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Publié par Patrick Granet

JUSQU’AU 1ER NOVEMBRE Record de longévité battu ! L’état d’urgence prolongé pour la 6ème fois consécutive

C’était un secret de polichinelle, c’est désormais officiel. L’état d’urgence a été prolongé une sixième fois par le Parlement, battant par la même occasion le record de durée ininterrompu de cette

137 voix contre 13. C’est le résultat du vote à l’Assemblée Nationale en faveur de la prolongation, pour la sixième fois consécutive, de l’état d’urgence, qui sera donc en vigueur jusqu’au 1er novembre. Seuls les députés de la France Insoumise et les communistes se sont opposés à cette prolongation. Ce résultat était attendu, dans le sillage du vote au Sénat de mardi dernier (312 pour, 24 contre), et devrait être la dernière prolongation d’un dispositif dit « exceptionnel ». Au passage, un triste record est tombé : celui de la durée consécutive de l’état d’urgence depuis sa première instauration lors de la guerre d’Algérie.

En place depuis le 13 novembre 2015, l’état d’urgence – qui aura été surtout utile pour réprimer les contestations sociales, de la loi travail aux manifestations écologistes, permettant l’interpellation et l’assignation à résidence de plusieurs milliers de militants – sera officiellement arrêté à quelques jours de son second anniversaire. Pourtant, cette deadline du 1er novembre ne marquera en aucun cas la fin des dispositions liberticides entamées sous le quinquennat Hollande.

« Je rétablirai les libertés des Français en levant l’état d’urgence à l’automne, parce que ces libertés sont la condition de l’existence d’une démocratie forte » avait déclaré Emmanuel Macron lors de son royal discours devant le Congrès rassemblé à Versailles. Cela, avant d’ajouter que « des mesures renforcées », seront présentées et votées par le Parlement, pour « lutter contre le terrorisme », ce dernier étant défini assez largement pour y inclure toute action contestataire allant à l’encontre des intérêts économiques de l’État. Avec la constitutionnalisation de l’état d’urgence, la date du 1er novembre ne marque en rien la fin des mesures dites exceptionnelles, mais au contraire entérine leur permanence.

Cette politique dans la lignée du tournant autoritaire et bonapartiste entamé à l’automne 2014, et marqué par la mort de Rémi Fraisse sur la ZAD de Sivens, n’a eu de cesse de s’accentuer durant la mandature Hollande, et maintenant sous Macron. Un renforcement autoritaire qui va de paire avec la façon dont le gouvernement est en passe d’imposer des attaques d’ampleur contre le monde du travail, au moyen des ordonnances dès cet été, usant ainsi des mécanismes les plus anti-démocratiques de la 5ème République. 

Contre ce renforcement autoritaire et liberticide, il est nécessaire que l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier, à commencer par les organisations syndicales, prennent en charge la bataille pour nos droits démocratiques contre l’état d’urgence, contre son intégration dans le droit commun. Contre ce renforcement du tournant bonapartiste préventif, il s’agit de batailler pour préparer les combats à venir contre Macron et ses attaques contre le monde du travail et la jeunesse.

mesure « exceptionnelle ».

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