Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Patrick Granet

 avril 2011, on fêtait les 50 ans du vol inaugural de l'astronaute soviétique Youri Gagarine. Et le décès récent de l'astronaute américain Neil Armstrong, le 25 août 2012, a été l'occasion de rendre un nouvel hommage au premier homme ayant marché sur la Lune, en 1969, suivi par 11 de ses compatriotes jusqu'en 1972. La conquête spatiale par des vols habités connaît depuis une longue pause, même si des hommes sont régulièrement envoyés en orbite à bord de la Station spatiale internationale. Mais ces premiers succès ont inspiré les auteurs de science-fiction, pour qui les voyages spatiaux seront monnaie courante dans le futur. La série Star Trek écrite par Gene Roddenberry en 1964, le roman 2001 : L'odyssée de l'espace écrit par Arthur Clarke et adapté au cinéma par Stanley Kubrick (1968) ou des films plus récents, tel Avatar de James Cameron en 2009, l'illustrent. Ces œuvres évoquent souvent les difficultés de la vie dans l'espace, dues à l'absence de pesanteur et à un séjour prolongé dans un espace confiné, sans contacts ou presque avec le monde extérieur.

Malgré le ralentissement de la conquête de l'espace par des astronautes, l'Agence spatiale européenne (l'ESA) et l'Agence spatiale américaine (la NASA) maintiennent des projets d'exploration de Mars ou de retour sur la Lune, fortement motivés par le succès des sondes robotisées martiennes. Or l'une des grandes questions est de savoir comment préparer l'homme physiquement et psychologiquement à des explorations de longue durée dans un milieu – l'espace – particulièrement hostile.

Dès les premiers vols, dans les années 1960, les scientifiques se sont intéressés aux conséquences d'un séjour dans l'espace sur le corps humain. Ces études ont suivi de près les programmes spatiaux russes et américains. Nos connaissances des problèmes liés à la présence de l'homme dans l'espace ont progressé, mais il reste beaucoup de questions ouvertes et de défis à relever avant de pouvoir se lancer dans l'aventure des vols habités de longue durée. Au-delà des limitations techniques actuelles liées au mode de transport, nous allons évoquer les principales difficultés physiologiques liées à l'état d'impesanteur et au rayonnement cosmique, d'une part, et les difficultés psychologiques auxquelles sera confronté un petit groupe devant séjourner en autarcie et de façon prolongée dans un environnement confiné, d'autre part.

Notre compréhension de la physiologie humaine en état d'impesanteur est fondée sur de nombreuses expériences scientifiques, accumulées depuis les débuts des vols habités. L'impact du milieu spatial sur le corps d'un astronaute n'était pas connu : il importait donc de mesurer le plus possible de paramètres physiologiques afin de comprendre comment le corps humain se comporte dans cet environnement. Les recherches actuelles prolongent les résultats des premières missions russes et américaines, avec la différence appréciable qu'avec la fin de la guerre froide, une coopération scientifique internationale s'est mise en place.

La différence la plus frappante entre la vie sur Terre et dans l'espace est l'absence de pesanteur, qui conduit les astronautes à flotter dans leur vaisseau. Si l'impesanteur est naturelle à grande distance des planètes, pourquoi observe-t-on ce phénomène à bord de la Station spatiale internationale – à moins de 400 kilomètres d'altitude – alors que la gravité terrestre n'y est pas nulle ? La station est bien attirée par la Terre dans un mouvement de « chute libre ». Toutefois, elle ne tombe pas en ligne droite, car une vitesse latérale adéquate, imprimée dès le départ, lui permet de chuter en permanence, en décrivant une orbite régulière autour de notre planète. De même, la Lune est en « chute libre » sur la Terre, même si elle décrit une orbite à peu près circulaire.

L'astronaute, à bord de la station en chute libre permanente, est lui-même en chute libre,...

 
 



 

 



 
 
 



 

 

38
 

s spatiales de très longue durée. 

- L’impesanteur a des conséquences néfastes sur le corps humain. L’exercice physique permet de les limiter. 

- Une longue exposition aux rayons cosmiques peut déclencher des tumeurs. Des boucliers adéquats sont à l’étude. 

- L’impact psychologique du confinement et de l’isolement devra être atténué.

L'auteur

Nathalie Pattyn est professeur de psychologie biologique à la Vrije Universiteit Brussel et à l'École royale militaire de Belgique, au sein de l'unité de recherche VIPER (VItal signs and PERformance monitoring).

Pierre-François Migeotte est chercheur également dans l'unité de recherche VIPER.