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SERPENT -  LIBERTAIRE

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Amérindiens

L'ethnonyme Amérindien dérive d'Indien d'Amérique. Il a été inventé à la suite de l'erreur de l’explorateur Christophe Colomb qui, en 1492, pensait avoir atteint le sous-continent indien lorsqu’il débarqua en Amérique. C'est dans ce contexte que les Européens ont nommé ce territoire les Indes occidentales, pour les différencier de celles dites orientales (qui donna aussi son nom à différentes entités coloniales européennes nommées Compagnie des Indes orientales). À cause de cette confusion, on continue d’utiliser le mot « Indiens » pour parler des populations du Nouveau Monde. Avec les travaux du cartographe Martin Waldseemüller au début du xvie siècle, on commence à parler de « continent américain », en mémoire du navigateur italienAmerigo Vespucci ; ses habitants sont alors désignés sous le nom d'« Indiens d’Amérique » pour les distinguer des populations de l’Inde sans modifier complètement l'usage de les désigner comme des Indiens.

En l’absence d’appellation qui fasse consensus, on utilise parfois les expressions de « peuples autochtones » ou « aborigènes », ou plus précisément, « Premières nations » ou « Premiers peuples » (traductions littérales de l'anglais). L'expression « Peaux Rouges » est ancienne et n'est plus beaucoup utilisée en Amérique. Le géographe grec Pausanias le Périégète aurait décrit une terre située au-delà de l'océan Atlantique, qu'il nomme terre d'outre-océan, peuplée par des "hommes à peau rouge, à chevelure noire et raide comme le crin d'un cheval"4,5

On parle aussi de « peuples précolombiens » pour les territoires américains de l'Empire colonial espagnol, qui incluent laMésoamérique et la cordillère des Andes. En anglais, au Canada comme aux États-Unis, on utilise les expressions « Native Americans » (« Américains d'origine »), « American Indians », « Native peoples » (« peuples d'origine »), « First Nations », « First Peoples », « Aboriginal Peoples ». Toutefois, ces termes politiquement corrects sont souvent rejetés par les intéressés qui préfèrent être appelés en fonction des noms originels de leurs peuples.

Au Québec, le terme « autochtone » est de loin le plus courant, à côté de « Premiers peuples », et « Premières Nations »6 quand cela concerne des revendications territoriales ou spécifiques. Dans le contexte québécois le terme englobe également les Inuits, qui ne sont pas des Amérindiens7, et les Métis reconnus8.

En Guyane, on parle d'« Amérindiens » répartis en huit ethnies.

Au Mexique, on préfère dire « indígena » (« indigène ») qu’« indio » (« indien »), qui prête à confusion avec les citoyens de l'Indeet qui est ressenti comme une insulte.

Répartition géographique des groupes ethniques[modifier | modifier le code]

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Nord-Amérindiens, Amérindiens aux États-Unis, Amérindiens au Canada et Autochtones du Québec.

La concurrence nationaliste entre les pays d'Amérique du Nord, et plus particulièrement entre le Mexique et les États-Unis, qui se sont disputé la suprématie sur le continent américain jusqu'à la guerre américano-mexicaine, ont suscité des traditions historiques différentes et une distinction devenue commune entre les groupes amérindiens établis en Mésoamérique (y compris parfois certains d'Oasisamérique et d'Aridoamérique) avec les groupes établis plus au nord. Les recherches archéologiques, historiques et anthropologiques ont pourtant établi qu'il existait des échanges culturels entre ces différentes aires culturelles qui, de ce fait, s'influençaient mutuellement et partageaient certains traits culturels.

Article détaillé : Mésoamérique.

Entre le sud de l'Amérique du Nord et le nord de l'Amérique centrale, les Mésoaméricains ont développé de véritables civilisations, tant dans la construction des villes que par l'écriture ou la connaissance astronomique. Parmi les principales ethnies, on peut citer en particulier les Olmèques, lesMayas, les Tarasques, les Mixtèques, les Zapotèques, les Huaxtèques, les Totonaques et les Nahuas(dont les Aztèques).

Grandes et petites Antilles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Amérindiens des Antilles.

Amérique du Sud[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Sud-Amérindiens et Peuple indigène du Brésil.

Les Chibchas (aux confins de l'Amérique centrale et du Sud), les nations Quechuas, la nation Aymara, les Mapuches, Peuples d'Amazonie, peuples Patagons. Les derniers Amérindiens contactés hors du bassin amazonien (en 2004 dans le Paraguay occidental) sont les Totobiegosodes (ou Ayoreo-Totobiegosode) dont le territoire forestier est illégalement et rapidement détruit par deux compagnies forestières brésiliennes (Yaguarete Porá SA et River Plate SA) au moins depuis mai 2008 selon Survival International qui a alerté l'opinion internationale sur ce fait en novembre 2008. Les Tobiegosodes avaient déjà perdu 6 000 hectares de leur forêt au profit des éleveurs de bétail en 20079.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Peuplement originel[modifier | modifier le code]

Voir également : Premier peuplement de l'Amérique.

Les spécialistes ont dans un premier temps pensé10 que l’arrivée des premiers hommes en Amérique remontait à 12 000 ans environ, mais des découvertes archéologiques récentes feraient remonter les premières migrations à plus de 40 000 ans. Venant de Sibérie, ils auraient traversé le détroit de Béring, alors au-dessus du ligne de rivage maritime en période glaciaire (voir Béringie). Après une période d'habitation en Béringie, et après la disparition des masses glaciaires d’Amérique du Nord, ils auraient pu continuer la colonisation du nouveau continent11.

D’autres théories parlent de peuples océaniens ayant traversé l'océan Pacifique (théorie exprimée par Paul Rivet), ou encore de peupleseuropéens (hypothèse de l'archéologue Dennis Stanford confirmée aujourd'hui par une analyse d'ADN12). On estime en effet qu'une peuplade serait venue d'Europe entre 12 000 et 36 000 ans ; elle correspondrait aujourd'hui à un groupe très restreint d'autochtones que sont les Ojibwés, les Nuu-Chah-Nulth, les Sioux, et les Yakamas.

Les Amérindiens, s'appuyant sur leur tradition orale, soutiennent que leurs ancêtres ont toujours habité là13. Quoi qu'il en soit, la diversité des milieux naturels du continent a engendré des cultures très différentes.

Article détaillé : Paléoaméricains.

On notera cependant des découvertes qui remettent en cause le schéma général de la colonisation de l'Amérique par les Amérindiens. Certains spécialistes pensent que le peuplement du continent américain n'a pas une seule origine :

  • Un squelette entier de type europoïde, l'homme de Kennewick, datant de plus de 9 000 ans a été découvert dans l'État de Washingtonen juillet 1996, sur les bords de la Columbia14.
  • Les ossements de la Femme de Peñon (environ 13 000 ans), découverts près de Mexico présentent aussi des caractéristiques europoïdes.
  • Des momies furent exhumées sous plusieurs mètres de dépôts de guano dans la caverne de Lovelock en 1911 par des exploitants-récolteurs. Elles étaient du type europoïde. Elles furent datées d'environ 5000 ans par l'analyse au radiocarbone 14. D'autres furent découvertes en 1931 de même type non loin de la caverne de Lovelock.
  • 75 crânes, dont le crâne de Luzia, ont été mis au jour au Brésil15,16 datés de près de 35 000 ans, soit plus que le site de Clovis, auNouveau-Mexique, considéré jusqu'alors comme le plus ancien du continent ; ils sont d'aspect africain ou aborigène australien.
  • 250 crânes et squelettes du site de Cerca grande, sont âgés de 9 000 ans à 1 000 ans et sont également de type mélanésien et africain.

L'autre question problématique est celle de la date du peuplement. Là encore, le travail des archéologues semble repousser l'origine du peuplement à des époques plus anciennes qu'on ne l'a longtemps cru :

  • En 2005, dans une ancienne carrière située près du volcan Cerro Toluquilla (Puebla au Mexique), des traces humaines vieilles de 38 000 ans ont été découvertes par une équipe britannique sur une couche de cendres fossilisées.
  • Sur le territoire des États-Unis, l'homme de Folsom trouvé au Nouveau-Mexique aurait 20 000 ans. En 1997, l'analyse au carbone 14 de fossiles amérindiens trouvés enVirginie les fait remonter à 17 000 ans avant J.-C. Les Algonquins seraient apparus il y a 4 500 ans. Des traces de maisons en rondins iroquoises sont attestées pour lexe siècle av. J.-C.
Préhistoire et histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Amérique précolombienne.

L'utilisation de l'écriture, par opposition à la tradition orale, est habituellement la ligne de démarcation entre l'histoire et la préhistoire17 et les années 1500, époque des premiers contacts, représentent plutôt cette ligne séparatrice. Il faut donc adapter constamment le concept de « vérité historique », car les autochtones contemporains fondent une bonne partie de leurs revendications sur cette antériorité historique, sur la période que l'on qualifie habituellement de préhistorique.

L'histoire, chez les peuples indigènes des Amériques, se transmettait le plus souvent oralement, même si l'usage de supports mnémotechniques plus ou moins semblables à des systèmes d'écriture furent développés en Mésoamérique (codex) et dans lesAndes (quipu). Légendes, contes, aventures de chasse et faits historiques ont voyagé à travers le temps et se sont transformés dans la bouche des conteurs. Contrairement aux historiens contemporains, les Inuits et les Amérindiens accordent à la valeur mythique et symbolique des événements, dans le cadre de leur conception cyclique du temps, une place plus importante que l'exactitude des lieux, des dates et des acteurs. Ces différences perceptuelles de l'histoire n'ont pas toujours facilité les relations passées et présentes entre les Amérindiens et les allochtones.

Époque moderne : la colonisation européenne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Colonisation européenne des Amériques.

L'arrivée des Européens au xve siècle a bouleversé la vie des peuples d'Amérique. Parmi les centaines de nations qui peuplaient les deux continents, beaucoup ont totalement disparu : elles ont été décimées (voir l'article Histoire démographique des Amérindiens), déportées,acculturées et pour certaines, réduites en esclavage.

La population amérindienne sur l'ensemble du continent est passée, selon les estimations, de 10 à 100 millions d'habitants lors de la « découverte » de l'Amérique par Christophe Colomb à 4,5 millions un siècle et demi plus tard, pour remonter à 47 millions aujourd'hui18.

Quelques historiens, comme Félix Reichlen ou Éric Joly, estiment de nos jours que ce que certains appellent le génocide amérindien par les colons a entraîné la mort d'environ 43 millions de personnes19.

Articles connexes : Conquête de l'Empire aztèque et Conquête de l'empire inca.

Au Mexique, Hernán Cortés débarque à proximité de Veracruz en 1519 ; il est tout d'abord bien accueilli par Moctezuma, empereur aztèque. Les Espagnols entrent dans Tenochtitlan le 8 novembre 1519. Mais le 30 juin 1520, ils sont chassés par une révolte de la population. Cortez, soutenu par les autres peuples amérindiens, remporte la bataille d'Otumba le 7 juillet 1520 et vient assiéger la capitale qui finit par tomber le 13 août 1521. Le dernier empereur, Cuauhtémoc, fait prisonnier pour éviter une nouvelle révolte, est exécuté vers 1524-1526, tandis que Tenochtitlan est rasée pour laisser la place à Mexico.

Lorsque Pizarro arrive au Pérou en 1532, il est perçu comme un dieu. Il enlève l'empereur Atahualpa et encourage la révolte des peuples soumis aux Incas. L'empire se morcelle et l'empereur est finalement exécuté par les Espagnols en 1533. Les conquistadors contrôlent le territoire inca au milieu du xvie siècle, même si des résistances ont encore lieu. La formation de l'Empire colonial espagnol s'accompagne de pillages, de maladies nouvelles qui font des ravages, de la famine, de l'asservissement des Amérindiens dans les encomiendas et de l'évangélisation de la population.

Le 16 avril 1550, Charles Quint ordonne d'interrompre les conquêtes du Nouveau Monde pour des raisons morales. Le débat qui s'ensuit, confié aux théologiens verra les fameuses joutes de Bartolomé de Las Casas et Sepulveda lors de la Controverse de Valladolid. À son issue, l'Église catholique romaine réaffirme l'opposition à l'esclavage des Indiens qu'elle avait déjà exprimée par les bulles Veritas ipsa (2 juin 1537) et Sublimis Deus (le 9 juin 1537) dans lesquelles Rome condamnant l'esclavage des Indiens avait affirmé leur droit, en tant qu'êtres humains, à la liberté et à la propriété mais l'Église ne condamna pas, dans le même temps, l’esclavage des Africains.

En 1556, la terminologie change, « Conquista » est officiellement remplacé par « descubrimiento » (« découverte »), et « conquistador » par « poblador » (« colon »).

Les Amérindiens étaient utilisés pour exploiter les ressources en Amérique du Sud (sucre, rhum, café, etc.). Les Espagnols récoltaient ces ressources, qu'ils exportaient enEurope. Les Espagnols partaient d'Europe avec des marchandises (armes, tissus, métaux en lingots , etc.), qu'ils échangeaient en Afrique contre des esclaves qu'ils transportaient en Amérique de sud pour exploiter les ressources. Ce système se nomme le «commerce triangulaire »20.

La démographie historique estime qu'une majorité d'Amérindiens sont morts à la suite des maladies infectieuses introduites par les Espagnols, contre lesquelles les Amérindiens n'étaient pas immunisés. Le processus a commencé dès les années 1500 et les épidémies de variole (1525, 1558, 1589), de typhus (1546), de grippe (1558), de diphtérie(1614), de rougeole (1618) ou encore de peste bubonique (1617-1619, en Nouvelle-Angleterre) ont décimé des millions d'indigènes.

Le bilan de ces épidémies est cependant difficile à donner avec exactitude. Les sources sont insuffisantes et les historiens ne sont pas d'accord sur les estimations. À la fin duxxe siècle, notamment à la suite de recherches publiées en 196621, les historiens ont favorisé les estimations hautes22, qui calculent un taux de mortalité, selon les régions, compris entre 50% et plus de 95 % de la population amérindienne23,24.

Certains[Qui ?] avancent un bilan de 10 millions de victimes indigènes sur l'ensemble du continent américain ; d'autres[Qui ?] pensent plutôt à 90 millions, dont 10 pour l'Amérique du Nord. Si l'on prend les données d'Anne Garrait-Bourrier et Monique Venuat (voir la bibliographie), le continent américain entier (de l'Alaska au Cap Horn) abritait environ 50 millions d'habitants en 1492 ; pour comparaison, il y avait 20 millions de Français au XVIIe siècle. Pour le territoire des États-Unis d'aujourd'hui le recensement de 2005 donne une population d'amérindiens de 2 821 311 habitants répartis sur les 50 états, l'Arizona venant en tête avec 300 288 amérindiens. Environ 500 000 Amérindiens peuplaient la côte est de cet espace. Ils ne sont plus que 100 000 au début du XVIIIe siècle. Dans l'empire espagnol, la mortalité des Amérindiens provoquait de tels ravages qu'ils durent aller chercher des esclaves en Floride pour pallier le manque de main d'œuvre en Amérique du Sud.

Exemples parmi d'autres des ravages qu'ont causés ces pandémies :

Les Timicuas, en Floride, qui en 1650 étaient 13 000 répartis sur 40 villages, ne furent après une épidémie de petite vérole que 35 en 1728, regroupés dans un seul hameau.

Les Wampanoag qui occupaient le territoire de l'actuel Massachusetts furent emportés jusqu'au dernier en 1617, trois ans avant l'arrivée des premiers colons débarqués duMayflower qui fonderont Plymouth.

Dans l'empire espagnol, les Amérindiens furent également victimes des meurtres massifs, des guerres et du travail forcé (mines d'argent, portage, etc.)25. Certains estiment, contrairement aux chiffres d'Anne Garrait-Bourrier et Monique Venuat, qu'avant l'arrivée des Européens, le Mexique central comptait 25 millions d'habitants. Il ne restait plus qu'un million d'indigènes vers 165025.

Pour des articles plus généraux, voir Découverte et exploration de l'Amérique, Colonisation européenne des Amériques et Colonisation espagnole des Amériques.

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xxe siècle : le réveil identitaire[modifier | modifier le code]

Depuis 1968, on assiste au réveil politique et culturel des Amérindiens et des métis :

  • des manifestations d'Amérindiens ont lieu lors de la Thanksgiving, en souvenir des Amérindiens qui ont été progressivement oubliés dans cette fête d'action de grâce ;
  • reconnaissance par l'ONU ;
  • participation à de nombreux mouvements internationaux: ATTAC, ...
  • participation politique : en Bolivie, au Mexique, au Canada, au Venezuela[réf. nécessaire], en Équateur ;
  • au Mexique, des actions armées en 1994 ont également été menées au Chiapas par l'EZLN au nom de la lutte pro-indigène ou pour la reconnaissance des droits fondamentaux des cultures indigènes chiapanèques (qui représentent moins du 1 % de la population totale du pays) et qui pose problème car tous les Mexicains sont égaux devant la loi de par la Constitution mexicaine de 1917 issue de la Révolution. Tous les indigènes ne sympathisent pas et n'adhèrent pas avec ce mouvement resté très marginal et sans résultats significatifs jusqu'à maintenant ;
  • en 1990, une loi fédérale américaine, The Native American Graves Protection and Repatriation Act (NAGPRA), exige que les biens culturels amérindiens soient rendus aux peuples natifs quand ces biens ont été déterrés. Cette loi autorise néanmoins les équipes d'archéologues à analyser les découvertes mais dans un délai de temps très court. Par biens culturels, la loi désigne les restes humains, les objets funéraires et sacrés, et tout objet et artefact du patrimoine amérindien. Bien que cette loi fédérale fut rendue nécessaire pour mettre un terme aux pillages de sites historiques, les archéologues et chercheurs américains accusent cette loi de restreindre gravement la recherche archéologique sur les origines des premiers habitants des États-Unis. Le cas de l'homme de Kennewick est symptomatique, les tribus amérindiennes demandant le retour sur leurs terres respectives de ce squelette dont l'étude a révélé une origine caucasienne ou europoïde ;
  • le 19 décembre 2007, les Indiens sioux rompent les traités signés avec les États-Unis, par la voix de leur dirigeant Russell Means qui accuse les États-Unis d'avoir « violé maintes fois (le traité) afin de voler notre culture, notre terre et nos coutumes ». Il poursuit ;« Nous ne sommes plus citoyens des États-Unis d'Amérique et tous ceux qui vivent dans les régions des cinq États que comprend notre territoire sont libres de nous rejoindre », lors d'une conférence de presse à Washington. Il a précisé que des passeports et des permis de conduire seraient délivrés à tous les habitants du territoire s'ils renonçaient à leur nationalité américaine.

Culture amérindienne[modifier | modifier le code]

Langues amérindiennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues amérindiennes.

Les langues amérindiennes sont les langues indigènes d'Amérique, parlées par les différents peuples amérindiens depuis l'Alaska et le Groenland jusqu'à la Terre de Feu. Les linguistes qui en sont spécialistes sont appelés américanistes.

Les langues amérindiennes ne forment pas une famille de langues unique, mais comprennent de nombreuses familles de tailles très variables, ainsi que des langues isolées. Diverses hypothèses rassemblant ces divers groupes en un plus petit nombre de superfamilles ont été formulées, avec un niveau d'acceptation très variable parmi les américanistes. Les Indiens des Plaines avaient développé une langue des signes auxiliaire pour communiquer par-delà la variété de leurs langues maternelles. Beaucoup de langues amérindiennes sont aujourd'hui menacées de disparition.

Techniques de communication[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tambour (communication).

Les Amérindiens utilisent des tambours, qui permettent de communiquer à distance à l'instar des appareils modernes. Ainsi, en frappant sur un tambour, un chaman peut échanger des informations avec un autre chaman ou localiser le gibier.

Musique amérindienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique amérindienne.

La musique amérindienne comprend la musique précolombienne, mais aussi celle que les Amérindiens ont continué de pratiquer après et malgré les premiers contacts, ou en marge de ceux-ci. Elle se caractérise par une grande variété d'aérophones, de membranophones et d'idiophones, et de lorophone avec de très rares cordophones. On ne connaît aucun traité ou système musical amérindien ; la musique est aussi variée que le nombre de peuples l'est et a justement une fonction sociale, identitaire voire culturelle essentielle. Elle est souvent associée à des interdits ou des tabous, étant réservée parfois aux hommes, aux célibataires, etc. Si elle est en général très simple et monophonique, il existe néanmoins des exemples de musique polyphonique ou orchestrale. L'instrumentarium est très riche du fait des variations linguistiques, culturelles et naturelles (grande variété de végétaux utilisés), mais les cordes sont très rares du fait de l'absence de métal.

Légendes notables : le médaillon et l'appareil photo[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Légendes.

Une ancienne légende amérindienne apparue chez les Cheyennes à la fin du xixe siècle raconte que l’appareil photo de l’homme blanc vole l’âme des indiens. Ces derniers ne pouvant vivre sans leur âme relié à la terre et ses éléments, sont condamnés à s’effacer et disparaître. Certains textes disent aussi que des tribus, dont les Cheyennes, avaient appris à se prémunir de cet « instrument du mal », ceci grâce à des pendentifs fabriqués par les chamans.

Sport[modifier | modifier le code]

Le softball, variante « allégée » du baseball est l'un des loisirs typiquement nord-américains pratiqué par les Amérindiens26. Parmi les rares sportifs d'origine amérindienne, la joueuse WNBA de basket-ball Shoni Schimmel connait une forte popularité aux États-Unis27.

Iconographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ↑ a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Courrier International, Hors-série Fiers d'être indiens [archive], juin-juillet-août 2007, p. 19
  2. ↑ https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/us.html [archive]
  3. ↑ https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/ca.html [archive]
  4. ↑ Parias l.-H., Histoire universelle des explorations, en 4 volumes, éditions Nouvelle Librairie de France, Paris, 1959, tome 2, p. 226
  5. ↑ Association Guillaume Budé, volume 1, 1967, p. 38 [archive]
  6. ↑ Par exemple dans le nom de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.
  7. ↑ Nations autochtones et tribus amérindiennes du Québec [archive]
  8. ↑ Appelés aussi en anglais « Métis », compte tenu de l'importance parmi eux des personnes d'origine française.
  9. ↑ Bulletin [archive] d'alerte de l'ONG Survival International
  10. ↑ Récit de la colonisation selon Sciences.ac.ca [archive]
  11. ↑ http://www.sfu.museum/journey/fr/05p_secondary/beringia.php [archive]
  12. ↑ (en) mtDNA haplogroup X: An ancient link between Europe/Western Asia and North America? [archive] M D Brown, S H Hosseini, A Torroni, H J Bandelt, J C Allen, T G Schurr, R Scozzari, F Cruciani, and D C Wallace. Center for Molecular Medicine, Emory University School of Medicine, Atlanta, GA, USA.
  13. ↑ Voir par exemple cette description des traditions orales chez les Saskatchewan [archive]
  14. ↑ (fr) Le défunt le plus controversé du monde [archive] - A
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Les sociétés nord-amérindiennes[modifier | modifier le code]

Peuplement originel : Théories anciennes et découvertes les plus récentes

Articles détaillés : Amérindiens, Premier peuplement de l'Amérique et Paléoaméricains.

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues amérindiennes.

Les linguistes estiment le nombre de langues amérindiennes, mortes et toujours existantes confondues, à 1 000 ou 2 000, dont 200 rien qu'en Amérique du Nord. Bien que certaines comportent des différences majeures par rapport à d'autres, les spécialistes ont pu les regrouper en « familles » n'ayant parfois connu aucun contact. Les langues eskimo-aléoutes comprennent l'inuktun ou l'inupiaq. La famille des langues athapascanes comprend des dialectes pratiqués par les Apaches et les Navajos. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les services secrets américains employaient des auxiliaires navajos qui traduisaient dans leur langue les messages les plus confidentiels avant qu'ils soient cryptés.

Enfin, les langues européennes ont nommé en utilisant leurs propres vocabulaires des éléments de la culture amérindienne, ce qui introduit des confusions : les espagnols ont ainsi baptisé les Indiens « pueblos », qui signifie « village », mais les pueblos appartiennent à quatre groupes linguistiques différents : Hopi, Zuñi, Keres et Tanoar. Les colons anglophones ont utilisé l'appellation « Indian Corn » pour désigner le maïs, comme les colons francophones, l'appellation « blé d'Inde ».

Croyances[modifier | modifier le code]

On regroupe le plus souvent les cultures amérindiennes en grands ensembles géographiques : nord-est, nord-ouest (région arctique, région sub-arctique, nord-ouest (État de Washington), Californie, Grand Bassin, Plateaux, Grandes Plaines, Sud-Est, Sud-Ouest, forêts de l'Est. Les conditions de vie étaient donc très différentes selon le milieu de vie des Amérindiens. La diversité des peuples amérindiens s'exprime également dans le domaine des croyances. On peut néanmoins dégager quelques points communs aux nombreuses tribus amérindiennes :

  • Une « entité » créatrice, Le Grand Esprit (e.g. Manitou pour les Algonquins), auquel beaucoup d'Amérindiens, des plaines notamment, donnent le nom de Wacontanka et associent Eïtineka déesse mère et nourricière.
  • Des « esprits auxiliaires » bons ou mauvais (par exemple : les esprits du vent, du feu, du tonnerre, ou le Grand Serpent, ennemis du bien dans la culture iroquoise).
  • Les Indiens d'Amérique étaient animistes. Offrandes à la terre-mère. Contrairement aux sociétés occidentales, ils ne se voyaient pas comme au centre de la Vie, mais comme un simple élément de la Vie, et du monde en général. On pourrait aujourd'hui parler de biocentrisme'.
  • Le chamanisme : pratiques rituelles d'apaisement des esprits comme la danse du serpent chez les Apaches ou la société des « False Faces » chez les Iroquois, ces pratiques pouvaient chez certaines cultures (Plaines, Bassin, Sud Ouest) s'accompagner de l'utilisation d'amulettes protectrices.
  • Le symbolisme : beaucoup d'Amérindiens (Nord est, Plaines, Bassin, Sub-arctique, Arctique) se croyaient une filiation animale. Cette filiation pouvait se trouver à l'origine de la constitution d'un clan (Iroquoiiens, Algonquiens). La constitution de sociétés guerrières (« guerriers chiens » Sioux ou Cheyennes). De même, cette « filiation » pouvait parfois se trouver « archivée » (totems, spécificité du Nord Ouest, Noutkas Tlingit, etc.). D'une manière générale, cette symbiose homme/animal est une constante des mythes amérindiens, à l'exemple des légendes inuits qui font état de l'homme/animal en tant qu'être unique se transformant à volonté.
Rites[modifier | modifier le code]

Les Amérindiens partageaient également des rites communs :

  • Rites de purification (hutte à sudation) pour les prières et les cérémonies : utilisation du tabac et de la sauge
  • Prières et transes en cercles
  • Pow wow (dans les tribus des plaines)
  • La Danse des Esprits (The Ghost Dance) : les participants répètent des couplets au son des tambours. Les incantations peuvent mener à la transe. (cette danse s'est généralisée pendant les années 1880 dans les réserves des plaines. Elle était jugée subversive par Washington qui l'a fait interdire et est l'une des causes du massacre de Wounded Knee en 1890)
  • La Danse du Soleil (The Sun Dance) dans les Grandes Plaines pour vénérer le soleil, pendant la période du solstice d'été. Elle était accompagnée de mutilations corporelles volontaires destinées à montrer son courage et à entrer en transe.
Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Reconstitutions d'un camp amérindien, d'après les données archéologiques de la Savannah River (Géorgie et Caroline du Sud)

Vivant en symbiose avec leur milieu naturel, les Amérindiens dépendent en effet des conditions climatiques et des ressources, même s'ils ont su s'adapter aux contraintes. Chaque grand ensemble a ainsi développé une activité de prédilection, avec son savoir-faire propre. Dans les régions arctique et sub-arctique, il s'agissait de la pêche. Dans le Nord-Ouest (État de Washington) celle-ci visait en particulier les cétacés, les phoques, et la morue. Le travail du bois de thuya (totems, masques), de la vannerie et du tissage étaient aussi très développés. Le Grand Bassin se caractérise par la chasse et l'organisation de véritables villages, voire de villes et de huttes.

