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Publié par Patrick Granet

L’Etat déporte des réfugiés vers l’Afghanistan. « D’autres attendent, torturés quotidiennement par la police » Nous publions ci-dessous le communiqué affligeant de la Brigade Anti Déportation - La Chapelle Debout, qui en dit long sur les violences infligées par l'Etat français aux réfugiés afghans. mardi 27 juin  0   Aucun d’eux n’est parti !  Contre l’hystérie du pouvoir la résistance de celles et ceux qui ne sont rien et qui sont tout le monde  C’est avec l’accord des exilé.s afghans menacés d’expulsion forcée vers l’Afghanistan par l’Etat français et pour qu’ils puissent rester ici que nous écrivons. Car il s’agit des premières expulsions directes pour l’Afghanistan depuis 2009.  Nous avons testé pour vous l’hystérie du pouvoir et de ses collabos, leur capacité aux mensonges et à la violence, aux harcèlements et au déni.  Nous vous annoncions le 10 juin dans un communiqué la mise en oeuvre d’une série de déportations vers Kaboul devant avoir lieu du 09 au 24 juin, par un État français en marche et aux ordres de la préfecture du Pas-de-Calais.  Nous vous annoncions également notre intention de tout mettre en œuvre pour stopper ces tentatives. C’est chose faite, aucun d’eux n’est parti et tous sont libres aujourd’hui !  Et même si nous ne sommes pas dupes et que leur liberté est toujours contrainte voir entravée, nous voulons crier victoire pour eux, pour nous, pour vous, pour la suite dont rien ne nous dit qu’elle ne s’enfonce pas un peu plus chaque jour dans la pénombre brune.  Quand un État fraîchement investie par une mascarade démocratico-napoléonienne, s’empresse de légitimer les méthodes totalitaristes d’une préfecture, quand ce même État ne prend ni le temps ni la mesure de ce dont il fait semblant d’hériter, nous pouvons affirmer que cet État est tout entier contenu dans ces méthodes et qu’aucune déclaration « humanitariste », ni états généraux, ni plan d’urgence, ni concertations, ne pourront plus masquer ses véritables intentions à part pour celles et ceux dont l’aveuglement n’a d’égal que leur désir secret de collaborer.  Nous savons que pour ces hommes et d’autres à venir la préfecture du Pas-de-Calais fait fi de toute décision de justice. Lorsqu’un juge annule une OQTF pour l’Afghanistan, elle s’empresse d’en délivrer une autre ne laissant plus aucune possibilité de recours.  Nous savons  Nous savons que pour ces hommes l’État a vite capitalisé sur les accords conclus entre l’Union Européenne et l’Afghanistan en octobre 2016, visant à expulser par la force un nombre illimité d’exilé.es afghan.es en échange « d’aides au développement ». Vol direct donc et émission d’un nouveau type de document de voyage, « le Laisser Passer Européen », obtenu en deux jours et qui doit permettre lui aussi de ne plus s’embarrasser comme avant des lenteurs des « pays d’origine » et de leur souveraineté.  Nous savons que rien ne semble vouloir arrêter cette machine administrative qui se libère jour après jour de tout contrôle juridique.  Nous savons que d’autres hommes attendent, torturés quotidiennement par la police qui les menace chaque jour d’un départ imminent : Témoignage de S. que nous venons de rencontrer et en attente de sa déportation : « Everyday the police comes and tells me ’you’ll be deported’. Everyday. It makes me crazy. Sometimes I’m shaking. Everyday since I arrived : Tomorrow, after tomorrow ; tomorrow, after tomorrow. For this reason, I’m happy for the people who got free. » (Traduction de la rédaction : « Tous les jours, la police vient et me dit ’tu vas être déporté’. Tous les jours. Ca me rend fou. Parfois j’en tremble. Tous les jours depuis que je suis arrivé : demain, après-demain ; demain, après-demain. Pour cette raison, je suis content pour les personnes qui ont été libérées. »)  Nous savons que l’étroite collaboration entre les compagnies aériennes (Turkish Airlines / Air France) et l’État fonctionne parfaitement bien.  En une semaine l’État a « joué » à ce qui pourrait ressembler si ce n’était pas au prix de la vie et de la santé de ces hommes, à une parodie inversée de « qui part à la chasse perd sa place » prouvant, s’il était nécessaire, que pour lui et ses collabos ces hommes n’ont ni nom ni visages et sont interchangeables : Le 20 juin, ne pouvant pas déporter la personne prévue pour cause « de papier en Italie », l’État décide de mettre dans l’avion M.I dont le vol était initialement prévu le 24 juin. La résistance de M.I et notre action à l’aéroport ainsi que la mobilisation qu’elle suscite lui permettent de descendre de l’avion.  Qu’à cela ne tienne, le 23 au matin nous apprendrons que Mr I est à nouveau emmené à l’aéroport par la Police Aux Frontières après un très bref passage à l’hôpital. Apprenant une nouvelle tentative de déportation, il s’est mutilé en se lacérant les bras. Grâce à une mobilisation sans faille des membres du collectif et du groupe d’action anti-déportation, une dizaine de personnes sont en temps et en heure à l’aéroport, M.I descendra de l’avion et sera libéré le lendemain.  