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Publié par Patrick Granet

Suivre ce blog    Rechercher    Administration   Memorial98 Contre le racisme et l'antisémitisme   L'association MEMORIAL98, qui combat contre le racisme, l'antisémitisme et le négationnisme a été créée en janvier 1998, lors du centenaire de l'affaire Dreyfus.   Son nom fait référence aux premières manifestations organisées en janvier 1898, pendant l'affaire Dreyfus, par des ouvriers socialistes et révolutionnaires parisiens s'opposant à la propagande nationaliste et antisémite. Ce site en est l'expression dans le combat contre tous les négationnismes (Arménie, Rwanda, Shoah ...) _______________________________________ __________________________________________ Retrouvez aussi le quotidien de l'info antiraciste sur notre blog d'actus :  __________________________________________________________     ________________________________________________________ Sur les réseaux sociaux :        ____________________________________________ _____________________________________________   Pour correspondre avec nous, nous proposer des articles ou des informations, pour toute question :  contact@memorial98.org ______________________________________________________________________________________________ ________________________________________________________________________________ Archives Juin 2017 Mai 2017 Mars 2017 Décembre 2016 Octobre 2016 Juillet 2016 Juin 2016 Mai 2016 Avril 2016 Mars 2016 Février 2016 Janvier 2016 Articles Récents Rwanda: enfin la vérité sur les responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi ? Enfants cachés et fascisme découvert : combattre le Front National Mémoire et combat: la liquidation du ghetto de Cracovie en Mars 1943 Le premier génocide du XXe siècle: Herero et Nama face à l'Allemagne impériale. Le 9 novembre commémorons la Nuit de Cristal nazie Newsletter Abonnez-vous pour être averti des nouveaux articles publiés. Email exemple@adresse.com  S'abonner Liens Ligue des Droits de l'Homme/section de Toulon Operation Poulpe GISTI, Groupe d'information et de soutien des immigré.e.s Collectif VAN : Vigilance Arménienne contre le Négationnisme Ibuka-France, Mémoire, justice et soutien aux rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi - Rwanda 1994 Luftmenschen 29 juin 2017 Rwanda: enfin la vérité sur les responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi ?                                     Au Mémorial du génocide   Les preuves s'accumulent quant à la participation des pouvoirs publics français et d’institutions financières a l’exécution du crime. Nos amis et partenaires des associations Ibuka, qui regroupe des rescapés tutsi et du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) qui mène un énergique combat judiciaire ainsi que l'ONG Sherpa, portent plainte contre la banque BNP. Ils l’accusent d’avoir favorisé le génocide en finançant la livraison d’armes, malgré l’embargo décidé par l’ONU.   En même temps les mises en cause se multiplient à propos de l’implication de dirigeants français de l’époque. L’attention se concentre sur Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères et surtout à l’époque secrétaire général de l’Elysée à l'époque du génocide, déjà plusieurs fois cité.   A ce moment (1993-1995) Mitterand était président et Balladur chef d’un gouvernement de cohabitation, suite aux élections de 1993. Védrine jouait un rôle capital et bénéficiait de l’entière confiance du président.       Selon le journaliste Patrick de Saint-Exupéry,  spécialiste du Rwanda, fondateur de la revue XXI et qui a dénoncé le génocide dès 1994, un haut fonctionnaire chargé d’examiner les archives de l’Elysée de 1990 à 1994 affirme que les autorités françaises ont bien donné l’ordre de réarmer les auteurs du massacre, alors que ces derniers venaient d’être mis en déroute par le Front patriotique rwandais (FPR). Le fonctionnaire, anonyme mais manifestement très bien informé, qui a eu accès aux archives au moment de leur ouverture par François Hollande en 2015, évoque un document faisant état d’une fronde de certains militaires français contre la décision des autorités françaises de réarmer les génocidaires. En marge de ce document et concernant le trouble de ces militaires, une note manuscrite d’Hubert Védrine insistait sur la nécessité de «s’en tenir aux directives fixées» et donc de livrer les armes.   