Dans les Grandes Plaines, c'est le bison qui est chassé et le cheval dressé à la suite de son introduction par les Européens. En Californie, on trouve un art décoratif à base de décorations en plumes et en coquillages.

Au Sud-Est, des cultures tropicales de maïs et de pomme de terre sont faites à grande échelle. Ce sont les grandes civilisations précolombiennes qui mettaient en place de telles organisations radicalement différentes du modèle de vie nomade et en harmonie avec lanature, développées par les peuplades d'Amérique du Nord étudiées plus haut.

Enfin au Sud-Ouest, confluent de ces deux civilisations, on trouve des peuples sédentaires influencés tant par leurs voisins de la partie supérieure du continent que par ceux de la partie inférieure. Ainsi ils pratiquent l'irrigation, tissent le coton, font des poteries, tressent des paniers, exploitent les cactus Peyotl, portent des bijoux et vivent dans des constructions en adobe. Toutefois les Apaches sont nomades et vivent donc bien plus de la chasse.

Cultures disparues[modifier | modifier le code]

Les sites les plus anciens des États-Unis se répartissent en deux régions principales : la première est celle de l'est, où l'on trouve des témoignages très anciens de la culture des Mound Builders qui construisaient des tertres zoomorphes et des pyramides de terre pour enterrer leurs morts. Les archéologues ont baptisé ces peuples aujourd'hui éteints : les Adenas sont les plus anciens (- 1000 / + ), puis viennent les Hopewells ou Hopewelliens. Les cultures du Mississippi sont également rattachées au Mound Builders.

Le sud-ouest est la deuxième région qui abritait des civilisations disparues au moment où Christophe Colomb « découvre » l'Amérique : les sites archéologiques les plus connus sont le site de Clovis, Danger Cave (Utah) ou encore Folsom (Nouveau-Mexique). Mais de nombreux sites de pétroglyphes se situent aussi dans l'Ouest américain : Red Rock Canyon (Nevada), Bryce Canyon ... Dans cette région marquée par l'aridité et les contacts avec la Méso-Amérique vivent les Indiens pueblos qui sont les héritiers de cultures disparues :

Au nord-est, dans la vallée du Saint-Laurent, les Laurentiens (des Iroquoiens) disparaissent entre le dernier voyage de Jacques Cartier et l'arrivée de Samuel de Champlain. En l'espace d'un demi-siècle, Stadaconé, Hochelaga et tous les villages mentionnés par Cartier ont disparu. Il est généralement admis que leur disparition ne fut pas causée par des épidémies venues d'Europe. Il est fort probable que, sous la pression d'attaques venant d'autres peuples, les habitants du Saint-Laurent se soient dispersés pour rejoindre les Hurons, les Iroquois (les 5 Nations) et quelques bandes algonquines. La tradition wendat fait état de ce fait. Il semblerait, qu’autour des années 1550, les Algonquins, les Montagnais et les Hurons regroupés au sein d'une Alliance Laurentienne ont fait la guerre et expulsé très brutalement leurs ennemis iroquois (Desrosiers Iroquoisie). Ces derniers garderont en mémoire cette expulsion et feront preuve de grande cruauté lors des combats qu’ils mèneront pendant près de 200 ans contre ces tribus.

Prénoms nord-amérindiens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Étymologie des prénoms nord-amérindiens.

Les nord-amérindiens ont donné des prénoms qui prennent souvent ancrage dans la nature qui les entoure, dans les forces surnaturelles qu'ils perçoivent, dans les qualités des personnes, ou bien dans d'autres évènements de la vie, souvent liés à la naissance. Tout comme l'ensemble des peuples amérindiens, l'étymologie des prénoms nord-amérindiens aborde le sujet complexe de leur origine.

Amérindiens et Hommes blancs[modifier | modifier le code]

Le choc microbien et viral[modifier | modifier le code]

D'après l'historien Russel Thorntorn, l'Amérique du Nord comptait environ 7 millions d'habitants vers 15002. La première cause de la mortalité des Amérindiens est l'introduction de nouvelles maladies par les Européens. Les populations autochtones n'étaient pas immunisées contre la peste, la variole, la coqueluche, la rougeole, la grippe ou la varicelle. « Les autres causes de la dépopulation (les guerres, l'alcool, etc.), sans être insignifiantes, sont tout à fait secondaires »3.

Exemples parmi d'autres des ravages qu'ont causés ces pandémies :

Les Timicuas, en Floride, qui en 1650 étaient 13 000 répartis sur quarante villages, ne furent après une épidémie de petite vérole que 35 en 1728, regroupés dans un seul hameau.

Les Wampanoag qui occupaient le territoire de l'actuel Massachusetts furent emportés jusqu'au dernier en 1617, trois ans avant l'arrivée des premiers colons débarqués duMayflower qui fonderont Plymouth.

La population des Hurons est évaluée à 30 000 individus au début du xviie siècle et tombe à 9 000 vers 16404

Le bilan des victimes est difficile à donner avec exactitude. Les sources sont inexistantes et les historiens ne sont pas d'accord sur les estimations. Certains avancent 10 millionsd'Amérindiens pour tout le continent ; d'autres pensent plutôt à 90 millions, dont 10 pour l'Amérique du Nord. Si l'on prend les données d'Anne Garrait-Bourrier et Monique Venuat, le continent américain entier (de l'Alaska au Cap Horn) abritait environ 50 millions d'habitants en 1492 ; pour comparaison, il y avait 20 millions de Français au xviie siècle. Les chiffres avancés pour le territoire des États-Unis d'aujourd'hui sont compris entre 7 et 12 millions d'habitants. Environ 500 000 Amérindiens peuplaient la côte est de cet espace. Ils ne sont plus que 100 000 au début du xviiie siècle.

Les guerres aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres indiennes.

Les tribus amérindiennes se faisaient la guerre : au début du xviie siècle, les colonisateurs français prennent part aux attaques des Algonquins et des Hurons contre leurs ennemis iroquois. Ces derniers répliquent au milieu du xviie siècle et finissent par affaiblir la confédération des Hurons. Certains prisonniers étaient adoptés (ils devenaient Iroquois) d'autres étaient torturés (on leur arrachait les ongles) ou frappés à coups de bâton. Les guerriers mangeaient les organes des vaincus5 ou gardaient les scalps en trophées.

  • Les armes : avant l'arrivée des Européens, les Indiens ne disposaient que d'armes rudimentaires : hache, flèches ...

La cause principale de ces conflits est la volonté expansionniste des treize premières colonies américaines qui se traduit aussi par les guerres hispano-américaines et mexico-américaines, la conquête de l'Ouest par des colons attirés par des terres vierges renforça l'animosité entre les deux peuples, multipliant donc le nombre de débordements. Ces conflits feront l'objet de représailles de la part des deux camps, tels des massacres et des pillages. Ainsi en 1862, les Sioux santees massacrent 1 500 hommes, femmes et enfants américains dans le Minnesota.

Cependant les relations entre Amérindiens et Blancs n'ont pas toujours été violentes :

Ce sont les Espagnols qui ont réintroduit le cheval sur le continent. Dès le xviie siècle, celui-ci s'était répandu sur tout le territoire et les Indiens d'Amérique du Nord l'ont très vite adopté dans leur mode de vie.

Déportation des Indiens d'Amérique[modifier | modifier le code]

Au xixe siècle, les Indiens d'Amérique du Nord ont été parqués dans des réserves et leur gibier principal disparaît, les bisons sont abattus sous les incitations du gouvernement fédéral. Même si pour les colons un bon Indien était un Indien mort, ce n'est pas considéré comme un génocide puisqu'il n'y avait pas de volonté gouvernementale arrêtée d'exterminer les Amérindiens. Ces derniers ont été affamés (prime au massacre de bisons), spoliés de leurs terres par la violence et la fourberie (non-respect des accords signés) et privés de leur liberté de culte ainsi que du droit de parler leurs langues. Cette politique est fréquemment nommée ethnocide, terme désignant l'extermination d'une culture. Juridiquement le terme d'ethnocide n'existant pas, la destruction d'une ethnie relève du génocide, selon la « Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide » adoptée a l'unanimité par Assemblée générale des Nations unies en 1948.

En 1830, l'Indian Removal Act inaugure la politique de déplacement des populations amérindiennes toujours plus vers l'Ouest : le président de l'époque, Andrew Jackson, fait voter une loi déportant les Amérindiens vivant à l'Est du Mississippi à l'Ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma, afin d'exploiter l'or situé sur leurs territoires, dans l'Ohio et installer les migrants venus d'Europe. Cette loi est déclarée anticonstitutionnelle par la Cour Suprême et entraîne des guerres avec les Cherokees jusqu'en 1838.

Jusqu'en 1850, 100 000 Amérindiens furent déportés. L'épisode le plus célèbre de la déportation des Indiens d'Amérique, est vraisemblablement celui de la Piste des larmes en1838-1839. Cette déportation forcée fit au moins 4 000 morts, à cause du froid, de la maladie (choléra) et de l'épuisement.

La renaissance amérindienne au XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1896, on pouvait recenser 250 000 Amérindiens vivant aux États-Unis.

  • 1924 : citoyenneté américaine accordée aux Amérindiens
  • 1968 : naissance du mouvement amérindien (American Indian Movement) à Minneapolis
  • 1969 : occupation amérindienne d'Alcatraz à San Francisco
  • 1973 : occupation symbolique de Wounded Knee
  • 1978 : American Indian Religion Freedom Act : garantie de la liberté de culte pour les Indiens d'Amérique
  • 1988 : Ils obtiennent le droit d'établir dans leurs réserves des établissements de jeu (à condition que les lois des États n'interdisent pas le passe-temps)
  • 2005 : La communauté amérindienne détient près de 400 casinos dans 28 États pour des revenus, estimés par la National Indian Gaming Commission, à 22,6 milliards dedollars en 2005 et a diversifié son économie.
  • 2007 : proclamation d'indépendance de la République Lakota

L'héritage amérindien dans la culture américaine[modifier | modifier le code]

Le recensement de 2000 comptait 2,5 millions d'Amérindiens aux États-Unis. Dans les années 1960, sous l'influence du « Red Power », on a redécouvert l'héritage et la civilisation des Amérindiens. Ainsi en Californie, le Native American Day (le 4e lundi de septembre) est l'occasion de rendre hommage aux Amérindiens de l'État ; les enseignants sont invités à parler de la culture amérindienne dans les écoles.

Reconstituer l'histoire des peuples amérindiens est relativement difficile pour les périodes les plus reculées. Sans écriture, les Amérindiens ont peu transformé leur milieu dont ils étaient très respectueux, et laissé peu de traces anciennes. Néanmoins, la culture amérindienne a influencé les toponymes : plusieurs états fédérés portent un nom d'origine amérindienne (Ohio, Michigan, Idaho, Minnesota, Connecticut, Ontario, Illinois,Nebraska etc.). De nombreux fleuves (Mississippi) et éléments de géographie physique ont été puisés dans la langue des Amérindiens.

Les Amérindiens ont également appris aux Blancs la culture de plantes qui connurent ensuite un grand succès : tomate, pomme de terre, maïs ettabac. Enfin certains mots anglais rappellent leurs origines amérindiennes (anorak, mocassin, canoë, toboggan, etc.)

Depuis quelques années, les États-Unis réhabilitent l'héritage amérindien : à New York, le National Museum of the American Indian (Musée national des Indiens d'Amérique) abrite environ un million d'objets des origines à aujourd'hui. Une autre partie des collections se trouve àWashington dans un bâtiment dessiné par Douglas J. Cardinal et ouvert le 21 septembre 2004. Il s'agit d'une institution qui avait été créée à la suite d'une loi votée par le Congrès américain en 1989.

Les Amérindiens eux-mêmes font revivre leurs traditions ancestrales (artisanat, Pow wow). Une partie connaît encore les problèmes de pauvreté et d'alcoolisme. Les Arapahos et les Séminoles entre autres se sont lancés dans les jeux de hasard et l'industrie des casinos. Certains possèdent leur propre casino ; on citera particulièrement le Arapaho Casino situé dans le Wyoming.

Listes des tribus d'Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Les peuples les plus connus sont :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ↑ a, b et c « Guide terminologique » [archive], sur Union des municipalités du Québec.
  2. ↑ Russel Thorntorn, American Indian Holocaust and Survival ..., Norman, Universitry of Oklahoma Press, 1987.
  3. ↑ Gilles Havard, Cécile Vidal, Histoire de l'Amérique française, Flammarion, 2003, page 195.
  4. ↑ Gilles Havard, Cécile Vidal, Histoire de l'Amérique française, Flammarion, 2003, page 197.
  5. ↑ Gilles Havard, Cécile Vidal, Histoire de l'Amérique française, Flammarion, 2003, pages 95-96.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Coze, Wakanda, Alexis Redier, Editeur, Paris, 1929
  • Florence Delay et Jacques Roubaud, Partition rouge. Poèmes et chants des Indiens d'Amérique du Nord, Paris, Seuil, 1995 (ISBN 2-0202-3690-7)
  • M. Edmonds et E.-E. Clark, Légendes indiennes, tome 1. Les voix du vent, Editions du Rocher, 1997 (ISBN 2-2680-2636-1)
  • Christophe Magny, La Voie de la nuit, cérémonies des Indiens Navajo, Alphée, 2008
  • Gilbert Legay, Dictionnaire des Indiens d'Amérique du Nord, Casterman, 2005 (ISBN 2-2031-3135-7)
  • Michel Piquemal, Les Indiens des plaines d'Amérique, Sorbier, 2001 (ISBN 2-7320-3699-4)
  • Paul Coze et René Thévenin, Mœurs et histoire des indiens d'Amérique du Nord, Payot, 2004 (ISBN 2-2288-9858-9)
  • Claude Fohlen, Les Indiens d'Amérique du Nord, Que sais-je?, PUF, 1999, 4e édition (ISBN 2-1304-4214-5)
  • Larry-J. Zimmerman, Les Indiens d'Amérique du Nord, Librairie Gründ, 2003 (ISBN 2-7000-3114-8)
  • David W. Penney, Arts des Indiens d'Amérique du Nord, Pierre Terrail, 1999 (ISBN 2-8793-9118-0)
  • Jack Weatherford, Ce que nous devons aux Indiens d'Amérique, Paris, Albin Michel, 1993
  • M. Harner, Chamane. Les secrets d'un sorcier d'Amérique du Nord, Paris, Albin Michel, 1982
  • Anne Garrait-Bourrier, Monique Venuat, Les Indiens aux États-Unis : renaissance d'une culture, Paris, Ellpises, 2002 (ISBN 2-7298-1185-0)
  • Angie Debo, Histoire des Indiens des États-Unis,Albin Michel, 1994 (ISBN 2-2260-6903-8)
  • Charles C. Mann, Marina Boraso (trad.), 1491 : Nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb, Albin Michel, 2007 (ISBN 978-2-2261-7592-2)
  • Julia M. Keleher and Elsie Ruth Chant, The Padre of Isleta: The Story of Father Anton Docher, Sunstone press,‎ 2009 (ISBN 9780865347144)-La longue vie d'un missionnaire français chez les indiens Tiwas du Nouveau-Mexique.
  • Samuel Gance, Anton ou la trajectoire d'un père, la vie d'Anton Docher chez les indiens Tiwas du Nouveau-Mexique, L'Harmattan, 2013, 208 p. (ISBN 978-2-336-29016-4

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Histoire des Premières Nations du Canada

(Redirigé depuis Histoire des Premières nations)

L'histoire des Premières Nations, les premiers occupants du continent nord-américain, au Canada remonte à au moins 12 000 ans1. En effet, les Premières Nations s'établissent au travers du territoire canadien entre 40 000 et 10 000 ans avant J.-C. Leur histoire est d'abord caractérisée par une forte adaptation à l'environnement naturel. C'est pourquoi, on peut, selon Alfred Kroeber, distinguer dix aires culturelles autochtones en Amérique du Nord, dont six se trouvent représentées dans le territoire canadien actuel : l'Arctique, la zone subarctique, la côte nord-ouest, le Plateau, les Prairies et les forêts du nord-est. Plusieurs nations se sont développées avec leurs propres langues, cultures, pratiques religieuses et traditions.

L'histoire des contacts avec les Européens en Amérique du Nord commence avec la pêche et la chasse à la baleine, puis continue avec latraite des fourrures. Elle se poursuit également avec les missions chrétiennes. La colonisation du territoire canadien par la France et leRoyaume-Uni changea radicalement le mode de vie des Premières Nations.

Plusieurs politiques d'assimilation culturelle ont été mises en place sous l'administration des colonies et ensuite par le gouvernement canadien devenant de plus en plus souverain à partir de 1867. Celles-ci ont été abandonnées dans les années 1970 et 1980 au profit dumulticulturalisme canadien.

Sommaire

Période paléoaméricaine[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Paléoaméricains et Premier peuplement de l'Amérique.

Le continent américain fut le dernier des continents à être occupé par les humains2. Les plus anciennes traces de vie humaine au nord du continent se trouvent en Alaska. Elles remontent à environ 12 000 à 14 000 ans et sont en rapport culturel avec les cultures d'Asie du Nord-Est. La phase glaciaire qui a duré plus de 10 000 ans auparavant n'a pas permis de séjour. En outre, l'immense calotte glaciaire qui bloquait l'Alaska vers le sud n'aurait pas permis aux habitants d'aller vers les zones plus tempérées du sud, le corridor nord-sud entre les Rocheuses et la baie d'Hudson n'ayant été libéré des glaces que vers 13 000 ans av. J.C3.

Les études génétiques semblent indiquer que l'origine de tous les peuples indiens remonte à une racine unique qui s'est répandue rapidement le long de la côte et ne s'est diffusée vers l'intérieur du continent qu'à partir de là4. Ceci est également appuyé par des études sur l'histoire climatique5. D'autres études montrent plutôt que l'occupation du continent nord-américain a eu lieu à peu près simultanément par deux groupes distincts partant du détroit de Béring il y a environ 15 000 à 17 000 ans, un groupe suivant la côte ouest et l'autre suivant le corridor libre de glaces6.

des plus anciens artefacts ont été découverts dans le Yukon, dans les grottes de Bluefish (en)7. Cette culture arctique précoce – selon le point de vue nommée tradition paléoarctique sibéro-américaine, tradition Béringienne, ou complexe de Denali – s'étend dans des conditions un peu plus favorables le long de la côte vers le sud, peut-être aussi le long de la rivière Yukon, et aussi le long du corridor sans glaces. Dans la Charlie Lake Cave, une grotte près de Fort St. John au nord de la Colombie Britannique, on a trouvé des outils datés d'environ 10 500 av.J.C. À cette époque, les troupeaux de bisons migrent du sud vers les nouvelles prairies, et avec eux des chasseurs, qui utilisent des pointes de lance du type Clovis, semblables à celles de Indian Creek ou de Mill Iron au Montana. Cette découverte suggère une migration sud-nordn 1. Dans la grotte de Charlie Lake, on a trouvé aussi deux corbeaux enterrés, l'un avec des présents, qui ont été enterrés il y a 9 000 à 10 000 ans8. On a également trouvé des restes préarchaïques, ou paléoindiens aux lacs Vermillon près deBanff dans la vallée supérieure de la rivière Bow (8 900 av.J.C.) et sur le site de fouilles de Niska au sud-ouest de la Saskatchewan (8 000 à 9 000 av.J.C). Des trouvailles d'âge semblable n'ont pu être faites au Québec qu'en 20039, en Nouvelle Écosse en 1996 près de Debert10. Dans le nord, les plus anciens restes humains ont été découverts en 1996 et datés d'environ 7 800 av.J.C. Ils proviennent des trois grottes découvertes trois ans auparavant On Your Knees Cave (en) sur l'île du Prince-de-Galles en Alaska11.

La période après la phase précoce est fréquemment désignée comme période archaïque, et séparée en deux tronçons. Ce sont les périodes archaïques ancienne (env. 8 000 à 6 000 av.J.C.) et moyenne (env. 6 000 à 4 000 av.J.C.). Puis on distingue la phase archaïque à l'ouest et la phase de Plano à l'est. On y rattache les cultures de l'Ohio, du Niagara et de l'Ontario du Sud. Le nombre des trouvailles est cependant faible, parce que le paysage a été sans cesse soumis à des modifications, ce qui détruisait la plupart du temps les restes culturels. On suppose que les membres de la culture du Plano suivaient les troupeaux de caribous vers l'est, toujours à la lisière des glaces. Sans eux, la vie était impossible au nord-ouest12. Les eskers formaient en outre de remarquables voies dans un paysage autrement infranchissable. Vers 7 500 av.J.C., les archaïques atteignent l'Ontario du sud. Là ils trouvent des propulseurs à javelots, une innovation technologique qui a probablement trouvé son origine vers 8 000 av. J.C. dans le sud des États-Unis13.

Une pointe de projectile (javelot ou flèche) de Nouvelle-Angleterre a été datée entre 6 000 et 5 000 av. J.C. Elle appartient sans doute à la même culture que celle du Vermont (Fouilles de John's Bridge v. 6000 av.J.C.), où l'on a dégagé des perçoirs et des traces de maisons. Les cultures proches de la côte ne sont pas faciles à distinguer du point de vue archéologique. Les grands centres étaient le fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs. Les premiers grands monuments sont des tumulus, dont le plus ancien connu est l'Anse Amour (5 500 av.J.C.). Apparemment, une hiérarchie plus ou moins stabilisée s'est établie parmi les sociétés le long des lacs Érié, Huron (au sud), et Ontario, ainsi que du fleuve Saint-Laurent au-dessus de la ville actuelle de Québec. On ne peut que faire des hypothèses sur le fait que ce soit une région culturellement cohérente (appelée proto-laurentienne). Sesartéfacts datent d'entre 5 500 et 1 000 av.J.C.

Le groupe des cultures plano est clairement discernable, et orienté vers un tout autre environnement. Son nom est tiré des Grandes Plaines, et d'ailleurs trop restreint, car ces cultures couvrent l'immense espace entre les territoires éloignés de la mer de la Colombie-Britannique et des Territoires du Nord-Ouest jusqu'au golfe du Mexique. Peu avant 8 000 av.J.C. intervient un changement dans le système d'armes caractéristique pour ces cultures. Les pointes des projectiles ne sont plus serrées dans des tiges fendues, mais enfoncées dans la tige. C'est en même temps la phase où les forêts étendues cèdent progressivement la place à des paysages d'herbages. Les matières premières de certains outils ou armes de pierre proviennent de loin dans le sud.

Initialement, les cultures plano recouvrent le territoire entre la rivière Saskatchewan Nord, le pied des montagnes Rocheuses, jusqu'à la rivière de la Paix en Colombie Britannique. Le Manitoba était encore sous une énorme calotte glaciaire, mais les premiers habitats isolés se développent, des refuges ou des reliefs habitables au-dessus de la surface des glaces (Nunataks), comme dans l'Alberta du sud. En 2001, on a trouvé dans un de ces refuges au sud de Calgary de petits chevaux, qui étaient apparemment chassés vers 8 000 av.J.C.

Par un étroit corridor au sud de la calotte glaciaire, de nouvelles techniques parviennent vers l'ouest. Ce n'est que plus tard que cet immense territoire culturel se divise visiblement en deux sous-espaces : les cultures anciennes du bouclier canadien, et des grandes Plaines. Au lac de South Fowl, à la frontière entre Ontario et Minnesota, des artéfacts en cuivre ont été trouvés, ce qui indique une métallurgie remontant à environ 4 800 av.J.C. Seule la culture du bouclier moyenne (4000 à 1000 av.J.C.) fournit des vestiges plus importants.

À l'ouest, l'occupation remontant au moins à 9000 av.J.C. a été recouverte par la Culture du plateau ancienne. On ne sait pas s'il s'agit là d'une immigration par le Fraser, ou à partir de l’intérieur des terres. Un cadavre de Gore Creek, âgé d'environ 8500 ans indiquerait cette seconde hypothèse. L'immigration à partir de la côte aurait pu avoir lieu vers 4250 av.J.C. Il ne semble cependant ne pas y avoir de lien avec les migrations croissantes de saumons le long de la côte ouest.

