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Publié par Patrick Granet

Publication des "enragés" consacrée au fascisme et sur laquelle il faut revenir en détails, puisque c'est un concentré des errements lamentables que l'on peut lire sur les sites gauchistes traitant du sujet.

Ces gens ne font que servir de relais à la propagande bourgeoise, qui n'a jamais de mots assez durs pour dénoncer la "haine" et ainsi entraîner le prolétariat dans le marais interclassiste démocratique, ou pire encore, dans la défense intransigeante de la "religion des opprimés", menacée parait il, par la peste brune.

Non, mille fois "non", le fascisme n'est pas la manifestation d'une petite bourgeoisie effrayée par sa future prolétarisation, même si cette dernière a servi de bélier à Mussolini et Hitler, mais l'expression des besoins de la bourgeoisie dans certains pays et à un moment historique déterminé, qui brillent aujourd'hui par leur absence.

Imaginer un seul instant que la bourgeoise prenne au sérieux les program­mes économiques issues de la sphère populiste, relève au mieux de la blague ! Sortir de la zone euro, comme le propose le FN, impliquerait une totale incapacité du pays à soutenir la concurrence économique face aux autres capitaux nationaux. Et je n'ose parler des délires protectionnistes qui une fois mis en oeuvre, entraîneraient d'inévitables mesures de rétorsions, privant ainsi la bourgeoisie française de l'accès au marché mondial, quand les gigantesques forces productives sont condamner à étouffer dans les plus brefs délais dans le cadre national ! Toutes ces mesures avancées sont fantaisistes et ne seront jamais appliquées dans les circonstances présentes par les secteurs responsa­bles de l'économie nationale.

N'en déplaise aux "enragés" qui voient dans le FN un parti caméléon capable de se radicaliser dans les plus brefs délais - sans nous expliquer pourquoi et comment ? - et contre lequel il faudrait inlassablement lutter, l'histoire récente nous montre que pour accéder au pouvoir, les partis "populistes" actuels doivent renier leur pro­gramme, abandonner une partie de leurs oripeaux idéologiques et se reconvertir en aile droite ultra-libérale et pro-européenne. Par exemple, le MSI de Fini en Italie qui en 1995 a rompu avec l'idéologie fasciste pour adopter un credo libéral et pro-européen. De même, le FPÔ d'Haider en Autriche a dû s'aligner sur un "programme responsable et modéré" pour pouvoir exercer des responsa­bilités gouvernementales. Il en sera de même pour Marine Lepen, qui ne cesse de montrer sa bonne volonté à la classe dirigeante en virant du parti les ex atroces SS et leur programme économique, tout juste bon à foutre à la poubelle. Nous sommes loin des pitreries de nos "enragés", qui expliquent sans rire que, je cite, "A certains endroits, elle - la tentation du fascisme - est sans doute réalisable, et même déjà en voie de réalisation." sans la non plus, avancer le moindre exemple pour démonstration.

En réalité, la poussée des partis " populistes " est une expression caractéristique du pourrissement sur pied de la société capi­taliste, du délitement du tissu social et de la dégradation des rapports sociaux qui tou­chent toutes les classes de la société, y compris une partie de la classe ouvrière. La percée des partis d'extrême droite corres­pond à la résurgence, à l'agrégat des idéolo­gies les plus réactionnaires et rétrogrades accumulées dans toutes les phases histori­ques du capitalisme par les secteurs laissés­ pour-compte les plus arriérés et dépassés, notamment la petite bourgeoisie boutiquière ou paysanne : le racisme, la xénophobie, l'exaltation autarcique de la " préférence na­tionale ".

Pour la classe ouvrière, cette idéolo­gie réactionnaire représente un véritable poison qui intoxique et pourrit les conscien­ces individuelles, un obstacle majeur au développement de la conscience de classe, auquel "l'antifascisme", qui détourne le prolétariat de son terrain de classe ou il s'oppose à la bourgeoisie pour l'envoyer dans le marais de la lutte fascisme / démocratie, ou jamais les rapports de propriété capitalistes ne sont remis en cause, s'avère être le pire antidote qui puisse exister. A travers l'idéologie antifasciste, la bourgeoisie en actionnant des gauchistes hystériques et braillards, démontre sa capacité à retour­ner les miasmes de sa propre décomposition contre la conscience de classe des prolétai­res.

Un article du CCI explique les raisons qui pousseront les bourgeoisies allemandes et italiennes à choisir l'option fasciste dans la première moitié du XXème siècle, et elles ne tiennent pas du hasard :

"Dans les années 1920 et 1930, l'accession au pouvoir des régimes fascistes a été favo­risée et soutenue par de larges fractions nationales de la classe dominante, en parti­culier par les grands groupes industriels. En Allemagne, de Krupp à Siemens en passant par Thyssen, Messerschmitt, IG Farben, re­groupés en cartels (Konzerns) qui fusion­nent capital financier et industriel, celles-ci contrôlent les secteurs clés de l'économie de guerre, développée par les nazis : le charbon, la sidérurgie, la métallurgie. En Italie, les fascistes sont également subventionnés par les grands patrons italiens de l'industrie d'armement et de fournitures de guerre (Fiat, Ansaldo, Edison) puis par l'ensemble des milieux industriels et financiers centralisés au sein de la Confinindustria ou de l'Associa­tion bancaire. Face à la crise, l'émergence des régimes fascistes a correspondu aux besoins du capitalisme, en particulier dans les pays vaincus et lésés par l'issue du premier conflit mondial, contraints pour survivre de se lan­cer dans la préparation d"une nouvelle guerre mondiale pour redistribuer les parts du gâ­teau impérialiste. Pour cela, il fallait concen­trer tous les pouvoirs au sein de l'Etat, accé­lérer la mise en place de l'économie de guerre, de la militarisation du travail et faire taire toutes les dissensions internes à la bour­geoisie. Les régimes fascistes ont été direc­tement la réponse à cette exigence du capital national." (1)

Nous touchons la une condition essentielle du fascisme qui reste avant tout une économie de guerre, ce que nos pauvres "enragés" dissertant dans le néant total, ignorent. Il EXIGE une option impérialiste réalisable et particulière, dont la bourgeoisie française est dénuée.

(1)

 
Deux événements récents ont illustré la montée des partis d'extrême droite (ceux d'entre eux désignés comme "populistes") en Europe :
FR.INTERNATIONALISM.ORG
 
 

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