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Publié par Patrick Granet

LE SCAN POLITIQUE - Le candidat déclaré à l'investiture communiste regrette aussi «un culte de la personnalité» autour du candidat de la France insoumise.

Le 5 novembre, un véritable psychodrame se nouait place du Colonel Fabien. Pour la première fois, les délégués communistes désavouaient leur secrétaire national Pierre Laurent concernant l'orientation future du parti. Alors qu'ils devaient choisir entre une candidature autonome, qui n'était «pas l'option privilégiée» par leur dirigeant, et un soutien à Jean-Luc Mélenchon, le parlement du PCF a rejeté la seconde option. Pour trancher définitivement cette question, les militants communistes sont à leur tour appelés à écarter une de ces deux options de jeudi à samedi.

Pour dissuader les siens d'opter pour le candidat de la France insoumise, André Chassaigne a brandi la menace de l'extinction du parti. «Si ce choix de rallier Jean-Luc Mélenchon est fait, je le dis avec une conviction voire une forme d'émotion dans la voix, je crois que c'est véritablement un coup fatal qui sera porté au Parti communiste», a expliqué le président du groupe communiste à l'Assemblée nationale, invité de l'émission Questions d'info, diffusée sur LCP. «Nous n'aurons plus droit à la parole dans cette campagne présidentielle, on (ne) sera absolument porteurs de rien, je suis très inquiet par rapport à ça», anticipe l'élu.

Il critique d'ailleurs le choix de Pierre Laurent et de la direction. D'après lui, ils «se sont ralliés à la candidature de Mélenchon, non pas par conviction sur la conception de (sa) pratique politique ou du rassemblement» mais par «crainte que les candidats de (la France insoumise) aux élections législatives puissent empêcher certains candidats communistes de reprendre des sièges qui ont pu être perdus par exemple en 2012». Une perspective qui n'effraie pas l'élu communiste, candidat à sa succession aux législatives de juin 2017. «Je sais que j'aurai un candidat de la France insoumise contre moi puisque tous ceux qui s'élèvent contre le candidat autoproclamé “JLM” sont considérés comme étant des ennemis à abattre», a-t-il déploré,avant d'ajouter qu‘au Parti communiste, «on a vu le résultat du culte de la personnalité». Et d'attaquer: «Moi, je n'ai pas l'habitude de vendre mon âme pour un plat de lentilles».

Cette prise de position n'est pas anodine. Rival de Jean-Luc Mélenchon en 2011, lorsque le PCF s'est allié au leader du Parti de Gauche au sein du Front de Gauche, la candidature d'André Chassaigne à la présidentielle avait été écartée par les membres de son parti. De nouveau candidat dans l'hypothèse d'une candidature autonome du PCF, l'élu «considère qu'il faut qu'on présente un candidat du Parti communiste français» car il croit «qu'on a encore besoin dans ce pays d'un parti communiste, parce que ce parti a marqué l'Histoire».