Selon un autre spécialiste du Rwanda, Jacques Morel, cité par Libération, on retrouve la signature de Védrine en bas d’une note sur une dépêche officielle citée par l’agence Reuters et datée du 15 juillet 1994. La dépêche était titrée: «Paris prêt à arrêter les membres du gouvernement intérimaire rwandais.»  qui avaient orchestré le génocide et qui s’étaient repliés dans les zones sous contrôle français. En marge de la dépêche, Hubert Védrine avait écrit: «Lecture du Président (Mitterand): ce n’est pas ce qui a été dit chez le Premier ministre (Balladur).» A l’appui des révélations de la revue XXI, un ancien militaire engagé dans l’opération française au Rwanda raconte à RFI qu’au début du mois de juillet 1995, donc à la fin du génocide qui s’est arrêté le 17 juillet, , on lui a demandé de « distraire » des journalistes présents sur sa base militaire, le temps de laisser passer un convoi d’armes destiné au génocidaires.     Mitterand et Védrine étaient particulièrement complaisants à l’égard des chefs Hutu, considérés comme favorables à la France, car francophones, alors que les dirigeants Tutsi qui avaient dû se réfugier en Ouganda étaient considérés comme favorables au monde anglophone. De plus Mitterrand défendait la thèse négationniste du « double génocide » selon lequel les torts étaient partagés entre génocidaires et victimes. Ainsi  après le sommet franco-africain de Biarritz en 1994 , il lance à un journaliste qui l’interroge : “De quel génocide, parlez-vous, monsieur ? De celui des Hutus contre les Tutsis ou de celui des Tutsis contre les Hutus ?”                                               Védrine a de son côté défendu l’auteur négationniste Pierre Péan en 2008 lors du procès de ce dernier après la parution de son livre « « Noires fureurs, blancs menteurs ». Le déroulement de ce procès démontre les ressorts et arguments des négationnistes, si proches de ceux qu’on retrouve dans des cas semblables (lire ici le compte rendu qu'en fit Memorial 98)         C’est dans cette sphère du déni qu’agit aussi le juge « anti-terroriste » Jean-Louis Bruguière chargé d’une enquête sur l’attentat qui le 6 avril 1994, toucha l’avion transportant le président du Rwanda Habyarimana,  abattu par deux missiles à son approche de l’aéroport de  la capitale Kigali.   Bruguière, conclut, au terme d’une enquête partiale conduite depuis Paris, sans déplacement sur les lieux de l’attentat, à la responsabilité des rebelles tutsi (FPR) ; il lança des mandats d’arrêt internationaux contre de hauts responsables du FPR au pouvoir à Kigali. Suite aux  conclusions du rapport Bruguière, les thèses négationnistes se renforcèrent et obtinrent une sorte de droit de cité dans le discours public, notamment français. L’attribution au FPR de la responsabilité de l’attentat du 6 avril a servi  à protéger des questions embarrassantes les dirigeants politiques de cette époque de cohabitation : Mitterrand, Balladur, Léotard, Juppé,  Roussin, Hubert Védrine, les responsables militaires et tous les officiels ayant joué un rôle dans la complicité militaire, politique, diplomatique et financière de la France dans le génocide. Bruguière, parti à la retraite avant une carrière politique dans les rangs de l’UMP, son successeur, le magistrat anti-terroriste Marc Trévidic se rendit à Kigali en 2012 , ce que n’avait jamais fait Bruguière, et aboutit à des conclusions totalement inverses sur le déroulement de qui allait constituer le prétexte de la mise en œuvre du crime.   