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SERPENT -  LIBERTAIRE

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Être juive en France aujourd'hui

Wie Gott in Frankreich leben!" Cette maxime, qui littéralement signifie "vivre comme Dieu en France", était un dicton yiddisch répandu en Europe pendant longtemps chez les ashkénazes fascinés par ce pays. Il symbolisait le bien-être des juifs en France. C'est cette maxime, qui malgré les épisodes noirs de l'histoire pour les juifs français, a bercé mon enfance, et grâce à laquelle j'ai probablement décidé de m'installer à Paris.

Car ce choix pour la France n'a rien du hasard. J'ai grandi dans une Allemagne traumatisée, où la seule obsession était de se confronter avec son passé. "Plus jamais ça!" étaient les mots qui ont marqué toute une génération. J'ai donc tout naturellement été fascinée par la France, ce pays des Droits de l'Homme et des Lumières, ce pays où les juifs vivaient heureux. Comme Dieu en France, ce pays qui pouvait donner la possibilité a chacun de devenir, d'une certaine manière, l'égale de sa Marianne. Le "Juif d'Etat" est un phénomène Français. Pour devenir Premier Ministre en Grande Bretagne, Disraeli était obligé de se convertir; Leon Blum, lui, était resté juif.

Arrivée en France j'étais fascinée par le fait que tant de juifs célèbres étaient représentés dans la société française, que leur judaïsme était connu, mais qu'ils étaient surtout et avant tout des citoyens français. Pourtant, dès le début des années 2000, petit à petit, je devais me rendre à l'évidence que cette idée que je me faisais de la France avait changé, que pour une juive en France le "plus jamais ça" n'était plus une certitude. Chaque année mes angoisses s'intensifiaient: "Puis-je exprimer mon judaïsme sans craindre pour ma sécurité et celle de mes enfants? Puis-je montrer mon attachement pour Israël sans me sentir menacée? Est-ce que je suis une mère responsable d'élever mes enfants ici, dans ce pays?"

Lire aussi:
Les juifs ont-ils un avenir en Europe?
La lutte incantatoire contre l'antisémitisme
L'importation du conflit israélo-palestinien en France et sa médiatisation
En Israël, la colère et la vengeance

Nourries par l'augmentation de la violence antisémite en France depuis 14 ans - 169actes antisémites dans le premier trimestre de 2014 ont déjà été comptabilisés - ces craintes ont atteint leur paroxysme cette semaine. En ce 12 et 13 juillet 2014, veille de fête nationale et du triste anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, nous avons été les témoins des dérives inacceptables contre les juifs et les lieux de cultes. Jets de cocktails Molotov sur la synagogue d'Aulnay-sous-Bois, assauts de deux synagogues dans les rues de Paris, des propos d'un homme politique (EELV) jugeant "pas étonnant que des synagogues subissent des attaques lorsqu'elles soutiennent la politique d'Israël" et foule scandant dans les rues "mort aux juifs" furent à l'ordre du jour.

Ces 12 et 13 juillet, au même titre que la manifestation du "jour de colère" ou des paroles similaires avaient été scandées, que l'assassinat d'Ilan Halimi ou les attentats commis par Mohamed Merah ou ceux commis par le présumé terroriste Medhi Nemmouche en Belgique, ont été la synthèse de ce que les juifs vivent en France ces dernières années. Alors pour certains, l'explication est toute trouvée et s'appelle:l'importation du conflit israélo-palestinien. Le raccourci est facile puisque ces actes abominables avaient cette fois-ci eu lieu en marge de manifestations pro-palestiniennes. Toutefois, cette notion que les actes anti-juifs sont uniquement déclenchés par le conflit israélo-arabe est trop simpliste.

