jours plus tard, à condition de ne pas réactiver son compte entre-temps, cela annulerait la demande de suppression.


Géolocalisation


Depuis août 2010 pour les États-Unis, et depuis septembre 2010 pour la France, l'option « Lieux » de Facebook permet à un usager de Facebook de partager avec ses « amis » (ou les autres utilisateurs) des informations sur sa localisation en temps réel. En octobre 2010, la CNIL appelle à la prudence pour l'utilisation de ce service, soulignant que « le premier risque est de dévoiler trop d’informations sur vous »33,34.


Polémiques


Beacon


Jeudi 29 novembre 2007, face aux réactions suscitées par ce nouveau système publicitaire et à la menace que l'ampleur croissante du mouvement de protestation représentait pour l'image de l'entreprise, Mark Zuckerberg a présenté ses excuses aux utilisateurs de Facebook et a indiqué qu'au lieu du système d'opt-out au cas par cas (à chaque nouvelle intrusion, l'utilisateur de Facebook devait signifier à chaque entreprise qui fonctionnait avec Beacon qu'il ne voulait plus faire partie du système), ce serait aux utilisateurs de décider d'intégrer globalement cette fonction, pour toutes les entreprises internet - « opt-in »35.


Les données continuent donc à être récoltées, et la vie privée des utilisateurs, donc, à être surveillée, mais celles-ci ne sont exploitées commercialement par Beacon que si les utilisateurs s'inscrivent. Les autres formes de publicité ciblées, elles, demeurent.


Bouton « J'aime »


Le 20 août 2011, une région d'Allemagne, le Land Schleswig-Holstein, a ordonné que tous les sites hébergés dans cette région retirent le bouton « J'aime » de leur site. Le commissaire à la protection des données privées du Land, qui a mis en place cette réglementation, la justifie par le fait que ce bouton enfreint les lois allemandes et européennes en matière de protection des données privées car il permet à Facebook de récupérer des données y compris d'utilisateurs non membres du réseau social36.


Absence de démocratie


Dans une tribune du 14 août, Mahor Chiche a dénoncé dans Le Monde l'absence de démocratie sur Facebook et la possibilité pour les administrateurs de bannir des membres sur la seule foi de dénonciations37.


Reut Zukerman


Le portail d’information israélien MySay.co.il a dévoilé une information, reprise par le magazine allemand d’investigation Der Spiegel et le journal en ligne français Rue89 : le portrait d’une jeune femme israélienne, Reut Zukerman, suspectée d’avoir été créée par le Hezbollah, dans le but de soutirer des informations aux soldats israéliens. Reut Zukerman a convaincu 200 soldats ou réservistes israéliens de devenir ses « amis », afin de les faire parler. Le site israélien affirme qu’« ils auraient rapporté à leur copine Facebook des noms de soldats, du jargon, des codes secrets et des descriptions détaillées des bases militaires ».


Les services secrets israéliens utiliseraient également Facebook et Twitter pour recruter des informateurs palestiniens dans la bande de Gaza38.


Boycott de BP


Suite à l'explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon (louée par la compagnie pétrolière BP), un groupe s'est constitué sur Facebook réunissant presque un million de membres39. Le 29 juin 2010, le groupe a été fermé sans aucun avertissement de la part de Facebook. Cela a provoqué une avalanche de critiques à l'encontre de Facebook et de sa volonté de censurer le réseau social40. Facebook a annoncé de son côté que le groupe a été fermé accidentellement par un système automatique41. Cette explication a été rejetée par des sites comme change.org42. Le groupe a été rétabli le lendemain.


L'Origine du monde


Les comptes Facebook de l’artiste danois Frode Steinicke et du réalisateur français Luc Wouters ont été désactivés lorsqu’ils ont mis en ligne une reproduction du tableau de Courbet, L’Origine du monde, qui avait fait scandale au XIXe siècle. La désactivation du compte est quasi immédiate, sans préavis ni explication. Le réalisateur français parle de « censure43 ». Le tableau en question représente le sexe féminin. Or la nudité et la pornographie ne sont pas admises sur la plate-forme.


Le 19 octobre 2012, un journal suisse, La Tribune de Genève, publie sur son compte Facebook un article sur le musée d’Orsay. Cet article est illustré par le tableau de Gustave Courbet. Le compte Facebook du journal a alors été bloqué et celui-ci a du procéder à une série de tests anti spam pour voir son compte réactivé, mais avec le contenu supprimé44.