La vérité sur l’attentat du 6 avril est cruciale pour établir les responsabilités et définir les coupables d’un génocide qui était planifié et préparé par des campagnes de haine à l’encontre des Tutsi. C'est en effet le lendemain, le 7 avril 1994 que débutèrent les massacres qui allaient voir la mort d'au moins 900 000 personnes jusqu'à juillet de la même année : des individus définis comme Tutsi, constituant la majorité des victimes, mais aussi des Hutu opposés aux partisans de l'idéologie raciste dite "Hutu Power" D'une durée de cent jours, ce fut le génocide le plus bref et concentré de l'histoire et celui de la plus grande ampleur quant au nombre de morts par jour de tuerie. Fruit d'une idéologie raciste mise en œuvre sur des décennies, ce génocide s'est appuyé, pour diffuser la haine, avant et pendant, sur une forme perverse d'humour, notamment à la Radio Télévision des Milles Collines, mais aussi sur les caricatures déshumanisantes de la propagande génocidaire . Les habitants et les pouvoirs publics  de nôtre pays ont un devoir particulier en ce qui concerne le Rwanda.  En effet, une partie du combat est aujourd'hui celui de la pleine reconnaissance par l’État français de ses responsabilités. Cet État qui prétend parler en notre nom, persiste aujourd'hui à garder un silence complice sur l’implication de l’armée française dans le génocide des Tutsi.   Or le pouvoir Hutu extrémiste a reçu de manière continue et appuyée le soutien des autorités françaises tant au plan politique, militaire que financier, avant, pendant et après le génocide. Toute la vérité doit être faite au sujet de cette implication : tous les documents doivent être rendus publics.     C’est pourquoi nous soutenons et partageons pleinement le combat de nos amis et partenaires de Ibuka, du CPCR et de Survie afin que la vérité se fasse jour et que les coupables éventuels soient jugés. On notera que Védrine est toujours présent sur la scène politique et médiatique. Il semble qu’il soit écouté par le nouveau président français. Il serait même  à l’origine du tournant consistant à s'allier avec Bachar El Assad sous prétexte de « lutter contre le terrorisme » alors que Assad en est le principal responsable et parrain. Vedrine a aussi beaucoup de sympathie « réaliste » envers Poutine.   Il y a quelques jours seulement, la justice des Pays-Bas a émis un verdict historique, bien qu'incomplet et frustrant.  Elle juge que les autorités de son pays a laissé se dérouler le génocide de Srebrenica (un an à peine après celui des Tutsi), sans permettre le sauvetage des personnes qui tentaient de se réfugier dans l'enclave des Casques Bleus néerlandais présents sur place. C'est le résultat d'une longue bataille des victimes et de leurs avocats avec le soutien d'ONG néerlandaises et internationales, mobilisées pour la justice et contre l'impunité. Cette reconnaissance est importante car elle trace la responsabilité des gouvernements qui laissent se dérouler des génocides et crimes contre l'humanité et n'interviennent pas pour sauver des vies humaines. C’est dans le même sens que nous devons agir afin que soit levée la chape de plomb de la dissimulation au nom de la raison d’Etat.   En effet, à l’inverse, l'impunité des auteurs des génocides et massacres représente un facteur évident de récidive et de perpétuation des actes génocidaires.  On se souvient notamment du propos de Hitler trouvant un encouragement dans la manière dont le génocide arménien de 1915 était nié : « Mais qui se souvient encore du massacre des Arméniens ? » déclarait-il dans une allocution aux commandants en chef de l'armée allemande le 22 août 1939, quelques jours avant l'invasion de la Pologne.     C'est pourquoi, plus que jamais et en permanence,  la mémoire des génocides nourrit nos combats.    MEMORIAL 98                        0  Repost 0 Published by memorial98  commenter cet article  4 mai 2017 Enfants cachés et fascisme découvert : combattre le Front National    L'acteur français Victor Lanoux, décédé le 3 mai, a été pendant la Seconde Guerre mondiale, un enfant caché parce que Juif.    