Il n'est ici plus question de défendre une politique ou exprimer un attachement pour la cause palestinienne. En effet, il n' y a rien de pro-palestinien à vouloir attaquer du juif parce qu'il est juif. Aucune idéologie pro-palestinienne ne justifie en France cette soif de vouloir humilier, blesser et tuer les nôtres. Dès lors, ne soyons pas dupes, cette haine ne peut s'inscrire dans un soutien légitime au principe de l'autodétermination du peuple palestinien. En France, la cause palestinienne est devenue un prétexte pour se défouler contre le juif et il ne fait aucun doute que le sort de ces "frères opprimés" n'importe nullement ceux qui scandent dans les rues "Hitler n'a pas fini le travail!" tout en brandissant les drapeaux du Hamas ou du Hezbollah. Malheureusement, c'est un problème plus profond où se mêlent haine du juif, islamisme radical et volonté de subvertir notre société.

La France est devenue le refuge de certains caïds qui ont une aversion profonde pour notre démocratie et le monde occidental. C'est pourquoi ce dont nous avons été les témoins ces derniers jours n'est pas que le problème de la communauté juive mais celui de tous les Français. "Français de souche" ou d'adoption, nous avons plus que jamais le devoir moral de protéger les valeurs fondatrices qui nous rendent fiers d'être ce que nous sommes. Nous ne devons plus tolérer ces discours de haine dans la rue, ni exprimer une certaine clémence pour ces personnes qui se nourrissent dans le populisme et l'extrémisme. Il faut, à tout prix, lutter pour empêcher le délabrement de notre espace public. Les moindres fissures de notre société doivent être comblées et nous avons besoin d'une société intransigeante où il est désormais essentiel de combattre toute incivilité par son inverse, à commencer par la lutte contre l'antisémitisme et le racisme.

Tolérance zéro, oui! Tout acte ou toute menace antisémite doit être condamné moralement et pénalement sans équivoque. En revanche, cette tolérance zéro ne sera pleinement efficace que si l'on dresse un état des lieux précis des sources et des racines de l'antisémitisme pour trouver des réponses idoines. Malheureusement, une certaine -bien-pensance a pendant trop longtemps empêché de dire cela: "l'antisémitisme en France a pris aujourd'hui de nouvelles formes et provient de différents segments de la société. Il est issu de l'extrême droite et même de la gauche radicale qui vise à diaboliser Israël, mais il est surtout et avant tout issu d'une minorité de français ou d'immigrés, souvent de confession musulmane qui haïssent les juifs." Outre la nécessité d'apporter des réponses adaptées à ces différentes formes d'antisémitisme, il est aussi vital de retrouver un socle commun. Celui-ci ne doit cependant pas être uniforme, car il n'est pas question d'annihiler les différences de chacun ni de jeter l'opprobre à une autre communauté. Nous devons arrêter de vivre la différence de l'autre comme une menace pour notre propre identité et retrouver le sens d'un projet commun. L'amélioration de la cohésion sociale réduira également la sensibilité à l'antisémitisme.

Par ailleurs, plus doit être fait en matière d'éducation en combattant dès le début les préjugés tout en mettant l'accent sur les similitudes et les valeurs partagées de chaque religion, de chaque culture, de chaque histoire. Le dialogue inter-religieux et inter-cultuel est primordial. Il est important que la différence de l'autre soit vécue comme une richesse et non comme une injustice. Puis, nous avons besoin de plus de leaders

qui disent la vérité, comme nous avons besoin aussi de la société civile pour en faire l'écho. Entrepreneurs, écrivains, sportifs, personnalités des médias, étudiants, doivent être responsabilisés pour avoir ce courage moral. Comment ne pas être nostalgique de la manifestation du 15 mai 1990 qui fut le dernier grand moment de solidarité à l'égard de notre communauté où plus de 200.000 personnes s'étaient élevées contre l'antisémitisme? Nous devons donc retrouver cette fraternité qui constitue l'un des piliers de la société française.