Le 21 juin, M.N voit son vol pour Kaboul confirmé, les membres du collectif et du groupe d’action anti déportation sont préparés, une vingtaine de personnes sont à l’aéroport, M.N descendra de l’avion.  Comme il ne faut que 2 jours pour obtenir le fameux laisser passer européen, M.N prendra donc la place de M.I dans le vol du 24 juin. C’est M.I qui nous préviendra de ce vol, la police fait tout pour que ce vol soit masqué, au lieu du « tristement » traditionnel vol de 16H20 il programme sa déportation pour 12H25. Seule une action juridique de dernière minute a pu éviter à M.N de partir. Rendons hommage à celles et ceux qui se battent en- core pour que la justice ne soit pas qu’une machine répressive.  Lors des trois dernières actions à l’aéroport les 20, 21 et 23 juin nous avons pu éprouver le durcissement des personnels au sol et des équipages de vol. En effet lors de l’action du 23 juin, des membres du collectif on pu faire face aux pilotes et à son armada. Le mot d’ordre de la compagnie était de répéter en boucle, « il y a un papier officiel, la compagnie a donné son accord nous ne pouvons rien faire », avant de tourner les talons sans états d’âme. Une compagnie aux ordres.  Nous serons donc seul.es, nous qui ne sommes rien, nous qui sommes tout le monde.  Nous allons redoubler de force et de concentration pour transmettre à un maximum de passagères et de passa- gers notre ultime conviction de résistance. Comme des agents contaminants nous en appelons aux femmes et aux hommes du commun, pour faire ce que les gradés et les uniformes ne veulent pas faire : regarder en face, interroger et questionner, en appeler à l’autorité du pilote, pour enfin résister.  Aujourd’hui, ceux auprès de qui nous avons lutté lors de ce marathon anti déportation sont tous sortis du centre de rétention, mais continuer à résister c’est se demander quel est le prix de cette provisoire remise en liberté ? Et pour qui ?  « Dieu qu’ai-je fait pour être traité de la sorte ? Ai je braqué une voiture ? Ai-je cambriolé une maison ? Ai-je agressé un innocent ? Pourquoi m’emprisonnent-ils pendant un mois et demi ? Que veulent-ils ? M’envoyer en Afghanistan, où c’est la guerre ? Ils sont en train de me tuer » Ce sont les paroles de M. I. la veille de sa libération, alors qu’il venait de résister à ce qui sera son dernier em- barquement.  Pour eux le prix des violences et du harcèlement physiques et psychologiques, que la cour européenne des droits de l’Homme pourrait qualifier de « traitements inhumains et dégradants », doux euphémismes pour tortures. Pour eux le prix du déni des droits, de tous leur droits, ceux d’être là, d’être vivants, libres et au monde. Pour nous, le prix du silence et de l’indifférence en attendant pire.  Merci et bravo aux personnes présentes. Merci à celles qui relayent. Ce sont les premières déportations de France directes vers l’Afghanistan. Il est capital que cela se sache et que l’on s’organise partout pour les empêcher toutes pour tous les exilé.es d’ où qu’ils et elles viennent. La liberté concrète de circuler et de s’installer est à ce prix.  Restez mobilisé.es. Inscrivez vous dans les groupes à notre numéro pour être informé.e, pour visiter les Centres de Rétention avec des personnes exilé.es, aller dans les aéroports ou dans les rues ou les Centres d’Hébergement pour empêcher des rafles.  Nous avons besoin de tout le monde !  Cette action le prouve une fois encore, ça ne dépend que de nous !  Mail : collectif.lachapelle.debout@gmail.com Facebook : Collectif La Chapelle Debout          MOTS-CLÉS  Violences policières   /    Réfugiés   /    Société CommentairesLAISSER UN COMMENTAIRE    Visuel Poutou     Les plus lus dans cette section 1Témoignage. Un père et sa fille de 2 ans chargés par la police : « Ils n’ont plus de limite ? » 2Islamophobie. La municipalité de Lorette invente le pictogramme anti-femme voilée 3Violences policières. « On va te violer, on va venir chez toi, on va venir à la Sorbonne vous exterminer toi et tes collègues » 4Saint-Denis : des professeurs dénoncent les violences policières à l’encontre de collégiens 5Les passagers d’un vol Paris-Kaboul empêchent la déportation d’un réfugié afghan    Sur le même sujet  Témoignage. Un père et sa fille de 2 ans chargés par la police : « Ils n’ont plus de limite ? » Témoignage. 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Le campement sauvage, situé entre la voie de circulation de l’autoroute A1 et du périphérique, qui accueillait plus d’un millier de migrants, a été par deux fois évacué, sous prétexte de rixe brutale entre afghans et soudanais. Déjà, en mars et mai dernier, des policiers et CRS, en grand nombre, avaient reçu l’ordre d’évacuer entièrement le camp, dispersant violemment les migrants dans des centres d’accueil d’île de France. Aujourd’hui, ils s’improvisent de nouveau des abris très précaires, faute de places suffisantes dans les centres d’hébergement. Depuis samedi, d’ailleurs, le flux et le reflux du centre sont comme suspendus, aggravant la situation sur place.