Né le 18 juin 1936 à Paris d’un père juif et d’une mère catholique , il est envoyé à l’âge de trois ans avec sa sœur, dans un petit village de la Creuse, dans une famille d'accueil, au début de la guerre. Il y restera tout au long de la guerre. Sa véritable identité, "Victor Robert Nataf", est changée en "Victor Lanoux", nom qu’il conservera pendant sa carrière.   Les "enfants cachés" sont des enfants juifs qui ont été soustraits aux plans d'extermination mis en place par les nazis et leurs collaborateurs , en étant dissimulés dans des familles ou des organismes d'accueil.   En France 60 à 70000 enfants furent ainsi mis à l'abri. Survivants au génocide, ils ont subi de graves traumatismes psychologiques et souvent le deuil de leurs parents exterminés.    Un des exemples tragiques du sort de ces enfants est le destin funeste de ceux réfugiés à la Maison des enfants d'Izieu , raflés par Barbie le 6 avril 1944. Ce jour-là se nouait le sort tragique des 44 enfants et 7 adultes juifs raflés dans ce village de l'Ain qui devait constituer un refuge. Ils furent tous exterminés à Auschwitz, sauf une éducatrice qui survécut. C'est au Mémorial d'Izieu que s'est récemment attaqué Laurent Wauquiez, alors que la résistante SImone Lagrange y avait défendu la mémoire de la Résistance contre les nazis et leurs héritiers    Le sort des enfants raflés au Vel' d'Hiv constitue un autre exemple particulièrement tragique.  En effet, les familles raflées par la police française vers Vel’ d’Hiv’ entre les 19 et 22 juillet 1942 arrivent aux camps de Pithiviers et Beaune-La-Rolande, gérés par l’administration française. Les parents sont rapidement déportés alors que les nazis n’ont pas encore donné leur réponse quant au sort des enfants. La période durant laquelle les enfants internés dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande ont vécu séparés de leurs parents déjà déportés est décrite par les témoins comme un des moments les plus insupportables. Agés de 2 à 15 ans, ceux-ci restent seuls durant plusieurs semaines. Désorientés par l’absence de leurs parents et vivant dans des baraques inadaptées à la présence d’enfants, ils connaissent des conditions d’hygiène catastrophiques. Huit d'entre eux meurent durant cette période. Le 13 août 1942, le service d’Eichmann fait savoir que les enfants doivent également être déportés: ils sont alors transférés vers Drancy et, de là, embarqués dans les convois partant pour Auschwitz.   En France, 11458 enfants juifs furent déportés et massacrés. Serge Klarsfeld a identifié un seul enfant de moins de 16 ans déporté en 1942 et revenu vivant.   Au total, le chiffre des enfants victimes des nazis est d'au moins un million et demi, y compris plus d'un million d'enfants juifs, des dizaines de milliers d'enfants tsiganes, des enfants allemands handicapés physiques et mentaux, des enfants polonais ainsi que des enfants d'Union soviétique occupée.     Sauvetages En plus des démarches individuelles, des organismes héroïques contribuèrent à dissimuler des enfants sous une fausse identité dans des familles et des foyers d'accueil. Un réseau extrêmement bien organisé s'était constitué avec l'aide de l'association juive Œuvre de secours aux enfants (OSE), des Éclaireurs israélites de France, des organisations communistes juives telles le MNCR , mais également des réseaux chrétiens et résistants. Ceux qui les accueillirent font partie des "Justes" qu'on trouve dans chaque génocide, notamment dans le génocide des Arméniens et celui des Tutsi du Rwanda.       Le rapport des fascistes, et parmi eux du FN, envers les enfants issus de l'immigration est particulièrement pervers et violent. Ainsi lors de la campagne présidentielle de 2007, nous avions noté que Jean Marie Le Pen, en meeting à Marseille le 3 Mars de cette année-là, avait ainsi abordé ce  sujet (extrait) : " il  s'en est violemment pris  à l'immigration. Dans son discours il a choisi d'aborder la situation des enfants de parents expulsés. Voici sa formulation exacte, sous forme de pseudo-question : "On me dit, M. Le Pen, si vous renvoyez les clandestins chez eux, avez-vous pensé à leurs enfants ? Bien sûr que j'y pense, ils ne doivent pas être séparés de