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SERPENT -  LIBERTAIRE

anarchiste individualiste

Le professeur masqué

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La décision du ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, de vouloir intégrer le contenu relié à l'éducation à la sexualité au cours d'Éthique et culture religieuse (ECR) est pleine de bon sens et résolument pratique quand on connait la réalité scolaire.
 
C'est au secondaire que la situation s'améliorera avec cette décision. En effet, actuellement, chaque école doit s'assurer de donner un certain nombre d'heures d'enseignement relié à la sexualité en intégrant celui-ci dans des cours déjà existants. Dans les faits, la situation varie grandement selon les écoles et semble quelquefois chaotique.  

Qu'on me comprenne bien pour l'avoir en partie fait: enseigner la sexualité ne consiste pas à parler devant les élèves de ce sujet, animer une discussion de groupe ou inviter un conférencier spécialisé (généralement une infirmière ou un sexologue) mais bien à enseigner un programme avec des contenus et des compétences à développer. C'est à la fois précis et rigoureux. On doit développer des séquences de cours, construire des activités qui rejoindront les objectifs prescrits par le MEES. Généralement, c'est aux enseignants de français, de sciences et d'ECR qu'on confie cette tâche dans les écoles. Plus poliment, disons-le, c'est aux enseignants de français, de sciences et d'ECR que le reste de l'équipe-école se débarrasse de cette tâche. En ECR et en sciences, il existe des liens logiques évidents entre cette matière et ce contenu, mais en français...  
 
Bien sûr, il est possible d'y parvenir à travers la lecture d'un roman, par exemple.  Mais encore faut-il trouver une oeuvre adéquate et signifiante au niveau littéraire, en faire acheter au minimum une trentaine d'exemplaires par l'école (où sont les budgets?), la préparer et créer le matériel didactique s'y rapportant. Dans les faits, il faut parfois se livrer à de véritables contorsions pédagogiques dignes du kamasutra pour intégrer (pas aborder mais intégrer) certains contenus dans un programme de français déjà fort chargé et complexe. Et les objectifs du programme d'une année ne se prêtent pas toujours à ceux du programme en sexualité. «Ah! Mais vous avez bien plus de périodes d'enseignement que bien d'autres matières et vous n'avez qu'à lire et écrire des textes sur ce sujet», m'a déjà dit un collègue. Ouaip... j'imagine ça, moi, la rédaction d'une nouvelle littéraire ayant pour thème la syphilis. Quoique si on s'intéresse à Maupassant...
 
Dans la réalité, loin de celle des hautes tours de nos fonctionnaires de la pédagogie, au secondaire, tout est déjà complexe et l'idée d'intégrer le contenu relié à la sexualité correspond très bien à l'adage «Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?» Il est difficile de coordonner l'action de huit enseignants différents pour chaque élève et vouloir intégrer un contenu précis dans divers cours parfois surchargés relève de la haute voltige. Pour ces raisons, ce qui est l'affaire de tous devient rapidement l'affaire de personne.

En prenant cette décision qui indisposera malgré tout certains enseignants, M. Roberge fait le bon choix, surtout si l'on pense à la santé des jeunes Québécois. Et si je peux me permettre: c'est exactement ce que suggéraient plusieurs enseignants il y a de cela des années. Mais on ne les a pas écoutés, préférant perdre temps, énergie et argent. Un bémol cependant: On peut se demander si tous les enseignants d'ECR auront l'agilité de présenter certains contenus disons plus scientifiques.

Reste maintenant à suggérer au ministre de s'intéresser aux différents contenus reliés à l'orientation scolaire et professionnel qui doit aussi être intégré dans différents cours, avec un succès bien relatif.
 