Les cultures côtières (cultures côtières du sud-ouest et du nord-ouest) le long de la côte ouest sont démontrées au moins jusqu'à 8000 av.J.C. Mais on ne sait pas dans quelle direction l'occupation a eu lieu, et d'ailleurs elles peuvent provenir d'une racine commune. La linguistique tendrait plutôt à favoriser une migration à partir du nord. Déjà la plus ancienne trouvaille sur l'île de Vancouver dans la Bear Cove, montre une très forte orientation vers la chasse aux mammifères marins, dauphins, phoques et otariesn 2. Une distinction frappante est celle entre groupes orientés vers la mer, avec des bateaux adaptés à la haute mer, et ceux qui se limitent à la pêche plus aisée au saumon. Mais beaucoup de restes proches de la mer ont été engloutis, car le niveau de la mer depuis 6000 av.J.C. est monté de 10 à 15 m. Cette inondation de grottes d'habitation a dû faire monter la pression d'émigration vers l'intérieur des terres. Alors, la côte du nord-ouest a pris une autre voie de développement. Là aussi, la montée du niveau de la mer a détruit des traces, à part Haida Gwaii. Cet archipel a été occupé au plus tard vers 7500 av.J.C. et il abrite, avec le peuple des Haïdas une des populations les plus sédentaires du monde. L'île de Dundas, plus à l'est, près de la côte, présente des traces d'occupation plus anciennes encore sur le site de Far West Point, qui présente des restes datés d'il y a9690 ± 30 ans, soit le record sur la côte de Colombie Britannique.

Le commerce le plus ancien démontrable, celui de l’obsidienne remonte à 10 000 ans et est basé sur un dépôt sur le mont Edziza 2 787 m en Colombie Britannique du nord14.

Au nord-ouest, la situation des fouilles est si contradictoire que toutes les hypothèses formulées jusqu'à présent pour déterminer les différentes cultures ont échoué. L'extrême nord, y compris le Groenland n'a été occupé que ponctuellement à partir de 2500 av.J.C. et le nord de l'Ontario à partir de 2000 av.J.C.

D'environ 4000 à 1000 av.J.C.[modifier | modifier le code]

À partir de 2500 av.J.C. des occupations sont démontrées par de nombreux amas coquilliers, et on distingue les premiers signes d'une différenciation sociale. Les traces d'habitation indiquent des agglomérations qui s'associaient de manière saisonnière avec des tribus parentes pour la chasse. Dans les plaines, on peut repérer les maisons et les villages. Apparemment, la chasse à l'arc se répand dans le nord, en provenance d'Asie. Elle chemine lentement à partir du nord-ouest, où elle s'arrête longtemps, puis vers la côte est, pour enfin atteindre l'extrême ouest par une large boucle15.

On trouve aussi des tombes près de la côte est, comme un cimetière au nord-ouest de Terre-Neuve (Port au Choix), utilisé de 2400 à 1300 av.J.C. et où l'on a découvert 56 corps. Les tumulus y représentent les plus anciennes constructions monumentales connues du Canada. Les groupes formant cette culture sont désignés comme les Peuples maritimes archaïques ou Peuples à la peinture rouge en raison de l’utilisation de l'ocre rouge qu'il faisaient. On distingue une période ancienne (6000 à 4000 av.J.C.) et une période moyenne (4000 à 1000 av.J.C.).

Entre 2000 et 1500 av.J.C. le Labrador se refroidit sensiblement, ce qui atteint fortement les cultures côtières du Canada actuel. Les groupes qui occupaient le Labrador central depuis 4000 av.J.C. évacuent le territoire. Vers 2250 av.J.C. les Inuits qui ont atteint l'Amérique du Nord vers 3000 av.J.C. en provenance d'Asie, se dirigent vers ces régions vers le sud, et également, des chasseurs en provenance de l'intérieur des terres atteignent les côtes. Le territoire au nord du Saint-Laurent semble avoir été abandonné. Vers 2000 à 1700 av.J.C., il semble que des peuples du sud se dirigent vers le nord jusqu'au Nouveau-Brunswick (les Peuples Susquehanna archaïques), mais il est fort possible que seules leurs techniques se soient propagées vers le nord.

Sur les Grands Lacs, le niveau de l'eau s'élève, les conditions pour les poissons s'améliorent. C'est là qu'on peut alors démontrer l'existence de chiens domestiques, enterrés, comme on en a trouvé près du lac Huron16. La culture des Grands Lacs et Saint-Laurent moyenne (ou Laurentienne archaïque) avait son centre sur le territoire du Québec actuel et en Ontario, et remontait à 4000, peut-être 5500, av.J.C. La vallée de la rivière Ottawa était un centre de production de cuivre, métal utilisé pour les pointes de flèches, les alènes, etc. Apparemment, on honorait aussi des lieux saints, et en tout premier lieu les lieux d'enterrement. On y démontre des crémations. Les principales maladies étaient laparodontose (CIM K05.4), arthrite chez les seniors, et fractures osseuses. Il est probable que les peuples du sud se soient imposés, cependant le début de la cultureLaurentienne est archéologiquement difficile à saisir, comme celle du complexe archaïque moyen. On a par exemple une caractéristique, un couteau en forme de demi-lune leUlu. L'accroissement de la population et la complexification des cultures créent un accroissement des découvertes archéologiques, et un classement plus significatif. Cependant, la région est exploitée par l'agriculture, si bien que de nombreuses découvertes, faites dans des terres labourées n'ont plus de stratigraphie précise, comme près des chutes du Niagara

Les cultures du bouclier canadien se sont développées à partir de 6000 av.J.C. à partir des cultures Plano du district de Keewatin au sud-ouest, et de l’est du Manitoba, avec un processus ultérieur d'expansion qui dure environ quatre millénaires. Les Cris, Ojibwés, Algonquins,Innus et Béothuks, que l'on retrouve dans les premières sources écrites européennes remontent à ces groupes de la culture du bouclier. Vers 2000 av.J.C., il y avait là cette culture qui avait des rituels d'enterrement complexes, avec offrandes d'objets de cuivre, d'outils et d'ocre. Les relations commerciales s'étendaient jusqu'au Dakota. Comme les régions habitées n'étaient pas bien continues, les séries de trouvailles archéologiques sont rares. Mais on peut reconnaitre les cycles de migrations saisonnières qui se sont perpétuées pendant des millénaires.

Les cultures des plaines sont difficilement saisissables, et on doit se rapporter aux types d'armes. Néanmoins, les possibilités d'en tirer des conséquences sont vagues. Les changements dans les pointes de projectiles indiquent peut-être le déclin de la forêt au profit des paysages d'herbages, avec les modifications corrélatives des espèces chassées. Sur le site de fouilles de Cactus flower en Alberta, on a trouvé une pipe en forme de tube, âgée de 4 700 ans environ. De nombreuses pointes de flèches proviennent des ateliers de calcédoinesur la Knife River dans le Dakota du Nord. En tout, dans l'intervalle entre 6000 av.J.C. et notre ère, on compte 5 modifications fondamentales : les phases sèches s'adoucissent, l'espèce de bisons actuelle se répand, les chiens sont introduits comme animaux de bât et de trait, ce qui augmente la mobilité, le tipi se généralise, et finalement la technique de cuisson avec des pierres chaudes permet la fabrication du pemmican, qui permet de surmonter les phases de disetten 3.

La culture du Plateau moyenne entre les Rocheuses et la chaîne côtière du Pacifique développe vers 2500 av.J.C. ce que l'on appelle le kekuli, une maison semi-enterrée. En même temps, la nourriture s'enrichit en saumon, bien que tout ce qui est mangeable ne soit pas négligé, des coquillages aux moufettes. Les tribus salish actuelles se font mettre en liaison étroite avec cette culture. Les exceptions dans ce domaine sont les Nicola, qui parlent Eyak-athapascan et les Kootenays. Le changement culturel le plus important est le passage du nomadisme à une demi-sédentarité avec des villages d'hiver fixes et des migrations saisonnières estivales correspondant aux besoins de la chasse et de la cueillette, ainsi qu'aux pèlerinages aux lieux d'importance rituelle vers 2000 av.J.C.

C'est une évolution similaire qui s'opère sur la côte ouest, dont les cultures se différencient de plus en plus sur le plan régional (v. Salish de la côte)n 4. La hiérarchie des sociétés se marque plus clairement : certains groupes ont un meilleur accès aux ressources, amassent des richesses et promeuvent le commerce. Le saumon, le poisson-chandelle et les coquillages deviennent les nourritures les plus importantes, et c'est pourquoi surgissent les nombreux amas coquilliers, dans lesquels on retrouve des artéfacts parmi les moins durables. Vers la fin de l'époque, on trouve les premières maisons de bois. Les Salish n'étaient pas seulement des chasseurs-cueilleurs, mais au plus tard à partir de 1600 av.J.C. ils deviennent agriculteurs, ce que l'on sait dans le cas de la tribu Katzie grâce à une fouille de sauvetage de 200717.

À l'opposé, dans les bassins du Yukon et du Mackenzie avec leurs immenses territoires d'immigration, se trouve une culture de chasse au long cours, avec une mobilité extrême de petits groupes. D'où une grande rareté des sources archéologiques. L'hypothèse dominante d'invasions à partir des Plaines vers 4000 av.J.C. s'expliquerait le plus aisément avec l'introduction du propulseur à javelot (Atlatl), qui demande d'autres pointes de projectiles. Entre 5000 et 2000 av.J.C. se produit aussi une migration vers le sud de culturesInuits. Il est probable que les langues athapascanes remontent à cette culture régionale

Pré-contact avec les Européens[modifier | modifier le code]

Les Premières Nations sur le continent nord-américain depuis le début de l'occupation humaine jusqu'au xixe siècle étaient surtout nomades, migrant lors des saisons afin de suivre les phases de la végétation et les migrations animales. Les hommes étaient principalement des chasseurs et les femmes étaient surtout responsables de la cueilletten 5. Les relations entre les tribus étaient plutôt limitées puisque la collaboration n'était pas nécessaire, chaque tribu étant auto-suffisante. Cependant, il survint tout de même des systèmes d'alliances et d'habitations durables, comme ce fut le cas dans la région des Grands Lacs.

Dans le territoire canadien, les Premières Nations pratiquaient surtout le chamanisme et n'établirent jamais de véritables théocraties comme le firent les autochtones d'Amérique centrale et du Sud qui devinrent plus sédentaires.

Chaque nation développa sa propre langue au sein de différentes familles linguistiques. Des langues globales ne virent le jour que sous la forme de langues commerciales, comme le chinook, mais elles n'atteignèrent qu'une extension régionale. Dans les Prairies, c'est une langue des signes qui permettait de franchir les nombreuses barrières linguistiques18. Bien que des débuts rudimentaires de systèmes d'écriture furent trouvésn 6, les Premières Nations utilisaient surtout des pictogrammes symboliques.

La roue, si importante dans d'autres aires culturelles, ne joue, comme dans toute l’Amérique, qu'un rôle imperceptible. De même, la métallurgie, n'apparait que pour le cuivre, et d'ailleurs assez tôt, mais c'est une substance rare, de haute valeur et très demandée pour le troc.

Le wigwam, fait d'une armature de branches recourbées recouverte d'écorce ou de tissus représente un logement mobile adapté à la vie des chasseurs, que l'on peut facilement replier et rebâtir. La même chose est valable pour le tipi, tente faite de perches en cône recouvertes de cuir des chasseurs de bisons des prairies. Les maisons habitées plus longtemps pour l'hiver sont bâties sur la côte nord-ouest avec des planches de bois, dans les forêts de l’est surtout avec du bois et de la glaise, recouverts d'herbe.

Jusqu'aux premiers contacts avec les Européens (v. 1500)[modifier | modifier le code]

Les trois changements les plus marquants dans la période entre 1000 av.J.C. et 1500 ap.J.C. sont une stabilisation du climat environ à son niveau actuel, ainsi que l'introduction de deux nouvelles techniques. La première, la fabrication de récipients en céramique, atteint le territoire du Canada actuel à partir de l'Amérique du Sud par un long cheminement par la Floride. L'autre, arcs et flèches, vient d'Europe ou d'Asie, et a probablement été introduit par les Paléo-eskimos. Par le surgissement de ces nouvelles techniques adviennent de nouvelles possibilités d'interprétation des fouilles archéologiques de cette période.

L'est : périodes sylvicoles[modifier | modifier le code]

Les groupes ethniques qui sont derrière les artéfacts des phases récentes de culture sont probablement les ancêtres des Micmacs, des Malécites (au CanadaWolastoqiyik, peuples du Saint-Laurent) et Passamaquoddys (qui ne sont pas reconnus comme Premières Nations au Canada). Dans une perspective archéologique, les nombreux récipients en céramique donnent dès 500 av.J.C. une forte augmentation d'artéfacts et de trouvailles. C'est alors que se termine sur la côte est la phase archaïque, que l'on détache des périodes sylvicoles. On y distingue les poteries par leurs ornementations : un groupe, au nord, a un genre d'empreinte estampée, tandis qu'au sud (à peu près entre Trois-Rivières et Québec), la décoration est obtenue par le rapport de rubans. Dans le Nouveau-Brunswick, qui a été mieux étudié, il se montre que la sédentarité hivernale (dans les sites à amas coquilliers) s'est imposée, et beaucoup de villages étaient même déjà occupés toute l'année. L'importance des coquillages s'accroît, bien que certaines fouilles montrent qu'elle était déjà conséquente bien auparavant. La région a emprunté en partie aux cultures Adena, éloignées d'environ 1 700 km, des pratiques d'enterrement, mais elle a aussi participé à leur développement, comme on le trouve sur les fouilles de la rivière Miramichi, site considéré comme sacré jusqu'aux temps historiques par les Micmacs. Ceci ferait remonter leur tradition orale à 2500 ans.

La Période sylvicole ancienne ou débutante s'étend le long des Grands Lacs et du Saint-Laurent depuis environ 1000 av.J.C. jusque 500 ap.J.C. Cette désignation se rapporte à la diffusion des poteries, une technique inconnue auparavant. Les Iroquois y trouvent leur origine ainsi que quelques tribus Algonquins. Longtemps, on a trop insisté sur le passage de la société de chasseurs-cueilleurs à celle des cultivateurs de jardins. Cependant l'importance des citrouilles a toujours augmenté. Mais on montre que les citrouilles étaient déjà cultivées vers 4000 av.J.C. dans le Maine. Cependant il y a certains aspects de modifications fondamentales. Entre les lacs Ontario et Érié, ainsi qu'à New York, des groupes isolés ont pris le contrôle exclusif de carrières de silex. En les façonnant sur des formes de base, ils les vendaient au loin. Ces silex d'Onondaga ont été entre 1000 et 500 av.J.C. utilisés principalement pour cette nouvelle arme que constituait l'arc et la flèche. En outre, les Burial Mounds (tumulus funéraires) se sont répandus à partir de la vallée de l'Ohio, nombreuses collines de terre qui gardaient les morts. Finalement on a aussi développé une technique de nasses avec laquelle on pouvait pêcher aussi dans les cours d'eau rapides.

Le bouclier canadien[modifier | modifier le code]

Les cultures du bouclier canadien se divisent en un groupe ouest et un groupe est, qui remontent tous deux à la culture du boucliermoyenne. Les deux groupes se distinguent surtout par leurs outils, moins par leur mode de vie, même si la branche est n'a adopté la poterie que très tard. Ceci peut être rapporté au fait que ces territoires sans argile étaient plutôt des territoires de parcours pour les groupes de chasseurs. Les influences de la culture Adena se montre ici aussi, jusqu'au Labrador central. Ses tumulus typiques apparaissent aussi dans la culture du bouclier ouest, par exemple à la Rivière à la Pluie au sud de l'Ontario, et qui est mis sous la protection des monuments historiques dans le cadre de la Manitou Mounds Provincial Park Reserve. Les collines en galets de rivière restent jusqu'à présent mystérieuses ; elles servaient peut-être aux chamans comme lieux de retraite. Comme les peintures rupestres à l'origine de cette hypothèse ne sont pas datables, on ne peut guère répondre aux questions sur leur fonction exacte.

Les canoës en bouleau sont ici le principal moyen de transport pour marchandises et voyageurs. Les groupes les utilisent pour étendre leurs territoires de déplacement vers les anciens territoires des Plaines, vers l'ouest et le sud-ouest, qui ont été entre 1500 et 500 av.J.C. rendus notablement plus humides et envahis par la forêt. Ce qui a provoqué l'extinction locale des troupeaux de bisons. Le commerce au long cours de calcédoine de l'Orégon et d'obsidienne du Wyoming dépend également du transport fluvial. Les seuls restes humains connus proviennent de 39 individus de deux tumulus, Smith Mound 3 et 4 au nord du Minnesota. Il pourrait se faire que les tribus des cultures Algonquin du Manitoba du sud, du Minnesota et de l'Ontario proche dépendent génétiquement d'eux. Vraisemblablement, c'est grâce à la domestication du riz sauvage qu'un petit groupe de propriétaires terriens s'est élevé et s'est distingué également culturellement du reste de la population. Le sud de l'Ontario est aussi inclus dans des relations de commerce à longue distance avec la culture Hopewell. Dans l’environnement du lac Ontario, on trouve du cuivre de haute pureté, qui a été répandu comme matière pour la bijouterie dans tout l’est de l’Amérique du Nord.

Les Plaines et les Prairies[modifier | modifier le code]

La culture des Plaines tardive vit largement des buffles (bison d'Amérique du Nord), avec une importance croissante du pemmican. Des toponymes tels que Head-Smashed-In Buffalo Jump(Précipice à bisons Head-Smashed-In) ou Old Women’s Buffalo Jump indiquent une chasse du buffle par rabatteurs, cependant ces endroits sont rares. Les Prairies semblent avoir régressé en faveur des forêts jusqu'environ 650 av.J.C. À cette époque, au plus tard vers 500 av.J.C., l'arc supplante le javelot, avec néanmoins une longue coexistence. Outre la viande de bison, une fouille près du Pelican Lake montre que les élans, les castors, les brochets, les sandres, mais aussi des racines, sont très importants. Les tumulus ne sont présent que dans les deux Dakotas. AuMontana, on trouve des villages de tentes de dimensions considérables, et qui ont été utilisés sur un millénaire. Les tipis sont ceints de barrières de pierre. Le commerce au long cours avec l'obsidienne, le silex et d'autres matériaux est très étendu et atteint vers l'ouest le fleuve Fraser et le Pacifique. Apparemment, il y a là des lieux sacrés, où les chamans conjurent les puissances métaphysiques. Il y a des indications sur le fait qu'au moins une bonne partie des morts sont mis à sécher sur des supports avant leur enterrement. On rentre aussi les morts dans leurs tentes. Certaines fouilles montrent des individus assez grands, mais qui souffrent souvent d'arthrite ou d'autres maladies.

Le Plateau[modifier | modifier le code]

La culture du Plateau tardive est caractérisée par la petitesse de ses espaces – comparativement à l'immensité du paysage. En ce qui concerne la migration entre les villages d'hiver et les camps d'été, rien n'a changé. Les provisions sont disposées dans des trous dans la terre, les pierres chauffées servent à cuisiner, le saumon fournit la part du lion dans la nourriture. Des sculptures en forme d'animaux semblent se multiplier, et également le commerce avec les peuples de la côte, principalement sur le Fraser moyen et laThompson. Les villages deviennent notablement plus grands, et la population s'accroît, cependant beaucoup de ces grands villages ne sont habités que pour une courte période, tandis que d'autres le sont pour un millénaire (p.ex. Keatly Creek Site). La caractéristique est la maison semi-enterrée, encore que ceci soit remis en question chez les Kootenays. Ce type d'habitation rend possible un stockage plus important, et assure donc mieux la nourriture (à partir de 2000 av.J.C.). Chez eux, l'influence des cultures des Plaines ne se renforcera qu'avec l'introduction du cheval20. Les locuteurs du groupe des langues Eyak-athapascanes, comme les Chilcotins et les Dakelh n'ont peut-être émigré vers le sud que vers 500 av.J.C.

La phase du Plateau tardive est divisée à son tour en trois sous-phases, l’horizon Shuswap (2500 à 500 av.J.C.), l’horizon Plateau (500 av.J.C. à 800 ap.J.C.) et l’horizon Kamloops (800 à 1800). L'arc et les flèches apparaissent très tard. Les récipients à tête humaine sont probablement des chefs-d'œuvre de cérémonie. Et il s'est développé une société basée sur les liens de famille, au-delà des liens tribaux et sur une hiérarchisation. L'accès aux ressources dépend de la considération, qui devient de plus en plus héréditaire.

La côte nord-ouest[modifier | modifier le code]

La culture de la côte Pacifique se rapproche des particularités trouvées par les Européens à la fin du xixe siècle. Elle est stabilisée depuis entre 500 et 800. En allant du sud au nord, la société hiérarchisée héréditaire devient plus forte, et la hiérarchie plus rigoureuse. Une couche de familles dirigeantes contrôle le commerce, l'accès aux ressources et la puissance politique et spirituelle. Les simples membres des tribus ne doivent en rien représenter la masse des individus, pas plus que les esclaves, pour la plupart des prisonniers de guerre21.

En plusieurs endroits, il est très probable que les fouilles locales peuvent être rapportées à des tribus de la même région, comme les Tsimshians, qui ont occupé au plus tard en 2000 av.J.C. le site actuel de Prince Rupert. Les différenciations régionales se situent par exemple pour les groupes du détroit de Géorgie et de la vallée du Fraser : on y distingue le complexe de Locarno-Beach ou le complexe de Marpole, qui se basent sur la pêche du saumon (voir les Salish de la côte) des Yuquot, qui montrent une culture basée sur la pêche en haute mer, en particulier à la baleine. Au nord, les sites de fouilles représentatifs sont Namu, Prince Rupert et Haida Gwaii, et quelques sites sur le fleuve Fraser, encore plus orientés vers la pêche au saumon. C'est là que surgissent pour la première fois des tumulus funéraires. Et ce n'est qu'en 400 ap.J.C. qu'apparaît l'arc dans la région.

Ici aussi, les villages semblent plus nombreux et apparemment plus grands, sauf sur le détroit de Géorgie. Les Salish de la côte actuels se rattachent à la culture de Marpole, et sans doute bien plus haut. Cette culture est déjà caractérisée par la même différenciation sociale, par les maisons en bois abritant plusieurs familles, par la pêche et la conservation du saumon, par des riches sculptures de dimensions parfois monumentales, par des cérémonies complexes, et bien sûr aussi par les potlatchs. Sur la rivière Hoko, dans le Washington, on trouve les formes d'approvisionnement pour l'hiver décrites plus tard par les Européens. À Namu, on trouve déjà en 7000 av.J.C. un ensemble d'éléments culturels des Salish de la côte, et de leurs voisins du nord, comme les Nuu-chah-nulth. On constate que les différences culturelles entre groupes relativement rapprochés dans l'espace, comme la rivière Hoko et le nord-est Musqueam, résident surtout dans les arts éphémères comme le tressage des paniers, plutôt que dans celui des techniques bien plus anciennes comme celles des armes de pierre, qui réagissent tendanciellement uniformément et lentement aux besoins toujours pareils, et qui forment d'ailleurs la masse principale des résultats de fouilles.

Entre 500 et 1000 ap.J.C. les mœurs de funérailles changent à nouveau. Les défunts reçoivent alors toujours plus souvent leur sépulture dans des arbres, sur des poteaux, dans des mausolées ou des grottes. Vers 500 à 700, de plus en plus de villages sont fortifiés – en particulier dans le sud – avec des fossés creusés et inondés, plus au nord avec des palissades. La phase guerrière s'étend jusqu'à l'époque des premiers contacts avec les Européens, qui n'ont fait que l'exacerber.

Le nord-ouest[modifier | modifier le code]

La recherche sur la préhistoire de l'intérieur des terres au nord-ouest a été particulièrement faible. C'est un territoire où les langues athapascanes dominent. On a quelques sites de fouilles dans le bassin du Mackenzie, datant à partir d'environ 700 av.J.C. Le Taye Lake Complex date d'entre 4000 et 1000 av.J.C. tandis que le Taltheilei Complex remonte probablement à l'immigration en provenance de la Colombie Britannique et du Yukon, une migration qui va jusqu'à la baie d'Hudson, et peut-être repousse là les précurseurs des Inuits.

On relie les fouilles réalisées dans le bassin du Mackenzie avec les Athapascans entre 1000 av.J.C. et 700 ap.J.C. Le complexe de Taye Lake dans le Yukon du sud date d'entre 4000 et 1000 av.J.C. On suppose que la phase désignée par Old Chief Creek au Yukon du nord est en relation étroite avec cette culture, et elle donnera naissance aux Gwich’ins, tandis que la phase Taye Lake au sud donnera lesTutchone. Les caractéristiques sont les pointes de projectiles lancéolées, les couteaux à double tranchant, ainsi que l’absence des lames très petites nommées microblades. Au vu de l'extrême pauvreté des fouilles, il n'est pas clair de savoir si les deux principaux groupes archéologiques ne sont pas purement une construction intellectuelle.

Influence européenne (xvie au xixe siècle)[modifier | modifier le code]

La période coloniale commence à la fin du xve siècle sur la côte ouest avec un commerce qui augmente, et qui s'envenime vite en conflits violents, surtout quand les colons revendiquent des terres, ou quand les conflits entre tribus sur ces revendications s'étendent à des conflits entre États européens. Les suites en sont de véritables guerres de coalitions, reflétant souvent des guerres européennes. Là-dessus, les indigènes tentent de monopoliser les contacts commerciaux, en formant autour des forts de nouvelles tribus, dont beaucoup portent encore le nom du fort. Pendant toute cette période surgissent toujours de nouvelles épidémies (variole, rougeole, grippe, tuberculosen 7, etc.), contre lesquelles les indigènes n'ont pratiquement aucune défense immunitaire. Dès que les Indiens deviennent dépendants, les conquérants essaient de les refouler vers des territoires impropres aux colons, ou – comme surtout au Canada – de les regrouper dans des réserves et de les adapter à un mode de vie convenable selon leurs propres conceptions.

Principalement, il y a eu sept puissances européennes qui sont intervenues de cette manière : l'Espagne (de 1789 à 1810, sur la côte ouest), la France (environ de 1604 à 1763), le Royaume-Uni (de 1607 à 1867/1931), et la Russie (de 1741 à 1867, essentiellement en Alaska), et accessoirement les Pays-Bas (1624-1664 à New York, ex Nieuw Amsterdam), la Suède (1638-55 sur le Delaware) et le Danemark (Groenland, depuis 1721). Finalement, le conflit entre Français et Britanniques se résout à la fin de la Guerre de 7 ans, tandis que les conflits possibles sur la côte ouest sont aplanis par la vente de Fort Ross en 1841 et l'achat de l'Alaska en 1867, comme pour la crise de la Baie Nootkaentre le Royaume-Uni et l'Espagne (1789-1794).