leurs parents, c'est pour cela qu'ils partiront avec eux"   Cette formulation n'est pas le fruit du hasard. Il s'agit d'une référence directe et voulue à la déportation des enfants juifs décidée par Laval, en utilisant le même prétexte monstrueux "ne pas séparer les enfants  des parents". C'est le chef du FN qui choisit, par l'utilisation de ces termes, de tracer un parallèle parfaitement compréhensible et codé dans l'univers historique de l'extrême-droite française. La salle a d'ailleurs frénétiquement applaudi ce passage du discours . Il ne s'agit pas pour nous de comparer expulsion et déportation vers l'extermination mais de relever la volonté lepeniste de faire appel à cette thématique."   Le 6 juillet 1942, Theodor Dannecker, gradé SS en charge de la déportation des Juifs de France , informait son supérieur à Berlin, Adolf Eichmann : « Le président Laval a proposé que, lors de l’évacuation des familles juives de zone non occupée (sous responsabilité du régime de Vichy) les enfants de moins de 16 ans soient emmenés aussi. Quant aux enfants juifs qui resteraient en zone occupée, la question ne l’intéresse pas »   Dix ans plus tard, en décembre 2016, Marine Le Pen reprenait les attaques envers les enfants, marchant ainsi une fois de plus dans les pas de son père, qui parraine et finance largement sa campagne, au delà de leurs règlements de compte. Celui-ci est toujours président d'honneur du parti qu'il a fondé et transmis à sa fille, laquelle n'a jamais modifié le nom de cet parti marqué par le fascisme.      Marine Le Pen, parlant des enfants, déclare :  "Si vous venez dans notre pays, ne vous attendez pas à ce que vous soyez pris en charge, à être soignés, que vos enfants soient éduqués gratuitement, maintenant c'est terminé, c'est la fin de la récréation !'".  La vulgarité de ses propos renvoie à la haine de l'extrême-droite envers les malades ( voir ici) et les enfants d'origine étrangère.                Tract et visuel diffusés par Memorial 98     Dédiabolisation ?   La supercherie de la "dédiabolisation " du FN a récemment subi quelques accrocs, avec la révélation de la persistance d'un antisémitisme ancré au sommet du FN, chez Marine Le Pen et Florian Philippot.    Il s'agit aussi du négationnisme antisémite, symbolisé notamment par Jean-François Jalkh, le président qu'ils ont voulu placer en intérim et qu'ils ont du retirer en catastrophe face aux révélations sur ses propos concernant à nouveau les chambres à gaz.  La présence massive et le rôle crucial rôle des néo-nazis tels que Frédéric Châtillon, Axel Loustau et Philippe Péninque apparaît au grand jour. Ce groupe d’anciens du GUD dirige la machine financière du FN et pèse d’un poids décisif.   La commémoration de la mort de Brahim Bouarram le 1er mai, symbole de la violence des milices du FN,  a d'ailleurs pris cet année un caractère tout à fait particulier. Elle a lieu a quelques jours du 2e tour de la présidentielle et du succès de ce parti, qui a déjà récolté plus de 7 millions de voix lors du premier tour.                                            Saïd Bouarram appelle à voter contre le FN    Pas d'abstention, ni de vote blanc  Face à une telle permanence des orientations fascistes, racistes, antisémites du Front National, nous appelons à tout faire afin de battre Marine Le Pen, pour réduire l'influence électorale et des idées mortifères. Pas d'abstention, de vote blanc, de "ni-ni". Le pourcentage relatif du FN doit être le plus faible possible. Marion Maréchal Le Pen vient de déclarer que si Marine Le Pen obtenait plus de 40 % des voix au second tour de la présidentielle, « ce serait déjà une énorme victoire qui nous positionnerait à l’avenir comme la seule véritable opposition crédible ». Il s'agit donc le 7 mai, de voter massivement pour Emmanuel Macron, sans que cela signifie aucunement une approbation de son programme ou ses projets   MEMORIAL 98               0  Repost 0 Published by memorial98  commenter cet article  13 mars 2017 Mémoire et combat: la liquidation du ghetto de Cracovie en Mars 1943