Sociologie


Le développement de Facebook a été largement commenté du fait de l'ampleur du phénomène et de ses implications en termes de comportements sociaux. Mark Granovetter, sociologue américain, qualifie de liens faibles les liens reliant les personnes connectées par un réseau social numérique, les amis Facebook par exemple, en opposition aux liens forts de l'amitié au sens classique. Il y voit néanmoins une chance de par la puissance du réseau, la diffusion de l'information qu'il permet45.


Bernard Stiegler analyse Facebook comme un pharmakon (un objet technique portant en potentiel le poison comme le remède) automatisant techniquement la relation d'amitié et contribuant à la misère symbolique des individus46.


Interdiction d'accès


En mai 2009, à quelques jours de l'élection présidentielle iranienne, le site a été interdit d'accès en Iran. Une agence de presse proche des réformateurs a déclaré que « Selon certains internautes, le site a été interdit parce que les partisans du candidat Mir-Hossein Mousavi avaient réussi à utiliser Facebook pour mieux faire connaître les positions du candidat »47.


Depuis novembre 2009, Facebook est également bloqué aux utilisateurs vietnamiens, sur décision du gouvernement local, mais aussi en Chine48,49.


Effets psychologiques


Jalousie


Facebook a été critiqué par sa façon de rendre les individus envieux et malheureux suite aux différents aspects positifs émis par leurs contacts50,51,52,53,54,55.


Stress


Des recherches effectuées par des psychologues de l'Université Napier d'Édimbourg ont démontré que Facebook ajoute du stress au quotidien de ses utilisateurs. Les causes du stress incluent la peur de manquer une information sociale importante, la peur d'offenser des contacts, la gène ou la culpabilité d'être rejeté par les autres utilisateurs par le biais d'ajouts ou de suppressions de contacts, la peur d'être le centre d'attention, et la peur d'être jugé vis-à-vis des contacts ajoutés56. Un bon nombre d'individus inscrits à Facebook pour des buts positifs ont montré que le site avait un impact négatif sur leur vie quotidienne57.


Poursuites judiciaires


Début novembre 2009, le réseau social Facebook était attaqué en justice pour « complicité d'incitation à la haine et à la violence » par un étudiant en droit d'Avignon dans le Vaucluse. Nicolas Canut, 20 ans à l'époque, entendait dénoncer les groupes nazis, homophobes et racistes que le réseau social hébergeait. Plusieurs plaintes du même étudiant ont été ensuite déposées en 2010, puis par Alexandre Marcel, un habitant d'Alès dans le Gard, pour les mêmes raisons. L'étudiant d'Avignon avait demandé la fermeture du réseau social Facebook pendant 24 heures sur le territoire français tout en accusant Facebook de n'avoir aucune modération. L'enquête judiciaire et technique est en 2010 toujours en cours au centre de cyber-criminalité de Nanterre. La justice avait décidé de juger recevables certaines plaintes de Nicolas Canut, mais en 2010 une des trois plaintes de l'étudiant contre des groupes homophobes sur Facebook a été classée58.


En février 2010, le réseau social Facebook était condamné par le tribunal de grande instance de Paris au titre d'hébergeur pour un groupe incitant à la haine et à la violence envers un évêque de Saint-Quentin, Soissons et Laon dans l'Aisne, où sa photo avait été utilisée comme support dans ce groupe. Le réseau social avait été condamné à retirer le groupe sous une astreinte de 550 euros par jour de retard59. Le 2 septembre 2010, les Ministères de la Justice et de l'Intérieur français ordonnaient aux autorités américaines de transmettre plusieurs adresses IP d'internautes sur Facebook soupçonnés d'avoir incité à travers des groupes, la haine et la violence envers les homosexuels. Cette procédure, qui fut une première, est due aux plaintes de Nicolas Canut en 2009 et 2010 (voir ci-dessus).