C'est dans notre intérêt, non de celui des juifs, mais de l'intérêt de la France que l'antisémitisme soit combattu. D'autres l'ont dit, je le répète: l'antisémitisme est toujours symptomatique d'un malaise plus profond dans la société, dont on sait qu'il se dirige aujourd'hui contre les Juifs, mais qu'il finira par s'étendre au reste de la société. C'est nos valeurs qui sont en jeu, c'est cette France que nous aimons tant qui est menacée. L'alternative se révélerait funeste.

2007: A Annapolis (Etats-Unis), Israël et l'Autorité palestinienne tentent de parvenir à un accord de paix d'ici fin 2008.

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En marge des dernières élections européennes qui ont vu la montée de l'extrême-droite et de plusieurs partis antisémites en Europe, quatre personnes ont été assassinées sur le parvis du Musée juif de Bruxelles. Ainsi, outre l'extrémisme politique, les juifs d'Europe sont également confrontés à la menace de la violence djihadiste.

Mehdi Nemmouche, un Français arrêté pour avoir perpétré l'attentat, se serait radicalisé en prison puis a combattu pour les rebelles islamistes syriens. Tout comme Mohammed Merah, qui avait assassiné trois soldats, trois enfants juifs et un rabbin, il y a deux ans en France, Nemmouche semble avoir mêlé son gangstérisme à l'islam radical, à l'antisémitisme et à la haine de l'Occident.

Le fait qu'il soit le premier islamiste européen de retour de Syrie à avoir mené une attaque terroriste ajoute une autre dimension effrayante à ce problème. Avec quelques 1000 combattants européens présumés en Syrie, les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne et les hauts-fonctionnaires de la Commission se sont réunis il y a peu de temps pour élaborer de meilleures stratégies sur le plan de la lutte contre la radicalisation et la détection des mouvements de personnes partant ou revenant de Syrie.

En outre, les juifs d'Europe sont également confrontés à des attaques quasi-quotidiennes à la fois verbales et physiques. En France, où demeure la plus importante communauté juive d'Europe avec 650.000 personnes, la situation est particulièrement grave. En effet, 170 actes antisémites au cours du premier trimestre 2014 ont déjà été recensés par le SPCJ (service de protection de la communauté juive) et le ministère de l'Intérieur. Selon la Ligue française des droits de l'homme, plus de 40% des actes racistes en France sont antisémites, alors que les juifs ne représentent qu'1% de la population.

Ces attaques ont lieu dans le cadre d'un débat public houleux

L'"humoriste" français Dieudonné a réussi non seulement à populariser un discours ouvertement antisémite mais aussi à forger des alliances improbables. En effet d'origine camerounaise par son père, Dieudonné a rallié derrière lui des membres de l'extrême droite -Alain Soral, "national-socialiste" autoproclamé, Jean-Marie Le Pen, président d'honneur et fondateur du Front national, le négationniste Robert Faurisson- alors même que le noyau dur historique de ses fans sont aussi certains jeunes issus de l'immigration. Peu importe ce que ces groupes divisent, ils sont tous unis par leur animosité contre les juifs et l'Etat juif.

De l'autre côté de la frontière, en Belgique, Laurent Louis, encore membre du parlement belge le mois dernier, tente de reproduire l'appel de masse de Dieudonné. Au début du mois de mai, ce dernier a organisé une conférence dont le but était de réunir antisémites belges et français; conférence qui fut annulée à la dernière minute par les autorités.

Cependant, les tentatives du gouvernement, pour réduire au silence Dieudonné et ses partisans en interdisant ses spectacles, ont été limitées, en grande partie à cause d'Internet. Les diatribes anti-juives de Dieudonné sur Youtube ont des millions de téléspectateurs dans les heures suivantes leur publication. Les autorités peuvent interdire des événements, certes, mais pas les idéologies. Prenons à titre d'exemple une récente manifestation de quelque 17.000 personnes dans les rues de Paris. Officiellement destinée à protester contre la politique du gouvernement, des centaines de participants ont soudainement commencé à scander "juifs hors de France" et "Les chambres à gaz, c'est du bidon!"

