Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Patrick Granet

L’Ontario dévoile son plan pour la vente de cannabis

 

TORONTO – À moins d’un an de la légalisation du cannabis au pays, l’Ontario lance une consultation en ligne afin de mieux comprendre les inquiétudes des Ontariens liées au projet de loi fédérale.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Par voie de communiqué, Yasir Naqvi, procureur général de l’Ontario, a noté que d’importantes décisions restaient à prendre pour la province.

«Nous avons besoin d’entendre la population ontarienne alors que nous nous dotons d’une approche de la légalisation qui maintiendra la sécurité de nos jeunes, de nos communautés et de nos routes», a ajouté le ministre.

 

Le gvt ontarien lance une consultation sur internet à propos du projet de loi fédéral sur la légalisation du cannabis  1/2


En avril 2017, le gouvernement fédéral a présenté un projet de loi, qui, s’il est adopté, légalisera et réglementera les activités liées au cannabis dans l’ensemble du Canada d’ici juillet 2018.

Toutefois, le projet de loi du gouvernement de Justin Trudeau laisse une marge de manœuvre aux provinces et territoires afin d’établir la réglementation en ce qui a trait à la distribution, la vente et la consommation de cannabis.

Joint par #ONfr, le bureau du ministre Naqvi a indiqué qu’il était encore trop tôt pour que le gouvernement indique ses préférences quant à l’âge légal de consommation en Ontario.

«Cette consultation nous aidera dans nos décisions et dans l’élaboration des prochaines étapes pour l’Ontario», a indiqué un porte-parole.

Questionné à savoir si le projet de loi fédérale laisse trop peu de temps à l’Ontario pour se préparer, le même porte-parole a assuré que la province travaillait pour être prête pour le 1er juillet 2018.

«Le gouvernement fédéral a instauré une date limite pour la légalisation et c’est un défi pour tous les provinces et territoires. L’Ontario travaille pour arriver à des règlements dans les délais prescrits», a-t-il assuré.

Après le dépôt du projet de loi, Yasir Naqvi avait assuré que le gouvernement ontarien étudiait encore toutes les options législatives «pour assurer que le cannabis soit disponible partout en province, de façon sécuritaire».

«Nous voulons porter une attention particulière pour protéger les jeunes et les plus vulnérables», avait assuré M. Naqvi.

 

CE QUE PRÉVOIT LE PROJET DE LOI FÉDÉRALE:

  • Le cannabis restera illégal au Canada, sauf à des fins médicales, jusqu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, prévue au plus tard pour juillet 2018.
  • L’âge légal de consommation sera fixé à 18 ans minimum ou plus, selon le choix des provinces et des territoires.
  • La possession permise sera de 30 grammes par personne.
  • Il sera possible de cultiver un maximum de quatre plants de cannabis d’une hauteur maximale d’un mètre par résidence.
  • Des appareils de détection de cannabis dans la salive seront mis en place pour permettre à la police de contrôler les personnes qui conduisent intoxiquée.
  • La distribution et la vente seront autorisées et surveillées par les provinces et les territoires.

 

Des inquiétudes dans le milieu

En avril, le directeur général de la Maison Fraternité, à Ottawa, Papa Ladjiké Diouf, avait confié son inquiétude face à la légalisation dans une entrevue avec #ONfr.

«Déjà que les services en français sont les parents pauvres du système de santé, cela va mettre encore plus de pression sur nos ressources qui sont limitées, et ce, alors que la nouvelle législation risque de créer plus de demandes», avait-il lancé. «Nous allons avoir besoin de plus de moyens financiers et de personnel qualifié, notamment pour les adultes, afin de renforcer nos capacités d’accueil.»

Le même type d’inquiétude avait été soulevé par Danielle Plamondon, directrice générale de la Maison Renaissance. Selon elle, il est important d’avoir des services disponibles en français à travers la province.

«En santé et encore plus en matière de toxicomanie, c’est fondamental, car souvent le problème vient de loin. Il faut aller puiser dans les émotions ce qu’il est plus facile à faire dans la langue maternelle du patient.»

En plus de la consultation en ligne, le Secrétariat ontarien de la légalisation du cannabis tiendra au cours des prochaines semaines, une série de discussions d’experts et de séances de consultation sur les répercussions possibles de la légalisation.

Des représentants du monde municipal, des experts en santé publique, des représentants d’organismes d’application de la loi et d’associations communautaires, des porte-paroles des jeunes et des membres de communautés autochtones devraient notamment s’exprimer sur la question.

Commenter cet article