Le 12 janvier 2011, Facebook ayant été condamné pour un groupe injuriant un évêque de l'Aisne en première instance par un tribunal de Paris, gagne son procès en appel. La plainte de l'évêque axonais a été jugée "irrecevable" par le tribunal de Paris parce que la société Facebook UK est différente de celle américaine. Le 14 mars 2011 Alexandre Marcel apprenait par un "avis à victime" que ses plaintes contre le réseau social Facebook pour avoir laissé des groupes homophobes et racistes sans les modérer, mais aussi contre des utilisateurs avaient été classées sans suite pour le motif "Auteur Inconnu". Le 17 mars 2011, Alexandre Marcel et l'association IDAHO annonçaient se porter partie civile dans l'affaire Facebook obligeant ainsi le Parquet d'Alès de nommer un juge d'instruction. Il est également vu sur le MidiLibre.com que Facebook avait refusé de transmettre les adresses IP aux autorités françaises.


Parallèlement, Nicolas Canut annonçait que sur ses trois plaintes, une a permis d'identifier deux présumés auteurs sans plus de précisions.


Un étudiant en droit autrichien, Max Schrems, est également l'auteur de 22 plaintes contre Facebook21, qu'il décrit sur le site europe-v-facebook.


En 2012, la Justice française décidait que Facebook INC et Facebook UK étaient poursuivables en France devant un juge de proximité, suite à la plainte d'un étudiant qui s'était vu interdire d'accès à Facebook[réf. nécessaire]. Cette décision qui fut la première, entraîna de facto la réouverture du dossier judiciaire à Avignon suite aux plaintes de Nicolas Canut.


Évasion fiscale


En France


Selon une étude de Greenwich Consulting commandée par la Fédération française des télécoms (FFT) en avril 2013, l'entreprise Facebook a payé 424 fois moins d'impôt sur les sociétés en 2011 que ce qu'elle aurait dû, soit 50 000 € au lieu de 21,2 millions60.


Il s'agit d'une évasion fiscale qui n'est pas illégale, comme le souligne Pierre Louette, président de la FFT et directeur exécutif de France Télécom61. Ce-dernier considère qu'en matière de fiscalité du numérique les acteurs économiques tels que Facebook « jouent de notre incapacité à offrir un front unique »61.


Références


↑ "Sur Facebook, on ne choisit pas les amis de ses amis" [archive], entretien publié dans le quotidien Le Monde daté du 19 novembre 2010, avec Christianne Feral-Schuhl, avocate spécialiste des questions liées aux technologies de la communication et auteure de Cyberdroit, le droit à l’épreuve de l’Internet (éditions Dalloz).


↑ Facebook a financé une campagne anti-Google [archive], Le Monde,‎ 12 mai 2011


↑ « Le site Facebook vend le profil de ses internautes aux publicitaires » [archive], Le Monde, 10 novembre 2007.


↑ « We may share your information with third parties, including responsible companies with which we have a relationship. »


↑ « We may use information about you that we collect from other sources, including but not limited to newspapers and Internet sources such as blogs, instant messaging services and other users of Facebook, to supplement your profile. » Cf. http://www.facebook.com/policy.php [archive]


↑ Cf. la page de Facebook consacrée à ce service : http://www.facebook.com/business/?socialads [archive]


↑ Pages Information générales, Informations personnelles et Formation et emploi de Facebook le 21-01-2008


↑ « Facebook peut utiliser toutes les données : choisissez vos amis ! » [archive], Rue89, 17 février 2009.


↑ « Facebook fait machine arrière après la révolte des internautes » [archive], Rue89, 18 février 2009


↑ (fr) Vie privée sur internet : la polémique Facebook [archive], Le Monde, 19 février 2009


↑ Facebook Beacon enables your brand or business to gain access to viral distribution within Facebook. Stories of a user's engagement with your site may be displayed in his or her profile and in News Feed. These stories will act as a word-of-mouth promotion for your business and may be seen by friends who are also likely to be interested in your product. Cf. http://www.facebook.com/policy.php [archive]


↑ Cf. les propos de Mark Zuckerberg : « Les gens s’influencent mutuellement. Rien ne les influence plus qu’une recommandation d’un ami dans lequel ils ont confiance. La référence de quelqu’un en qui ils ont confiance influence plus les gens que le meilleur message télévisé. C’est le Saint Graal de la publicité. » Facebook fait volteface, écoute les usagers [archive] - Blog de Francis Pisani, 30 novembre 2007


↑ Conditions d'utilisation de Facebook [archive]


↑ Source AFP, « Facebook vend-il le contenu de vos messages privés ? » [archive], sur lepoint.fr, Le Point,‎ 2014 (consulté le 07 janvier 2014)


↑ Cf. le supplément « Écrans » de Libération, du 20 novembre 2007 [archive]


↑ (en) Un cas de scrutage du profil d'un étudiant postulant à un stage dans une entreprise publique aux États-Unis [archive]


↑ (en) Nick Douglas, « Facebook employees know what profiles you look at », Gawker,‎ 27 octobre 2007 (lire en ligne [archive])


↑ Vie privée : MoveOn.org lance une pétition contre Facebook [archive], vnunet.fr, 22 novembre 2007.