Cet environnement pèse beaucoup au sein de la communauté juive. Peut-être pour la première fois depuis qu'ils ont reconstruit leurs foyers en Europe après la Shoah, ils craignent une fois de plus pour leur sécurité et leur avenir. Heureusement, certains dirigeants européens commencent à saisir la profondeur du problème. Albert Camus disait: "Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde"; le Premier ministre, Manuel Valls s'en est inspiré pour bien nommer les choses et remettre la France dans le droit chemin.

"Aujourd'hui, il y un antisémitisme nouveau, né dans nos banlieues" déclarait le Premier ministre dans une interview en 2012, tout en demandant de ne "pas stigmatiser nos concitoyens notamment de confession musulmane". Il y a quelques mois lors d'une manifestation contre l'antisémitisme M. Valls est allé plus loin en disant que l'ancien antisémitisme de l'extrême droite française "{s'était} renouvelé,". "Il se nourrit de la haine pour Israël. Il se nourrit de l'antisionisme. Parce que l'antisionisme est une invitation à l'antisémitisme."

L'antisémitisme en Europe a effectivement pris aujourd'hui de nouvelles formes et provient de différents segments de la société. Il est issu de l'extrême droite avec leur accent traditionnel sur la race et le négationnisme, d'un segment de l'extrême gauche qui vise à diaboliser Israël et, comme M. Valls l'a laissé entendre, d'une minorité de Français issus de l'immigration, souvent musulmans.

La notion toutefois, que les actes anti-juifs sont uniquement déclenchés par le conflit israélo-arabe est clairement trop simpliste. Elle risque aussi de rationaliser et justifier le comportement criminel. La réalité est que le problème de l'antisémitisme est depuis longtemps devenu structurel. Après les meurtres de Merah, par exemple, les attaques anti-juives de France ont grimpé de 58% selon le SPCJ, indépendamment de la situation relativement calme entre Israéliens et Palestiniens.

Dès lors, que peuvent faire les gouvernements et la société civile en Europe pour lutter contre l'antisémitisme?

Tout d'abord, nous avons besoin de plus de leaders comme M. Valls pour dire la vérité et prôner la tolérance zéro. Lorsque des manifestants, pour des "rassemblements pro-palestiniens", crient des slogans tels que "Hamas, Hamas! Tous les juifs au gaz", comme ce fut souvent le cas ces derniers temps dans des rues d'Europe, il y a beaucoup trop de silence de la part des dirigeants politiques et des médias. Les discours de haine en public ne peuvent plus être tolérés et les actes antisémites et racistes doivent sévèrement et systématiquement être poursuivis et punis.

Deuxièmement, toutes les expressions de l'antisémitisme ne doivent pas être combattues avec les mêmes armes. En ce qui concerne certains Français issus de l'immigration par exemple, l'amélioration de la cohésion sociale, de l'égalité des chances sont souvent clé. Mieux intégrer les européens d'origine immigrée n'est pas seulement une vertu et une nécessité en soi, cela peut réduire également la réceptivité chez certains dans ces communautés à l'antisémitisme et à la radicalisation.

Il est également important de soutenir les voix de musulmans modérés. Nous avons besoin de plus de personnes comme Latifa Ibn Ziaten, dont le fils, Imad, parachutiste français, a été assassiné par Merah, qui visite les quartiers les plus difficiles et qui parle à des groupes de jeunes pour tenter de les éloigner de l'influence des antisémites et d'extrémistes. Il existe de nombreuses autres voix: des entrepreneurs, des imams, des écrivains, des personnalités des médias, des étudiants et tant d'autres qui ont ce courage moral pour affronter les extrémistes au sein de leur communauté. Appuyons leur travail, aidons les à construire leurs réseaux.

