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Publié par Patrick Granet

ais le combat est également sémantique... Clin d’œil à Klemperer, P. D-L nous offre une savoureuse analyse du terme de « lanceur de balles de défense », un chef-d’œuvre de litote ! Plus largement, tout terme qualifiant l’arsenal policier nie la violence déployée, tandis qu’à l’inverse, les manifestants et manifestantes sont diabolisé.es (« casseurs »…), voire réifié.es par les discours des agents en service et de leurs supérieurs. Bien plus, la complaisance servile de politiciens qui parient sur une alliance avec les syndicats de la police pour parvenir (ou rester) au pouvoir, les pousse à ajuster leurs interventions sur ce paradigme. Et la droitisation galopante des médias de ces dernières années aide la doxa sécuritaire à fleurir, et les blessé-e-s graves à disparaître des discours.

S’ouvrant sur la mort de Rémi Fraisse, et sur un examen de l’appareil d’État immédiatement mis en branle pour en étouffer les conséquences politiques, ce texte écrit avant les attentats du 13-Novembre, et avant les mouvements contre la loi travail, dresse un état des lieux glaçant de la situation aujourd’hui. Et s’achève sur l’idée que la question n’est plus de savoir si de nouveaux seuils seront franchis dans les violences policières, mais de trouver comment nous organiser pour y résister.

Mélanie (amie d’AL)

  • Pierre Douillard-Lefevre, L’Arme à l’œil. Violences d’État et militarisation de la police, 2016, 86 pages, 8 euros.

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