↑ Les groupes anglo-saxons [archive] ou français [archive].


↑ the Idea Shower » » Block Facebook Beacon [archive]


↑ a et b www.liberation.fr/medias/01012367338-facebook-archives-a-perpete [archive]


↑ (en) « Facebook tracking is under scrutiny » [archive], usatoday.com, 16 novembre 2011.


↑ a et b Premières déceptions pour les fans de Facebook [archive], article dans Le Figaro, 26 août 2008, page 9


↑ VOS RÉACTIONS - «Facebook est comme un fichier Edvige volontaire» [archive], sur Le Figaro,‎ 2010 (consulté le 5 juillet 2010)


↑ Le virus Koobface attaque les utilisateurs de Facebook [archive] - 01net., 5 décembre 2008


↑ Samy Tounsi, Facebook en partenariat avec McAfee pour renforcer la sécurité [archive], Logiciel.net, 13 janvier 2010


↑ Bienvenue aux pages d’informations sur la sécurité [archive], Facebook.com


↑ Un pirate assure détenir 1,5 million de comptes Facebook [archive], itespresso.fr, 24 avril 2010


↑ Nicolas Guillaume, Sécurité : la fonction chat de Facebook déraille [archive], itespresso.fr, 6 mai 2010


↑ Nicolas Guillaume, Sécurité IT : Facebook victime d’une nouvelle faille [archive], itespresso.fr, 12 mai 2010


↑ Formulaire de suppression de compte Facebook [archive]


↑ A savoir lorsque vous supprimez votre compte Facebook [archive]


↑ La CNIL met en garde contre le service de géolocalisation de Facebook [archive] - Le Monde, 20 octobre 2010


↑ Facebook Places en questions [archive] - CNIL, 15 octobre 2010


↑ (en) Sarah Wheaton, « Facebook Bows to Privacy Protest », New York Times,‎ 29 novembre 2007 (lire en ligne [archive])


↑ Un Land allemand veut interdire le bouton « J'aime » de Facebook [archive], 01net,‎ 2011 (consulté le 23 août 2011)


↑ Mahor Chiche, « Le jour où Facebook m'a banni » [archive], sur Le Monde.fr, Le Monde,‎ 2010 (consulté le 14 août 2010)


↑ Laurent Mauriac, « L'amie Facebook des soldats israéliens était une espionne » [archive], sur Rue89.com,‎ 2010 (consulté le 5 juillet 2010)


↑ Facebook, Boycott BP [archive]


↑ PC Inpact, Facebook supprime la page « Boycott BP » par erreur [archive], 1 juillet 2010


↑ (en) CNN, Facebook says it disabled "Boycott BP" page in error [archive], 29 juin 2010


↑ Change.org, Facebook Stop trying to censor BoyCott BP and do not take them down again [archive]


↑ Luc Wouters, « J'ai défié Facebook avec Courbet, mon compte a été désactivé [archive] », Rue89, publié le 21 février 2011


↑ Le compte Facebook de la Tribune de Genève censuré par le réseau social AFP - Journal Internet AFP (français) - 19 octobre 2012


↑ (en) Mark Granovetter, The strength of weak ties, American Journal of Sociology


↑ 500 millions d'amis - pharmacologie de l'amitié [archive], podcast de la conférence de Bernard Stigler du 24 septembre 2010 sur le site de l'association Ars Industrialis


↑ Iran : le site Facebook interdit d'accès [archive], sur JeanMarcMorandini.com (consulté le 23 mai 2009)


↑ Giang Nguyen, CNN, « Les utilisateurs de Facebook condamnent le Vietnam qui bloque l’accès au site » [archive],‎ 2009