Les États-Unis jouent un rôle spécial, en achetant en 1803 la Louisiane et en se livrant de 1812 à 1814 à une guerre contre les Britanniques et les Français ainsi que leurs alliés indiens au Canada (guerre anglo-américaine de 1812). C'est alors que s'établissent les premières délimitations frontalières, qui, au-delà des Grands Lacs, coupent le continent le continent au niveau du 49e degré de latitude (traité de l'Oregon). Les États-Unis avaient déjà joué un rôle dans le conflit anglo-espagnol le long de la côte Pacifique. Au nord, l'achat de l'Alaska russe par les États-Unis en 1867 a séparé des zones avec des politiques indiennes bien différentes.

Alors que la politique coloniale française est dominée par les intérêts commerciaux, et que la colonisation sert plutôt à établir des plaques tournantes commerciales, pour les Britanniques, elle est caractérisée depuis le début par l'intérêt de la colonisation proprement dite, et les rivalités entre groupes de pression protestants.

Au contraire des États-Unis, l'occupation des sols par les colons joue un rôle minime au Canada, à l'exception des quelques espaces d'agglomérations. Ainsi, la Couronne prend le contrôle administratif des peuples indigènes via le monopole de la Compagnie de la Baie d'Hudson, dont les intérêts commerciaux se rapprochent plus d'un accord pacifique avec et entre les tribus indiennes. Ce n'est que l’afflux de nombreux chercheurs d'or (avant tout des États-Unis) qui incite le Royaume-Uni à favoriser sa propre émigration, pour garder l'équilibre. Les mariages au sein des communautés indigènes créent alors chez les tribus matrilocales, c'est-à-dire celles où le couple vit dans le village de la femme, de nouvelles couches dirigeantes, qui ont un meilleur accès au monde des « blancs ».

L'influence européenne[modifier | modifier le code]

Vers 1000 ap.J.C., il y a une colonisation de Terre-Neuve par des colons islandais du Groenland, mais elle est de courte durée. Plus loin au nord, sur l'île de Baffin, il y avait déjà eu apparemment plusieurs siècles auparavant des contacts qui n'étaient pas uniquement commerciaux. Des objets d'usage quotidien indiquent des séjours assez longs22 Les islandais nommaient les habitants Skraelinger, mais il n'est pas clair de savoir s'il s'agit de Béothuks ou d'Inuits de la culture de Dorset. Dans les sources, les territoires découverts s'appellentHelluland, Markland et Vinland, qui pourraient être des territoires le long de rivière Clyde, au Labrador sud et sur Terre-Neuve. Apparemment, les vikings et les groupes régionaux échangent déjà à cette époque des fourrures contre des objets métalliques et des étoffesn 8.

Contacts sans colonisation à l'est (1497–1604)[modifier | modifier le code]

Les Micmacs et les Béothuks sont probablement les premiers à entrer en contact avec les Européens23, la seconde tribu étant considérée comme éteinte depuis 1829. Selon toute probabilité, les pêcheurs du Pays basque et d'Angleterre parcourent les fonds de pêche autour de Terre-Neuve depuis le xve siècle, et les Basques découpent encore des baleines à Red Bay en Terre-Neuve-et-Labrador, sur la côte du Labrador entre 1530 et 160024. Le premier Européen dont l'atterrissage en Amérique du Nord est noté dans les sources est Giovanni Caboto (Jean Cabot). Il accoste en 1497 à un endroit pas parfaitement défini sur la côte est et emporte trois Micmacs avec lui vers l'Angleterre. Au plus tard en 1501, quand le Portugais Gaspar Corte-Real fait prisonniers 59 Béothuks, qui se noient au naufrage de son bateau25, les Béothuks et les Micmacs ont de nombreux contacts avec les pêcheurs espagnols, français, britanniques et irlandais, qui rendent visite à la côte chaque été. En 1578, on compte chaque été presque 400 bateaux de pêche sur la côte est canadienne.

À partir de 1519, la traite des fourrures commence : les tribus côtières échangent des fourrures contre des produits européens, avant tout des objets métalliques comme des couteaux, des haches, des marmites. Le rapport de Jacques Cartier est caractéristique de cet intérêt pour le troc : il jette l'ancre en 1541 dans la Baie des Chaleurs. Son bateau est entouré d'un grand nombre de canoës de Micmacs, dont les équipages lui font signe avec des fourrures de castor. Cette tribu est contaminée en 1564, 1570 et 1586 par des maladies que ses membres ne connaissent pas. Les tribus de la côte est commencent à changer : pour garder des contacts commerciaux, ils doivent se faire la guerre. Cartier a aussi échangé des fourrures dans le Saint-Laurent supérieur avec des Iroquois (1534/35) et le commerce reste florissant longtemps, malgré le manque d'infrastructures comme des comptoirs. Le réseau des rivières et des chemins sur lesquels les Indiens font leur commerce existe depuis déjà longtemps. Il négocient le cuivre, l'ivoire de morse, diverses sortes de pierre pour les outils, les armes et les bijoux, avec la graisse des poissons-chandelles, les couvertures en poil de chien, etc.

À l'est : premières colonies, guerres, épidémies, fourrures (1604–1763)[modifier | modifier le code]

Vingt-cinq ans avant la première colonie durable, en 1578, le Breton Troilus de Mesgouez, Marquis de la Roche (1540-1606) reçoit une mission correspondant à ce but. Malheureusement son bateau coule en 1584 dans la tempête. De 1598 à 1603, des forçats montent une colonie de courte durée sur l'île de Sable, où ils trouvent les restes d'une colonie précédente26. En 1604 une flotte fait une expédition, à laquelle prend part Samuel de Champlainpour établir une colonie sur l'île Sainte-Croix à l’embouchure du fleuve Sainte-Croix, qui fait la frontière entre le Maine et le Nouveau-Brunswick. Cependant, un an plus tard, elle est déplacée vers le fort de Port Royal, face à la ville actuelle d'Annapolis Royal. Bientôt suivent d'autres installations fortifiées, comme le Fort La Tour sur le fleuve Saint-Jean, où les Malécites viennent troquer des marchandises européennes. Mais le transfert de la colonie vers Port Royal dans le territoire des Micmacs a des suites. Dès 1607 une guerre éclate entre les Pentagouets, sous la direction de leur chef Bashabes, qui ont acquis une grande puissance avec des armes françaises, et les Micmacs Tarrantiner. Cette guerre des Tarrantiner, qui exprime la rivalité dans le commerce des fourrures, dure huit ans. Les Micmacs vainqueurs se retirent vers le Massachusetts, mais y sont atteints par une terrible épidémie, qui tue entre 1616 et 1619 environ 4000 sur les 10 000 Micmacs. D'autres tribus sont encore plus touchées. Comme l'a montré la Guerre des Pequots de 1637, les colonies du sud sont un sérieux danger pour la simple survie, car pour la première fois, une tribu entière est éliminée à desseinn 9.

En 1608, Champlain fonde la ville de Québec. En 1613, les marchands de Port Royal doivent se retirer plus au nord vers Tadoussac, parce que les Anglais ont incendié leur colonie. La même année, il y a une sanglante querelle avec les Béothuks qui ont été battus par les Micmacs alliés des Français et armés par eux avec des fusils.

Bientôt, on envoie des coureurs des bois, qui vivent parmi les Indiens, tandis que les commerçants convertissent leurs forts en centres de troc. Les quelques fleuves navigables, comme la rivière des Outaouais jouent un grand rôle. Sur eux, des tribus comme les Kichesipirinisprétendent dès 1630 avoir un monopole de passage28. D'ailleurs, dès 1660, de grandes quantités de fourrures proviennent des territoires du Lac Supérieur et des Lakotas. En 1669, une station de Baie-James livre les premières fourrures à Londres, sous l'influence de lacompagnie de la Baie d'Hudson. La rivalité entre Français et Anglais ne fait qu'augmenter. En 1686, des Français essaient de brûler cette station. Quelques années plus tard, les Français poussent jusqu'au golfe du Mexique et fondent la Louisiane. Certes, ils échouent dans leur tentative d'aller à la côte ouest, mais ils prennent des contacts avec les Indiens jusqu'au Mississippi supérieur, et même pour une courte période jusqu'à Santa Fé, en territoire espagnol. Les compagnies de commerce dominent les événements. Cependant la guerre de Sept Ans (1754–1763) amène la fin de l'époque française. Les Français demeurés au Canada demandent avec succès de conserver leur confession, ce pourquoi de nombreux Indiens convertis par des missionnaires catholiques restent aussi catholiques. À part cela, une concurrence sans limite s'installe sur le plan des missions, ce qui fait que le monde de nombreuses Premières Nations est resté jusqu'à présent un patchwork confessionnel. Les unions entre hommes français et femmes indiennes sont tellement nombreuses que leurs descendants forment leur propre nation : lesMétis.

Effets à longue portée[modifier | modifier le code]

Pendant ce temps, des chevaux modifiés et rendus à la vie sauvage, les mustangs, issus de souches européennes, principalement espagnoles, modifient radicalement la vie dans la Prairie. La possibilité de chasser le buffle monté, et donc relativement confortablement, fait que de nombreux Indiens viennent s'installer dans la Prairie, et d'autre part le cheval permet la traversée et la colonisation de territoires précédemment hostiles à l'homme. Pour cela, on utilise des traîneaux de transport spéciaux, les travois, que l'on peut atteler aux chevaux. Les migrations sur de grands espaces deviennent possibles, et aussi les guerres.

De puissantes tribus de l’est commencent de puissantes migrations qui repoussent des tribus comme les Dakotas vers l'ouest. Le commerce des fourrures avec les Français conduit à une confédération avec les Anishinaabe, qui dure de 1679 à 1736. Après, les Dakotas sont repoussés par leurs anciens alliés du nord, et une partie trouve en 1780 une nouvelle patrie dans le sud du Minnesota actuel. Une partie se divise en Lakotas et en Nakotas. Ce sont surtout les Lakotas qui deviennent une tribu puissante, grâce à des fusils français et à des chevaux du sud, et qui conquièrent en 1765 les Black Hills.

Le commerce des fourrures crée autour des Grands Lacs des rivalités, et apporte les armes qui permettent de les soutenir. Cependant les Iroquois, qui ont formé vers 1570 une ligue de tribus, étaient déjà depuis longtemps les ennemis des Wyandot et des Algonquins, alliés aux Français. Les missionnaires y entretiennent entre 1639 et 1649 la mission de Ste Marie au pays des Hurons. Entre 1640 et 1701, les cinq puis six tribus de la ligue des Iroquois écrasent les Wyandot, les Tionontati et les Ériés avec des arquebuses qu'ils ont obtenues auprès de commerçants de fourrure néerlandais. Ce n'est que quand les Néerlandais, qui occupaient depuis 1623 une station de commerce de fourrures du nom de Fort Orange se retirent – sans doute à cause de l'effondrement des populations de castors au sud des Grands Lacs – que les rivalités s'atténuent. Cependant, les Iroquois continuent leurs expéditions vers l’ouest et les colonies françaises sont en grand danger. Tous les Français de 16 à 65 ans doivent accomplir un service militaire, Montréalest pour un temps complètement isolé. En 1682, St Louis est fondé. Ce n'est qu'en 1701 que les Anglais, les Français et 39 chefs de tribus signent un traité de paix.

En Ohio aussi, les Fox (Meshkwahkihaki) font des escarmouches contre les Français qui veulent contrôler leurs routes commerciales vers le Mississippi. En 1701, ils fondent leFort Pontchartrain du Détroit. Les Fox assiègent le fort en 1722, mais les tribus alliées aux Français comme les Wyandot et les Outaouais écrasent presque complètement les Fox et les Mascoutins leurs alliés.

Avec la guerre franco-indienne (1754–63), que mènent les Français et les Anglais, tous deux alliés avec d'innombrables tribus indiennes, la France perd la maîtrise de l'Amérique du Nord, d'abord en 1758 dans la vallée de l’Ohio, puis en 1761 dans le Québec. La courte domination sur la Louisiane de 1800 à 1803 n'y changera rien.

Domination coloniale anglaise (à partir de 1756-63)[modifier | modifier le code]

Quand la Grande-Bretagne a pris le pouvoir au Canadan 10, tout l’est de l'Amérique du Nord s'est trouvé pour quelques décennies territoire britannique. Cependant, dans la proclamation royale de 1763, il est interdit aux colons de s'établir au-delà des Appalaches. Cette interdiction est cependant progressivement ignorée, et conduit les colons et la puissance coloniale à un conflit d'intérêts. De plus, de 1763 à 1766, survient la plus grande révolte d'Indiens. Son leader est Pontiac (plus exactement Obwandiyag), descendant des Outaouais, dont il devient le chef en 1755, et des Anishinaabe (dont certaines parties de la tribu vivent encore actuellement au Canada). Sa défaite ouvre aux colons le pays de l’Ohio et de ses affluents jusqu'au Lac Supérieur. Avec l'indépendance des États-Unis, la proclamation de 1763 ne fait plus obstacle aux colons.

Dans le territoire resté colonial au nord, la situation se présente autrement. La proclamation royale a créé un territoire réservé aux Indiens, qui va des Grands Lacs à la Terre de Rupert, et soumis à l'autorité de la compagnie de la Baie d'Hudson. Entre ce territoire et la province de Québec, on trouve encore une zone tampon entre Terre-Neuve et le Lac Nipissing, qui sert de réserve d'Indiens. Cependant, déjà dans l'Acte de Québec de 1774, cette zone tampon est incluse dans le Québec, et il est attendu des Indiens qu'ils abandonnent dans une large mesure leurs droits territoriaux, pour laisser la place à l'établissement d'Européens. Ils sont cependant considérés comme parties contractantes et alliés, et le pays leur est racheté par contrat. Nul autre que la Couronne ne peut prétendre au rachat. L'idée de cette loi vient de la crainte que les troubles survenant dans ce qui deviendra les États-Unis puissent déborder sur le Québec et la population francophone qui en constitue encore alors la majorité.

Avec le renforcement du contrôle britannique, cette politique est lentement remplacée par celle d'une assimilation des Indiens. Après laguerre d'indépendance des États-Unis et la guerre anglo-américaine de 1812 les Indiens du Canada (que l'on appelle encore alorsQuébec) sont séparés de ceux des États-Unis. Les territoires les plus concernés sont ceux du Mississippi supérieur et de l'Ohio, qui ont été attribués au Québec par l'Acte de Québec en 1774. Les territoires des Micmacs, des Abénaquis et Anishinaabe, des Tsonnontouanset Outaouais, et plus tard (1846) des Pieds-Noirs etc. jusqu'à certains groupes de Salish de la côte sur la côte du Pacifique, ont été coupés en deux. Des tribus comme les Mohawks étaient dans la perspective de Londres des alliés importants dans la lutte contre les rebelles américains, après avoir dû fuir les États-Unis.

Les efforts de mise en valeur et de colonisation se tournent à nouveau vers l'ouest, avec des intérêts, des conditions, et divers moyens totalement différents. À la fin du xviiie siècle, la côte du Pacifique devient l'objectif visé par des expéditions de recherche et dans une course de vitesse entre l'Espagne, la Grande-Bretagne et la Russie – la société de commerce russe entretient son fort le plus méridional à ce qui deviendra Fort Ross en Californie (1812–1841). Là aussi, le commerce des fourrures avec ses possibilités de gains énormes crée une discontinuité dans le commerce des fourrures de loutres et de castors. Dans les années 1790/94, on se met d'accord avec l'Espagne pour ne pas créer de colonie commerciale. Cependant, les armes modernes et les richesses du commerce des fourrures changent aussi bien les structures internes des tribus que les rapports de forces régionaux. Quelques chefs comme Maquinna et Wickaninnish réussissent à se construire un empire commercial sur la côte ouest de l'île de Vancouver. Les tribus des Kwakwaka'wakw et des Haïdas plus loin au nord font de nombreux esclaves au cours de leurs raids de rapine. Les tribus des Salish de la côte subissent dès 1775 de nombreuses épidémies, principalement de variole.

Quand les animaux à fourrure sont quasiment exterminés, les bateaux des commerçants abandonnent la région et se dirigent vers le nord. Ce n'est que dans les années 1820 qu'ils reviennent, car la compagnie de la Baie d'Hudson érige quelques forts le long du Columbia, puis en Oregon et dans ce qui deviendra la Colombie Britannique, et finalement fonde en 1843 la ville de Victoria. Elle entretient aussi de nombreux forts dans l'intérieur des terres, depuis qu'elle a été forcée de fusionner avec la Compagnie du Nord-Ouest. Finalement, elle obtient aussi une licence pour le territoire du Nord-Ouest en 1859. C'est le plus grand territoire et le plus grand nombre de peuples qui ont jamais été soumis à une société commerciale monopolistique privée. Par le Traité de l'Oregon de 1846, qui coupe le continent le long du 49e degré de latitude et attribue les Indiens au domaine d'influence britannique ou aux États-Unis, de nombreux territoires tribaux sont coupés en deux, le commerce et les migrations sont de plus en plus difficiles.

La compagnie de la Baie d'Hudson, après avoir dû quitter l'Oregon et le Washington, s'efforce sous l'autorité du gouverneur James Douglas de maintenir l’autorité britannique dans le nord malgré l'immigration massive des chercheurs d'or. Des milliers d'aventuriers en partie totalement sans scrupules se dirigent en direction des région aurifères du Klondike et de Cariboo. Les Premières Nations le long de la route du nord souffrent avant tout des maladies importées, comme la variole, mais aussi du comportement injuste des voyageurs venant en majorité de Californie. Par contre, Douglas conclut 14 traités avec des tribus de l'île de Vancouver, qui restent valides à l'heure actuelle. L'île est faite colonie de la Couronne en 1858, puis rattachée à la Colombie Britannique en 1866.

Mais dès 1857, la province du Canada abandonne la ligne suivie depuis 1763, de reconnaître les nations indiennes comme partenaires aux traités à droits égaux. Ceci est formalisé avec la loi de la Civilisation graduelle, par laquelle pour la première fois le gouvernement provincial définit qui est « Indien », et qui indique le but, qui est d'assimiler autant que possible les Indiens.

Malentendus culturels fondamentaux[modifier | modifier le code]

La rencontre inattendue, l'étrangeté inexplicable, la supériorité technologique, et plus tard l'étonnamment grand réservoir d'hommes conduisent souvent à tenir les blancs pour des êtres surnaturels. Il en arrive presque, comme il semble que ce soit arrivé aux Nuu-chah-nulth rencontrant James Cook, de leur offrir en sacrifice, à eux, ces êtres surnaturels cannibales, des morceaux de cadavre, en accomplissant le geste de les manger. De même, ils demandent pour se protéger des forces surnaturelles régnant dans les « maisons flottantes », de pouvoir apporter avec eux les symboles ancestraux en bois.

On ne peut pas interpréter la réaction plutôt pacifique comme un accord avec les programmes de civilisation imposés. Elle est plutôt sélective, et prend aussi la forme d'une résistance culturelle. Les mouvements de revitalisation s'adaptent à ce cadre. On y fait voir un refus de l'aliénation par les colons, ressentie comme une menace, mais en intégrant des parties de leur système de valeurs.

Beaucoup voient dans les épidémies (surtout la variole, mais aussi la rougeole et la grippe) un puissant sortilège des étrangers, ce qui ébranle leur propre religion. Le cérémoniel indigène se renforce dans ses aspects de guérison. Le christianisme est considéré comme une forme de guérison religieuse, et enrichi par des cérémonies. Pour les colons, les morts massives d'Indiens est une sorte de destin qui leur est voué, si ce n'est un geste du doigt de Dieu.

Même les négociations de contrats ou de traités, avec leur suite presque protocolaire de discours, l'échange de wampums, de cadeaux et finalement le scellement des traités, sont interprétés par les partenaires totalement différemment. Tandis que pour les Européens, le cérémoniel sert uniquement à obtenir le traité, pour les indigènes, le cérémoniel est le centre de l'action politique. Il s'ensuit que le texte écrit et signé n'a pour eux que peu d'importance, sans compter le fait que les possessions des tribus sont souvent inaliénables, et qu’ils n'ont même pas le concept de ce que pourrait être la propriété du sol. Ceci sera interprété comme une trahison au traité signé. Dans toutes les questions ayant trait à la propriété, des conflits semblables vont trouver leur origine dans des malentendus.

Canada (depuis 1867/71)[modifier | modifier le code]

Depuis les Actes de l'Amérique du Nord britannique et la fondation de la confédération canadienne (1867) les traités ne sont plus négociés avec le Royaume-Uni, mais avec le gouvernement confédéral canadien. Par comparaison avec les conflits avec les Indiens aux États-Unis, il n'y eut au Canada que peu de sang versé. Cependant, la raréfaction des troupeaux de buffles (principalement entre 1875 et 1879), qui formaient la base de leur nourriture, a souvent forcé les Indiens à aliéner leurs terres contre de maigres contreparties. Ces terres devaient être distribuées aux colons, que l'on recherchait surtout au Royaume-Uni.

Traités, loi sur les Indiens, réserves, résistance (v. 1871-1930)[modifier | modifier le code]

Entre 1871 et 1875, les cinq premiers des onze traités nommés Numbered Treaties (traités numérotés) sont négociés avec les Indiens des Prairies concernés, où ils abandonnent leurs droits sur le sol. En contrepartie, ils reçoivent des réserves comme espace vital, dédommagement, et surtout droits de chasse et de pêche dans ces territoires mis à part. En outre, il devait y avoir des aides pour la conversion à l'agriculturen 11.

Dans la loi sur les Indiens de 1876, souvent modifiée depuis, il est défini qui doit être considéré comme « Indien », et indique que les Indiens sont placés sous la protection de l'État. En outre les tribus sont soumises aux décisions des agents indiens, qui leur assigneront dans les années suivantes des réserves. Et la générosité de l'attribution dépend d'un grand nombre de hasards. C'est ainsi qu'une famille peut se voir allouer une surface allant d'à peine 20 ha à plusieurs centaines d'hectares.

L'agent indien et vice-gouverneur de la Saskatchewan, du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest, Edgar Dewdney (1879/81-1888) doit forcer les Sioux qui ont fui les États-Unis vers le Canada sous la direction de Sitting Bull à quitter le Canada. Autour de Fort Walsh en Saskatchewan campent de nombreux Cris et Assiniboines. La situation est encore plus mauvaise pour les Pieds-Noirs. En 1881, le chefBig Bear encourage les Indiens des traités no 4 et no 6 à se rassembler dans la Montagne de Cyprès. Mais Dewdney refuse d'améliorer les traités et la faim force les Indiens à se retirer.

Finalement, on commence sous sa juridiction et avec l'aide des Églises à installer des écoles pour les enfants indiens hors des réserves. C'est ainsi que commence une politique d'intégration forcée dans la culture canadienne. Bientôt, on installe des internats (Residential schools) dans lesquels les enfants indiens sont élevés par force, où ils ne peuvent plus pratiquer leur langue sous peine de punition, afin de les éloigner de leur culture tribale et de leur famille. De la part du personnel enseignant, se considérant généralement comme culturellement et socialement plus valorisé, à cause de leur racisme, il en a découlé de nombreux sévices sexuels, corporels ou psychiques sur les élèves, et par leur endoctrinement des seules valeurs européennes considérées comme civilisées.

Dewdney poursuit le but de ne distribuer des vivres que contre du travail. Mais dans le dur hiver 1884/85, on a craint des explosions de violence, et effectivement les Métis se rebellent en mars 1885. Le vice-gouverneur fait distribuer du tabac et des vivres, pour éviter que les Indiens ne se liguent avec la rébellion du Nord-Ouest. Cependant, Wandering Spirit (1845–1885) conduit le 2 avril une expédition Cri au Frog Lake, où neuf hommes sont tués, parmi lesquels l’Agent Indien. Après la révolte, dont le dernier combat est la bataille de Loon Lake le 3 juin 1885, les tendances vers une plus grande autonomie sont réprimées, les écoles bâties de plus belle, les contrôles renforcés et les révoltés méchamment punis. Wandering Spirit et sept Indiens sont exécutés. En outre, les fermes individuelles doivent briser définitivement le « système indien ». Quand Dewdney devient ministre de l'Intérieur en 1888, il garde jusqu'en 1892 le rôle de surintendant général des affaires indiennes.

Les Indiens essaient de plus en plus de se défendre comme des puissances opprimées, non plus par résistance passive ou petites escarmouches, comme dans le soulèvement chilcotin de 1863/64, ou dans les combats plus importants sous le chef Big Bear. Par exemple, le chef Squamish Joseph Capilano fait en 1906 le voyage de Londres pour présenter une pétition au roi Édouard VII.

Cependant, des amendements à la loi sur les Indiens (1905 et 1920) facilitent l'expropriation des réserves. Environ la moitié des réserves des Pieds-Noirs sont vendues en 1916/17. La résistance des Kainai, qui appartiennent aux Pieds-Noirs, est brisée par la faim. En Colombie Britannique, les réserves sont diminuées entre 1915 et 1920 (v. Commission McKenna-McBride), et le gouvernement provincial accorde toujours plus d'expropriations de réserves pour la construction de routes, d'installations industrielles, de lignes électriques, de lacs de barrage, etc. Et pourtant il refuse de nombreux sous-traitants qui sont venus à Victoria. À cette époque, deux nouveaux traités numérotés ont été négociés, parce que l'or et d'autres gisements minéraux ont été découverts dans l'ouest du Canada. Les traités Williamde 1923 se rapportent à un territoire dans l'Ontario. Finalement, tous ceux qui veulent quitter leur réserve pour longtemps, doivent porter un passeport. En 1930, le Natural Resources Transfer Agreement (accord sur le transfert des ressources naturelles) autorise l'accès des provinces au domaine de la Couronne. Mais tous les droits de chasse, de piégeage et de pêche doivent alors revenir aux Indiens pour leur subsistance. Ceci doit valoir toute l'année et sur les territoires de la Couronne inoccupés, exactement comme en tous endroits où les Indiens ont eu le droit d'accès30.

La politique d'assimilation ne devra finir, comme l'a exprimé le poète et chef du ministère des Indiens (1913-1931) Duncan Campbell Scott, « que quand les Indiens accèderont à la civilisation, et finalement disparaitront en tant que peuple séparé et différent, non par effacement de la race, mais par assimilation graduelle avec leurs concitoyens »31. Elle a été poursuivie jusqu'à la fin des années 1960. Dans la version de 1927 de la loi sur les Indiens, il est interdit aux Indiens de former une organisation politique pour représenter leurs intérêts. Les Residential Schools restent jusqu'environ 1970, la dernière étant fermée en 1996.

