anarchiste individualiste
23 Août 2014
par Michael Georgy et Mariam Karouny
BAGDAD/BEYROUTH (Reuters) - La diffusion mardi soir par l'Etat islamique d'une vidéo montrant la décapitation d'un journaliste américain porte le conflit contre les Occidentaux à un niveau supérieur, les djihadistes menaçant de s'attaquer à des cibles jusqu'alors hors de portée.
Alors que les activistes semblaient fort occupés à s'imposer sur un territoire toujours plus large en Irak et en Syrie avec la déclaration d'un "califat islamique", la revendication du meurtre de James Foley semble être la première d'une série d'opérations en préparation depuis des mois contre l'Occident.
"Les Occidentaux sont des idiots et des fous", a confié l'un des combattants de l'Etat islamique (EI) au cours d'échanges téléphoniques avec un journaliste de Reuters. "Ils pensent que nous attendons qu'ils nous délivrent des visas pour aller les attaquer, ou que nous attaquerons avec nos barbes et nos tenues islamiques."
Le chef de l'EI, Abou Bakr al Bagdadi, réserve plusieurs surprises à l'Occident, ont assuré les djihadistes laissant entendre que les intérêts, voire le territoire, américains étaient à leur portée grâce à des cellules dormantes en Europe et aux Etats-Unis.
"Ils pensent pouvoir nous reconnaître. Ils sont fous et plus encore, ils ne savent pas que nous pouvons jouer selon leurs règles. Ils nous ont infiltrés, prétendant être musulmans, et nous avons fait de même avec ceux qui leur ressemblent."
Pour un autre djihadiste, attaquer les Etats-Unis constituerait une démonstration de force, capable de convaincre les plus hésitants de les rejoindre.
"Plus la guerre contre les Etats-Unis sera intense, plus nos frères hésitants seront poussés à nous rejoindre. L'Amérique enverra ses roquettes et nous enverrons nos bombes. Leur terre ne restera pas à l'abri du danger alors que la nôtre est attaquée."
Avec la diffusion de la vidéo de la décapitation du journaliste James Foley, l'Etat islamique se montre prêt à une escalade du conflit, bien conscient que cette exécution et la menace pesant sur un autre journaliste Steven Sotloff ne peuvent qu'entraîner des représailles -de nouveaux bombardements pour le moins.
Un responsable américain a confirmé que les frappes aériennes se poursuivent en Irak et que d'autres seront annoncées prochainement.
DES DJIHADISTES OCCIDENTAUX
La vidéo la plus parlante pourrait être cependant celle diffusée peu avant celle mise en ligne mercredi et montrant le journaliste américain vêtu d'une tenue orange, rappelant les détenus de Guantanamo.
Un petit film de propagande montre des djihadistes se préparer pour une guerre sainte entre le califat et le croisé américain, menaçant de détruire "la Croix américaine".
Un soldat américain pleurant l'un de ses compagnons d'armes tombé au combat y apparaît sur l'hymne chrétien Amazing Grace, tandis que dans une autre scène la lente et pesante respiration de Dark Vador, le personnage de la Guerre des étoiles, se fait entendre.
En réaction à cette vidéo, le ministre irakien des Affaires étrangères Hochiar Zébari avait appelé la communauté internationale à aider son pays à combattre les "sauvages" de l'Etat islamique.
Les djihadistes peuvent en effet s'appuyer sur des centaines sinon des milliers d'étrangers disposant de passeports occidentaux leur permettant d'échapper à la vigilance, à l'image de l'homme qui exécute James Foley en s'exprimant avec un accent britannique.
"Nombre de membres (de l'Etat islamique) qui sont arrivés de l'étranger, viennent d'Europe, des Etats-Unis, du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord... De partout", a commenté Massoud Barzani, le président du Kurdistan irakien, qui craint que des cellules dormantes se trouvent dans la région semi-autonome.
"Ce sont des personnes qui ne vont pas mourir dans des combats en Irak ou en Syrie. La plupart d'entre eux rentreront dans leurs pays d'origine et deviendront de potentiels chefs terroristes ou exécutants, ce qui pourrait vraiment représenter une importante menace pour leurs pays."
Les puissances occidentales sont bien conscientes de la situation, l'Autriche ayant par exemple annoncé mercredi l'arrestation de neuf personnes suspectées de vouloir rejoindre les activistes islamistes tandis que deux jeunes filles de 15 et 17 ans ont été placées en garde à vue mardi matin en France pour la même raison.
Jamal Khashoggi, un spécialiste saoudien d'Al Qaïda qui avait interviewé Oussama Ben Laden, confirme que les mesures de sécurité ont certainement dissuadé les djihadistes jusqu'à présent mais que ceux-ci n'hésiteront pas à frapper lorsque l'occasion se présentera.
"Nous devons admettre que nous sommes tous visés. Si (les djihadistes) peuvent lancer une attaque terroriste à Ryad, New York ou Londres, ils le feront."