Les conditions de vie y sont en effet déplorables. Des centaines de personnes de tout âge survivent sur des parcelles de terres battues encerclées de part et d’autres par un flot incessant d’automobiles. Dans cet enfer innommable, deux mois après son évacuation, une nouvelle vie s’organise, portant, pourtant, les mêmes stigmates que ceux du passé. Migrants dormant à même le sol, déchets qui encerclent les hommes, mais surtout aucun accès à l’eau courante ni même de toilettes ! Face à cette situation d’urgence, le désespoir et l’impatience sont palpables. Le journal Libération, daté de ce jour, rapporte les paroles criantes de vérité et d’injustice du réfugié El Fatih Mohamed, « On vit comme des animaux ! ». À cela, s’ajoute les températures caniculaires de ce début d’été fortement marqué par une hausse notable de degrés. Ces migrants sont donc pris au piège de centres soumis à l’arbitraire du mode d’attribution des places, se retrouvant bloqués dans des conditions inhumaines.

Loin de prendre en charge l’accueil de tous les migrants sur place, l’Etat français ferme les yeux sur l’immense majorité d’entre eux, les laissant dans une errance administrative interminable et bloquant dès lors toute velléité de vie nouvelle mais surtout de vie décente. Le centre de la Chapelle illustre les limites et l’hypocrisie d’une telle politique d’accueil. Censé orienter et aider les migrants dans leur démarche pour une demande de titre de séjour, il n’a pu venir en aide, provisoirement, qu’à quelques 10 000 personnes depuis novembre dernier, reléguant les moins chanceux et les plus nombreux sur les abords de l’autoroute. Des policiers, d’ailleurs, dispersent souvent la queue qui se dessine la nuit pour le centre, à coup de gaz lacrymogène et de violences passées sous silence. Et ceux qui ont la « chance » d’obtenir une place dans le centre vont encore devoir suivre une procédure sensible. Pour pouvoir être orientées vers un lieu d’hébergement, en effet, les personnes ont l’obligation de se rendre dans le centre d’examen de situation administrative (CESA). Leurs empreintes sont relevées et comparées à celles du fichier européen Eurodac. Si le résultat est positif, la préfecture enclenche dès lors une procédure de reprise en charge auprès du pays d’entrée.