Assimilation[modifier | modifier le code]

Dans le territoire anciennement français, le français domine jusqu'à maintenant, ainsi que des langues mélangées de français comme chez les Innus ou Montagnais-Naskapis duLabrador. Les Indiens le parlent (souvent avec l’anglais) et sont de plus pour la plupart catholiques. Plus loin à l'ouest, de nombreuses circonstances déterminent quelles confessions les missionnaires ont pu répandre. En outre, il s'est développé un certain nombre de formes d'éclectisme, qui ont servi notamment de moyens de résistance. Il y a des formes spéciales jusqu'à maintenant, mais elles n’ont fait que recouvrir un substrat spécifiquement régional, et ne surgissent que comme une réactivation de la spiritualité traditionnelle.

Les phases de mission, et de déplacement vers les réserves (jusque vers 1840 resp. 1880) – contrairement aux États-Unis, il n'y a jamais eu de demande d'anéantissement physique des indigènes – a été suivie par une période de plusieurs générations pendant laquelle l'ensemble de la culture devait être effacée : par une marginalisation économique, par l’interdiction forcée d'éléments centraux de la culture et par l'incorporation forcée des enfants dans des écoles spécialement établies : les Residential Schools, avec internats32.

Les derniers essais se terminent dans les années 1980. On ne peut pas encore savoir si les négociations sur les traités entre le Canada et ses provinces d'une part et les tribus de l’autre deviendront une nouvelle étape vers la dissolution de l'identité propre de ces dernières, ou si au contraire elles la renforcerontn 12.

L'assimilation des Premières Nations est largement entamée. La plupart des membres ne maîtrisent plus leur langue d'origine, et beaucoup de langues ne sont plus parlées que par un petit nombre de locuteurs. Beaucoup d'Indiens sont urbanisés, et ont plus ou moins perdu tout contact avec leur culture traditionnellen 13. Il y a néanmoins de grands efforts pour une réparation économique, couplée à des essais de résurrection culturelle – avant tout dans les réserves, où l'on peut encore mettre la main sur une énorme quantité de savoirs culturels. On cultive à nouveau les langues et les rituels, certaines tribus essaient de remettre en route leur propre système social, et soulignent l'exigence d'une autonomie propre, ainsi que le recours traditionnel aux ressources de l’environnement naturel. En outre, il y a des essais de nouer des contacts avec tous les peuples indigènes qui se sont retrouvés dans un état similaire par la colonisation. Les Nations Unies ont adopté le 13 septembre 2007 une résolution contre des gouvernements du Canada, des États-Unis, d'Australie et de Nouvelle-Zélande, qui rejette toute discrimination à l'encontre des peuples indigènes, qui demande pour eux le droit à la parole dans les questions qui les concernent, mais également le droit à « rester autres » (to remain distinct)33. Les 19 et 20 février 2008, l'Assemblée des Premières Nations et le British Columbia First Nations Leadership Council ont organisé au Centre « Chef Joe Mathias » dans la Première Nation Squamish, à Vancouver-Nord un symposium intitulé Implementing The United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples (Appliquer la déclarations des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes).

Lutte pour l'égalité des droits (depuis la première Guerre mondiale)[modifier | modifier le code]

Déjà pendant la première Guerre mondiale, des essais sont faits pour organiser de manière cohérente la résistance contre les empiètements sur les réserves, sans que cela ne devienne, comme aux États-Unis, des essais d'organisation pan-indiennes (Brotherhood of North American Indians, Fraternité des Indiens nord-américains). C'est ainsi que naît en 1916 l’Allied Tribes of British Columbia (en) (Tribus alliées de Colombie-Britannique, ATBC), une organisation d'alliance de 16 groupes de tribus de l’Indian Rights Association(Association pour les droits des Indiens), avec le groupe des Interior Tribes of British Columbia (Tribus de l’intérieur de la Colombie-Britannique), pour se défendre contre les conclusions de la commission McKenna-McBride. Cependant, avec l'interdiction en 1927 de réunir des moyens pour financer des procès, l'organisation se dissout. En 1919, le chef Mohawk, et vétéran de la guerre Fred Loft (1861-1934) fonde en Ontario la Société des Indiens du Canada, analogue à la Société des Nations. Elle arrive parfois à intégrer des Indiens de l'ouest, bien que le ministère compétent essaie de retirer à Loft son statut d'Indien34.

En décembre 1926, en réaction aux difficultés croissantes du passage entre Canada et États-Unis, naît la Six Nations Defense League (Ligue de Défense des Six Nations), qui deviendra Indian Defence League of America (Ligue de défense des Indiens). L'organisation initiée par le chef Tuscarora Clinton Rickard défend jusqu'à maintenant les tribus dont le territoire traditionnel a été coupé par la frontière35.

Même après 1945, les essais comme la North American Indian Brotherhood, créée en 1946, en raison d'un manque de soutien et d'une répression (surtout en Saskatchewan)n 14, auxquels s'adjoignent des problèmes d'organisation, et la fraternité s'effrite en 1950 en fractions régionales. Par contre, les premiers conseils tribaux — conseil tribal des DakotasOjibwés (1974) et des Nisga'a — voient le jour, et c'est une forme d'organisation que tout le pays va adoptern 15.

Bien que les recherches aient montré l'effet destructeur de la politique d'assimilation, des anthropologues distingués comme Diamond Jenness demandent des efforts renforcés pour amener des individus considérés comme mineurs au style de vie euro-canadien. À la fin des années 1940, la Saskatchewan fait un début. L'adaptation au travail salarié et l'exil vers les métropoles paraissent des buts de progrès, même contre la résistance des peuples premiers. Il s'y ajoute la concession de droits, notamment du droit de vote provincial pour les Indiens qui ne vivent pas en réserve (Colombie Britannique 1947, Manitoba 1952, Ontario 1954), droit généralisé à tout le pays en 1950. En 1951, l'interdiction du potlatch et de la danse du Soleil est levéen 16 En 1960, tous les Indiens peuvent participer aux élections à la chambre basse, droit que possédaient les Indiens des États-Unis depuis déjà 40 ans. En 1969, le ministre des Affaires Indiennes Jean Chrétien exige la suppression de la loi des Indiens, et la récupération de toutes les réserves. La décolonisation mondiale retire au gouvernement le terrain argumentaire pour le maintien du modèle colonial, mais les Indiens se défendent contre la suppression sans compensation de leurs droits.

En 1961 naît le National Indian Council (Conseil national indien), qui représente trois des quatre principaux groupes d'Indiens : les Indiens (par statut ou par traité), les Indiens hors statut (on en compte 126 000 en 2007 tandis qu'ils n'étaient que 104 000 six ans auparavant) et les Métis (300 000 contre 291 000)36. La première priorité est donnée à l'unité des peuples indiqués. Mais en 1968, leurs intérêts divergents font exploser l'organisation, et les représentants des Indiens statutaires ou par traité forment la National Indian Brotherhood (Fraternité indienne nationale), tandis que les deux autres groupes se liguent en un Native Council of Canada (Conseil des aborigènes du Canada). Il en sort le Congress of Aboriginal Peoples, (CAP) (Congrès des peuples aborigènes), qui se voit le porte-parole des Indiens hors-statut, mais aussi des Indiens hors-réserve, et des divers Indiens disséminés, ainsi que des Métis. À cette époque les exigences d'assimilation totale continuent à s'exprimer.

En 1962, pour la première fois, un groupe d'anthropologues critiquent le concept d'assimilation (Dunning). L'étude entreprise pour le compte du gouvernement par Harry Hawthorne en 1966/67 demande son retrait, que Hawthorne avait déjà demandé en 1958. Cependant, il demande une intégration, sous la forme de tous les droits et devoirs d'un canadien non-indigène, avec en plus certains droits réservés aux indigènes (nommés Citoyens plus). Une double stratégie doit soutenir les Indiens des réserves, et intégrer les urbains. Les chefs de l'Alberta soutiennent cette position à partir de 1970. Après l’échec de Trudeau en politique indigène, un changement de direction a lieu. Plus de droits sont accordés aux tribus, et en premier, les écoles leur sont confiées (à partir de 1971).

En 1973, les Indiens, ou plus exactement Frank Arthur Calder, de la tribu des Nisga'a37, réussissent à gagner devant la Cour Suprême de Justice du Canada une revendication qui avait été modifiée en 2000 par un traité38. La Cour déclare que les termes de la proclamation royale de 1763 sont toujours valides. Il s'ensuit une campagne victorieuse contre la discrimination contre les mariages entre femmes indiennes et hommes non-indiens. Selon la loi sur les Indiens, les Indiennes et leur enfants perdaient leur statut d'Indien. Mais si des Indiens épousaient des non-indiennes, les maris ne perdaient pas leur statut. Ceci est changé en 1985, dans le sens que les Indiennes et leurs enfants peuvent, sur leur demande, conserver leur statut. Mais les enfants ne conservent ce statut que s'ils épousent des Indiens enregistrés. Ces conditions vont faire d'une part que ce groupe désigné comme « Indiens par la loi C-31 » va largement disparaître après la deuxième génération, et d'autre part qu'elles contreviennent aux droits fondamentaux, comme la Cour suprême le constate en juin 2007 (décision McIvor). La désignation « C-31 » remonte au fait qu'en 1985 la proposition de loi correspondante portait la désignation « loi C-31 ». Elle a abouti à environ 170 000 réinscriptions sur la liste des Indiens reconnus. En avril 2009, la Cour suprême de Colombie britannique, décide que toutes les discriminations découlant de la loi sur les Indiens doivent disparaître d'ici un an. Début juin, le ministre compétent a donné son accord pour ce changement39.

Au sein même des organisations indiennes, il s'est avéré, après la deuxième Guerre mondiale, que les conceptions des rôles entre les sexes ont commencé à évoluer. Agnes Fontaine, la mère de Phil Fontaine a été en 1952 la première femme élue comme band concillor (conseiller de nation)n 17. D'autres campagnes ont attiré l'organisation politique des problèmes de formation, de santé et d'économie à l'attention du public canadien. À cette action apportent aussi leur concours l'Université des Premières Nations du Canada, issue du Saskatchewan Indian Federated College fondé en 1976, et quelques instituts de formation privés.

Le mouvement pour les droits des Premières Nations a pris à la fin des années 1970 un sursaut, quand le gouvernement canadien a planifié une constitution indépendante du Royaume-Uni. Par crainte de ce que les droits des Premières Nations y soient ignorés, plus de 300 Indiens sont allés à Londres pour protester contre ce projet.

Mais à la fin des années 1970, il se fait jour au sein des organisations politiques des tendances marquées à la régionalisation. En 1982, il se forme une nouvelle représentation générale des peuples indiens du Canada, mieux adaptée aux besoins des nombreux groupes : l'Assemblée des Premières Nations. Elle ne représente plus tant les régions que les principales forces politiques des tribus et de leurs organisations. Schématiquement, elle constitue le bureau de coordination des chefs, qui à leur tour sont choisis par leurs tribus de façons très différentes. Dans la Constitution du Canada de 1982, les droits des Premières Nations sont bien reconnus, mais elles n’ont pris partie au processus constitutionnel qu'à partir de 1983. La section 35 de la constitution posait en 1982 que les droits des Premières Nations sont valables, qu'ils fassent l'objet d'un traité séparé ou non. Cependant, depuis lors, c'est l'incertitude dans les détails qui empêchent les investissements et le développement économique. Dans cette mesure, les négociations sur les traités sont de première importance pour la sécurité juridique.

Dr David Ahenakew a été élu en 1982 premier Chef de l'assemblée des premières nations. Cependant, le processus n'a pratiquement pas évolué. Il y a eu bien des conférences avec le Premier ministre, les provinces et les représentations des aborigènes (de 1983 à 1987, il y a eu quatre Conférences des premiers ministres sur les droits aborigènes). Malgré une amélioration des relations, les gouvernements du Canada et de ses provinces, en particulier de la Saskatchewan, de la Colombie Britannique et de Terre-Neuve, ont fini par refuser aux Premières Nations le droit d'avoir leur propre gouvernement. Cependant, les Canadiens francophones ont obtenu en 1987 des droits spéciaux, qui avaient pu être difficilement refusées à d'autres nations (Accord du lac Meech), mais l’Accord de Charlottetown a été repoussé par référendum le 28/10/92 – pas définitivement. Les revendications territoriales ont reçu la même protection constitutionnelle que les traités conclus, et l'Ontario, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick ont soutenu le gouvernement autonome. Pour une définition précise des revendications territoriales, il a été institué en 1991 à Ottawa une Commission des revendications indiennes40.

Au niveau international, une certaine forme de reconnaissance a été obtenue de la part de l'ALÉNA, mais une critique acérée a été faite par l'ONU sur la politique à l'égard des aborigènes. Contre l'avis des gouvernements du Canada, des États-Unis, d'Australie et de Nouvelle-Zélande, l'ONU a voté le 13 septembre 2007 une résolution qui réclame non seulement l'abolition de toute disposition défavorable, ou le droit à la parole dans les affaires qui les concernent, mais aussi le droit de « rester autres » (to remain distinct). L'ambassadeur du Canada a été avant tout gêné par les passages concernant le sol et les matières premières, et dans lesquels des droits de participation sont exigés41. C'est précisément en ce qui concerne l'exploitation des matières premières que les droits des indigènes ont été complètement ignorés, contrairement aux décisions de la Cour suprême, et avant tout au niveau des provinces, comme le montre l'incarcération du chef des Algonquins Ardoch dans la province de l'Ontario en février 2008. Entre temps, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont revu leur position, et le Canada a suivi en novembre 201042.

Soulèvements et gouvernement autonome, premiers traités de nation à nation (depuis environ 1990)[modifier | modifier le code]

Du 11 juillet au 26 septembre, il y a eu un soulèvement des Mohawks au Québec, près de la ville d'Oka. Cette crise d'Oka a été déclenchée par des querelles avec les habitants de la ville. Au bout d'un an, une commission publie un rapport, qui confirme l'existence d'un problème des Premières Nations. Ceci comporte principalement la pauvreté, la mauvaise santé, les problèmes d'alcool et de drogues, l'effondrement des structures familiales et un taux d'assassinats élevé. La commission recommande au gouvernement d'organiser une base équitable et durable pour la coexistence avec les Premières Nations, en y comprenant un soutien matériel pour l'amélioration de leurs moyens d'existence, et la création d'un parlement propre, destiné à représenter leurs intérêts. Apparemment, la crise d'Oka est la première dispute violente à jouer un rôle même dans les médias nationaux. Des disputes précédentes, comme sur le Fraser vers 1970 n'avaient rempli que les journaux locaux. En 1995, des troubles surviennent encore, cette fois en Ontario. Dans cette crise d'Ipperwash, Dudley George, un Ojibwé, perd la vie.

En 1990, le gouvernement canadien de Brian Mulroney a été mis dans l'embarras par les problèmes soulevés avec les territoires francophones, qui se sentaient ignorés dans le processus constitutionnel. C'est pourquoi Mulroney cherche le soutien des Premières Nations et promet l'installation d'un commission, qui sera connue sous le nom de commission Erasmus-Dussault. Elle propose en 1996 le gouvernement autonome des Indiens. Le gouvernement devrait négocier sur une base de nation à nation. En outre, elle propose de forcer une égalisation des niveaux de vie à la moyenne nationale, par une allocation pouvant aller jusqu'à 2 milliards de dollars canadiens.

En 1993 ont lieu en Colombie britannique les premières négociation de traité avec les Premières Nations, parmi lesquelles les Nisga'a au nord de la province sont les premiers à obtenir un traité définitif. Dans le territoire du Yukon, la plupart des tribus ont commencé des négociations avec les gouvernements de Whitehorse et d'Ottawa, et elles ont conduit à des traités complexes. On y trouve des règlements sur les terrains à coloniser, qui devraient revenir aux tribus, elles reçoivent aussi souvent des droits de chasse sur l'ensemble de leur territoires traditionnels, mais elles sont restreintes à des territoire plus petits pour leurs droits à utiliser le sol, et à des domaines encore plus petits pour l'accès aux gisements souterrains. En tous cas, l'exploitation ne doit être faite que par de la main d'œuvre indienne. Au sein du territoire strictement tribal, il y a une législation autonome, dans le territoire une représentation améliorée. À ceci viennent s'articuler les territoires protégés et les monuments historiques dans les règlements, ainsi que la promotion des cultures régionales.

Au début de 1998, le gouvernement canadien s'excuse formellement auprès des aborigènes pour la manière dont ils ont été traités dans le passén 18. Les Églises se sont aussi excusées pour les relations dans les residential schoolsn 19. Cette évolution a été très récemment suivie aussi aux États-Unisn 20 En janvier 2007, l'Église anglicane du Canada nomme pour la première fois un évêque pour tous les Indigènes. Début mars 2008 a lieu à Vancouver une « marche sacrée » de l’école de Théologie au Musée d'Anthropologie, pour demander une commission pour « la vérité et la réconciliation », démonstration qui se généralise à l’ensemble du pays43. Le 11 juin 2008, le Premier ministre Stephen Harper s'excuse pour les conséquences individuelles et culturelles du système scolaire, quatre mois après le gouvernement de l’Australie44.

Néanmoins, la lutte pour les droits des Indiens continue. De 1999 à 2001, il y a eu des débordements dans le Nouveau-Brunswick pendant une dispute sur la question de savoir si les Micmacs de la Première nation Burnt Church pouvaient pêcher le homard également hors saison. Cette question de pêcheries est très complexe, et encore non résolue. En novembre 2009, les Ahousaht, Ehatteshaht, Mowachaht/Muchalaht, Hesquiaht et Tla-o-qui-aht de l’île de Vancouver se plaignent de l’autorisation de la pêche commerciale(Ahousaht Indian Band And Nation v. Canada Attorney General, 2009 BCSC 1494)45.

Une question aussi fondamentale a été celle de l'impasse du lac Gustafsen en Colombie Britannique, violemment soulevée en 1995. Il s'agissait là de revendications territoriales des Secwepemc au bord de ce lac, non loin de 100 Mile House. Pour le siège d'un mois des occupants, il a fallu 400 policiers et 5 hélicoptères, et un homme a perdu la vie. Un des occupants, James Pitawanakwat, a fui vers les États-Unis et y a obtenu l'asile politique, pour la première et seule fois pour un Indien. Dans le jugement, la juge Janice Stewart du tribunal de district, dans l’Oregon, a reproché au gouvernement canadien l'occupation d'un terrain jamais cédé. Il a été montré récemment que la question n'est en rien réglée, dans le conflit territorial de Caledonia, que l'on a connu en 2006 et qui durait toujours début 2008, ou dans le blocus de la Première nation Grassy Narrows, qui a lieu depuis 2002, et qui n'a montré encore que quelques progrès.

Aujourd'hui encore, le niveau de vie est très précaire. En 2005, la crise de l'eau potable de la Première nation des Kashechewan a suscité l'intérêt des médias nationaux, quand on a découvert une contamination bactérienne de leur fourniture en eau.

Fin 2005, pour la première fois depuis les conversations constitutionnelles des années 1980, le Premier ministre Paul Martin a invité les représentants des Premières Ntions à une Conférence du Premier ministre. Peu avant la fin de son mandat de Premier ministre, Martin a promis, dans l'accord de Kelowna de débloquer dans les cinq années à venir cinq milliards de dollars pour l’amélioration des conditions de vie des Premières Nations, des métis et des Inuits. Mais cet accord a été dénoncé par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, et dans les budgets 2006 et 2007, ce ne sont que respectivement 150 et 300 millions de dollars qui sont prévus.

Malgré tout, les négociations entre le Canada et les provinces d'une part, et les Premières Nations d'autre part ont progressé sur certains points. En Colombie Britannique, on suit un processus de négociation de traité en six étapes, qu'un petit nombre de tribus ont déjà parcouru. C'est ainsi que de la part des Lheidli T'enneh, dans la région de Prince George et des Tsawwassen, dans le Lower Mainland vers Vancouver, les traités acceptés n’attendent plus que la ratification par le parlement. Également, chez les tribus Nootkas, cinq des Premières Nations Maa-nulth se sont réunies, et décidées en 2007 pour un traité avec une large majorité.

Par contre, les voisins Ditidaht, comme les Songhees et les Semiahmoo se défendent contre les accords des Tsawwassen. D'autres tribus, comme les Kwakwaka'wakw, ou certaines tribus Stó:lō, sont sorties du processus de traité, les premiers parce qu'ils y voient une rupture du traité fait avec James Douglas, ou d'autres parce qu'ils y voient une expropriation rampante. Certes, les territoires des tribus doivent être substantiellement agrandis, mais leur possession devient individualisée. Chez les tribus les plus pauvresn 21, le danger est alors que leur territoire traditionnel soit vendu par morceaux. Depuis que David Vickers, juge à la Cour suprême a accordé aux Xeni Gwet'in fin 2007 dans la vallée Nemiah, à l'ouest du lac Williams à peu près la moitié de leur territoire traditionnel de 4 000 km², tout le processus de négociation va à sa fin46. Les Micmacs de Terre-Neuve ont à l'opposé, été reconnus en 2011, si bien que c'est là, avec la Première nation Micmac Qalipu, qu'est née la plus nombreuse tribu du Canada.

Finalement, le gouvernement n'a pas abandonné l'idée d'individualiser les Indiens et de les assimiler. C'est pourquoi, même si tous les crimes contre les aborigènes ont été reconnus, l'essai d'effacer l'ensemble de la culture n'a jamais été condamné. Et même, des parties de la population canadienne semblent accepter les aborigènes comme une partie de leur propre culture complexe ; beaucoup croient que c'est justement le propre de la culture canadiennen 22.

Les traités et leurs conséquences : les Cris au nord du Québec (depuis 1975)[modifier | modifier le code]

Les Cris, avec leurs 135 tribus, représentent le plus grand groupe des Premières Nations, et comprennent environ 200 000 personnes. Le gigantesque projet de la Baie-Jamesde centrales hydroélectriques et de lacs de barrage de plus de 15 000 km² a été considéré par les environ 7000 Cris et 4500 Inuits, qui vivent le long de la baie, et dans la régionNord-du-Québec comme une menace pour leur territoire d'environ un million de km² où ils vivent essentiellement de chasse et de piégeage. Un procès qui a attiré l'attention a abouti en 1975 à la convention de la Baie-James et du Nord québécois. En 1984, les Cris ont été formellement libérés de la tutelle du ministère des Indiens, et possèdent depuis tous les droits des unités administratives canadiennes.

En 1991, les Cris et les Inuits on signé un traité, qui accordait au Canada l'utilisation de l'énergie hydraulique – en échange de paiement compensatoires et de droits d'administration autonome dans une partie du territoire de la convention. Au sein d'un territoire central (environ 1,3 % de la surface, soit environ 14 000 km², le territoire de neuf agglomérations, les Cris ont obtenu un droit d'utilisation exclusif. Dans d'autres territoires, ils n'ont que le droit exclusif de chasse et de pêche. Mais sur environ 85 % du territoire du traité, ils ne bénéficient que de quelques privilèges de chasse. De plus, certaines possibilités d'emploi dans l'administration, dans l'économie, dans le service de santé, la protection de l'environnement, jusqu'au fonctionnement d'une compagnie aérienne Air Creebec, leur ont été offertes. Le système scolaire transmet la langue et la culture des Cris.

Malgré tous ces progrès, il reste quand même un problème : l'émiettement et l'individualisation progressent, une nouvelle classe dirigeante a émergé, et elle domine l'administration. En outre, ils vont de moins en moins à la chasse traditionnelle, tandis que les jeunes ne sont représentés ni dans un groupe ni dans un autre. De plus, le projet hydro-électrique de la Baie James est considéré de manière plus critique. Le Grand chef des Cris du Québec élu en 2005, Matthew Mukash, demande le développement d'éoliennes.

Tendances[modifier | modifier le code]

Il y a une multiplicité de facteurs qui menacent l'intégrité de la culture des Indiens. D'une part, ce sont des événements qui sont survenus dans le passé, et qui ont changé leur culture irrévocablement, et leur ont ravi en partie leur base matérielle et intellectuelle. D'autre part, c'est la transformation à motifs économiques de leur environnement naturel (avant tout la destruction de la forêt, mais aussi les menaces sur la population de poissons), et puis la pauvreté, et simultanément la formation de nouvelles élites, et en liaison paradoxale avec les deux, l'émigration des jeunes, et le fait que ceux qui restent deviennent dépendants de l’État et de l’industrie.

Trois changements marquants des dernières années ont été, pour la première la protection de larges portions des anciens territoires tribaux comme parcs provinciaux ou parcs nationaux, éventuellement autogérés, comme chez les Cris. Ainsi, par l'autogestion et le tourisme, naissent pour beaucoup d'habitants des réserves une possibilité de gagner sa vie, qui ne consomme pas les ressources autant que jusqu'alors, et qui est indépendante du secours de l'État47. Une deuxième modification concerne les négociations sur le point d'aboutir entre les diverses tribus et l'État canadien. En 2006, en Colombie Britannique seule, 57 Premières Nations étaient engagées dans 47 différentes négociations. Ces tribus représentaient deux tiers de la population des Premières Nations de la province. Ces traités vont certes agrandir les territoires des tribus, mais ils vont privatiser le sol jusqu'alors inaliénable. Ainsi au peut prévoir, au vu de la pauvreté de nombreuses communautés, qu'un lent grignotage de ces territoires peut survenir. Ici survient un troisième concept, qui a été mis en avant surtout par les Tla-o-qui-aht depuis 2005. Ce concept vise une reconstruction minutieuse de la société traditionnelle, à l'aide de toutes les sources d'information, puis son rétablissementn 23. Les groupes nomades, auxquels on ne faisait quasiment pas attention, car ils n'étaient pas reconnus comme tribus, comme lesKitcisakik au Québec, ont été convertis à la sédentarité, et les enfants vont à l'école loin de leur territoire.

Contre cette tendance, il y a des arguments en partie économiques, et en partie humanitaires pour une intégration des Premières Nations par la privatisation de la propriété foncière. On y argumente d'une part par le gaspillage des ressources, et d'autre part, par la question de savoir si la subvention précisément aux territoires les plus ruraux n'est pas un non-sens économique, car les villes sont les moteurs de l'économie moderne. Troisièmement, toute forme de propriété foncière collective est repoussée avec légèreté en Amérique du Nord par sa comparaison supposée avec les systèmes socialistes.

Les Indiens qui s'élèvent au sein du système comme individus, sans oublier pour autant leur origine, représentent une position médiane. Le premier Indien lieutenant-gouverneur du Canada, le Cri James Bartleman de l'Ontario (2002-2007), a tourné par exemple son attention vers la jeunesse, et a collecté pour les écoles plus d'un million de livres d'occasion, il a poussé l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, et a porté ces problèmes de façon renforcée à l'attention publique.