Troisièmement, c'est dès le début du processus de radicalisation que les efforts doivent être fait, et ce avant que les opinions antisémites soient ancrées et établies. Nos programmes d'enseignement doivent se concentrer sur ce problème, aider les élèves à reconnaître les préjugés dès le début. Les jeunes ont besoin d'apprendre sur la culture, l'histoire et la religion des autres, en mettant l'accent sur les similitudes et les valeurs partagées.

Enfin, la lutte contre l'antisémitisme sur le territoire national pourrait également avoir une dimension de politique étrangère. Aujourd'hui, l'argent de l'Arabie Saoudite et du Qatar coule dans les mosquées européennes, et permet de diffuser leur vision extrémiste de l'Islam. Nous savons aussi qu'avec les télévisions satellites et Internet, les contenus radicaux et antisémites peuvent être facilement accessibles partout dans le monde et ici en Europe. Une partie est malheureusement produite dans le monde arabe. L'UE a récemment introduit le "principe plus-pour-plus", offrant des partenariats plus solides aux pays voisins qui feraient des progrès vers des réformes démocratiques. La fin des discours anti-juifs, anti-chrétiens et anti-occidentaux devrait faire partie des négociations.

L'enjeu est important. L'antisémitisme est toujours symptomatique d'un malaise plus profond dans la société, dont on sait qu'il se dirige aujourd'hui contre les Juifs, mais qu'il finira par s'étendre sur le reste de la société. Il n'est donc pas seulement question du bien-être et de l'avenir de la communauté juive en Europe, mais bien des valeurs que cette Europe incarne.

Article d'abord publié en anglais dans le Wall Street Journal Europe et Etats-Unis

Retrouvez-le également sur AJC Transatlantic Institute et AJC France

Suivre Simone Rodan-Benzaquen sur Twitter: www.twitter.com/ajcfrance

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Une partie de HPMG News

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Le nouvel antisémitisme proclame qu'il n'est pas antisémite et qu'il ne veut ni persécuter ni haïr. Il est tout simplement la victime de la haine et de la fourberie des juifs qui eux persécutent vraiment le genre humain ( Israël, la Finance...). Alain Soral et Dieudonné représentent bien ce nouvel antisémitisme qui cherche à rassembler les opprimés et les victimes du " nouvel ordre mondial. "

Alain Soral a beau jeu de semer le trouble dans des esprits faibles, séduits par les théories du complot dans le climat de scepticisme, engendré par la faillite morale de nos démocraties et le cynisme de la plupart de nos dirigeants. Ce scepticisme qui confine au nihilisme cache un sentiment d'impuissance accompagné de la défense d'intérêts bien compris et ce sentiment se diffuse dans tout le corps social et pousse à la résignation, à la fuite ou au repli identitaire.

En cela, Alain Soral participe à lever les obstacles à accepter une vision manichéenne du monde, qui a été celle de tous les totalitarismes : l'Empire du mal , représenté par l'axe américano-sioniste d'un côté et le monde des opprimés d'un autre côté.

Il veut nous faire croire à la pureté des intentions des uns et au complot diabolique des autres. Toujours les mêmes. Il veut opposer un Iran " vêtu de pureté candide et de lin blanc " à la duplicité des marionnettes musulmanes de l'Empire américano-sioniste : le Qatar, l'Arabie saoudite, les frères musulmans, Al Qaida, Tariq Ramadan...
Alors qu'en réalité, une idéologie commune les relie tous: une détestation du mode de vie occidental laïc et un antisionisme ou plutôt un antisémitisme à peine déguisé, une conception du monde clairement totalitaire.

Le totalitarisme a toujours présenté la démocratie libérale comme un escamotage de la volonté du peuple par une conjuration de politiciens et de financiers. Il se présente comme porteur de valeurs spirituelles et morales et comme la seule véritable démocratie. Il fabrique une image repoussante et méprisable de notre démocratie qu'il voit, en partie avec raison malheureusement, abandonnée au désordre, au relâchement moral, à la crise de l'autorité et à la corruption.