Il y a quelques jours au conseil municipal de Fontaine (Isère) un responsable local du FN, conseiller municipal, propose de "récupérer les dents en or" des Roms pour financer leur accueil . C’est un retour du refoulé génocidaire: les nazis "récupéraient les dents en or" de ceux qu'ils exterminaient, les Juifs ainsi que les Roms.

L'extermination des Juifs par les nazis, aidés par leurs alliés, représente une étape cruciale dans la chaîne des génocides qui marquent le vingtième siècle, des Herrero et Namas aux Arméniens, des Roms aux Tutsi du Rwanda, des Musulmans de Srebrenica  aux Cambodgiens.

 

Malgré l'apocalypse de la Shoah, l'antisémitisme, matrice des racismes européens, est  toujours au premier plan, soixante-dix ans après la défaite du Reich nazi .

L'extrême-droite et la droite radicale ont constamment recours à cette forme première de racisme, tout en l'étendant à l'islamophobie et au rejet des réfugiés et immigrants. C'est ce que montrent des cas récents: Marine Le Pen prétendument "dédiabolisée" est financée et parrainée par son père, fondateur du parti dont elle se revendique, antisémite et négationniste avéré. 

 

Dans la campagne du parti "Les Républicains", on a d'abord vu un candidat antisémite excusé et toléré par ses concurrents, puis le recours à une imagerie antisémite contre Macron, puis l'intégration par Fillon du  facho intégriste Charles Millon, ancien président du Conseil Rhône-Alpes de 1998, élu à ce poste grâce à une alliance de sa part avec le FN de Gollnisch et Jean-Marie Le Pen. En raison de cette alliance, Charles Millon a été expulsé d'une cérémonie auMémorial des enfants juifs d'Izieu en 1998, par Simone Lagrange, victime de Klaus Barbie et représentante des déportés.

 

En même temps Memorial 98 a révélé qu'un comédien et metteur en scène à succès, Olivier Sauton, était en fait un compagnon de route de Dieudonné, avec qui il avait co-écrit un film de propagande intitulé "L'Antisémite". Suite aux publications de Memorial 98 et à la découverte de messages antisémites de sa part sur Twitter,  Sauton a finalement été déprogrammé par le théâtre dans lequel il jouait.

 

La campagne de Trump aux USA a eu recours à des thèmes antisémites et complotistes et elle sert de modèle aux nombreux démagogues qui veulent reproduire ses succès électoraux. En Pologne même, le gouvernement ultra-réactionnaire du PiS met en cause la vérité historique de la Shoah et s'attaque aux chercheurs qui contestent sa propagande. En Allemagne le parti raciste et islamophobe AfD abrite en son sein un fort courant ouvertement antisémite et négationniste qui s'est exprimé récemment. 

 

Il est donc d'autant plus important de retracer la réalité de ce que fut l'extermination programmée des Juifs d'Europe, dans les camps , chambres à gaz et autres massacres. Une exposition en cours au Memorial de la Shoah à Paris permet de mesurer la trace profonde de cette tragédie, y compris dans des domaines tels que la bande dessinée et les comics

 

La liquidation du ghetto juif de Cracovie, capitale historique de la Pologne et située à 70 kilomètres du camp d'Auschwitz, eut lieu le 13 et 14 mars 1943. 

Un mois plus tard débutait la révolte du ghetto du Varsovie, alors que la liquidation de ce ghetto avait débuté quelques mois plus tôt en juillet 1942.

La SS et la police planifièrent cette liquidation en obéissant à l'ordre de Himmler d'octobre 1942.  Ce dernier  avait ordonné d'achever la mise à mort des Juifs dans la zone dite du " Gouvernement général de Pologne" et d'incarcérer dans les camps de travail forcé ceux dont le travail forcé demeurait nécessaire pour la machine de guerre nazie.