Quelle réalité se cache donc derrière l’ouverture de ce centre d’accueil, situé aux portes de la Chapelle ? Humanisme ou « tri » arbitraire de personnes exilées ? L’objectif, affiché par la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, se résumait à réduire les campements et permettre aux migrants de vivre dans des conditions décentes. Mais les campements n’ont pas véritablement disparus puisque les capacités du centre de la Chapelle sont de 400 places contre des milliers de migrants présents dans les rues de Paris. Une politique cynique et ô combien hypocrite ! L’ouverture de ce centre est-elle alors prétexte à un durcissement de la répression contre les migrants ? Il est scandaleux et inhumain de confisquer des couvertures, d’interdire la distribution alimentaire, ou encore d’ériger des blocs de pierres pour éviter que les personnes en errance puissent dormir. Ces mesures répressives ne garantissent en rien le droit de ces migrants, bien au contraire.

Ainsi, face à cet immobilisme du pouvoir public, des associations ou des particuliers s’organisent pour leur venir en aide. Mais c’est toujours le même refrain. A Calais, le tribunal administratif de Lille a même rejeté la demande de création d’un centre d’accueil d’urgence, recommandant simplement la mise en place « de plusieurs points d’eau et de sanitaires » et « un renforcement du dispositif d’accès à des douches, réservée jusqu’à présent aux personnes malades » ayant l’obligation « de laisser les associations continuer à distribuer des repas ». Face à de telles situations paralysées, certains prennent alors le relais, mais à leur frais. Trois habitants du Pas-de-Calais sont en effet jugés pour être venus en aide à des réfugiés. Les tribunaux correctionnels empêchent et condamnent la mise en place de structures de solidarité… En somme, le problème, à défaut d’être résolu, n’est que sans cesse déplacé.

La prise en charge des demandeurs d’asile devrait être une priorité pour le gouvernement, contrairement aux propos insensibles tenus par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, sur la situation de Calais. Celui-ci vient de confirmer son refus de créer un centre d’accueil dans la ville de Calais et préfère réaffirmer un discours sécuritaire. Autrement dit, une volonté de renvoi par-delà les frontières de tous ceux qui peuvent l’être. Argument qui fait consensus au sein de l’Élysée, et qui prouve que le gouvernement Macron sera tout aussi répressif et raciste que le gouvernement précédent. Le président et son ministre souhaitent que ceux qui n’ont pas obtenu le droit d’asile soient directement renvoyés. Autre point sensible qui faciliterait leur renvoi : le règlement de Dublin III qui stipule que chaque réfugié doit demander asile là où ses empreintes ont été enregistrées. Un seul État, ainsi, est responsable de l’examen d’une demande d’asile dans l’Union européenne. Ceux qui ont laissé des empreintes ailleurs en Europe seront donc renvoyés. L’enfer continue donc pour les exilés « dublinés » auxquels il ne restera plus qu’une seule porte de sortie : Calais ou l’Angleterre.

L’urgence recommande d’ouvrir de nouveaux centres d’accueil adaptés cette fois-ci à la réalité du nombre de migrants pour éviter précisément l’apparition de campements sauvages et la généralisation de conditions de vie inhumaines. L’urgence rappelle qu’il n’est pas acceptable de faire vivre des familles entières « comme des animaux ». L’urgence commande de repenser le règlement de Dublin III qui est une « aberration » selon le vice-président d’Utopia 56, Yann Manzi. L’urgence, enfin, c’est de reconnaître que la seule solution de fond face à la « crise » migratoire, c’est d’imposer l’ouverture des frontières et la régularisation de tous les sans papiers, ainsi que d’exiger la fin de la politique impérialiste de l’Etat français dans les pays d’Afrique et du Moyen Orient pour y défendre les propres intérêts de ses multinationales, qui en fait le principal responsable du devenir d’une partie de leur population qui n’ont pas d’autre choix que de fuir la misère et la guerre.

