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Publié par Patrick Granet

 

Les fonds de pension, c’est du racket ! La preuve par le Chili, ou le mouvement social lutte depuis des années pour un système de retraites plus efficace et égalitaire. La grève générale du 4 novembre a marqué un pic dans la mobilisation.

Le mouvement national « No+AFP » (qui réunit plus de 50 organisations politiques, syndicales et territoriales) appelait ce vendredi 4 novembre à un « blocage national », composé d’un appel à la grève dans tous les secteurs, d’un appel aux actions de blocage, d’un appel à manifester et à une casserolade dans la soirée.

Ce mouvement, qui s’élargit depuis plusieurs années, revendique la fin du système privé de retraite par capitalisation, imposé sous la dictature par José Piñera, et le passage à un système tripartite par répartition.

Actuellement, pour espérer toucher une retraite, les Chiliennes et les Chiliens sont obligés de cotiser à l’une des six administrations de fond de pension (AFP) existant sur le marché. Selon le FMI, en 2004, deux tiers des travailleuses et des travailleurs cotisaient à ces AFP, dont le total des actifs s’élevait à 59 milliards de dollars, soit un peu plus de 60% du PIB.

Le problème est que les pensions de retraite versées sont très variables — puisqu’elles dépendent des cours de la bourse —, très faibles et inégalitaires. Les hommes ne touchent en moyenne que 38% du revenu qui était le leur durant leur vie active, et les femmes 28%.

Lire aussi : « Chili : anéantir l’héritage de Pinochet », Alternative libertaire, novembre 2016

Le mouvement se construit depuis plusieurs années et s’est renforcé ces derniers mois. La journée du 4 novembre en est le sommet. Les actions de blocage ont commencé à 6h du matin, dans tout le pays. Le ministère de l’Intérieur a déclaré avoir compté vingt-six « foyers de perturbations » dans le pays, dont 16 à Santiago. La diversité des actions montre bien l’éventail des forces politiques qui soutiennent le mouvement : coupures de routes avec distributions de tracts, occupations de stations de métro, blocages d’universités, barricades enflammées. Dès le matin, la répression a été assez importante, menant à des affrontements avec la police et à une soixantaine d’arrestations. La presse, en écho parfait avec la communication du gouvernement, s’est focalisée sur les violences, et le porte-parole de « No+AFP » s’en est totalement désolidarisé.

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