Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Patrick Granet

Une majorité des français contre les ordonnances Macron

Alors que le gouvernement essaye de montrer de la fermeté en réaction à l'appel à la grève reconductible de la CGT et de FO dans le secteur routier à partir du 25 septembre, un sondage montre qu'une majorité des français est pour la mobilisation contre les ordonnances Macron.

Mardi 12 septembre, 400 000 personnes ont défilé dans les villes de France pour montrer leur opposition catégorique à la réforme du code du travail engagée par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Premier mouvement de contestation depuis son élection, Macron n’a pas réussi à cacher son mépris de classe en expliquant qu’il ne lâcherait rien, « ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes ». Malheureusement pour lui, une majorité des français ne semble pas apprécier ces discours méprisants, puisque 55% d’entre eux soutiennent le début de ce mouvement selon un sondage Tilder-Opinionway. Ces chiffres sont de la même ampleur que ceux du début du mouvement contre la loi El Khomri au printemps 2016. Au fil de la mobilisation, c’était 70% de la population qui était contre la loi première loi travail. De fait, ce premier sondage est encourageant pour la suite de la mobilisation. D’autant plus que fin août, 80% de la population était convaincue que la réforme du code du travail allait provoquer « un mouvement de contestation sociale généralisée » et que maintenant 50% des sondés pensent que le mouvement « va prendre de l’ampleur », notamment après l’appel à la grève reconductible de la CGT et FO transport logistique, qui va dans ce sens.

La jeunesse en première ligne de la contestation

Le sondage montre que 67% des 18-24 ans et 65% des 25-34 ans soutiennent le mouvement social. La jeunesse, qui voit une fois de plus son avenir s’assombrir avec la réforme, est résolument contre les ordonnances. Déjà le 12 septembre, ils étaient un nombre significatif dans les manifestations alors même que la rentrée universitaire n’a toujours pas eu lieu dans la grande majorité des facs. Macron pourrait faire face à une forte mobilisation dans la jeunesse dans les semaines à venir. Quand on sait le pouvoir électrisant de la jeunesse dans les luttes à échelle nationale, on ne peut qu’espérer, comme la moitié de la population, une montée en puissance de la contestation.

Les retraités plus en accord (pour l’instant) avec le gouvernement

Peu concernés par la réforme du code du travail, les plus de 65 ans sont plus sur la ligne du gouvernement. Ils sont d’ailleurs les seuls à ne pas appuyer la grogne là où les les indépendants comme les salariés du privé et public sont en majorité du côté des manifestants. Mais le sondage ne porte que sur la la réforme du code du travail. On sait que Macron et son gouvernement envisagent de réformer les retraites, ce qui pourrait amener à une baisse considérable de leurs pensions. On imagine sans peine que sur ce sujet les plus de 65 ans auront une autre opinion sur une mobilisation d’ampleur contre le gouvernement. D’autant plus que tous les retraités sont appelés dès le 28 septembre dans la rue contre la casse du système de retraites, et la hausse de la CSG. Une mobilisation qu’il va falloir aussi suivre, étant donnée l’importance électorale donnée aux retraités

Macron en chute de popularité

La raison avancée par le gouvernement pour réformer le code du travail serait que celui-ci est un frein à l’emploi. Pour dynamiser la création d’emploi, Jupiter et son équipe veulent faciliter les licenciements et raboter d’une manière significative les acquis sociaux notamment le CHSCT et les indemnités prud’homales. Cependant, selon le sondage, seules 26% des personnes interrogées considèrent que les ordonnances auront « un impact positif sur l’emploi ». Si ces sondages ne sont pas des éléments qui pourraient forcer Emmanuel Macron à retirer ses ordonnances, en revanche, il révèle un état d’esprit qui commence à se faire ressentir dans la rue et dans les lieux de travail, à savoir la détestation du président Macron. Pour preuve, la cote de popularité du président a chuté de 13 points en deux mois. Cette détestation des ordonnances, qui concerne 60 % des sondés, devra cependant se développer sur un terrain autre que « l’opinion publique » pour gagner, à savoir des actions qui pourraient engager un rapport de force avec le gouvernement.

 

Commenter cet article