↑ Brice Pedroletti, « La grande muraille virtuelle de Chine » [archive],‎ 2010


↑ (en) The Anti-Social Network [archive], sur slate.com,‎ 26 janvier 2011


↑ (en) How Facebook Breeds Jealousy [archive], sur discovery.com,‎ 10 février 2010


↑ (en) Study: Facebook makes lovers jealous [archive], sur cnet.com,‎ 11 août 2009


↑ (en) Jealous much? MySpace, Facebook can spark it [archive], sur msnbc.msn.com,‎ 31 juillet 2007


↑ (en) Facebook Causes Jealousy, Hampers Romance, Study Finds [archive], sur University of Guelph,‎ 13 février 2007


↑ (en) Facebook jealousy sparks asthma attacks in dumped boy [archive], sur usatoday.com,‎ 19 novembre 2010


↑ (en) Does Facebook Stress You Out? [archive], sur webpronews.com,‎ 17 février 2010


↑ (en) Internet Imitates Life But It Is Not The Same [archive], sur konsiderit.com,‎ 4 juin 2011


↑ « Homophobie sur Facebook, la plainte classée sans suite » [archive] publié par Olivier Levard sur le site LCI TF1 le 13 août 2010.


↑ Facebook condamné à retirer des propos injurieux envers un évêque [archive] - AFP


↑ Etude Greenwich: surfiscalité des télécoms en France et optimisation fiscale des "géants du net" [archive], sur fftelecoms.org, Fédération française des télécoms,‎ 17 avril 2013 (consulté le 24 avril 2013)


↑ a et b Raphaële Karayan, « Le lobby français des télécoms chiffre l'évasion fiscale des géants du Net » [archive], sur lexpansion.lexpress.fr, Groupe Express-Roularta,‎ 17 avril 2013 (consulté le 24 avril 2013)


Le 22 mars 2014


https://fr.wikipedia.org/wiki/Critiques_de_Facebook

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Origine : http://videotexte.wordpress.com/2008/11/30/facebook-fichage-volontaire-et-fausses-amities/
Prolétariat moderne, voilà ce que bon nombre d’entre nous, travailleurs ou pas, riches ou pas, sommes. Celui d’une industrie qui ne produit pas que des biens et services mais aussi de la domination et, évidemment, du contrôle. Des biens et des services, du rien et des sévices. (ceci n’est pas du slam)


En exposant nos vies aux autres, à ces autres que l’on dénomment "amis", c’est quelque part (virtuellement s’entend) participer généreusement – et de manière acritique surtout – à l’entreprise de fichage et de "profiling" publicitaire que propose Facebook à ces clients.


Participants tantôt heureux – au sens d’imbéciles heureux -, tantôt jouant le rôle résigné des obligés de la fashion (il FAUT être sur Facebook), nous nous soumettons à l’exploitation incontrôlée et incontrôlable de nos données personnelles, sans réserve.


Naïf celui qui verra dans les promesses quant à la protection des informations un gage de sécurité. Facebook n’est pas là pour apporter de la sécurité mais se blinder la panse de profits et ils doivent bien rigoler en rédigeant leurs règles de confidentialité.


L’option du "tag" (étiquetage en français) pose déjà la question de l’anonymat. Le "tagging" ressemble déjà à la pratique de la dénonciation, du ragot, et à une certaine collaboration d’avec l’ennemi, l’ennemi de la guerre calme : quotidienne et discrète.


Untel était présent à cette soirée ou dans cette école, tiens c’est qui cette fille qui t’embrasse, là, oui là, ou encore : tiens il est bien tard, ce mec ne dormait pas à 3h00 du matin ?


La vie de chacun, sur le principe des émissions de télé-réalité, s’exhibe et se partage – au sens le plus dénué de partage qui soit, : même les messages "personnels" sont désormais visibles de tous avec le "wall-to-wall". Ce dernier, sorte de faire-valoir mutuel et de mur de trophées de l’excellence en sociabilité, ne dissimule plus rien tout en excluant les autres. Les autres, je pense ici, à ceux qui lisent ce genre de correspondance sans y participer. Rien de plus violent et de grotesque que cela.


Les gens peuvent également vous supprimer, supprimer vos commentaires, supprimer ce qui ne colle pas à l’image qu’ils entendent se donner d’eux-mêmes, et également sélectionner les membres de leur "entourage". Entourage mondain le plus souvent que cercle d’affinités réelles. Reflétant le système calculateur et utilitariste du capitalisme, ici la règle, c’est justement le de capitaliser le plus possible de fausses amitiés. Dans la perspective de se créer le réseau social le plus lucratif (sur le plan symbolique au moins) qui soit.