Le totalitarisme a toujours cherché à séduire par des images romantiques : il valorise la pureté, l'authenticité face à la corruption, à la cupidité, à la fourberie. Il fait appel à ce besoin si humain de retrouver la pureté des origines à grand renfort d'images et de symboles. Ainsi, il séduit les amateurs de vérités mystérieuses et éternelles et prépare l'âme surtout juvénile à entendre des discours de type totalitaire.

De telles théories permettent d'oublier, d'occulter la responsabilité individuelle, les multiples lâchetés du quotidien, la mauvaise conscience, l'égoïsme, la paresse, l'indifférence réelle à l'égard d'autrui en créant d'un côté une utopie merveilleuse " qui réenchante le monde " et de l'autre expliquent tous les malheurs par l'action de puissances mauvaises et cachées. Elles aident chacun à se transformer en chevalier du Bien et font croire qu'il participe au combat contre le Mal.

Mais en réalité, comme toujours, ce totalitarisme qui se présente comme porteur de valeurs spirituelles et morales, masque des appétits de pouvoir, une cratophilie pernicieuse et perverse, épicée de théories ésotériques sur l'apocalypse inévitable et l'attente d'un rédempteur dont les prophètes seraient déjà à l'œuvre pour sauver l'humanité des menées diaboliques d'une " ligue de sorciers " comme on disait au Moyen-âge, appartenant à cette " communauté dont on ne peut prononcer le nom ".

Les contradictions de Soral ne peuvent pas troubler les esprits qui recherchent non pas la vérité mais une utopie et des coupables. C'est l'esprit critique qui permet de discerner l'imposture. Le XXème siècle a prouvé que contrairement à ce que croyait Victor Hugo, ce ne sont pas les livres qui permettent de faire reculer la superstition et l'intolérance et ce n'est pas en développant l'instruction qu'on met en fuite l'imposture.
L'instruction permet peut-être -et encore ce n'est pas sûr- de se prémunir contre les erreurs du passé mais en aucun cas elle ne donne une immunité contre les mensonges du présent. Les propagandes fonctionnent encore mieux sur des esprits éduqués qui peuvent croire facilement à un mélange de vérités, de demi-vérités et de mensonges. Seul l'esprit critique est capable de discerner l'imposture.

Il s'agit donc d'un combat idéologique, d'une guerre des idées comparable à celle que nous avons connu par le passé face aux totalitarismes qui se présentent comme une nouveauté dans la civilisation, destinée à corriger les erreurs funestes du passé, un ordre nouveau donc mais qui en réalité représente une terrible régression à des étapes anciennes de l'humanité, une véritable maladie politique.

Face à ces tentations totalitaires, une fois de plus, nous avons besoin de rassembler nos idées et surtout de réviser l'idée démocratique. Nous avons besoin d'une préparation idéologique qui permettrait de retrouver la confiance dans notre héritage précieux, de ne pas nous confiner à une routine qui nous ferait croire que nous pouvons nous reposer sur la vision d'un passé démocratique qui a pu libérer les peuples des oppressions féodales et que nous sommes encore et toujours portés par l'histoire. Alors qu'il s'agit surtout d'empêcher l'histoire de tourner mal, emportée dans un tourbillon régressif.

R

PLUS:

L'Europe a besoin de prendre conscience de la menace que représente l'antisémitisme. Bien sûr, elle pense être lucide mais, en réalité, elle ne l'est que partiellement.

Le problème est beaucoup plus important et plus profond que ce que l'on imagine ; tout comme les enjeux sont plus considérables, et pas seulement pour les juifs, mais pour les valeurs fondamentales de l'Europe à commencer par la protection de la dignité humaine.

Pro-européen depuis de longues années dont l'épouse et les trois enfants sont des citoyens européens, le sujet me tient particulièrement à cœur.