Et quel vain espoir alors pour le « plan migration » présenté le 12 juillet au conseil des ministres, mais surtout pour les migrants, quand le pouvoir public s’empourpre dans une situation à double tranchant ? Entre désir masqué de renvoi massif des personnes exilées et politique d’accueil, somme toute, catastrophique ? La réapparition du campement de la Chapelle, jouxtant le centre d’hébergement, s’affirme alors comme le triste reflet d’un gouvernement qui se refuse à prendre à charge dignement les migrants et qui affirme sa continuité avec la politique menée sur le sujet ces dernières années.

Crédit Photo : Geoffroy Van Der Asselt / AFP

Le campement sauvage, situé entre la voie de circulation de l’autoroute A1 et du périphérique, qui accueillait plus d’un millier de migrants, a été par deux fois évacué, sous prétexte de rixe brutale entre afghans et soudanais. Déjà, en mars et mai dernier, des policiers et CRS, en grand nombre, avaient reçu l’ordre d’évacuer entièrement le camp, dispersant violemment les migrants dans des centres d’accueil d’île de France. Aujourd’hui, ils s’improvisent de nouveau des abris très précaires, faute de places suffisantes dans les centres d’hébergement. Depuis samedi, d’ailleurs, le flux et le reflux du centre sont comme suspendus, aggravant la situation sur place.

Les conditions de vie y sont en effet déplorables. Des centaines de personnes de tout âge survivent sur des parcelles de terres battues encerclées de part et d’autres par un flot incessant d’automobiles. Dans cet enfer innommable, deux mois après son évacuation, une nouvelle vie s’organise, portant, pourtant, les mêmes stigmates que ceux du passé. Migrants dormant à même le sol, déchets qui encerclent les hommes, mais surtout aucun accès à l’eau courante ni même de toilettes ! Face à cette situation d’urgence, le désespoir et l’impatience sont palpables. Le journal Libération, daté de ce jour, rapporte les paroles criantes de vérité et d’injustice du réfugié El Fatih Mohamed, « On vit comme des animaux ! ». À cela, s’ajoute les températures caniculaires de ce début d’été fortement marqué par une hausse notable de degrés. Ces migrants sont donc pris au piège de centres soumis à l’arbitraire du mode d’attribution des places, se retrouvant bloqués dans des conditions inhumaines.

Loin de prendre en charge l’accueil de tous les migrants sur place, l’Etat français ferme les yeux sur l’immense majorité d’entre eux, les laissant dans une errance administrative interminable et bloquant dès lors toute velléité de vie nouvelle mais surtout de vie décente. Le centre de la Chapelle illustre les limites et l’hypocrisie d’une telle politique d’accueil. Censé orienter et aider les migrants dans leur démarche pour une demande de titre de séjour, il n’a pu venir en aide, provisoirement, qu’à quelques 10 000 personnes depuis novembre dernier, reléguant les moins chanceux et les plus nombreux sur les abords de l’autoroute. Des policiers, d’ailleurs, dispersent souvent la queue qui se dessine la nuit pour le centre, à coup de gaz lacrymogène et de violences passées sous silence. Et ceux qui ont la « chance » d’obtenir une place dans le centre vont encore devoir suivre une procédure sensible. Pour pouvoir être orientées vers un lieu d’hébergement, en effet, les personnes ont l’obligation de se rendre dans le centre d’examen de situation administrative (CESA). Leurs empreintes sont relevées et comparées à celles du fichier européen Eurodac. Si le résultat est positif, la préfecture enclenche dès lors une procédure de reprise en charge auprès du pays d’entrée.