Pour finir sur la notion d’amitié sur Facebook, il faut dire qu’il est bien plus facile d’ajouter des sois-disant amis que d’aller leur parler en les croisant dans la rue. Bien plus commode d’avoir un sujet de conversation dans ce réseau virtuel que dans la vraie vie du réel. Facebook dispense du courage et de la difficulté de trouver le bon ami, puisqu’au fond tout le monde peut désormais être ton ami.


En réalité, Facebook ressemble à ces aéroports, ces gares, ces salles d’attentes, où l’on croise toujours une vieille connaissance avec laquelle on avait pourtant jamais vraiment parlé mais qui, étrangement, devient durant quelques minutes ou quelques heures, le meilleur ami de notre petit monde globalisé.


Facebook entend rassembler, Facebook, comme tout nouveau gadget, entend apporter son lot de nouveautés alors qu’il dépossède encore un peu plus l’homo numericus de son rapport au monde, de son rapport à l’autre.


En ce sens Facebook n’est rien d’autre qu’une régression, de la sphère privée certes, mais également de l’amitié. Une amitié dont il fait perdre le sens et la valeur… sauf marchande, bien entendu.


http://videotexte.wordpress.com/2008/11/30/facebook-fichage-volontaire-et-fausses-amities/


Origine : http://lheterotope.wordpress.com/2010/04/01/quand-facebook-se-fait-analyser-par-michel-foucault/
Facebook : une incitation au rituel chrétien de l’aveu où l’orchestration d’un dire « libérateur »


"Le tout est de tout dire, et je manque de mots
Et je manque de temps, et je manque d’audace
Je rêve et je dévide au hasard mes images
J’ai mal vécu, et mal appris à parler clair."
Paul Eluard


A la lumière du concept foucaldien de subjectivation (Histoire de la sexualité tome I : la volonté de savoir) et de la réflexion sur la production des savoirs en tant qu’elle est traversée par des enjeux de pouvoir et conditionnée par eux (Les mots et les choses, Archéologie du savoir), Facebook apparaît comme l’une des technologies modernes de nos sociétés de contrôle.


La subjectivation de soi, c’est à dire les dispositifs et les pratiques qui nous amènent à nous penser comme individu, comme sujet permettant de s’identifier auprès des autres et de s’authentifier par rapport à soi-même, cette subjectivation, cette manière de se penser en tant que sujet, n’est ni immuable à travers le temps, ni anodine.


La constitution de l’individu en tant que personne possédant une intériorité et une pratique réflexive a une historicité que l’on peut dater, cet individu moderne n’existe ni chez les grecs, ni chez les romains, elle se développe tout au long de la chrétienté passant d’une société de l’éloge et du blâme à celle de la culpabilité et de la faute et trouve, peut être, son apogée avec l’invention de la psychanalyse au XIXe siècle. L’apparition de cette pratique n’est pas non plus anodine mais traversée par des enjeux de pouvoirs car celui-ci n’est et n’existe que dans la mesure où il sait. Précisons ici que le pouvoir n’est pas localisable dans des institutions étatiques, il est un ensemble d’interrelations réversibles (Patron-ouvrier, prêtre-fidèle, parent-enfant, professeur-élève, psychanalyste-patient, médecin-malade…)


En effet, cette technologie est l’héritière du confessionnal chrétien dans le sens où il permet et incite l’aveu dans le cadre d’une liberté du dire se faisant passer pour « libération » qu’il va lui-même orchestrer. Pour Facebook : on y adhère librement, c’est « fun » et après tout je n’ai rien à cacher. Avec l’aveu, c’est l’avouant qui devient « sujet » dans les deux acceptions du terme. Sujet avouant et sujet de l’autorité qui génère l’aveu. Mais devenu sujet, l’avouant s’est construit une identité qui, à son tour, devient gêne de pouvoir : « ah, bon t’es pas encore sur Facebook ? ». La boucle est bouclée, le serpent de l’autorité s’est mordu la queue.