Nous avons vécu en Europe de 2000 à 2001 à un moment où le discours antisémite refaisait surface dans plusieurs pays de l'Europe de l'ouest.

Cela était devenu une telle évidence qu'il était à portée de main.

Je me souviens d'un rassemblement dans le centre de Londres où l'orateur scandait la "dernière blague" sur les juifs : "Quelle est la différence entre un juif et une pizza ? Ils vont tous les deux dans un four mais au moins la pizza ne fait pas de bruit".

La foule riait aux éclats. Alors que ma femme s'indignait ouvertement, un "gentleman" anglais la regarda droit dans les yeux et lui dit : "F...k les juifs." Personne, autour, ne protesta.

Il y a également eu des incidents à l'école internationale de nos enfants dans la banlieue de Genève.

En effet, un élève plus âgé, le fils d'un ambassadeur à l'ONU d'un pays du Golfe, avait interpellé notre plus jeune fils. Il disait avoir entendu la rumeur que nous étions juifs et espérait que ce n'était pas le cas car il n'aimait pas les Juifs. Notre fils terrorisé admit tout de même que, oui, il était juif, avant de se lancer à la recherche de la protection de son frère ainé dans l'école.

Quand nous sommes allés rapporter l'incident, le Directeur de l'école n'a pas même oscillé un battement de cil. Certainement, ne voulait-il pas courir le risque de perdre sa clientèle arabe.

Il y eut aussi le cas d'une élève israélienne. Lors du "International Day", il était demandé aux enfants de porter quelque chose qui venait de leur pays natal. Ainsi, décida-t-elle de porter le drapeau israélien comme paréo.

Un groupe d'élèves s'approcha, l'insulta et déversa du soda sur sa tête. Elle se libéra de son étreinte et courut en direction d'un surveillant où, à bout de souffle, elle raconta ce qu'il venait de se passer. Le surveillant resta de marbre et dit : "Nous n'intervenons pas dans les querelles politiques dans cet école. C'est entre vous et eux."

Ai-je pu ainsi "étoffer ma collection" d'exemples, tels que les caricatures et les gros titres dans la presse espagnole qui "réinventait" l'Holocauste, suggérant que les Israéliens étaient les nouveaux nazis et les Palestiniens les nouveaux juifs.

Puis, vint le drame du 11-Septembre et une rumeur incroyable venue de Grèce. La presse grecque avait accrédité l'idée qu'il s'agissait d'un "complot sioniste" et que des milliers de juifs avaient été prévenus de ne pas s'approcher du World Trade Center, ce jour là. A ces médias, je leur ai toujours demandé si AJC pouvait leur envoyer une liste des victimes juives du 11-Septembre pour réfuter cette rumeur macabre.

Je me souviens également d'une réunion tendue, en novembre 2001, avec Hubert Védrine, alors Ministre français des Affaires étrangères, lors de l'ouverture différée de l'Assemblée générale de l'ONU.

Nous avions exprimé notre préoccupation à propos de la menace grandissante que subissaient les juifs en France ; une menace dont j'avais été le témoin depuis mon perchoir genevois et suite à mes nombreuses discussions avec les représentants de la communauté juive française.

Sa réponse fut immédiate et lapidaire : "Il n'y pas d'antisémitisme en France. C'est un problème de vandalisme".

En effet, lui et ses successeurs sont restés sur cette même politique jusqu'à la nomination de Nicolas Sarkozy en tant que Ministre de l'Intérieur, qui pris le problème au sérieux, relayé ensuite par le Président Hollande et son Premier Ministre, Manuel Valls.

De temps en temps, on nous racontait, en France, que l'antisémitisme était, en réalité, le fruit d'une "violence intercommunautaire". Cependant, le fait que les juifs étaient systématiquement et en grande majorité les victimes de ces attaques ne semblait pas choqués ces personnes qui se voulaient "les défenseurs d'une certaine impartialité."