Quelle réalité se cache donc derrière l’ouverture de ce centre d’accueil, situé aux portes de la Chapelle ? Humanisme ou « tri » arbitraire de personnes exilées ? L’objectif, affiché par la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, se résumait à réduire les campements et permettre aux migrants de vivre dans des conditions décentes. Mais les campements n’ont pas véritablement disparus puisque les capacités du centre de la Chapelle sont de 400 places contre des milliers de migrants présents dans les rues de Paris. Une politique cynique et ô combien hypocrite ! L’ouverture de ce centre est-elle alors prétexte à un durcissement de la répression contre les migrants ? Il est scandaleux et inhumain de confisquer des couvertures, d’interdire la distribution alimentaire, ou encore d’ériger des blocs de pierres pour éviter que les personnes en errance puissent dormir. Ces mesures répressives ne garantissent en rien le droit de ces migrants, bien au contraire.

Ainsi, face à cet immobilisme du pouvoir public, des associations ou des particuliers s’organisent pour leur venir en aide. Mais c’est toujours le même refrain. A Calais, le tribunal administratif de Lille a même rejeté la demande de création d’un centre d’accueil d’urgence, recommandant simplement la mise en place « de plusieurs points d’eau et de sanitaires » et « un renforcement du dispositif d’accès à des douches, réservée jusqu’à présent aux personnes malades » ayant l’obligation « de laisser les associations continuer à distribuer des repas ». Face à de telles situations paralysées, certains prennent alors le relais, mais à leur frais. Trois habitants du Pas-de-Calais sont en effet jugés pour être venus en aide à des réfugiés. Les tribunaux correctionnels empêchent et condamnent la mise en place de structures de solidarité… En somme, le problème, à défaut d’être résolu, n’est que sans cesse déplacé.

La prise en charge des demandeurs d’asile devrait être une priorité pour le gouvernement, contrairement aux propos insensibles tenus par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, sur la situation de Calais. Celui-ci vient de confirmer son refus de créer un centre d’accueil dans la ville de Calais et préfère réaffirmer un discours sécuritaire. Autrement dit, une volonté de renvoi par-delà les frontières de tous ceux qui peuvent l’être. Argument qui fait consensus au sein de l’Élysée, et qui prouve que le gouvernement Macron sera tout aussi répressif et raciste que le gouvernement précédent. Le président et son ministre souhaitent que ceux qui n’ont pas obtenu le droit d’asile soient directement renvoyés. Autre point sensible qui faciliterait leur renvoi : le règlement de Dublin III qui stipule que chaque réfugié doit demander asile là où ses empreintes ont été enregistrées. Un seul État, ainsi, est responsable de l’examen d’une demande d’asile dans l’Union européenne. Ceux qui ont laissé des empreintes ailleurs en Europe seront donc renvoyés. L’enfer continue donc pour les exilés « dublinés » auxquels il ne restera plus qu’une seule porte de sortie : Calais ou l’Angleterre.

L’urgence recommande d’ouvrir de nouveaux centres d’accueil adaptés cette fois-ci à la réalité du nombre de migrants pour éviter précisément l’apparition de campements sauvages et la généralisation de conditions de vie inhumaines. L’urgence rappelle qu’il n’est pas acceptable de faire vivre des familles entières « comme des animaux ». L’urgence commande de repenser le règlement de Dublin III qui est une « aberration » selon le vice-président d’Utopia 56, Yann Manzi. L’urgence, enfin, c’est de reconnaître que la seule solution de fond face à la « crise » migratoire, c’est d’imposer l’ouverture des frontières et la régularisation de tous les sans papiers, ainsi que d’exiger la fin de la politique impérialiste de l’Etat français dans les pays d’Afrique et du Moyen Orient pour y défendre les propres intérêts de ses multinationales, qui en fait le principal responsable du devenir d’une partie de leur population qui n’ont pas d’autre choix que de fuir la misère et la guerre.

