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Publié par Patrick Granet

Il y a 73 ans, l’insurrection de Varsovie

Le 1er août 1944, Varsovie se soulevait contre l'occupant nazi. L'insurrection qui durera 63 jours se fera écraser dans le sang, sous les yeux de l'Armée Rouge à qui Staline avait ordonné de ne pas L’invasion de la Pologne par le IIIème Reich, le 1er septembre 1939, précipite l’Europe dans la Seconde Guerre Mondiale, qui sera la guerre la plus meurtrière des impérialistes. Hitler et Staline, à travers le pacte germano-soviétique, se mettent d’accord pour se partager la Pologne. Le 17 septembre, l’URSS envahit à son tour le pays. Les Polonais subiront la barbarie nazie et l’occupation stalinienne jusqu’au 22 juin 1941, lorsque Hitler déclenche l’opération Barbarossa afin d’envahir l’URSS. L’Allemagne contrôlera la

A l’été 1942, néanmoins, la progression de la Wehrmacht est bloquée devant Stalingrad. Le 22 juin, l’Armée Rouge entame l’opération Bagration qui repoussera, à terme, les troupes allemandes jusqu’en Pologne. En 1944, cependant, les troupes soviétiques s’arrêteront devant Varsovie, sur ordre de Staline.

Face à l’avancée soviétique, la résistance polonaise décide de déclencher, le 1er août 1944, un soulèvement contre l’occupant nazi afin de se libérer elle-même, et ainsi empêcher Staline d’imposer son pouvoir après avoir repris la ville.

En effet, Staline qui avait pensé le projet dès février 43, a chargé ses partisans d’administrer les territoires polonais abandonnés par les troupes hitlériennes à partir du 1er août 1944 depuis la ville de Lublin, créant ainsi un deuxième gouvernement, concurrent de celui en exil à Londres depuis 1939. De plus, les Polonais n’ont pas oublié le massacre de Katyn, l’un des plus importants meurtres de masse perpétrés par le NKVD soviétique, sur ordre de Staline et de Béria, au printemps 1940, contre des milliers de Polonais (22.000 sans

L’insurrection, de l’espoir au désespoir

Malgré tout, les combattants polonais comptaient sur le soutien de l’armée rouge et pensaient bénéficier de ravitaillement aérien de la part des alliés. Mais l’armée rouge ne dépassera pas la Vistule, laissant les Polonais se faire massacrer pour ne pas avoir de résistance face à leur gouvernement fantoche une fois rentrés dans la ville. Radio-Moscou ne manquera pas d’appeler le « peuple frère » à prendre les armes en lui promettant le soutien de l’Armée rouge, qui n’arrivera jamais. L’insurrection contre l’occupant nazi commence néanmoins dans la capitale polonaise.

A 17 h, le 1er août 1944, une bombe explose dans le quartier général de la Gestapo, signal du déclenchement du soulèvement dont les nazis ont eu vent. La résistance, en grande partie des membres de l’Armia Krajowa (pro-gouvernement polonais en exil) et dans une moindre mesure l’Armia Ludowa (communiste), tente de prendre les points stratégiques de la ville. Dans la vieille ville et dans une partie du quartier Wola, l’ensemble des objectifs est quasiment atteint, à la différence du reste de la capitale. Dans le quartier de Mokotow, c’est un échec total. Sur la rive droite de la Vistule, la concentration en troupes allemandes se révèle si forte que les résistants se voient rapidement contraints de regagner leurs caches. Rapidement, les insurgés sont obligés d’adopter une position défensive. L’ensemble des habitants se joignent à l’initiative et érigent des barricades dans toute la ville. Dès le 4 août, des renforts allemands, notamment une colonne de blindés, arrivent et contre-attaquent. Le lendemain, les troupes allemandes reprennent l’ancien ghetto et Entre le 5 et le 8 août, la Pologne va faire face au plus grand massacre de son histoire. Les nazis vont tuer entre 50 000 et 100 000 personnes. Le but ? Étouffer dès le départ toute tentative d’insurrection en terrorisant les habitants de Varsovie, et briser la volonté de se battre des Polonais pour ne pas s’engager dans un combat de rue qui assurerait de nombreuses pertes chez l’occupant. Mais les nazis se rendent bientôt compte qu’ils n’ont fait qu’augmenter la détermination des Polonais. Dans le quartier de Wola, les troupes nazies assassinent sans faire de distinction, aussi bien les vieillards, les femmes et les enfants que les insurgés faits prisonniers, les malades, les blessés et les personnels soignant des hôpitaux du quartier, dont quelques-uns sont brûlés vifs, d’autres égorgés ou abattus à la mitrailleuse. Certains civils sont rassemblés dans les caves des immeubles et les Allemands y mettent le feu. Les troupes n’ont pas obéi aux ordres qui demandaient de stopper le massacre systématique, ils ont continué à violer, massacrer, torturer et brûler tout sur leur passage. Les tristement célèbres divisions Kaminski et Dirlewanger ont participé activement à ce massacre. Jusqu’à mi-septembre, chaque combattant capturé était exécuté sur place. le quartier de Wola, qui sera la cible d’une répression systématique et terrible.

 

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