La question de la manière dont vont vivre les Indiens vivant en réserves a conduit depuis des décennies aux États-Unis à des controverses entre les institutions d'État, les groupes d'intérêt économiques, et même entre les tribus. Ceci est relié au fait que depuis 1988, les Indiens de ce pays peuvent organiser des jeux de hasard à des conditions fiscales intéressantes. Les nombreux casinos gérés par des Indiens – dans la seule Californie 60 des 109 tribus reconnues exercent ce mélange d'amusement, de tourisme et de jeu de hasard – se font maintenant une concurrence mutuelle. La situation au Canada est différente. Seules quelques tribus font marcher un casino, mais l'interdiction de fumer valable en Alberta depuis le 1er janvier 2008 a créé des premières disputes, derrière lesquelles des questions très fondamentales se dissimulent. Car les Cris refusent cette interdiction, et tiennent à la position juridique que leur réserve est territoire fédéral, et n'est donc pas soumis à la loi provinciale. Le River Cree Casino and Resort des Enoch (Cris des Plaines) est juste derrière la surface commerciale d'Edmonton, est depuis début 2008 au centre de l’affaire. Il a été ouvert en 2006, et est le premier casino conduit par une Première nation en Alberta, tout près du premier casino ouvert en 1980 dans la provincen 24. Ici aussi, l'élargissement des autorisations de gestion de casino à d'autres tribus va conduire à des conflits analogues à ceux des États-Unisn 25

La question de la détermination du statut d'Indien est décidée comme précédemment par le département des Affaires autochtones et Développement du Nord Canada sur la base de la loi sur les Indiens. Depuis 2007, l'Union des Indiens de l'Ontario, qui représente 42 tribus, essaie d'imposer que ce soient les tribus, dans le cadre de leur autonomie, qui décident qui est un Indien. Et là-dessus, ils ont commencé à concocter leur propre loi sur la citoyenneté48. Les Cris du Nord-Québec, la nation Nisga’a, les Tlichos dans les Territoires du Nord-Ouest, et la plupart des groupes du territoire du Yukon se sont retirés de la surveillance du département49.

Depuis que la diminution de la population a été arrêtée entre les deux guerres, et que la mortalité infantile a considérablement diminué dans les années 1960 dans les réserves, le nombre des Indiens augmente nettement plus vite que celui du reste de la population canadienne. C'est pourquoi des points de vue tels que la formation, et les chances pour la vie, ainsi que la place prise au sein des groupes ethniques prend une importance vite croissante, car la part des jeunes est devenue depuis très grande.

Les prix élevés des matières premières des années 2007 et 2008 ont montré que les Premières Nations sont en possession d'énormes richesses. En liaison avec leur autonomie croissante, ceci a pour conséquence que les contacts économiques extérieurs s'intensifient. Les tribus les plus septentrionales se retrouvent dans des alliances de peuples arctiques. En novembre 2008, une délégation de plusieurs Premières Nations a fait une visite en Chine, pour se mettre d'accord sur des coopérations, de manière autonome50. En juin, le roi Tuheitia Paki d'une partie (127 000 individus) des Maoris rencontre une délégation des Squamish et des Nisga'a à Vancouver51.

Histoire de la recherche[modifier | modifier le code]

Peter Jones52 (1802-56), un méthodiste, et du côté de sa mère appartenant aux Mississaugas, appelé aussi Plumes sacrées, a écrit dès le début du xixe siècle un travail de vue générale sur les Ojibwés (History of the Ojebway Indians, 1861). D'autres laïcs, comme l'anglican Edward Francis Wilson53 (1844-1915) à Sault-Sainte-Marie et Charles M. Tate, en Colombie Britannique, ont rassemblé de nombreuses observations ethnologiques, ainsi que de nombreux missionnaires, comme l'oblat Adrien-Gabriel Morice, qui ont publié d'importants ouvrages sur les langues. Un intérêt plus grand a été soulevé par ces ouvrages hors du Canada qu'à l'intérieur du pays. À part l'ethnologue de Toronto Daniel Wilson (1816–1892), ils venaient tous d'Europe. Par contre l'histoire des Indigènes est restée dans un état pitoyable comme le montrent les Chronicles of Canada, The Dawn Of Canadian History, A Chronicle of Aboriginal Canada parues en 191554.

Franz Boas et son école ont aidé à percer la recherche ethnologique, qui est rattachée en Amérique à l'anthropologie. Le Néo-Zélandais Diamond Jenness s'est occupé pendant la première Guerre mondiale des groupes des Ojibwés et des Dakelh. Le Français Marcel Giraud s'est occupé de façon exhaustive des Métis. À ces travaux fondamentaux, il faut ajouter ceux de Marius Barbessu de l'Université Laval.

Alfred Goldsworthy Bailey du Nouveau-Brunswick peut être considéré comme le premier ethnohistorien, qui a interprété les sources historiques du point de vue de l'ethnologue. Une autre source de l'histoire des Premières Nations est l'histoire militaire, comme George Stanley sur la rébellion du Nord-Ouest des Métis l'a faite, où en passant, il étudie les influences des Métis sur la société de la frontière, et de là sur le développement de l’ensemble de la société. Sauf pour His Majesty's Indian Allies de Robert Allens, cette branche n'a été cependant qu'à peine effleurée, contrairement aux États-Unis.

Ce n'est qu'avec la forte croissance de la taille et du rôle des universités canadiennes dans les années 1960 que l'on en arriva à de plus nombreux projets de recherche, et avant tout dans le domaine de l'archéologie, comme par Bruce Graham Trigger. Ce n'est qu'à ce moment que les Indiens ne sont plus considérés comme une « race en extinction », et les aspects classificatoires ne sont plus mis au premier rang. Les premières critiques contre la politique gouvernementale se font entendre.

Cornelius Jaenen (Friend and Foe, Nouvelle-France), et Robin Fisher (Contact and conflict, Colombie Britannique jusqu'en 1890) s'occupent de la question des contacts culturels, Daniel Francis et Toby Morantz (sur la traite des fourrures), Jennifer S. H. Brown(Strangers in Blood, les femmes dans la traite des fourrures) ou Sylvia Van Kirk (Many Tender Ties) se sont occupés de la traite des fourrures, comme A. J. Ray (Indians in the Fur Trade), qui pour la première fois met les Indiens au centre. Dans les années 1980, on en arriva à insister sur le rôle des Indiens et des femmes dans le commerce et la mission, à des recherches sur la politique indienne et sur la réaction des Indiens concernés (Gerald Friesen: A Narrow Vision Sur le rôle des bureaucrates : D. C. Scott55). De même, Sarah Carter a écrit sur l'échec de la politique agraire au Canada ouest (Lost Harvests56) et Katherine Pettipas (Severing the Ties that Bind57), sur les essais gouvernementaux de contrôler les rencontres annuelles des Indiens de la Prairie. Là-dessus sont venues des études sur la répression du potlatch, comme celle de Douglas Cole und Ira Chaikin (An Iron Hand upon the People58), et sur l'histoire du droit59.

Dans les années 1990 les premières vues générales voient le jour, comme celle de J. R. Miller (Skyscrapers Hide the Heavens60) et de Dickason 1992. Les histoires générales du Canada ne commencent plus avec les soi-disant « Vikings » de l’an 1000, mais avec les premières occupations perceptibles du pays. Là, l'archéologie prend une grande importance, mais la linguistique et la génétique jouent aussi un grand rôle.

La lutte pour les droits politiques et les querelles constitutionnelles, que les groupes indiens faisaient apparaître en tant que prises de parti politiques et de lobbyistes, ont conduit cependant à ce que les historiens soient déplacés dans le sentiment du public par les juristes et les politologues. En outre, les groupes indigènes exigent leur prise en compte et leur collaboration avec les projets historiques, avant tout par leur propre vision de l'histoire et leurs propres formes de tradition, et de leur savoir. La préoccupation de la forme d'histoire que représente la tradition orale rencontre cette forme de développement.

Le Musée canadien des civilisations a édité l'ouvrage archéologique standard de James Wright (A History of the Native People of Canada. Archaeological Survey of Canada) en 1995. En 2003 a suivi Larry J. Zimmerman avec American Indians: The First Nations: Native North American Life, Myth and Art, qui essaie de relier plus fortement entre eux les aspects ethnologiques, historiques et religieux. Le sujet commence à réagir plus fort sur la recherche. Mais ce n'est qu'en 1999 qur paraît une encyclopédie des peuples canadiens (Encyclopedia of Canada's Peoples61) due à la Multicultural History Society of Ontario fondée en 197662.

Entre temps, l'internet permet non seulement à de nombreuses Premières Nations de publier leur propre vision de l'histoire (v. Listes des Premières Nations du Canada), mais aussi leurs propres collections de documents sources comme le First Nations Digital Document Source63, dont le but premier est néanmoins le soutien dans la question des revendications territoriales.

Musées, archives, bibliothèques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]
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  8. ↑ Cf. (en)« Interview avec Dr. Jon Driver dans la contribution de la Simon Fraser University » [archive] (consulté le 28/11/2012) .
  9. ↑ Claude Chapdelaine, « Présences autochtone de l’âge glaciaire à aujourd’hui. Des chasseurs de la fin de l'âge glaciaire dans la région du lac Mégantic: découverte des premières pointes à cannelure au Québec », Recherches amérindiennes au Québec, vol. 30,‎ 2004.
  10. ↑ (en) Christopher Ellis, « Understanding “Clovis” Fluted Point Variability in the Northeast: A Perspective from the Debert Site, Nova Scotia », Canadian Journal of Archaeology/Journal Canadien d’Archéologie, vol. 28,‎ 2004, p. 205–253. Les trouvailles organiques ont été datées de 10 600±47 BP, Ellis suppose la première occupation à partir de 10 900 BP (pp. 208, 242 sq.).
  11. ↑ Cf. (en)Timothy H. Heaton, « On Your Knees Cave » [archive],‎ 2002 (consulté le28/11/2012).
  12. ↑ Au Yukon, dans les Territoires du nord-ouest et en Alaska il y a 46 caribou fences (barrières à caribous), qui servaient à la chasse en battue, et qui jouissent de la protection des monuments (cf. (en)« Vuntut National Park of Canada » [archive], Parks Canada (consulté le 28/11/2012).
  13. ↑ (en) D. Bruce Dickson, « The atlatl assessed: A review of recent anthropological approaches to prehistoric North American weaponry », Bulletin of the Texas Archaeological Society, vol. 56,‎ 1985, p. 1-36.
  14. ↑ Obsidienne du Mont Edziza, du Musée royal de Colombie-Britannique. La plus ancienne trouvaille chez les Tlingit, qui possédaient de l'obsidienne au plus tard en 8300 av. J.C. atteste de commerce d'obsidienne à longue distance. Cf. (en)« Forest Service returns ancient remains of Native American to Tlingit tribes in Alaska » [archive], sur The Seattle Times,‎ 20/10/07 (consulté le 28/11/2012).
  15. ↑ (en) John H. Blitz, « Adoption of the Bow in Prehistoric North America », North American Archaeologist, vol. 9, no 2,‎ 1988, p. 123-145 : l'auteur y démontre sa présence en 3000 av.J.C. dans le territoire arctique, puis après un certain temps, vers le sud. Ses caractéristiques sont des pointes de projectile plus petites.
  16. ↑ Une des plus anciennes preuves de chiens domestiqués en Amérique du Nord provient de la vallée du fleuve Illinois, et date de 8500 ans. Plus ancienne encore, peut-être 10000 ans, est ce qu'on a trouvé dans la Danger cave dans l'Utah Einer der ältesten Belege für domestizierte Hunde in Nordamerika stammt aus dem Illinois-Flusstal und ist 8500 Jahre alt. Noch älter, wohl 10.000 Jahre, ist allerdings ein Fund in der Danger Cave in Utah ((en) Darcy F. Morey et Michael D. Wiant, « Early Holocene Domestic Dog Burials From the North American Midwest », Current Anthropology, vol. 33, no 2,‎ avril 1992, p. 224-229) et (en)Robert Lee Hotz,« Those New Tricks Came From Old Dogs » [archive], Los Angeles Times,‎ 22/11/2002(consulté le 28/11/2012).
  17. ↑ (en)Brian Lewis, « Katzie heritage site being bulldozed for bridge. Only three per cent of artifacts have been recovered so far » [archive], The Province,‎ 22/6/2008

Amérindiens aux États-Unis

Les Amérindiens sont les premiers occupants du continent américain et leurs descendants. En 1492, l’explorateur Christophe Colomb pense avoir atteint les Indes orientalesalors qu’il vient de débarquer en Amérique, aux Antilles. À cause de cette erreur, on continue d’utiliser le mot « Indiens » pour parler des populations du Nouveau Monde. Avec les travaux du cartographe Martin Waldseemüller au début du xvie siècle, on commence à parler de « continent américain », en l’honneur du navigateur italien Amerigo Vespucci ; ses habitants deviennent les « Indiens d’Amérique » pour les distinguer des populations de l’Inde.

En absence d’appellation qui fasse consensus, on utilise parfois les expressions de « premières nations » ou « premiers peuples ». La formule « Peaux rouges » est ancienne et n’est jamais utilisée aux États-Unis où l’on préfère les expressions Native Americans (Américains d’origine), Native peoples (peuples d’origine), American Indians (Indiens d’Amérique), First Nations (premières nations), Aboriginal Peoples (peuples aborigènes), Indigenous Peoples of America (peuples indigènes d’Amérique), Amerindians(Amérindiens) ou encore Amerinds ; mais aucun n’est vraiment satisfaisant en raison de la diversité de ces peuples et parce que ces derniers les rejettent et préfèrent employer leur nom de nation ou de tribuN 1.

L'arrivée des Européens en Amérique du Nord à partir du xvie siècle provoqua d'importantes conséquences sur les Amérindiens : leur nombre s'effondra à cause des maladies, des guerres et des mauvais traitements. Leur mode de vie et leur culture subirent des mutations. Avec l'avancée de la Frontière et la colonisation des Blancs américains, ils perdirent la majorité de leur territoire, furent contraints d'intégrer des réserves. Leur situation démographique, sociale et économique ne cessa de se dégrader. Depuis lesannées 1970, la communauté amérindienne connaît un certain renouveau : leur population augmente, la pauvreté recule lentement, les traditions revivent. Si les Amérindiens sont désormais des citoyens à part entière, ils restent malgré tout à la traîne du développement américain.

Sommaire

Les Amérindiens à l’époque précolombienne[modifier | modifier le code]

Les sources[modifier | modifier le code]

Retracer le passé des tribus amérindiennes est un véritable défi pour les historiens. En effet, leur culture repose sur la transmission orale. Contrairement aux Mayas ou aux Aztèques, les peuples d’Amérique du Nord n’utilisent aucun système d’écriture à l’époque précolombienne et demeurent par conséquent dans la protohistoire. Il existe cependant de nombreux sites avec des pétroglyphes ou les wiigwaasabak (dessins sur des feuilles de bouleaux) qui témoignent d'une riche illustration. Influencés par les Européens, certains peuples développent toutefois un système d’écriture syllabaire (Cherokees, Pieds-Noirs, Naskapis, Cris, Inuits) ou alphabétique pour une trentaine de peuples (Cheyennes, Micmacs, Navajos).

Pour autant, écrire une histoire des Amérindiens n’est pas totalement impossible. Il faut pour cela croiser les sources archéologiques et artistiques. L’étude des scènes et des calendriers peints sur les peaux d’animaux ou celle des pétroglyphes du Sud-Ouest américain ou du nord des Grands lacs est souvent utilisée par les spécialistes.

L’histoire des peuples amérindiens peut également être en partie reconstituée grâce aux récits des Européens ayant établi les premiers contacts. Missionnaires, explorateurs, officiers, coureurs des bois donnent des informations intéressantes sur les indigènes. Par exemple, le mémorialiste de l’expédition de Pánfilo de Narváez, Álvar Núñez Cabeza de Vaca a consigné ses observations ethnographiques sur les peuples indigènes du golfe du Mexique, publiées en 1555 sous le titre deNaufragios (Naufrages). Ces témoignages sont toutefois d’une nature bien particulière ; ce sont ceux des conquérants qui redoutent les autochtones, les méprisent ou les décrivent comme des sauvages. Certains écrits de captifs, faits prisonniers des Amérindiens à la suite de raids, présentent des informations intéressantes sur les différentes peuples d’Amérique du Nord. Réduits en esclavage, ces prisonniers vivent au sein des tribus, et ont parfois livré des descriptions précieuses pour les anthropologues.

Peuplement préhistorique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Paléoaméricains et Théories du premier peuplement de l'Amérique.

Il est généralement admis que l’arrivée des premiers hommes sur le continent américain remonte à la dernière ère glaciaire. À cette époque, le détroit de Béring est pris par les glaces et forme un passage terrestre entre l’Asie et l’Amérique emprunté des populations asiatiques nomades. Il est également possible que certains hommes aient longé les côtes en bateau.

La présence humaine est attestée en Alaska vers 20 000 avant J.-C1, vers 16 000 avant J.-C. sur la côte est (Pennsylvanie, Virginie,Caroline du Sud), vers 13 000 avant J.-C. sur le site Clovis (Nouveau-Mexique) vers 10 000 avant J.-C. en Floride2,3,4.

Aujourd’hui, certains spécialistes remettent en cause l’origine uniquement asiatique des premiers occupants de l’Amérique. Douglas Wallace, Dennis Stanford et Bruce Bradley utilisent les découvertes récentes pour accréditer la thèse d’une migration européenne auPaléolithique supérieur5. Les restes de l'homme de Kennewick, découverts dans l'État de Washington en 1996, auraient environ 9 000 ans et ne présenterait pas les traits morphologiques des Amérindiens actuels6.

Cultures disparues[modifier | modifier le code]

Les différents sites préhistoriques attestent d’abord de l’existence de groupes de chasseurs-cueilleurs nomades. Ces paléoaméricainschassaient les animaux du Pleistocène (mammouth laineux, bison) ; d'autres pratiquaient la pêche et le ramassage de coquillages sur les côtes. L'archéologie a mis au jour des objets lithiques, en particulier les pointes de flèche des traditions Clovis et Folsom. Ces chasseurs utilisaient probablement déjà l'atlatl pour envoyer leurs projectiles.

Il y a environ 11 500 ans, le climat de l'Amérique du Nord devint plus chaud et plus sec7, ce qui eut pour conséquence une évolution du milieu naturel : la mégafaune disparut et la végétation s'adapta aux nouvelles conditions. À la faveur d’un réchauffement climatique et d’influences méso-américaines, les populations amérindiennes se sont sédentarisées. Cette période archaïque se caractérise par la diversification des sources de nourriture : chasse d'un gibier plus petit (cervidés), pêche dans les cours d'eau, cueillette de baies, noix, graines et tubercules. Surtout, les premières formes d’agriculture et de commerce se développent dans certaines régions : à l’est duMississippi, le tournesol est cultivé vers 3000 avant J.-C7. À l'époque précolombienne, l'ensemble des Amérindiens consommait 1 000 espèces végétales et 1 500 espèces animales différentes8.

Les civilisations disparues avant l’arrivée des Européens se répartissent en deux régions principales. L’une se trouve à l’est du Mississippi, où s’épanouissent successivement les Mound Builders, les Adenas, les Hopewells et les civilisations du Mississippi ; l’autre occupe le Sud-Ouest des États-Unis actuels, où se côtoient les Mogollons, les Hohokams et les Anasazis.

Ces civilisations présentent un haut degré de développement marqué par un certain niveau d’urbanisation (Cahokia9, Chaco Canyon10), une agriculture efficace (irriguée dans le Sud-Ouest) et diversifiée (courge, maïs, haricot et coton dans le Sud-Ouest7), un artisanat raffiné (travail du cuivre) et des lieux de culte monumentaux (tertres en terre des Mound Builders, kivas des Anasazis). Les causes de leur effondrement avant le xvie siècle demeurent incertaines : les Anasazis disparaissent sans doute en raison d'une grande sécheresse7.

Caractéristiques culturelles traditionnelles[modifier | modifier le code]

Vivant en symbiose avec leur milieu naturel, les Amérindiens dépendent des conditions climatiques et des ressources naturelles, même s’ils ont su s’adapter aux contraintes. Chaque grand ensemble a ainsi développé une activité de prédilection, avec son savoir-faire propre.

Étant donné la grande acculturation des Amérindiens d’aujourd’hui, il est souvent difficile de retrouver leurs croyances originelles. Ils ont été christianisés par les prêtres européens à partir du xviie siècle et les deux cultures ont souvent fusionné : les religions amérindiennes sont syncrétiques car elles ne possèdent pas de dogme rigide11. Cependant, des éléments des croyances indiennes ont subsisté, à l’instar de la situation en Amérique centrale. S’il existe une diversité dans les rites et les superstitions indiennes, il est néanmoins possible de dégager quelques points communs qui permettent de comprendre leur spiritualité.

En premier lieu, les Amérindiens sont animistes et conçoivent le monde comme un « Grand Tout » dans lequel les éléments naturels et surnaturels coexistent11. La frontière entre le monde visible et le monde des esprits n’existe pas et les croyances s’expriment dans tous les moments de la vie quotidienne. Les Amérindiens honorent un Dieu créateur et unique appelé « Le Grand Esprit » dont le nom varie en fonction des langues : « Wacondah » ou « capitaine du ciel » pour les Apaches12, « Gitche Manitou » chez les Algonquins. Il existe aussi une multitude de dieux secondaires, « Esprits auxiliaires » (par exemple : les esprits du vent, du feu, du tonnerre, ou wakantanka, le dieu de la chasse) ou encore « ancêtres »13. Le monde compte également des créatures maléfiques comme le Wendigo. Mais contrairement aux Aztèques ou aux Incas, les Indiens d'Amérique du Nord n'assimilèrent pas les explorateurs européens à des dieux14. Même s'il existe des récits traditionnels faisant mention de migrations de leurs ancêtres, la plupart des Amérindiens pensent qu'ils sont apparus en Amérique. Dans beaucoup de mythes, les Amérindiens auraient émergé de la mer, d'un lac ou d'une cavité15.

Ensuite, les Amérindiens partagent des rites communs qui ont comme principale caractéristique d’être cycliques13. Avant les prières ou les grandes cérémonies (départ à la chasse, à la guerre, passage à l'âge adulte), les Amérindiens doivent se purifier : ils utilisent pour cela lahutte à sudation ou les bains rituels. Les moyens d’entrer en transe ou d’avoir des visions sont multiples : fumer ou brûler des plantes (tabac, sauge, écorce de bouleau)13, jeûnes ou prise de drogues comme le peyotl. Il existe bien d’autres rituels destinés à se concilier les esprits tels que les offrandes à la Terre-Mère pour faire pousser le maïs ou bien à l’esprit de l’animal tué à la chasse16.

La danse tient également une place prépondérante au moment des grands rassemblements (les Pow wow). La Danse des Esprits (Ghost Dance) réunit les participants qui répètent des couplets au son des tambours. Leurs incantations peuvent mener à la transe. La Danse du Soleil (Sun Dance) dans les Grandes Plaines a pour but de vénérer l’astre diurne, pendant la période du solstice d’été. Elle est accompagnée de mutilations corporelles volontaires destinées à montrer son courage et à entrer en transe17. Les Cherokees pratiquent quant à eux la Danse de la pluie pour que leurs récoltes soient bonnes. Les Amérindiens fréquentent des sites qu'ils considèrent comme sacrés : Bear Butte (Dakota du Sud), Devils Tower (Wyoming), Shiprock (Nouveau-Mexique) ou Enchanted Rock (Texas).

Les pratiques religieuses ne sont pas le monopole d’un clergé à proprement parler : le chaman est chargé d’entrer en contact avec les esprits et d’interpréter les signes surnaturels par l'observation de la nature, par le rêve et la transe. La sagesse de l’« homme-médecine » lui permet de guérir les malades : il était capable de réduire la douleur par les plantes ou l’hypnose18.

Enfin, sur un plan symbolique, les Amérindiens représentent des formes et des silhouettes depuis des milliers d’années sur différents supports : sur les parois et les rochers (pétroglyphes), sur le sable (peintures navajos), les peaux d’animaux (Indiens des Plaines), les objets de la vie quotidienne, jusque sur leurs corps (peintures rituelles). Ces symboles forment un langage ésotérique. Le cercle est l’un des plus fréquents : on le retrouve dans les danses rituelles, la forme et la disposition des tipis ou des wigwams13, dans le soleil et dans les medicine wheels (« roues médecine »). Il symbolise l'unité et l'équilibre du monde, son renouveau sous forme de cycle19.

Chaque animal et élément sacré doit être représenté sous forme de totem qui peut prendre des formes diverses (mât sculpté, sac-médecine, partie du corps d’un animal)20. Chaque clan a le sien : la tortue pour les Iroquois ; l’ours pour les Mohawks, le calumet pour lesCayugas. Ces groupes totémiques sont toutefois bien distincts des tribus.

Les Amérindiens croient en une existence après la mort21. Cependant, les rites mortuaires sont très différents d'un peuple à l'autre : dans le Sud-Ouest, les Hopis enterrent les défunts22. Dans les Grandes Plaines, les parents se coupent les cheveux ou s'automutilent23. Sur les côtes du Nord-Ouest, les morts sont placés dans des cabanes mortuaires24. Dans les plaines du nord, les corps sont disposés sur des arbres ou des échafaudages pour qu'ils se décomposent à l'air libre25.

Pour les Amérindiens des États-Unis la Terre est leur mère.Tout ce qui est dans la nature, êtres vivants ou non, participe au lien sacré de la vie. Chacun à sa manière remplit sa mission. L’homme n’a pas tissé la toile de la terre : il en est simplement le fil. Chaque élément naturel, chaque animal est digne de respect26.

L’organisation sociale varie selon les peuples. En schématisant, on peut distinguer deux groupes : des sociétés égalitaires et animistes d'une part, et des sociétés hiérarchisées et déistes d'autre part27. Dans le Nord-Ouest, les Amérindiens ont développé une stratification sociale importante, tandis qu’elle est quasi inexistante chez les Navajos, pour lesquels la famille est la base de la société. D’autre part, la notion de propriété privée des terres et des habitations est parfaitement étrangère aux Amérindiens. Chez les peuples sédentaires les travaux dans les champs ou la chasse des grands animaux nécessitent une certaine organisation sociale.