Et quel vain espoir alors pour le « plan migration » présenté le 12 juillet au conseil des ministres, mais surtout pour les migrants, quand le pouvoir public s’empourpre dans une situation à double tranchant ? Entre désir masqué de renvoi massif des personnes exilées et politique d’accueil, somme toute, catastrophique ? La réapparition du campement de la Chapelle, jouxtant le centre d’hébergement, s’affirme alors comme le triste reflet d’un gouvernement qui se refuse à prendre à charge dignement les migrants et qui affirme sa continuité avec la politique menée sur le sujet ces dernières années.

Crédit Photo : Geoffroy Van Der Asselt / AFP


 

Le campement sauvage, situé entre la voie de circulation de l’autoroute A1 et du périphérique, qui accueillait plus d’un millier de migrants, a été par deux fois évacué, sous prétexte de rixe brutale entre afghans et soudanais. Déjà, en mars et mai dernier, des policiers et CRS, en grand nombre, avaient reçu l’ordre d’évacuer entièrement le camp, dispersant violemment les migrants dans des centres d’accueil d’île de France. Aujourd’hui, ils s’improvisent de nouveau des abris très précaires, faute de places suffisantes dans les centres d’hébergement. Depuis samedi, d’ailleurs, le flux et le reflux du centre sont comme suspendus, aggravant la situation sur place.

Les conditions de vie y sont en effet déplorables. Des centaines de personnes de tout âge survivent sur des parcelles de terres battues encerclées de part et d’autres par un flot incessant d’automobiles. Dans cet enfer innommable, deux mois après son évacuation, une nouvelle vie s’organise, portant, pourtant, les mêmes stigmates que ceux du passé. Migrants dormant à même le sol, déchets qui encerclent les hommes, mais surtout aucun accès à l’eau courante ni même de toilettes ! Face à cette situation d’urgence, le désespoir et l’impatience sont palpables. Le journal Libération, daté de ce jour, rapporte les paroles criantes de vérité et d’injustice du réfugié El Fatih Mohamed, « On vit comme des animaux ! ». À cela, s’ajoute les températures caniculaires de ce début d’été fortement marqué par une hausse notable de degrés. Ces migrants sont donc pris au piège de centres soumis à l’arbitraire du mode d’attribution des places, se retrouvant bloqués dans des conditions inhumaines.

Loin de prendre en charge l’accueil de tous les migrants sur place, l’Etat français ferme les yeux sur l’immense majorité d’entre eux, les laissant dans une errance administrative interminable et bloquant dès lors toute velléité de vie nouvelle mais surtout de vie décente. Le centre de la Chapelle illustre les limites et l’hypocrisie d’une telle politique d’accueil. Censé orienter et aider les migrants dans leur démarche pour une demande de titre de séjour, il n’a pu venir en aide, provisoirement, qu’à quelques 10 000 personnes depuis novembre dernier, reléguant les moins chanceux et les plus nombreux sur les abords de l’autoroute. Des policiers, d’ailleurs, dispersent souvent la queue qui se dessine la nuit pour le centre, à coup de gaz lacrymogène et de violences passées sous silence. Et ceux qui ont la « chance » d’obtenir une place dans le centre vont encore devoir suivre une procédure sensible. Pour pouvoir être orientées vers un lieu d’hébergement, en effet, les personnes ont l’obligation de se rendre dans le centre d’examen de situation administrative (CESA). Leurs empreintes sont relevées et comparées à celles du fichier européen Eurodac. Si le résultat est positif, la préfecture enclenche dès lors une procédure de reprise en charge auprès du pays d’entrée.

Quelle réalité se cache donc derrière l’ouverture de ce centre d’accueil, situé aux portes de la Chapelle ? Humanisme ou « tri » arbitraire de personnes exilées ? L’objectif, affiché par la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, se résumait à réduire les campements et permettre aux migrants de vivre dans des conditions décentes. Mais les campements n’ont pas véritablement disparus puisque les capacités du centre de la Chapelle sont de 400 places contre des milliers de migrants présents dans les rues de Paris. Une politique cynique et ô combien hypocrite ! L’ouverture de ce centre est-elle alors prétexte à un durcissement de la répression contre les migrants ? Il est scandaleux et inhumain de confisquer des couvertures, d’interdire la distribution alimentaire, ou encore d’ériger des blocs de pierres pour éviter que les personnes en errance puissent dormir. Ces mesures répressives ne garantissent en rien le droit de ces migrants, bien au contraire.