(Yara Bayoumy à DubaÏ, Costas Pitas à Londres, Isabel Coles à Erbil; Agathe Machecourt pour le service français)
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L'Etat islamique prêt à l'escalade face à l'Occident
par Michael Georgy et Mariam Karouny BAGDAD/BEYROUTH (Reuters) - La diffusion mardi soir par l'Etat islamique d'une vidéo montrant la décapitation d'un journaliste américain porte le conflit contre
par Humeyra Pamuk
DOHOUK Irak (Reuters) - Les peshmerga kurdes tentaient dimanche de reprendre le barrage de Mossoul aux djihadistes de l'Etat islamique, tandis que les Etats-Unis menaient en appui une deuxième journée de frappes dans le secteur.
Ces dernières semaines, l'Etat islamique (EI) s'est emparé de plusieurs localités ainsi que de gisements pétroliers et du barrage de Mossoul, le plus important d'Irak, ce qui lui donne théoriquement la capacité d'inonder des villes ou de les priver d'eau et d'électricité.
Le contrôle du barrage n'est pas encore acquis, a indiqué un responsable kurde, mais les alentours ont en grande partie été reconquis.
Les Etats-Unis ont annoncé avoir mené dimanche 14 frappes contre l'Etat islamique près du barrage, qui s'ajoutent aux neuf de samedi. Les 14 frappes de dimanche ont détruit trois véhicules armés de l'EI, une batterie antiaérienne montée sur véhicule ainsi qu'un de leurs points de contrôle et une de leurs positions.
Elles font suite à neuf frappes menées samedi près du barrage et d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien.
La Maison blanche a indiqué dimanche que Barack Obama avait informé le Congrès américain qu'il avait autorisé les frappes aériennes pour aider à reprendre le contrôle du barrage.
"La perte du barrage de Mossoul menacerait la vie d'un grand nombre de civils, menacerait le personnel et les installations américaines, y compris l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, et empêcherait le gouvernement irakien de fournir les services essentiels à la population irakienne", indique le communiqué de la Maison blanche.
La campagne de frappes aériennes des Etats-unis contre les combattants djihadistes de l'Etat islamique, qui a commencé ce mois-ci, est la première intervention directe de l'armée américaine en Irak depuis le retrait des derniers soldats américains du pays à la fin de 2011.
Les hommes de l'Etat islamique ont dit aux habitants du secteur du barrage de partir, selon un ingénieur qui travaille sur le site.
PLANTER DES MINES
Il raconte que les djihadistes lui ont dit qu'ils étaient en train de planter des mines le long des voies qui mènent au site, peut-être par crainte d'une attaque des combattants kurdes.
Les Kurdes ont repris les villes majoritairement chrétiennes de Batmaiya et Telaskaf, à une trentaine de kilomètres de Mossoul, ont rapporté des témoins. Les peshmerga ne s'étaient pas approchés aussi près de Mossoul depuis qu'elle est tombée entre les mains de l'EI en juin.
Les djihadistes ont renforcé les contrôles des véhicules aux entrées de la grande ville du nord de l'Irak, ont rapporté des habitants.
Depuis l'offensive de l'EI en juin, les Kurdes, qui souhaitent à terme avoir un Etat indépendant, ont profité du chaos dans le nord de l'Irak pour s'emparer de gisements pétroliers dans la ville de Kirkouk.
Dimanche, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier s'est prononcé contre la création d'un Etat kurde indépendant, au lendemain d'une visite en Irak où il s'est entretenu avec le nouveau Premier ministre Haïdar al Abadi à Bagdad et avec le président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani, à Erbil.
"Un Etat kurde indépendant déstabiliserait un peu plus la région et créerait de nouvelles tensions, y compris avec les voisins de l'Irak", a estimé Frank-Walter Steinmeier dans un entretien publié par le journal allemand Bild am Sonntag.
Le ministre faisait notamment allusion à la Turquie et à l'Iran, qui abritent une forte minorité kurde.
"C'est pour cela que j'espère que l'unité de l'Irak sera préservée", a-t-il ajouté.
Pour l'heure, la priorité des pays occidentaux reste d'enrayer l'offensive des djihadistes, qui ont massacré des centaines de personnes et poussé sur le chemin de l'exil des dizaines de milliers d'autres, en particulier des membres des minorités religieuses comme les chrétiens et les Yazidis.
Dimanche, une centaine de Yazidis ont manifesté dans la ville kurde de Dohouk pour dénoncer le refus des forces de sécurité kurdes de les laisser fuir en Turquie.
"Les peshmerga ne sont pas capables de nous protéger. L'Etat islamique est venu dans nos villages et a tué des centaines de personnes. Nous ne voulons pas rester en Irak car ils nous tueront un jour ou l'autre", a déclaré Nadia, une manifestante âgée de 20 ans.
(Avec Youssef Boudlai à la base militaire de Serimli, en Syrie, Oliver Holmes à Beyrouth, Isabel Coles à Erbil, Michelle Martin à Berlin et Jeff Mason à Washington; Tangi Salaün, Pierre Sérisier et Danielle Rouquié pour le service français)
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Avancée des peshmerga vers Mossoul avec l'appui de frappes US
par Humeyra Pamuk DOHOUK Irak (Reuters) - Les peshmerga kurdes tentaient dimanche de reprendre le barrage de Mossoul aux djihadistes de l'Etat islamique, tandis que les Etats-Unis menaient en appui