Les femmes ont une place importante dans la vie des tribus. Elles préparent le bison ou les récoltes et elles s’occupent des enfants. Une mère peut avoir suffisamment d’influence pour dissuader son fils de partir à la guerre. Chez les Navajos et les Iroquois, le mode de filiation est matrilinéaire.

Depuis l'effondrement des civilisations du Mississippi et du Sud-Ouest, il n'existait pas d'État en Amérique du Nord8. Les Amérindiens se répartissent en tribus, parfois subdivisées en clans, en bandes et en gentes ont des caractéristiques communes : leurs membres élisent et déposent leur chef ; ils sont solidaires les uns des autres et défendent leurs intérêts mutuels. Ils sont enterrés au même endroit28. Les membres de la tribu partagent un même sang, un même territoire, une même langue et des coutumes similaires. Le chef de la tribu, parfois appelé sachem, est responsable du bien commun. Il est choisi pour ses capacités et sa sagesse, même si certaines tribus connaissent la transmission héréditaire du pouvoir29. Les Amérindiens de l’époque précolombienne n’ont pas de lois écrites mais disposent de normesN 2 orales (Gayanashagowa des Iroquois). Les délibérations et les décisions ont lieu autour du feu.

Bien que les Amérindiens ne soient pas organisés en États, les guerres entre tribus sont fréquentes : avant l'arrivée de Blancs, elle se manifeste par des raids pour montrer son courage ou pour enlever des femmes30. Par exemple, à l’est, les Sénécas (une tribu iroquoise) affrontent régulièrement les Cherokees. Dans les Hautes Plaines, les Sioux massacrent les Mandans et les Apaches s’attaquent fréquemment aux Pueblos dans le Sud-Ouest. Au début du xviie siècle, les colonisateurs français prennent part aux attaques desAlgonquins et des Hurons contre leurs ennemis iroquois. Ces derniers répliquent au milieu du xviie siècle et finissent par affaiblir la confédération des Hurons. Les guerriers les plus redoutables sont les Indiens des Plaines.

Tous ces conflits sont des guerres de territoire, d’honneur, de pillage ou de vengeance. Le courage et la bravoure sont des principes fondamentaux chez les Amérindiens. Le combattant valeureux tient ainsi une place importante au sein de la tribu. Les traités d’alliance sont discutés autour du feu du grand conseil. La paix est annoncée par le calumet, la guerre par la hache. Aucun document n’est signé car la parole d’honneur suffit. Les cérémonies qui précèdent la bataille consistent en des danses de guerriers en armes et des rites de purification31. Avant l’attaque, les Amérindiens lancent leur cri de guerre qui doit effrayer l’ennemi et souder le groupe. Après la guerre, les plus courageux reçoivent des distinctions honorifiques : collier de griffes d'ours, coiffe de plume32.

En général, les femmes et les enfants sont épargnés lors des attaques. Certains prisonniers sont adoptés (chez les Iroquois), d’autres sont torturés33 ou frappés à coups de bâton. Certains guerriers mangent les organes des vaincus34 ou gardent des trophées (doigts ou scalp). Avant l’arrivée des Européens, les Indiens ne disposent que d’armes rudimentaires : hache, Tomahawk, flèches et arc, massue, couteau...

Voir la section « Amérique du Nord » de l'article sur les arts précolombiens et la section « Nord-Amérindiens » de l'article sur la musique amérindienne

L’art amérindien est avant tout pictural et décoratif : des signes (idéogrammes) ou pictogrammes sur leurs tentes, leurs boucliers, leurs poteries, leurs masques… et aussi en peintures corporelles. Les œuvres sont le plus souvent très colorées.

L’expression corporelle, la danse et la musique sont des formes artistiques qui accompagnent les rites et les cérémonies religieuses. Une fois encore, les manifestations sont très variées : Gourd Dance (Indiens des Plaines du sud), Ghost Dance, Peyote song (Apaches), waila music (Tohono O'odham)…

L’artisanat dépend du milieu naturel et du mode de vie : les sédentaires fabriquent des objets destinés à garder les récoltes. Les peuples du Sud-Ouest sont réputés pour leur céramique, leur vannerie ainsi que pour leurs tissages géométriques et colorés. Les Indiens des Plaines décorent leurs armes et leurs costumes, peignent sur les peaux de bison, portent des bijoux et des parures raffinées. Les habitants du Nord-Ouest sculptent d’immenses mâts totémiques et des masques dans le bois de thuya. Les peuples du Nord travaillent l’os et la corne.

L’agriculture amérindienne est traditionnelle et essentiellement vivrière, même si certains produits peuvent faire l’objet d’un commerceN 3. Ignorant les techniques de la métallurgie, ils ne disposent pas d’outils en fer et travaillent la terre au moyen d’instruments agraires simples, en bois et en pierre : houe, plantoir, etc. Les omoplates de bisons servent à fabriquer des sortes de bêches. En général, les travaux agricoles reviennent aux femmes, ainsi que la préparation des repas. Les productions agricoles varient en fonction du climat ; cependant, les principales plantes cultivées, que les Amérindiens surnommaient les « Trois Sœurs », étaient la courge, le maïs et le haricot. Selon les aires culturelles, on peut trouver du tabac, du tournesol ou du coton. Les peuples sédentaires savent mettre en œuvre des procédés pour améliorer les rendements : irrigation dans le Sud-Ouest, engrais et associations culturales dans le Nord-Est, brûlis… Les Amérindiens ne connaissent qu’un seul animal domestique avant l’arrivée des Européens : le chien. Il est un compagnon de chasse et de garde. Certains peuples pratiquent également l’élevage de la dinde.

Les Amérindiens pratiquent un jeu de balle, ancêtre de la crosse : apparu au xie siècle en Mésoamérique ou au Mexique35, il se diffuse dans la région des Grands Lacs et la Côte Est des États-Unis. Certains anthropologues ont vu dans ce sport une sorte de substitut à la guerre36. Il existe d'autres jeux comme le Handgame37.

Différences par domaines bioclimatiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des peuples indigènes des Amériques.

Les spécialistes distinguent habituellement huit aires culturelles principales pour l’Amérique du Nord38. Ce découpage permet d’étudier les différences entre les peuples, sans pour autant rendre compte de toute leur diversité. Ces aires sont établies en fonction du milieu naturel, qui conditionne en partie le mode de vie des populations, et de la famille linguistique. Il existe 300 à 500 langues amérindiennes regroupée en 50 familles linguistiques en Amérique du Nord39. Beaucoup d'Amérindiens connaissaient deux ou trois langues, ce qui facilitait les contacts entre tribus8.

Dans l’actuel État de l’Alaska, le milieu est défavorable à l’agriculture. Dans le nord de cette région, l’hiver est particulièrement long et rigoureux, le sol est gelé une bonne partie de l’année. La toundra cède la place à la taïga plus au sud, qui donne aux Amérindiens des ressources en bois et en gibier. Ces derniers ont appris à utiliser au mieux les ressources naturelles : en l’absence de récoltes, ils sont nomades et se tournent vers la pêche, la chasse et la cueillette pour survivre. Ils poursuivent le caribou dans les forêts, équipés de raquettes et de luges (les toboggans) qui leur permettent de progresser facilement dans la neige. Ils remontent les cours d’eau au moyen de canoë en écorce de bouleau. Ils récoltent du sirop d'érable. Leurs armes sont rudimentaires : arc, flèches, massue et lance. Les Cris et les Chipewyans se livrent à des guerres fréquentes pour le contrôle des territoires de pêche et de chasse. Ils font des esclaves qui sont troqués contre des matières premières, comme le silex ou le cuivre. Ils habitent dans des wigwams ou des abris semi enterrés, en particulier pendant l’hiver. Chez certains peuples, les personnes âgées étaient abandonnées dans la nature sans nourriture40. La majorité des peuples de la zone sub-arctique appartiennent soit à la famille des langues athapascanes, soit à celle des langues algonquiennes.

Dans le Nord-Ouest (État de Washington, Oregon), le climat et les ressources de la mer et des fleuves offrent un milieu propice au développement des Amérindiens. Les communautés y vivent de la pêche aux cétacés et aux phoques ; des nasses et des barrages permettent de capturer des saumons, des truites et des morues. Les tribus Makahs, Haidas, Nootkas ramassent également des coquillages et partent dans les montagnes de l’intérieur pour chasser la chèvre, l’ours et le wapiti.

L’abondance des thuyas est exploitée pour bien des aspects de la vie matérielle : il sert à la construction de barques monoxyles décorées. Le travail du bois (masques), la vannerie et le tissage remplacent aisément la poterie. Les peuples de cette région connaissent une organisation sociale hiérarchisée, à la différence des autres Amérindiens : il existe des groupes qui se distinguent par leur rang (une noblesse, une plèbe et des esclaves) ; le principal dignitaire est un roi héréditaire qui possède la plus belle maison, la plus richement décorée. Les villages sont constitués de grandes maisons de cèdre et de thuya dans lesquelles peuvent loger plusieurs familles. Des mâts totémiques sont dressés devant l’entrée. La culture de ces peuples présente plusieurs caractéristiques originales comme la danse rituelle du chinook, destinée à faire fondre la neige au printemps. La tradition du potlatch montre aussi la richesse et la puissance du donataire (sacrifices d’esclaves)41.

Les forêts du nord-est couvrent un important territoire allant des Grands Lacs à l’Ohio et de la côte atlantique au Mississippi. Les Amérindiens de cette région partagent en partie le mode de vie des peuples sub-arctiques, mais ils pourchassent un autre gibier (ours, élan, cerf) et pratiquent l'agriculture. Leur habitat est divers : les Algonquins, les Micmacs ou les Abenakis vivent dans des wigwams. Plus au sud, les Amérindiens vivent dans de vastes maisons (maison longue amérindienne ou long houses en anglais) qui pouvaient accueillir entre 10 et 20 familles. Les tribus sédentaires du sud de la Nouvelle-Angleterre construisent des villages protégés par une palissade en bois42. Les habitations sont constituées d’une structure en bois recouverte de torchis ou d’écorces. Les habitants du nord-est pratiquent l’agriculture sur les terres qu’ils défrichent mais n’abandonnent pas la chasse et la cueillette pour compléter leur alimentation. La récolte du maïs donne lieu à des cérémonies. Les autres activités sont le commerce ainsi que la pêche sur les cours d'eau et les lacs, pratiquée grâce à des canoës et des pirogues. Certaines tribus sont fédérées : la ligue des cinq nations est sans doute formée dès le xvie siècle. Enfin, les principales familles de langues sont l'iroquois, le sioux et l'algonquien, qui se déclinent en une multitude de dialectes. Certains historiens pensent que la région occupée par les Iroquois a dépassé sa capacité porteuse dès les xve et le xvie siècle, ce qui amena des rivalités entre tribus39.

Article détaillé : Indiens des Plaines.

Les Indiens des Plaines sont les groupes indigènes auxquels on pense d’abord lorsque l’on évoque la Conquête de l'Ouest. Il s’agit ici de reconstituer leur mode de vie avant l’arrivée de l’homme blanc et du cheval. Dans les Grandes Plaines, les Amérindiens chassent le bisondepuis des centaines d’années et vivent en semi-nomades. Le bison leur fournit de la viande, de la peau pour les tipis, l’habillement et les sacs, de la toison pour les vêtements et des tendons pour le fil.

Leur habitat est adapté au milieu et au mode de vie nomade : il est en principe léger (wigwam, tipi), décoré de peintures, de trophées de chasse ou encore de scalps. Les Indiens des Plaines se peignent le visage et des parties du corps de signes multicolores. La veste de guerre est sortie au moment des grandes batailles. Pour les cérémonies, les Indiens des Plaines se costument avec de véritables déguisements qui imitent les animaux. Ils aiment se parer de bijoux tels que des colliers, des anneaux et des bracelets en métal ou en coquillage. Une dent d’ours accrochée autour du cou est un signe de courage ou fait office d’amulette. Les guerriers les plus valeureux portent des couronnes faites de plumes d’aigle.

Les Indiens des Plaines ont des dialectes très différents, si bien qu’ils ne peuvent se comprendre sans l’intermédiaire d’interprètes. Le langage des signes pallie ces barrières linguistiques et les signaux de fumée permettent de communiquer sur de grandes distances. Les Pieds-Noirs parlent une lanque algonquienne ; les Sarsis une langue athapascane ; les Sioux, le lakota.

Les plateaux du nord-ouest des États-Unis actuels représentent une vaste étendue de moyenne ou haute altitude. Le milieu naturel est dominé par la forêt et des hivers neigeux. Les plateaux sont occupés par diverses tribus telles que les Nez-Percés, les Yakamas ou les Flatheads. Dans la partie orientale, le mode de vie est nomade. Les Indiens sont en contact avec les trappeurs français et canadiens à partir du xviie siècle et deviennent au siècle suivant des éleveurs de chevaux. L’expédition Lewis et Clark découvre le mode de vie de ces peuples au début du xixe siècle. Ces derniers vivent des ressources de la forêt (cerf, ours, racines, baies, thuya) et des cours d’eau tels que la Columbia. Ils pêchent le saumon à la fin de l’été. Les maisons sont légères à la belle saison et partiellement enterrées en hiver, avec un toit couvert de terre.

Voir la section « Époque précolombienne » de l'article sur le Sud-Est des États-Unis

Les espaces situés au sud de l’Ohio et autour du golfe du Mexique bénéficient d’un milieu favorable à l’agriculture et d’une faune abondante. De nombreuses tribus se sont développées ici, parmi lesquelles les Cinq tribus civilisées qui sont considérées comme les héritières des cultures mississippiennes. Elles récoltent essentiellement le maïs, lacourge et la pomme de terre. Le climat subtropical permet de faire pousser la patate douce, la banane et la canne à sucre ; les Amérindiens cultivent également des plantes médicinales et du tabac. Ils consomment les produits de la chasse et de la pêche39. Ils connaissent les techniques de la poterie et de la céramique, qui servent à confectionner des objets pour la vie quotidienne ou pour les cultes mortuaires. L’habitat est très divers : les maisons adoptent un plan rectangulaire et sont crépies de glaise en été ; en hiver, des huttes coniques à demi enfouies servent d’abri. Ces sociétés sont hiérarchisées (chefs, prêtres) et certains villages comptent plusieurs centaines d'habitants39. Dans les régions les plus méridionales, les Amérindiens vivent presque nus dans des huttes légères couvertes de palmes. Pour se concilier les forces de la nature, les peuples cultivateurs pratiquent le puskita (cérémonie du maïs vert). Enfin, les langues du Sud-Est se répartissent en cinq grandes familles : langues iroquoises (Cherokee…), Caddo (langue cadoenne), siouenne, muskogee (Séminoles, Creeks…) ; quant à la langue des Natchez, elle constitue un langue isolée.

Voir la section « Époque précolombienne » de l'article sur le Sud-Ouest des États-Unis

Dans le Sud-Ouest, on trouve des peuples sédentaires influencés par leurs voisins et par les civilisations qui les ont précédés (Anasazis). Ainsi les Pueblos, les Hopis, les Zuñis ou encore les Papagos pratiquent l’irrigation pour le maïs, tissent le coton, font des poteries, tressent des paniers, exploitent le cactus pour son eau, son jus, sa pulpe et son sirop, aux propriétés hallucinogènes. Comme leurs ancêtres, ils construisent des villages de pierres ou en adobe. Ils vivent sous la menace permanente des attaques des Apaches ou desComanches.

Voir la section « Époque précolombienne » de l'article sur la Grand Bassin

Le Grand Bassin est marqué par l’aridité et se trouve relativement isolé par des chaînes de hautes montagnes (Montagnes Rocheuses à l’est et Sierra Nevada à l’ouest). Les tribus qui vivent ici avant l’arrivée des Espagnols sont peu nombreuses, dispersées et doivent s’adapter aux contraintes naturelles fortes. Elles pratiquent la chasse et cultivent des lopins irrigués. Elles tressent l’armoise d’Amérique et le yucca pour confectionner des nattes, des pagnes et des sandales. Leurs techniques de vannerie sont très anciennes. Elles utilisent le saule du désert pour l’armature de leurs maisons, qui sont généralement des huttes coniques rudimentaires. Les maisons de sudation (« sweathouse » ou « sweatlodge » en anglais) servent à purifier le corps des hommes avant les cérémonies43. LesHavasupais bâtissent des villages au fond du Grand Canyon. Les Shoshones, les Utes et les Paiutes pratiquent la chasse sur le plateau dès l’automne venu. Ils poursuivent le bison, le wapiti et la chèvre des montagnes. La chasse leur permet d’obtenir des peaux de lapins pour fabriquer des manteaux afin de passer l’hiver.

Voir la section « La domination amérindienne » de l'article sur la Histoire de la Californie

L’actuelle côte de la Californie se trouve isolée du reste du continent par l’imposante chaîne de la Sierra Nevada. Avant l’arrivée des colons européens, elle est peuplée d’environ 250 tribus (Chumash, Maidu, Miwok, Modoc, Ohlone, Tongva…) qui appartiennent en majorité aux langues athapascanes et se partagent de petits territoires. Ces groupes vivent en autarcie dans des huttes fabriquées avec du bois de séquoia au nord, dans des constructions en adobe au sud. Leur artisanat produit des objets en vannerie, décorés de plumes et de coquillages (chapeaux, sandales, pagnes). Ils vivent de la chasse, de la pêche et surtout de la cueillette8. Certaines tribus élèvent ladinde pour sa viande.

L’arrivée des Blancs (xvie / xixe siècles)[modifier | modifier le code]

Les Amérindiens sont d'abord décrits, dans le cadre de l'interprétation du Mythe de la Frontière (mythe associant esprit pionnier etinnovation qui est devenu un gimmick incontournable en politique), comme des obstacles à la conquête de l'Ouest euro-américaine. Cette interprétation historique est remise en cause depuis par d'autres courants historiographiques comme les American studies (en) qui dénoncent depuis les années 1950 les interprétations mythiques de Frederick Jackson Turner, comme le courant révisionniste à la fin des années 1980 qui valorise ledécentrement du regard (New Western History, New Indian History avec notamment l'ethnohistorien Bruce Trigger) ou comme le courant de l’histoire continentale qui reconsidère l’histoire coloniale de l’Amérique du Nord à partir du centre et non plus des côtes littorales44.

Les premiers contacts : la colonisation européenne et ses conséquences[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire coloniale des États-Unis d'Amérique.

Il est très difficile d’estimer le nombre d’Amérindiens à la veille de la conquête européenne : l’historien Russel Thorntorn évalue à environ 7 millions le nombre d’habitants vers 150045. Selon d’autres sources46, la population en Amérique du Nord était de un ou deux millions d’habitants à 12 millions47,8 au début du xvie siècle.

À partir du xvie siècle, les puissances européennes se lancèrent dans l’exploration et la colonisation de l’Amérique du Nord. Ils établissent des relations plus ou moins conflictuelles avec les indigènes, dans un contexte de concurrence coloniale. Ils se servent des rivalités entre les tribus et cherchent à dresser les Amérindiens les uns contre les autres.

Dans le Sud-Ouest des États-Unis actuels, les Espagnols étendent leurs colonies de Nouvelle-Espagne depuis le Mexique. À partir de la fin du xvie siècle39, ils s’établissent sur les territoires des Indiens Pueblos qu’ils réduisent en esclavage par le système de l’encomienda. Les frères franciscains évangélisent les peuples de Californie, du Nouveau-Mexique et du Texas grâce à un réseau de missions. Ils n'hésitent pas à recourir au travail forcé, à la torture et aux exécutions pour les Amérindiens qui persistent à pratiquer leurs rites traditionnels39. L’armée espagnole doit faire face à plusieurs révoltes au xviie siècle : en 1680, la révolte Pueblo dirigée par Popéprovoque l'évacuation temporaire de la région par les Espagnols. Dès 1784, une politique d'extermination des Apaches est mise en place : il s'agit de massacrer tout Apache de plus de sept ans48. Après 1821, la région passe sous la souveraineté mexicaine. Après l'expédition d'Hernando de Soto (1539-1542), les Espagnols étendent leur influence sur les régions du Sud-Est. Les Amérindiens sont massacrés, réduits en esclavage avant d'être déportés dans les Caraïbes39.

Sur la côte orientale, les Britanniques fondent les 13 colonies à partir du xviie siècle. Les colons sont beaucoup plus nombreux que dans les autres colonies d’Amérique du Nord et les Amérindiens sont refoulés vers l’ouest, notamment à cause de l’accaparement de leurs terres (pratique du squatting). Les tribus du Nord-Est s’engagent dans les rivalités franco-britanniques au xviiie siècle, pendant la Guerre de Sept Ans.

Dans les Grandes Plaines et dans la vallée du Mississippi, les Français contrôlent l’immense territoire de la Louisiane. Ils font du commerce avec les Amérindiens et organisent la traite des fourrures. Malgré quelques affrontements violents (guerre des Renards, soulèvements natchez et expéditions contre les Chickasaws), les relations franco-indiennes sont relativement bonnes en Louisiane, parce que les Français ne sont pas nombreux. L’impérialisme français s’exprime par quelques guerres et la mise en esclavage d’un certain nombre d’Amérindiens49 dès le début du xviiie siècle, malgré l'interdiction officielle. Ces esclaves sont capturés par les tribus au cours de raids et de batailles.

Enfin, les Russes cherchent à satisfaire la demande des Chinois en fourrures venues des côtes du Nord-Ouest : ils contraignent les indigènes à chasser la loutre de mer7.

Les Européens introduisent des maladies inconnues des Amérindiens (variole, grippe) qui font des ravages. On estime que, dans les régions les plus touchées par les épidémies, la population a pu se réduire de 90 % avant 165050.

Les Amérindiens échangent avec les Blancs de nouveaux produits, qui modifient leurs modes de vie et tend vers l'uniformisation des cultures : alcool, armes, blé, objets en métal, nouvelles plantes et animaux. La diffusion du cheval vers les Grandes Plaines s'intensifia après la révolte des Pueblos en 1680 dans le Sud-Ouest51. Au Texas actuel, Le cheval renforça le nomadisme de plusieurs tribus52 et contribua à modifier leur répartition géographique. Les Navajos se mettent à élever les moutons, introduits par les Espagnols8. Les Cinq tribus civilisées (Cherokee, Chickasaw, Choctaw, Creek, Seminole) étaient considérées comme « civilisées » par la société blanche pour avoir adopté beaucoup de coutumes occidentales (dont la possession de plantations, de maisons à l'européenne et d'esclaves noirs53) et avoir de bonnes relations avec leurs voisins. L'arrivée des Blancs modifia également les rapports politiques en exacerbant les rivalités et les relations sociales (montée de chefs amérindiens, du machisme)50. Les Amérindiens tentèrent de s'unir contre l'invasion en formant des ligues et des alliances : les plus célèbres sont celles des Iroquois, des Hurons et des Creek qui réunirent quelque cinquante cités disposant chacune d’un chef et d’un conseil. Les tribus se réunissent en conseils (chez les Cheyennes, le conseil des 40 chefs). En période de guerre, les tribus se regroupent en confédérations, mais ces alliances sont la plupart du temps éphémères.

L’Amérique du Nord est vue comme une terre à évangéliser : la christianisation est en partie acceptée par une partie des Amérindiens lorsqu’ils peuvent l’assimiler à leurs cultes traditionnels, il arrive alors que les deux cultures cohabitent dans une bonne intelligence54 sous l'impulsion de missionnaires plus libéraux. Si la plupart du temps les Européens méprisaient des Amérindiens, certains Européens s’unissent à des Amérindiennes comme certains coureurs de bois français. Pocahontas épouse l’Anglais John Rolfe en 1613. Dans le regard des Européens, l’Indien est au mieux un bon sauvage qu’il faut civiliser, au pire un diable à convertir, à réduire en esclavage, ou à massacrer : en 1763, le commandement anglais de Pennsylvanie fournit aux Indiens des vêtements infestés des germes de la variole55.

L'arrivée des Européens provoqua d'importantes migrations ou encore des guerres entre tribus pour le contrôle du commerce. Par exemple, les Sioux ont quitté les forêts de l’ouest du Wisconsin et du centre du Minnesota pour migrer vers l’ouest et le sud à partir du milieu du xviie siècle56.

Enfin, l'invasion européenne puis américaine engendra une profonde crise morale, qui s'est manifestée par des suicides et une augmentation de la criminalité50.

Les guerres indiennes et l’ethnocide (xixe siècle)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres indiennes.

La cause principale de ces conflits est la volonté expansionniste des treize colonies britanniques en Amérique du Nord puis du gouvernement américain, qui se traduit par les guerres mexico-américaines, la conquête de l'Ouest par des colons recherchant des terres et de l’or, ce qui renforce l’animosité entre les deux peuples. Ces conflits ont fait l’objet de représailles, de massacres et de pillages de la part des deux camps. Parmi les guerres indiennes les plus connues, on peut citer les guerres séminoles en Floride (entre 1817 et 1858) et la guerre des Black Hills (1876-1877) contre les Sioux.

En 1862, les Sioux Santees massacrent 1 500 hommes, femmes et enfants américains dans le Minnesota. Le 25 juin 1876, la célèbrebataille de Little Big Horn tourne à la tuerie des hommes du lieutenant-colonel Custer par les guerriers menés par Sitting Bull. Le dernier épisode des guerres indiennes est le massacre de Wounded Knee (29 décembre 1890) au cours duquel 250 Indiens Sioux Miniconjous et le chef Big Foot sont tués par les soldats du 7e de cavalerie.

Cependant les relations entre Indiens et Européens n’ont pas toujours été violentes : en 1805, l’expédition Lewis et Clark qui part de Saint-Louis pour rejoindre le Pacifique, a souvent été aidée par des tribus amérindiennes. La Cour Suprême des États-Unis a souvent défendu les droits des Amérindiens au xixe siècle contre celui des États fédérés. Plusieurs personnalités américaines ont soutenu la cause indienne, à l’instar de Thomas Paine, Thomas Jefferson ou Roger Williams.

Déportation et assimilation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique indienne du gouvernement américain.

Au xixe siècle, les Amérindiens sont parqués dans des réserves et leur principal gibier, les troupeaux de bisons, exterminés pour leur fourrure sous les incitations du gouvernement fédéral. Ainsi même si la qualification de génocide du traitement de ces populations fait débat57, dans la mesure où il n’y a pas de volonté gouvernementale arrêtée d’exterminer les Amérindiens, ces derniers sont affamés (prime au massacre de bisons), spoliés de leurs terres par la violence et la fourberie (non-respect des accords signés) et privés de leur liberté de culte ainsi que du droit de parler leurs langues.