Ce que nous prenons pour des libertés est bien souvent le siège même des enjeux de pouvoirs et du contrôle social. Facebook, siège de la prétendue liberté de dire, permet la constitution d’un capital d’informations qui ont une valeur considérable sur le marché (étude marketing, offres ciblés) et la possibilité d’une intrusion inégalée de l’Etat et des acteurs privés au plus profond du corps social.


Si ce constat sur une de nos pratiques quasi quotidiennes nous laisse un arrière goût déplaisamment salé, il engage cependant à être attentif aux instances qui permettent l’émergence des discours et leur régulation (Facebook, la télévision…) plutôt qu’aux instruments de leurs répressions. Ainsi la déclaration des Droits de l’Homme au XVIIIème Siècle s’accompagne de toute une série de pratiques qui apparaissent, non pas comme l’expression de ces libertés mais plutôt comme la régulation de leurs bons usages. Facebook fait sûrement partie de l’une d’elle.


La folie Facebook et la planète Foucault.


"L’aveu de la vérité s’est inscrit au cœur des procédures d’individualisation par le pouvoir, nous sommes devenus une société singulièrement avouante. On avoue ses crimes, on avoue ses péchés, on avoue ses pensées et ses désirs, on avoue son passé et ses rêves, on avoue ses maladies et ses misères, on s’emploie avec la plus grande exactitude à dire ce qu’il y a de plus difficile à dire, on avoue en public et en privé, à ses parents, à ses éducateurs, à son médecin, à ceux qu’on aime, on se fait à soi-même – dans le plaisir et dans la peine – les aveux impossibles à tout autre, et dont on fait des livres; on avoue ou on est forcé d’avouer. L’homme en occident est devenu une bête d’aveux [...] L’ironie du dispositif de l’aveu, c’est qu’il nous fait croire qu’il y va de notre libération".


«Il faut être soi-même bien piégé par cette ruse interne de l’aveu, pour prêter à la censure, à l’interdiction de dire et de penser, un rôle fondamental : il faut se faire une représentation bien inversée du pouvoir pour croire que nous parlent de liberté toutes ces voix qui, depuis tant de temps, dans notre civilisation, ressassent la formidable injonction d’avoir à dire ce qu’on est, ce qu’on a fait, ce dont on se souvient et ce qu’on a oublié, ce qu’on cache et ce qui se cache, ce à quoi on ne pense pas et ce qu’on pense ne pas penser. Immense ouvrage auquel l’Occident a plié des générations pour produire-pendant que d’autres formes de travail assuraient l’accumulation du capital- l’assujettissement des hommes ; je veux dire leur constitution comme « sujets » aux deux sens du terme.»

Quand Facebook se fait analyser par Michel Foucault.

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Dominique Cardon est sociologue au Laboratoire des usages (Orange Labs), et au LATTS (Université Marne la vallée-Paris Est)

Facebook est le miroir de nos ambivalences. Et il serait sans doute utile d’être plus lucide à l’égard de nos propres pratiques si l’on voulait rendre cohérentes les multiples critiques que nous adressons aux réseaux sociaux de l’Internet. Un paradoxe, en effet, ne cesse de traverser notre rapport aux nouveaux mondes numériques. Nos représentations et nos pratiques ne sont pas simplement désajustées. Elles font le grand écart.

Nous nous méfions, et ceci de plus en plus, des risques relatifs à la capture de nos données personnelles par les grands acteurs commerciaux du web, mais nous continuons toutefois à nous exposer sans grand scrupule. Nous définissons de plus en plus l’amitié comme une relation pure et désintéressée, mais nous multiplions les contacts opportunistes sur les plateformes relationnelles en appelants «ami» la première personne qui nous clique, nous «like» ou nous «retweete».

De la quête d'authenticité à l'auto-observation

Nous sommes en quête d’expériences authentiques, mais pour les vivre, nous nous auto-observons afin d’en faire le récit sur les réseaux sociaux de l’Internet. Nous fantasmons la vie réelle comme la seule scène de rencontres vraies, mais les outils de communication ne cessent de s’immiscer dans notre vie relationnelle pour la continuer, l’augmenter et l’étendre.

Il y a quelque chose d’incohérent, et d’une incohérence qui se sait elle-même fautive, dans les reproches que nous adressons continuellement aux réseaux sociaux de l’Internet : perte de temps, bavardage, addiction, faux-amis, désordre de la relation et de la personnalité, etc.