Ainsi, face à cet immobilisme du pouvoir public, des associations ou des particuliers s’organisent pour leur venir en aide. Mais c’est toujours le même refrain. A Calais, le tribunal administratif de Lille a même rejeté la demande de création d’un centre d’accueil d’urgence, recommandant simplement la mise en place « de plusieurs points d’eau et de sanitaires » et « un renforcement du dispositif d’accès à des douches, réservée jusqu’à présent aux personnes malades » ayant l’obligation « de laisser les associations continuer à distribuer des repas ». Face à de telles situations paralysées, certains prennent alors le relais, mais à leur frais. Trois habitants du Pas-de-Calais sont en effet jugés pour être venus en aide à des réfugiés. Les tribunaux correctionnels empêchent et condamnent la mise en place de structures de solidarité… En somme, le problème, à défaut d’être résolu, n’est que sans cesse déplacé.

La prise en charge des demandeurs d’asile devrait être une priorité pour le gouvernement, contrairement aux propos insensibles tenus par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, sur la situation de Calais. Celui-ci vient de confirmer son refus de créer un centre d’accueil dans la ville de Calais et préfère réaffirmer un discours sécuritaire. Autrement dit, une volonté de renvoi par-delà les frontières de tous ceux qui peuvent l’être. Argument qui fait consensus au sein de l’Élysée, et qui prouve que le gouvernement Macron sera tout aussi répressif et raciste que le gouvernement précédent. Le président et son ministre souhaitent que ceux qui n’ont pas obtenu le droit d’asile soient directement renvoyés. Autre point sensible qui faciliterait leur renvoi : le règlement de Dublin III qui stipule que chaque réfugié doit demander asile là où ses empreintes ont été enregistrées. Un seul État, ainsi, est responsable de l’examen d’une demande d’asile dans l’Union européenne. Ceux qui ont laissé des empreintes ailleurs en Europe seront donc renvoyés. L’enfer continue donc pour les exilés « dublinés » auxquels il ne restera plus qu’une seule porte de sortie : Calais ou l’Angleterre.

L’urgence recommande d’ouvrir de nouveaux centres d’accueil adaptés cette fois-ci à la réalité du nombre de migrants pour éviter précisément l’apparition de campements sauvages et la généralisation de conditions de vie inhumaines. L’urgence rappelle qu’il n’est pas acceptable de faire vivre des familles entières « comme des animaux ». L’urgence commande de repenser le règlement de Dublin III qui est une « aberration » selon le vice-président d’Utopia 56, Yann Manzi. L’urgence, enfin, c’est de reconnaître que la seule solution de fond face à la « crise » migratoire, c’est d’imposer l’ouverture des frontières et la régularisation de tous les sans papiers, ainsi que d’exiger la fin de la politique impérialiste de l’Etat français dans les pays d’Afrique et du Moyen Orient pour y défendre les propres intérêts de ses multinationales, qui en fait le principal responsable du devenir d’une partie de leur population qui n’ont pas d’autre choix que de fuir la misère et la guerre.

Et quel vain espoir alors pour le « plan migration » présenté le 12 juillet au conseil des ministres, mais surtout pour les migrants, quand le pouvoir public s’empourpre dans une situation à double tranchant ? Entre désir masqué de renvoi massif des personnes exilées et politique d’accueil, somme toute, catastrophique ? La réapparition du campement de la Chapelle, jouxtant le centre d’hébergement, s’affirme alors comme le triste reflet d’un gouvernement qui se refuse à prendre à charge dignement les migrants et qui affirme sa continuité avec la politique menée sur le sujet ces dernières années.

Crédit Photo : Geoffroy Van Der Asselt / AFP

 

 

 

 

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