La construction du premier chemin de fer transcontinental et l’arrivée des colons par les pistes de l’Ouest dévaste le territoire des Indiens des Plaines. Cette politique est fréquemment nommée ethnocide, terme désignant l’extermination d’une culture. De nombreux Indiens se laissent mourir de désespoir : ce fut le cas des Creeks. Au total, ce sont tous les aspects de la conquête de l'Ouest qui provoquent le déclin de la population et de la culture indigène. L'historien Howard Zinn écrit : « le coût en vie humaine [de l'expansion territoriale vers l'Ouest] ne peut être estimé avec précision. Quant aux souffrances, elles sont purement et simplement incommensurables58. » La recherche historique actuelle tend à montrer que les Amérindiens eurent un impact sur leur environnement par la déforestation, l'écobuage et la mise en pâture de grands territoires59. Certains spécialistes pensent que la Grande Prairie où se nourrisaient les bisons est une création des Amérindiens par brûlage de la forêt60. L’historien Dan Flores, de l'université du Montana, démontre que les Amérindiens ont joué un rôle décisif dans l’extermination des bisons par la surchasse61.

Le Bureau des affaires indiennes (Bureau of Indian Affairs ou BIA) est ouvert en 1824. En 1830, l’Indian Removal Act inaugure la politique de déplacement des populations indiennes toujours plus vers l’Ouest : le président de l’époque, Andrew Jackson, fait voter une loi déportant les Amérindiens de l’est du Mississippi à l’ouest de ce fleuve, principalement en Oklahoma62, afin d’exploiter l’or situé sur leurs territoires, dans l’Ohio et installer les migrants venus d’Europe. Cette loi est déclarée anticonstitutionnelle par laCour Suprême et entraîne des guerres avec les Cherokees jusqu’en 1838. Jusqu’en 1850, 100 000 Indiens sont déportés. L’épisode le plus célèbre reste celui de la Piste des Larmes en 1838-1839. Ce nom vient des larmes de compassion versées par les Américains qui voyaient passer les Cherokees devant eux. Cette déportation forcée fit au moins 4 000 victimes, à cause du froid, des maladies et de l’épuisement.

Dans le Territoire Indien, les cinq tribus civilisées s’établissent dans des villes et apportent avec eux leurs esclaves noirs. Ils sont surveillés et encadrés par une série de forts construits par le gouvernement fédéral à proximité des réserves. Les terres sont attribuées aux tribus qui les gèrent librement. Les Cherokees relancent leur journal, fondé en1828, alors que les Creeks rédigent une constitution originale. Tous fondent des écoles de village et développent l’enseignement secondaire. Ils réorganisent leurs églises dans lesquels les pasteurs prêchent en langue indigène63. Certains Indiens réussissent à entreprendre des études dans les universités américaines64. Mais l'école est avant tout un instrument d'assimilation : les enfants amérindiens perdent leurs repères traditionnels en étant coupé de leur famille. Ils sont contraint d'apprendre de l’anglais et de porter l'uniforme scolaire7.

En 1887, le Dawes ActN 4 permet la mise en vente des terres des tribus à des particuliers62. Amendé en 1891 et 1906, il resta en application jusqu'en 1934.

La renaissance amérindienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : renaissance amérindienne.

La conquête des droits (xxe siècle)[modifier | modifier le code]

Au début du xxe siècle, le gouvernement américain prend conscience de l’inégalité et du racisme qui affectent la minorité indienne. Lacitoyenneté est accordée en 1924 (Indian Citizenship Act)62, pour la reconnaissance de l’effort des Cheyennes et des Iroquois en particulier dans la Première Guerre mondiale. Certains intègrent le mode de vie et la société américaine : dans la première moitié duxxe siècle, de nombreux ouvriers amérindiens travaillent sur les chantiers de construction des gratte-ciel.

Le rapport Meriam, publié en 1928, fait état d’une situation dramatique pour les Amérindiens (pauvreté, exclusion). En 1934, sous le premier mandat du président Franklin Delano Roosevelt, l’Indian Reorganization ActN 5, donne une plus large autonomie politique et économique aux Indiens. Il met fin à la privatisation des terres amérindiennes, renforce l'autonomie des tribus et les engage à se doter d'une constitution écrite65. Cependant, ces constitutions, de même que les décisions tribales, sont soumise à l'autorisation du BIA66. À la même époque, l’Indian Arts and Craftboard est fondé afin de promouvoir l’artisanat amérindien. L'anthropologue John Collier est à l'origine de l'expression Indian New Deal en référence au programme de Roosevelt pour sortir les États-Unis de la crise65. En 1944 est institué leNational Congress of American Indians (NCAI), destiné à unir les tribus pour présenter des revendications communes au BIA et maintenir la spécificité culturelle amérindienne67. Toutes ces dispositions leur permettent de récupérer un million d’hectares68. Les Amérindiens jouent un rôle important pendant la Seconde Guerre mondiale : ils étaient 250000 dans l'Armée américaine69. Des Navajos servant dans les services de transmissions américains ont élaboré un code basé sur leur langue afin d’assurer la confidentialité des messages radio.

Entre 1949 et 1953, la Termination Policy (Loi de Terminaison66) doit favoriser l’installation des Amérindiens en ville et achever leurassimilation. La loi de 1953 précise qu'elle vise à « conférer aux Indiens les mêmes privilèges et les mêmes responsabilités qu’aux autres citoyens, de mettre fin à leur statut de pupilles du gouvernement65 ». Mais elle est rapidement abandonnée devant ses échecs. En 1961 est fondé le National Indian Youth Council (NIYC). En 1962, la commission des revendications indiennes (Indian Claims commission) doit verser près de quatre millions de dollars aux descendants des Creeks spoliés en 181470. En 1968 est institué un Conseil National qui coordonne les aides financières. C’est la même année que naît l’American Indian Movement, une organisation plus radicale que les précédentes67. Le Red Power (« pouvoir rouge ») s’organise et cherche à se faire entendre en organisant des manifestations : en 1969, des Amérindiens occupent le site d’Alcatraz à San Francisco auquel ils assimilent les réserves du pays ; en 1972, ils prennent le Bureau des affaires indiennes ; en 1973, ils investissent celui de Wounded Knee et rappellent que de les Amérindiens ont été spolies de nombre de leurs terres. En 1975, l’Indian Self-Determination and Education Act (en)réaffirme la souveraineté du conseil tribal. En 1977 est institué un Secrétaire aux Affaires indiennes, qui fut longtemps un Blackfoot, Forrest Gerard. En 1978, les Amérindiens une grande marche qui relie San Francisco à la capitale fédérale : ils dénoncent les atteintes à l’environnement ainsi que le matérialisme, et refusent l’assimilation71. La même année, l’American Indian Religion Freedom Act (en) complète les droits obtenus en offrant la garantie de la liberté de culte pour les Amérindiens. En 1988, l’Indian Gaming Regulatory Act (en) permet aux tribus d'ouvrir des casinos.

Le réveil amérindien[modifier | modifier le code]

En premier lieu, les Amérindiens connaissent une renaissance démographique au cours du xxe siècle. En 1900, on pouvait compter 237 196 Amérindiens aux États-Unis62. D’après les différents recensements69, ils sont 800 000 en 1970, 1,4 million en 1980 et 2,8 millions72 en 2004, soit un peu plus de 1 % de la population totale. En 2004, deux États du sud-ouest (Nouveau-Mexique et Arizona) les Amérindiens représentent une part significative de la population, puisqu’elle dépasse les 5 % du total73. Moins d’un tiers des Amérindiens vivent actuellement dans des réserves71,74, qui sont pour la plupart concentrées à l’ouest du fleuve Mississippi. Beaucoup résident dans les grandes villes : on peut recenser plus de 85 000 Indiens à New York75. Les deux tribus les plus importantes en nombre sont les Cherokees (729 513) et les Navajos (298 197)76.

Certains Amérindiens ont réussi à s’intégrer socialement à la société américaine contemporaine : ainsi, on a pu voir des succès individuels remarquables : N. Scott Momaday reçoit le prix Pulitzer en 1969.

En 1980, les Amérindiens obtiennent l'autorisation d'ouvrir et de gérer des casinos77. En 2004, ils avaient ouvert 350 établissements de jeu dans le pays qui rapportent 12 milliards d’euros par an73,78. Cette activité, appelée « Nouveau bison », a permis à beaucoup de tribus de s’enrichir et de se développer. Ainsi, les Arapahos se sont lancés dans l’industrie des jeux de hasard et ont monté l’Arapaho Casino, dans l’État du Wyoming. Entre 1990 et 2000, le revenu moyen par habitant des Amérindiens a progressé de 27 %79. Les Amérindiens restent organisés en tribus qui ont chacune un chef et/ou un conseil tribal et qui peuvent organiser des référendums ou faire valoir leurs droits devant la justice fédérale. Certaines, comme les Cherokee, disposent d’une constitution qui affirme des droits. Les tribus reçoivent une aide fédérale proportionnelle au nombre de leurs membres. En vertu des traités signés au xixe siècle, certaines d’entre elles reçoivent un dédommagement pour avoir été spoliées de leurs terres : c’est le cas des Séminoles noirs de Floride qui ont reçu récemment 56 millions de dollars73.

Aujourd’hui, les réserves indiennes disposent de journaux (le Navajo Times par exemple) qui rendent publiques les décisions du conseil tribal. Si les conditions de vie se sont globalement améliorées, les communautés souffrent toujours de nombreux problèmes : SIDA, violence, alcoolisme, pauvreté, isolement sont des fléaux qui touchent particulièrement les Amérindiens.

Les chiffres du tableau ci-dessus montrent que l’assimilation de la population amérindienne au Melting pot national, bien qu’en progrès, est encore limitée. De plus il existe encore d’importantes disparités entre les tribus. Par exemple, les taux de pauvreté des Navajo et des Sioux atteignent respectivement 37 et 38,9 % alors qu’il est d’environ 18 % pour d’autres tribus.

Plusieurs Américains d’origine amérindienne participent aux opérations dans la guerre d’Irak. Les Cherokees ont même dansé un pow wow, preuve que les Amérindiens assument de plus en plus leurs traditions ancestrales73. Il existe en 2004 trente stations de radios amérindiennes aux États-Unis73. Pour reconstruire leur identité, les tribus organisent des chasses au bison, des ateliers de tissage ou de poteries ou des cours de langue. Dans l’État du Minnesota, les Chippewas cultivent de façon traditionnelle le riz sauvage qu’ils appellent manoomin82. Ce renouveau culturel séduit en particulier les jeunes générations.

Le statut des Amérindiens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Certificate of Degree of Indian Blood.

Les lois fédérales des États-Unis offrent certains droits aux minorités indiennes, aux individus et aux communautés. Ces droits sont gérés par le bureau des affaires indiennes.

L’héritage amérindien dans la culture américaine[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, sous l’influence du Red Power et des mouvements écologistes, on a redécouvert l’héritage et la civilisation des amérindiens. Ainsi en Californie, le Native American Day (le quatrième lundi de septembre) est l’occasion de rendre hommage aux Indiens de l’état, les enseignants sont invités à parler de la culture indienne dans les écoles. Depuis 2004, les cours d’histoire indienne sont obligatoires dans les écoles élémentaires du Maine73.

Reconstituer l’histoire des peuples amérindiens est relativement difficile pour les périodes les plus reculées. Sans écriture, les Amérindiens ont peu transformé leur milieu et laissé peu de traces anciennes. Néanmoins, la culture amérindienne a influencé les toponymes : plusieurs États fédérés (Ohio, Michigan, Idaho, Massachusetts, etc.) et plusieurs villes (Seattle par exemple) portent un nom d’origine indienne. De nombreux cours d'eau (Mississippi, Missouri) et éléments de géographie physique ont été puisés dans la langue des Amérindiens. Les Amérindiens ont également appris aux Européens la culture de plantes qui connurent ensuite un grand succès : tomate, pomme de terre, maïs et tabac. Enfin certains mots anglais rappellent leurs origines indiennes (anorak, mocassin, canoë, toboggan, etc.).

Dès le xixe siècle, les Américains blancs se sont intéressés aux cultures amérindiennes : les anthropologues tels que Lewis Henry Morgan, Alfred Louis Kroeber, James R. Walker ou Robert Harry Lowie ont étudié leurs coutumes et leur vie quotidienne. Mais c’est surtout depuis quelques années que les États-Unis réhabilitent l’héritage amérindien : à New York, le National Museum of the American Indian (Musée national des Indiens d’Amérique) abrite environ un million d’objets des origines à aujourd’hui. Une autre partie des collections se trouve à Washington dans un bâtiment dessiné par Douglas J. Cardinal et ouvert en 2004. Il s’agit d’une institution qui avait été créée à la suite d’une loi votée par le Congrès en 1989. Le cinéma hollywoodien, qui a tourné plus de 4 000 films sur les Amérindiens (depuis le mythe du bon sauvage83 ou de l'Indien rusé assoiffé de sang des débuts84 à l'Indien alcoolique dans Mémoires de nos pères)85, a contribué au changement de regard des Américains sur les premiers peuples, avec des films comme Little Big Man, Danse avec les loups, Smoke Signals (en) ouAtanarjuat. Mais certains spécialistes écornent l’image romantique de l’Indien respectueux de la nature : plusieurs scientifiques montrent que les tribus ont contribué au recul de la forêt et participé à l’extinction du bison en profitant du commerce des peaux avec les Blancs86. En outre, les dernières découvertes archéologiques remettent en cause l’origine unique du peuplement des Amériques par les populations venues d’Asie, ce qui a des conséquences sur certaines revendications indiennes notamment nationalistes.

Listes des grandes tribus[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, neuf tribus comptent plus de 50 000 personnes87 : les Apaches, les Chippewas, les Cherokees, les Choctaws, les Iroquois, les Lumbees, les Navajos, les Puebloset les Sioux.

Il existe de nombreuses tribus, dont les plus connues sont :

Remarque : les Inuits des régions arctiques ne sont pas des Amérindiens.

Population distribution[modifier | modifier le code]

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by Selected Tribal Grouping:200088

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]
  1. ↑ Voir l’article de la wikipédia anglophone, [lire en ligne]
  2. ↑ voir aussi l’article coutume
  3. ↑ par exemple, les Pueblos échangeaient avec les Apaches du maïs et du coton contre de la viande
  4. ↑ Également connu sous le nom de General Allotment Act
  5. ↑ Également connu sous le nom de loi Wheeler-Howard
Références[modifier | modifier le code]
  1. ↑ Sur les sites de Old Crow et Bluefish ; Philippe Jacquin, Daniel Royot, Go West ! Histoire de l'Ouest américain d’hier à aujourd’hui, Paris, Flammarion, 2002, p. 20
  2. ↑ (en) « A brief history of Florida » [archive], Office of Cultural and Historical Preservation(consulté le 04-03-2009)
  3. ↑ (en) « Timeline » [archive], Florida Memory (consulté le 04-03-2009)
  4. ↑ (en) « Florida - History » [archive], City-data.com (consulté le 04-03-2009)
  5. ↑ « Solutré au Far West », dans Marianne, 20 août 2000, p. 57-59
  6. ↑ Kaspi et al. 2004, p. 7
  7. ↑ a, b, c, d, e et f (en) « American-Indian » [archive], Encyclopædia Britannica (consulté le21-07-2009)
  8. ↑ a, b, c, d, e et f Renaud 2002, p. 1073
  9. ↑ Cahokia comptait au xiie siècle quelque 30 000 habitants, d’après Gilles Havard, Cécile Vidal, Histoire de l’Amérique française, Paris, Flammarion, 2003, p. 201 ; 35 000 habitantsd'après Larry J. Zimmerman, Les Indiens d'Amérique du Nord, Paris, Gründ,‎ 2003(ISBN 978-2-7000-3114-0 et 2700031148), p. 48
  10. ↑ conurbation rassemblant 15 000 à 30 000 habitants d’après Jerry J. Brody, Les Anasazis…,p. 106-107.
  11. ↑ a et b Garrait-Bourrier 2006, p. 70
  12. ↑ R. Thévenin, P. Coze, Mœurs et histoire…, 2004, p. 101
  13. ↑ a, b, c et d Garrait-Bourrier 2006, p. 71
  14. ↑ Renaud 2002, p. 1075
  15. ↑ Zimmerman 2003, p. 41
  16. ↑ Garrait-Bourrier 2006, p. 84
  17. ↑ Garrait-Bourrier 2006, p. 75
  18. ↑ Garrait-Bourrier 2006, p. 87
  19. ↑ Zimmerman 2003, p. 92
  20. ↑ Garrait-Bourrier 2006, p. 82
  21. ↑ Zimmerman 2003, p. 132
  22. ↑ Zimmerman 2003, p. 133
  23. ↑ Zimmerman 2003, p. 134
  24. ↑ Zimmerman 2003, p. 52
  25. ↑ (en) « American Indians, or Native Americans : How Indians Buried the Dead » (Archive •Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?). Consulté le 20130318
  26. ↑ Un célèbre et mythique discours de 1854 du chef Seattle est fréquemment cité au sujet des rapports des amérindiens à la nature. Cependant il n’existe aucune certitude sur la teneur de ces propos, qui étaient la réponse de ce chef amérindien au gouverneur Isaac Stevens lors de la négociation qui conduisirent les tribus Duwamish et Suquamish à céder leurs terres. Des textes circulent aujourd’hui, souvent présentés comme des transcriptions des paroles de Seattle, mais il ne s’agit que de versions bien ultérieures, se basant sur des sources approximatives et peu fiables. La version du discours la plus fréquemment reproduite semble avoir été imaginée en 1971 par le scénariste américain Ted Perry, et comporte d’ailleurs plusieurs inexactitudes et anachronismes. Toutes ces versions ne doivent pas être considérées comme des sources utilisables d’un point de vue historique.
  27. ↑ Zimmerman 2003, p. 8
  28. ↑ (en) Lewis H. Morgan, Ancient Society, Chicago, Charles H. Kerr & Company,‎ 1907, 70–71, 113 p.
  29. ↑ (en) « American Indians, or Native Americans : Leadership and Government » (Archive •Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?). Consulté le 20130318
  30. ↑ Zimmerman 2003, p. 126
  31. ↑ Zimmerman 2003, p. 127
  32. ↑ Zimmerman 2003, p. 94
  33. ↑ par exemple chez les Apaches, (on leur arrachait les ongles ou la langue) : lire R. Thévenin, P. Coze, Mœurs et histoire..., 2004, p. 83
  34. ↑ G. Havard, C. Vidal, Histoire de l’Amérique française, 2003, p. 95-96.
  35. ↑ (en) Thomas Vennum, American Indian lacrosse : little brother of war, Smithsonian Institution Press, Washington, 1994, p. 28, (ISBN 9781560983026)
  36. ↑ Zimmerman 2003, p. 46
  37. ↑ (en) « American Indians, or Native Americans : Games, Sports, and Ceremonies American Indians, or Native Americans » (Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?). Consulté le 20130318
  38. ↑ Cette classification est retenue dans Anne Garrait-Bourrier, Monique Vénuat, Les Indiens aux États-Unis, 2002 (voir la bibliographie en fin d'article
  39. ↑ a, b, c, d, e, f et g (en) Elizabeth Prine Pauls, « Native American history » [archive], Encyclopædia Britannica (consulté le 21-07-2009)
  40. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 87
  41. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 95
  42. ↑ Debo 1994, p. 24
  43. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 97
  44. ↑ Nathalie Massip, « La “nouvelle histoire de l’ouest” : ré-interprétation, transmission, réception », Cercles, vol. 24,‎ 2012, p. 103-117
  45. ↑ Russel Thorntorn, American Indian Holocaust and Survival..., Norman, Universitry of Oklahoma Press, 1987. Estimation reprise dans A. Garrait-Bourrier, M. Vénuat, Les Indiens aux États-Unis, 2002, p. 23
  46. ↑ Jacques Binoche, Histoire des États-Unis, Paris, Ellipses, 2003, p. 12 ; le Dictionnaire encyclopédique d’Histoire de Michel Mourre avance le chiffre de 1,2 million dans l’article « Indiens », p. 2361 ; « En 1492, on compte environ 1,5 million d’Indiens en Amérique du Nord », d’après André Kaspi, François Durpaire, Hélène Harter, Adrien Lherm, La civilisation américaine, Paris, Presses Universitaires de France, 2004, p. 70
  47. ↑ Bernard Vincent (dir.), Histoire des États-Unis, Paris, Champs Flammarion, 1997,(ISBN 2080813765), p. 13
  48. ↑ Debo 1994, p. 112
  49. ↑ On les désigne sous le terme panis : Philippe Jacquin, Daniel Royot, Go West ! Histoire de l'Ouest américain d'hier à aujourd'hui, Paris, Flammarion, 2002, ISBN 2-08-211809-6, page 52
  50. ↑ a, b et c Renaud 2002, p. 1076
  51. ↑ (en) Phillip M. White, American Indian chronology, Westport Conn, Greenwood Press,‎ 2006(ISBN 978-0-313-33820-5 et 0313338205, LCCN 2006021332), p. 32
  52. ↑ Pierre Lagayette, L’Ouest américain. Réalités et mythes, Paris, Ellipses, 1997,(ISBN 2729847898), p. 64
  53. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 98
  54. ↑ Samuel Gance. Anton ou la trajectoire d'un père. L'Harmattan, 2013, p. 170.
  55. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 10
  56. ↑ (en) Guy E. Gibbon, The Sioux: the Dakota and Lakota nations, Malden, Wiley-Blackwell,‎ 2003, 2e éd. (ISBN 978-1-55786-566-3 et 1557865663, LCCN 2002005374) [lire en ligne [archive]], p. 1-2
  57. ↑ Pour Noam Chomsky, la qualification de génocide ne fait aucun doute : « Ici, aux États-Unis, nous avons commis un génocide. Un pur génocide. Et pas seulement aux États-Unis mais partout sur le continent » dans Comprendre le pouvoir : Tome II, Aden, 2006, p. 58
  58. ↑ Et Howard Zinn ajoute : « la plupart des manuels d'histoire destinés aux enfants passent d'ailleurs rapidement sur tout cela » dans Une histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002, p. 149.
  59. ↑ Charles C. Mann, 1491, Paris, Albin Michel,‎ 2007 (ISBN 978-2-226-17592-2,OCLC 174100643), p. 285
  60. ↑ Charles C. Mann, 1491, Paris, Albin Michel,‎ 2007 (ISBN 978-2-226-17592-2,OCLC 174100643), p. 288
  61. ↑ André Kaspi, François Durpaire, Hélène Harter et Adrien Lherm, La civilisation américaine, Paris, PUF (coll. Quadrige),‎ 2004 (1°éd.), 621 p. (ISBN 978-2-13-054350-3 et 2130543502),p. 74
  62. ↑ a, b, c et d Kaspi et al. 2004, p. 70
  63. ↑ Debo 1994, p. 159
  64. ↑ Debo 1994, p. 163
  65. ↑ a, b et c Kaspi et al. 2004, p. 71
  66. ↑ a et b Renaud 2002, p. 1079
  67. ↑ a et b Kaspi et al. 2004, p. 72
  68. ↑ Garrait-Bourrier et Venuat 2002, p. 74
  69. ↑ a et b Kaspi et al. 2004, p. 74
  70. ↑ Debo 1994, p. 134
  71. ↑ a et b Kaspi et al. 2004, p. 73
  72. ↑ [PDF] D’après le bureau du recensement des États-Unis, table 13,[[« http://www.census.gov/compendia/statab/population/pop.pdf » (Archive • Wikiwix • Archive.is •Google • Que faire ?). Consulté le 20130318 lire en ligne]]
  73. ↑ a, b, c, d, e et f N. Delanoë, « L’identité indienne.. »., 2004
  74. ↑ On peut lire dans le dossier « Indiens d’Amérique », du National Geographic France, no 60, septembre 2004, page 17 que 85 % des Amérindiens résident hors des réserves
  75. ↑ Dossier « Indiens d’Amérique », du National Geographic France, no 60, septembre 2004, page 17
  76. ↑ Chiffres pour l’année 2000, cité dans Statistical Abstract: Population, Bureau du recensement des États-Unis, document Excel,[[« http://www.census.gov/compendia/statab/population/ » (Archive • Wikiwix • Archive.is • Google •Que faire ?). Consulté le 20130318 lire en ligne]]
  77. ↑ Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, 2006, (ISBN 2070779319),p. 492
  78. ↑ 2004 ; Dossier « Indiens d’Amérique », dans National Geographic France, no 60, septembre 2004, p. 15
  79. ↑ Dossier « Indiens d’Amérique », dans National Geographic France, no 60, septembre 2004,p. 14
  80. ↑ Pour les trois premières colonnes, les données viennent du recensement 2000 (voir : Stella U. Ogunwole, We the People : [...],[[« http://www.census.gov/population/www/socdemo/race/censr-28.pdf » (Archive • Wikiwix •Archive.is • Google • Que faire ?). Consulté le 20130318 lire en ligne]]) [PDF] ; Pour les deux dernières colonnes, les chiffres proviennent du dossier « Indiens d’Amérique », dans National Geographic France, no 60, septembre 2004, page 14 ; Taux de pauvreté = Part des personnes vivant sous le seuil de pauvreté ;
  81. ↑ Plus ou moins l'équivalent du baccalauréat français en France
  82. ↑ Dossier « Indiens d’Amérique », dans National Geographic France, no 60, septembre 2004, M04020, p. 16
  83. ↑ Incarné d'abord par des acteurs « blancs », comme Iron Eyes Cody (en)
  84. ↑ Symbolisé par La Chevauchée fantastique.
  85. ↑ Neil Diamond (en), « Hollywood et les Indiens », Rezolution Pictures Inc., 2010
  86. ↑ Kaspi et al. 2004, p. 75
  87. ↑ [PDF] (en) « The American Community. American Indians and Alaska Natives: 2004 » [archive], U.S. Census Bureau,‎ mai 2007 (consulté le 20-07-2009)
  88. ↑ (en) « 2000 Summary File 1 – US Census Bureau » [archive] [PDF], US Census Bureau,‎ 2007 (consulté le 1 novembre 2010)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]
Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]
  • Angie Debo, Histoire des Indiens des États-Unis, Paris, Albin Michel,‎ 1994, poche (ISBN 978-2-226-06903-0 et 2-2260-6903-8)
  • Nelcya Delanoë, « L’identité indienne à l’épreuve de la modernité », Journal de la Société des Américanistes, vol. 90,
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