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Publié par Patrick Granet

Première tâche d’huile contre la loi travail : l’appel à la grève reconductible des routiers

Une lutte offensive

Jérôme Vérité a assuré que les dépôts de carburants seront concernés par cette mobilisation. En mai dernier, la fédération CGT des transports avait bloqué des dépôts de carburants.

« Ce sera une grève qui aura des conséquences très concrètes sur l’économie française »

Patrice Clos, le délégué FO a de son côté promis des « actions fortes et puissantes », annonce qui irait dans le même sens que son homologue cégétiste. En effet, on pense que les actions de Fo dans ce secteur pourraient bien se traduire par des blocages de sites stratégiques, tels que des dépôts pétroliers.
Ce que prévoient les ordonnances est « un recul social sans précédent », qui en permettant « de s’attaquer aux primes d’ancienneté, entreprise par entreprise (...) attaque frontalement la fiche de paie des routiers français », a expliqué Jérôme Vérité. « Entre le renoncement de Macron sur le cabotage dans la directive travailleurs détachés, plus les accords d’entreprise dans les petites boites, ça fait beaucoup. Dans le transport routier, 90% des entreprises ont moins de 20 salariés. Et tout ce qui touche à leur feuille de paie, ça parle ! » continue-t-il.

Une radicalité nourrit par l’expérience de l’an passé

La veille de cette annonce de grève, des syndicalistes de FO et de la CGT confiaient à L’Express que l’idée d’un mouvement conjoint dans la durée était privilégiée. « L’année dernière, il avait fallu cinq jours de grève reconductible chez les routiers pour que le gouvernement cède sur l’article 2 de la loi Travail », expliquait Jérôme Vérité. Le problème de l’an passé est qu’une fois que le gouvernement avait reculé les directions syndicales avaient sifflé la fin du mouvementlaissant ainsi les autres secteurs seuls dans la lutte. Visiblement, cette fois ci ce n’est pas le cas. Les deux représentants de la CGT et de FO ont tous les deux dit que l’ « on commence avec les routiers » mais qu’ils souhaitaient une « convergence des mobilisations ». Ce qui rentre en résonnance avec le communiqué de la CGT de ce mercredi.

« Notre ambition reste de construire des mobilisations encore plus fortes pour s’opposer à toutes les régressions sociales du gouvernement Macron »

Un bras de fer avec le gouvernement est d’ores et déjà engagé

La CGT a déjà appelé à une autre mobilisation, le jeudi 21 septembre, à la veille du Conseil des ministres consacré aux ordonnances. Alors si le premier ministre, Édouard Philippe, a expliqué ce matin sur France 2 qu’il n’y aurait aucun recul sur la réforme, il faudra peut être qu’il fasse profil bas dans les semaines à venir. Il a réagi en disant ceci : « J’écoute, je suis attentif. Mais je me permets d’indiquer que les Français quand ils s’expriment par leur vote, au moment des élections, ils ont également le droit d’être respectés. Or la réforme que nous mettons en œuvre, elle a été annoncée par le président de la République au moment de l’élection présidentielle ». Il faudra sans doute lui rappeler que Macron a été élu avec le moins de vote lors d’un second tour de l’histoire de la Vème République et qu’il est bien loin d’avoir les 50% de vote de l’ensemble des inscrits sur les listes électorales.

Cette grève reconductible des deux syndicats et l’appel de la CFDT et CFTC est une mauvaise nouvelle pour l’exécutif qui voit le front syndical se renforcer. Cet élargissement du front anti-loi travail est d’autant plus inquiétant pour le gouvernement qu’il s’inscrit dans un calendrier social déjà chargé avec des manifestations en rafale : le 18 septembre, première grève des routiers ; le 21 septembre nouvelle mobilisation de la CGT ; le 23 septembre, manifestation initiée par Jean-Luc Mélenchon ; le 25 septembre, grève reconductible appelée par FO et la CGT Transport ; le 28 septembre, manifestation des retraités contre la hausse de la CSG. Avec, à la clé, le risque pour le gouvernement et l’espoir pour l’ensemble des travailleurs d’une agrégation des mécontentements. Il faut espérer que cette grève reconductible ne soit qu’un début et un exemple pour l’ensemble des syndicats et des travailleurs car cela sera le seul moyen de battre le gouvernement.



 

MOTS-CLÉS

 Loi travail 2   /    routiers   /    Manifestation   /    Grève   /    FO   /    CGT   /    Notre classe

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