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Publié par Patrick Granet

Le jour de son assassinat, la militante Patricia Troncoso était en grève de la faim depuis le 12 octobre 2007. Les manifestations pour sa libération et celles d’autres prisonniers mapuche avaient été violemment réprimées par la police. La mort de Matías est survenue au milieu d’une forte militarisation des communautés mapuche et face à un processus de récupération de territoires appartenant à leurs ancêtres et spoliés par les entreprises forestières à la faveur d’un vaste plan de développement de plantations de pins et d’eucalyptus mis en place par A. Pinochet par décret « Fomento Forestal », en 1974.

Le 21 novembre dernier nous avons manifesté à Paris pour exiger la libération de la Machi Francisca Linconao injustement détenue depuis le 30 mars 2016 et victime d’un acharnement judiciaire. Depuis cette date, elle a obtenu à trois reprises de changer sa mesure de détention par une assignation à résidence mais, trois fois, cette mesure a été révoquée en moins d’une semaine. Son transfert en prison après qu’elle ait hospitalisée plus d’un mois à l’hôpital interculturel de la ville d’Imperial, pour retarder la détérioration constante de sa santé, a beaucoup choqué l’opinion publique.

La Machi Francisca Linconao est en grève de la faim liquide depuis le 23 décembre dans la prison de Femmes de Temuco et est temporairement hospitalisée au Centre de Médecine Mapuche de Nueva Imperial. La Mission du Collège médical du Chili et l’Institut National des Droits Humains l’ont visitée et ont dénoncé dans un rapport les risques vitaux ainsi que les séquelles que sa grève de la faim liquide lui font encourir.

La Machi a déclaré à la Mission du Collège Médical du Chili : “Je veux vivre mais je suis disposée à risquer ma vie. Je me sens très déprimée de ne pouvoir remplir ma mission spirituelle qui est de soigner les autres, de rendre la santé et le bien-être à ceux qui en ont besoin”.

Liberté immédiate pour la machi Francisca Linconao

En finir avec la militarisation des communautés, la répression policière, l’acharnement judiciaire , la torture, l’humiliation que subissent au sud du chili les membres des communautés et particulièrement les jeunes mapuche victimes de graves violences.