Le 13 et 14 mars 1943, les SS et les policiers lancèrent l'opération dans le ghetto de Cracovie et tuèrent sur place environ 2000 Juifs, notamment les personnes âgées, les enfants et les malades . 

Deux mille autres, qui étaient capables de travailler, furent transférées au camp de travail forcé de Plaszow, à proximité immédiate.

Ce camp a été rendu célèbre par le film" La Liste de Schindler", notamment à travers la personne de son commandant  SS Amon Göth, habitué à tirer sur les internés depuis le balcon de sa villa,  comme on peut le voir ci-dessous.  L'usine de Schindler se trouvait à proximité du camp et il parvint à sauver des centaines de Juifs.

En , le témoin survivant Mieczyslaw Pemper fut témoin dans le ghetto de Cracovie de scènes où Göth lâchait déjà ses chiens sur les habitants et leur tirait dessus.

En tant que commandant du camp de Płaszów, où l'espérance de vie moyenne était de quatre semaines, Göth était particulièrement redouté des prisonniers, qu'il soumettait à diverses tortures et qu'il exécutait même  par balles. Ses deux chiens, Ralf et Alf, qu'il lançait sur les détenus, terrorisaient ces derniers . 

Poldek Pfefferberg, l'un des juifs de Płaszów sauvés par Schindler , témoigna en ces termes : « Voir Göth, c'était voir la mort. ».

Lors du procès de Göth en Pologne en 1946, suite auquel il fut condamné à mort et exécuté, le survivant  Henryk Bloch rapporta les faits suivants :

« […] Göth ordonna que chacun reçoive cent coups [de fouet], mais tout le monde en reçut plus de deux cents, voire trois cents. Chaque prisonnier devait compter les coups à voix haute ; si une erreur était commise, alors les coups recommençaient à partir de zéro. […] Après avoir été retiré de la table, le prisonnier était littéralement une masse sanglante aux chairs coupées. […] Pendant tout ce temps, un homme criait horriblement. Göth hurla, lui demandant de se calmer et de compter. L'homme ne se calma pas. Göth s'approcha, prit la moitié d'une brique au sol, vint vers la table sur laquelle on était en train de battre l'homme et lui asséna un coup avec la brique, lui fendant la tête en deux. [...] Couvert de sang, le crâne fendu, l'homme se leva de la table, s'approcha de Göth et lui dit qu'il avait reçu sa punition. On lui ordonna de partir et lorsqu'il se tourna, Göth sortit son revolver et lui tira une balle dans la tête. »

Göth, né à Vienne, devient membre de la branche autrichienne du parti nazi en 1930 (avec le numéro 510764)  La même année, il rejoint les SS autrichiens (numéro de membre : 43673). Les nazis autrichiens occupèrent une place centrale au sein de la galaxie nationale-socialiste, suivant l'exemple d'Hitler, lui même d'origine autrichienne. Adolf  Eichmann, lui aussi autrichien, symbolise cette implantation au cœur de la mise en œuvre du génocide.
  

Les trois mille Juifs restants du ghetto de Cracovie  furent déportés àAuschwitz-Birkenau à 70 kilomètres de cette ville, en deux convois, l'un arrivant le 13 mars et l'autre le 16 mars. A leur arrivée, environ 2450 personnes  furent envoyées directement dans les chambres à gaz, les 549 personnes (499 hommes et 50 femmes) y furent internées. 

 

A quelques semaines de l'anniversaire  des génocides Tutsi qui débuta le 7 avril 1994,  du génocide des Arméniens qui débuta le 24 avril 1915, de la révolte du ghetto de Varsovie qui débuta le 19 avril 1943,  nous réaffirmons la nécessité du combat contre toutes les formes de racisme et de discrimination et d'unengagement particulier contre le négationnisme, arme des bourreaux et de leurs défenseurs.