Ces critiques, le plus souvent, nous les destinons aux autres. Ce sont eux, les jeunes, les naïfs, les narcissiques, et non nous, utilisateur conscient et réflexif de l’Internet, qui se dispersent, se perdent, s’exhibent et vivent des expériences déréalisées. Cependant, si tout le monde considère que les autres sont aliénés tout en s’en exonérant, c’est la réalité de l’aliénation elle-même qui s’évapore.

La multiplication des discours critiques, sans effet sur les comportements

Il faudrait quand même considérer avec un peu de sérieux le fait que nos critiques de Facebook sont, à proprement parler, inconséquentes. Certes une partie de ces critiques, celles relatives au traitement des données personnelles notamment, ne relèvent pas directement du domaine d’intervention des individus, mais en revanche de leur capacité d’influence.

Mais tel n’est pas le cas de beaucoup de ces insatisfactions dont nous faisons porter la responsabilité aux plateformes de réseaux sociaux sans jamais songer à s’en désabonner. Si le discours critique à l’égard de l’Internet emprunte souvent un vocabulaire disciplinaire (gouvernementalité, rationalisation, réification, aliénation, etc.) il faut aussi, très prosaïquement, faire le constat qu’il n’est pas très difficile de desserrer l’étau de ces nouvelles disciplines. Il suffirait de ne pas… utiliser, répondre dans l’urgence, s’exhiber sans retenu, accepter les demandes d’amitié d’inconnus, céder au mimétisme. Il suffirait aussi de bloquer la publicité sur son navigateur (cela prend à peu près 30 secondes et c’est très efficace).

Tout se passe comme si la multiplication des discours critiques était sans effets aucun sur les comportements des utilisateurs. Comment dès lors comprendre que nous consentions aussi facilement à mener une vie sociale numérique que nous désapprouvons ? Les explications structurales par l’aliénation sont démenties par la plupart des enquêtes qui montrent que le niveau d’expertise critique des individus à l’égard des plateformes relationnelles augmente avec la fréquence et la densité de leur pratique.

Les explications par le calcul rationnel, les individus faisant un arbitrage entre coûts et bénéfices estimés de leur pratique de Facebook, proposent un modèle d’acteur hyper-conscient peu réaliste. Aussi faut-il proposer une explication plus agile susceptible de s’introduire dans l’étau peu questionné de nos hypocrisies. Car l’écart de plus en plus tendu qui sépare nos représentations d’une vie sociale désirable et la réalité de nos pratiques relationnelles participe de la même cause.

Imaginaire libéral de l’individualisme

Ce qui nous pousse vers Facebook est aussi ce qui nous fait nous en méfier. C’est dans le processus continue d’individualisation expressive de nos identités, phénomène qui s’est mis en route dans les sociétés occidentales dans les années 70’s, que s’enracine à la fois le désir de relations sociales pures et authentiques et le souci accru de gérer son capital social comme une micro-entreprise personnelle.

La réalité est que Facebook nous confronte à ce que nous percevions plus ou moins tacitement sans jamais le voir aussi clairement : notre vie sociale est complexe, nos identités sont multiples, nos trajectoires de vie sont heurtées, la recherche d’efficacité s’est introduite dans notre carnet d’adresse, les liens forts nous ennuient alors que les liens faibles nous excitent, nous avons le désir d’exprimer ce qui fait notre singularité et de la faire reconnaître à un public de plus en plus large… Facebook nous met face à la réalité, interdépendante, multiple, mobile de notre vie sociale alors que nous rêvons d’une vie relationnelle stable, ancrée et profonde.

Le développement de l’imaginaire individualiste dans nos sociétés valorise l’idée que l’autonomie des individus passe par l’émancipation de toutes contraintes pesant sur nos choix, nos décisions et nos comportements. Que notre vie sociale, notre identité et notre sociabilité, puisse être soumises à des contraintes techniques, sociales ou relationnelles est toujours perçu comme une altération de notre individualité.

A idéaliser le fait que nos choix d’individus devraient être des décisions purement internes aux personnes et qu’elles ne doivent rien à leur environnement externe, nous entretenons une illusion permanente, et constamment déçue, sur la réalité de notre vie sociale. L’exacerbation de cette tension dans l’imaginaire libéral de l’individualisme contemporain est justement ce à quoi confronte l’expérience à la fois enthousiaste et malheureuse de Facebook.

Critiques de Facebook
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