3 commentaires:
Anonyme a dit…

Facile à dire. Vous allez l'enseigner ? Je suis formée en éthique. Je peux savoir le lien ? Qu'il ramène les cours de fps, flushés il y a dix ans au lieu de nous imposer ses lubies. On a crié haut et fort qu'il ne fallait pas faire disparaître fps. Maintenant on va payer pour en se faisant imposer un volet de force dans notre matière qui se fait déjà couper de partout dans les grilles matières des écoles parce qu'on ne nous considère pas importants. On va l'enseigner quand votre volet sexualité, quand on a à peine le temps de voir notre compétence 1 (réflechir de façon éthique). Il serait temps de demander l'avis des profs. Il y en a qui pourraient être surpris.

Unknown a dit…

L'éducation à la sexualité ne se résume pas aux ITSS (la syphilis en est un exemple). Il s'agit aussi de parler d'amitié, d'amour, d'orientation sexuelle, de stéréotypes, de l'influence des médias, etc. Tous des sujets que l'on peut très bien aborder dans le cours de français! Plusieurs organismes se sont alignés avec le programme du MELS, il leur faut simplement du temps pour venir en classe. N'importe quel enseignant peut donner une période par année. C'est vrai qu'il existe des liens logiques entre ÉCR et l'éducation à la sexualité mais pour une seule des deux compétences du programme et les enseignants de cette discipline ne sont pas plus aptes qu'un prof de français pour enseigner des contenus scientifiques comme les ITSS. ÉCR est un cour à part entière avec un programme trop chargé comme n'importe quel autre cours. D'autant plus qu'il est très souvent amputé de 50% de son temps d'enseignement. Enfin, les données probantes en éducation à la sexualité suggèrent que pour que cela soit efficace, il faut que plusieurs adultes, dans l'environnement du jeune, tiennent le même discours, pas un seul associé à une matière en particulier.

Unknown a dit…

Une partie des profs de ECR enseignaient autrefois FPS. Pour eux, le choc est moins grand que pour vous.

SI vous croyez que l'éducation à la sexualité est une «lubie», on a un grave problème de santé publique. Par ailleurs, bien des aspects du programme d'éducation à la sexualité sont reliés à des questions éthiques. Vous suggérez de ramener simplement FPS. Ok. Alors, on enlève quel cours de la grille-matières pour y parvenir? Pour votre information, de mon expérience, le cours le plus souvent coupé des grilles-matières, c'est français.

Enfin, le ministre a l'intention de revoir l'ensemble du cours ECR. Je ne suis pas sûr que bien des éléments cours actuel seront maintenus. 

Unknown:

Je ne crois pas nulle part avoir écrit que l'éducation à la sexualité se résume aux ITSS. 

Par ailleurs, si vous croyez que l'éducation à la sexualité consiste à «parler» de certains sujets, vous gagneriez à aller un peu plus loin. Il ne s'agit pas que de faire venir des spécialistes en classe comme je l'ai écrit plus haut.

Vous écrivez: «Tous des sujets que l'on peut très bien aborder dans le cours de français!» On peut aussi les aborder en anglais, vous savez... Même en ECR.

D'ailleurs, à ce propos, vous écrivez: «C'est vrai qu'il existe des liens logiques entre ÉCR et l'éducation à la sexualité mais pour une seule des deux compétences du programme». C'est une de plus que le français, je crois. 

Vous écrivez: : «les enseignants de cette discipline ne sont pas plus aptes qu'un prof de français pour enseigner des contenus scientifiques comme les ITSS» C'est pourquoi je crois que cet aspect devrait relevèrent partie des sciences pour les questions plus scientifiques. Mais il y a de beaux débats éthiques à avoir sur cette question, croyez-moi. 

Vous écrivez: «D'autant plus qu'il est très souvent amputé de 50% de son temps d'enseignement» Je suis désolé mais, de mon expérience, le cours le plus souvent coupé des grilles-matières, c'est français.

Enfin, vous écrivez: « Enfin, les données probantes en éducation à la sexualité suggèrent que...» Il me ferait plaisir de lire des références à ce sujet. Maintenant, quand on me fournit cet argument, je demande des preuves. 

PM

 
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