MEMORIAL 98

A voir également dans les publications de Memorial 98:

 Sur le sorts des Roms à Auschwitz

http://info-antiraciste.blogspot.fr/2016/06/memoire-de-la-shoah-decouvertes-vilnius.html

Sur la "Shoah par balles" dès 1941 en Ukraine et sur la répression de la mémoire de la Shoah par les régimes staliniens

 

 

 

En , le témoin survivant Mieczyslaw Pemper fut témoin dans le ghetto de Cracovie de scènes où Göth lâchait déjà ses chiens sur les habitants et leur tirait dessus.

En tant que commandant du camp de Płaszów, où l'espérance de vie moyenne était de quatre semaines, Göth était particulièrement redouté des prisonniers, qu'il soumettait à diverses tortures et qu'il exécutait même  par balles. Ses deux chiens, Ralf et Alf, qu'il lançait sur les détenus, terrorisaient ces derniers . 

Poldek Pfefferberg, l'un des juifs de Płaszów sauvés par Schindler , témoigna en ces termes : « Voir Göth, c'était voir la mort. ».

Lors du procès de Göth en Pologne en 1946, suite auquel il fut condamné à mort et exécuté, le survivant  Henryk Bloch rapporta les faits suivants :

« […] Göth ordonna que chacun reçoive cent coups [de fouet], mais tout le monde en reçut plus de deux cents, voire trois cents. Chaque prisonnier devait compter les coups à voix haute ; si une erreur était commise, alors les coups recommençaient à partir de zéro. […] Après avoir été retiré de la table, le prisonnier était littéralement une masse sanglante aux chairs coupées. […] Pendant tout ce temps, un homme criait horriblement. Göth hurla, lui demandant de se calmer et de compter. L'homme ne se calma pas. Göth s'approcha, prit la moitié d'une brique au sol, vint vers la table sur laquelle on était en train de battre l'homme et lui asséna un coup avec la brique, lui fendant la tête en deux. [...] Couvert de sang, le crâne fendu, l'homme se leva de la table, s'approcha de Göth et lui dit qu'il avait reçu sa punition. On lui ordonna de partir et lorsqu'il se tourna, Göth sortit son revolver et lui tira une balle dans la tête. »

Göth, né à Vienne, devient membre de la branche autrichienne du parti nazi en 1930 (avec le numéro 510764)  La même année, il rejoint les SS autrichiens (numéro de membre : 43673). Les nazis autrichiens occupèrent une place centrale au sein de la galaxie nationale-socialiste, suivant l'exemple d'Hitler, lui même d'origine autrichienne. Adolf  Eichmann, lui aussi autrichien, symbolise cette implantation au cœur de la mise en œuvre du génocide.
  

Les trois mille Juifs restants du ghetto de Cracovie  furent déportés àAuschwitz-Birkenau à 70 kilomètres de cette ville, en deux convois, l'un arrivant le 13 mars et l'autre le 16 mars. A leur arrivée, environ 2450 personnes  furent envoyées directement dans les chambres à gaz, les 549 personnes (499 hommes et 50 femmes) y furent internées. 

 

A quelques semaines de l'anniversaire  des génocides Tutsi qui débuta le 7 avril 1994,  du génocide des Arméniens qui débuta le 24 avril 1915, de la révolte du ghetto de Varsovie qui débuta le 19 avril 1943,  nous réaffirmons la nécessité du combat contre toutes les formes de racisme et de discrimination et d'unengagement particulier contre le négationnisme, arme des bourreaux et de leurs défenseurs.

MEMORIAL 98

A voir également dans les publications de Memorial 98:

 Sur le sorts des Roms à Auschwitz

http://info-antiraciste.blogspot.fr/2016/06/memoire-de-la-shoah-decouvertes-vilnius.html

Sur la "Shoah par balles" dès 1941 en Ukraine et sur la répression de la mémoire de la Shoah par les régimes staliniens

 

 

 

 

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