Puis, on nous racontait également que cela était le résultat regrettable du conflit israélo-palestinien. Le fait que les juifs étaient la cible d'attaques pouvait en quelque sorte être contextualisé, il était donc "normal" que des juifs puissent être les otages d'un conflit présent sur un autre continent tant que la paix n'aboutirait pas.

Je pourrais encore relater des centaines d'autres réunions avec des responsables européens, sans parler des dizaines de tribunes dans la presse, des discours et des conférences où AJC a bataillé pour faire comprendre la réalité des choses.

Souvent, nous étions accueillis avec un certain degré de scepticisme et de doute. Prétendre le contraire et nier la situation semblait la faire disparaître comme par magie.

Heureusement, certains dirigeants européens, et je les remercie, sont devenus plus sensibles et préoccupés par la question. Malheureusement, un temps précieux avait été perdu et les racines de l'antisémitisme étaient de plus en plus profondes.

A refuser d'en parler pendant des années, l'antisémitisme avait grandement eu le temps de tisser sa toile.

Le travail de longue haleine de diabolisation d'Israël de certains médias irresponsables -"Gaza: nouveau ghetto de Varsovie", "Israël: nouvel assassin du Christ et des Palestiniens"; "Israël: le pays qui collectait les organes des Palestiniens et dévorait leurs enfants"- avait laissé des traces.

Les années passées à regarder dans la mauvaise direction, à minimiser les comportements haineux, à publier des discours sans mener des actions appropriées, en définitive, à sous-estimer le problème, ont eu un impact.

Lorsqu'un sondage de l'UE publié l'an dernier a révélé que 40% des Juifs de Belgique, de France et de Hongrie avaient envisagé l'émigration et que plus de 20% des Juifs européens évitaient des événements juifs ou des sites par peur, la sonnette d'alarme doit être tirée et tout doit être mis en œuvre pour faire face à ce problème qui menace les valeurs européennes.

Puisque des partis politiques néo-nazis, donc ouvertement antisémites, se sont installés dans les parlements nationaux et maintenant au Parlement européen lui-même, la sonnette d'alarme doit plus que jamais être tirée.

Lorsque des attaques meurtrières, que ce soit à Toulouse où trois enfants et un adulte juifs furent massacrés, au Musée Juif de Bruxelles où quatre personnes furent assassinés, samedi dernier ou à Créteil où ​​deux frères qui portaient des kippas furent battus quasiment à mort, la sonnette d'alarme a bien plus encore besoin d'être tirée.

Il est grand temps pour l'Europe de faire face à la dure réalité que l'antisémitisme est bien présent et que des mesures, enfin, concrètes sont nécessaires.

Améliorer les services de renseignement pour plus de sécurité, alourdir les condamnations pour une prise de conscience civique, responsabiliser les médias pour créer une solidarité publique, pointer du doigt l'antisémitisme lors de manifestations sportives et publiques, endiguer les discours de haine sur internet et les réseaux sociaux, tels sont les nombreux défis à affronter.

La menace vient d'une extrême droite ressuscitée par la colère populiste où crise économique et immigration incontrôlée sont les maîtres mots.

La menace vient d'une extrême gauche qui systématiquement refuse à Israël le droit d'exister et qui diabolise l'Etat juif dès qu'elle le peut.

Enfin, il vient d'une certaine partie de la communauté musulmane européenne où certains ont embrassé le virus mortel de l'antisémitisme nourri dans les mosquées, les "medersas" ou les médias.

Il y a toutefois une bonne nouvelle. Hormis la Hongrie où les doutes subsistent, aucun gouvernement européen ne tolère aujourd'hui l'antisémitisme et encore moins ne l'encourage. Quant aux communautés juives, elles sont déterminées à se tenir debout et rester fières d'être ce qu'elles sont : juives et européennes.

L'avenir de la communauté juive en dépend et peut-être celui de l'Europe aussi.

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Être juive en France aujourd'hui
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