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Publié par Patrick Granet

Le 31 octobre 1517, un moine affiche sur la porte de l'église de Wittenberg (Saxe) 95 thèses où il dénonce les scandales de l'Église de son temps.

Sans s'en douter, Martin Luther jette ainsi les bases d'une nouvelle confession chrétienne, le protestantisme.

L'Europe religieuse

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L'Europe religieuse (droits réservés : Alain Houot)
Aux alentours de 1500, la chrétienté occidentale est en pleine ébullition. Les conditions de vie s'améliorent, surtout dans les villes où les échanges commerciaux et l'artisanat favorisent l'émergence d'une bourgeoisie riche et relativement instruite.

L'invention de l'imprimerie met la lecture à la portée du plus grand nombre et l'on prend goût à lire dans le texte et commenter les écrits évangéliques sur lesquels se fonde l'enseignement de la religion chrétienne. Aussi le geste de Luther a-t-il immédiatement un profond retentissement en Allemagne...

L'enchaînement des passions va entraîner une scission religieuse sans précédent en Europe et la constitution d'Églises rivales de Rome, les Églises dites protestantes ou réformées.

Un moine inquiet

Martin Luther, né 34 ans plus tôt, s'est très tôt interrogé sur les moyens d'accéder à la vie éternelle. Ses réflexions l'ont conduit à dénoncer la hiérarchie catholique de son temps, dédaigneuse du message de l'Évangile.

Le premier des scandales que dénonce Luther dans ses 95 thèses est l'abus qui est fait des indulgences. Il s'agit des aumônes que le clergé récolte contre la promesse d'un allègement des peines qui attendent les pécheurs au Purgatoire, antichambre du Paradis.

Naissance d'une nouvelle religion

Portrait de Martin Luther, d'après Lucas Cranach L'AncienLes 95 thèses affichées à Wittenberg ont un profond retentissement en Allemagne. Mais le Saint-Siège et les princes allemands tardent à les condamner.

De son côté, Martin Luther ne tarde pas à entrer résolument en dissidence contre Rome qu'il présente comme la « rouge prostituée de Babylone ».

Il dénie à l'Église le pouvoir d'effacer les peines dans l'au-delà et formule une doctrine de la grâce divine en rupture avec la pratique catholique.

Considérant que les chrétiens n'ont pas besoin d'intermédiation pour aimer Dieu, il condamne la fonction cléricale et la vie monastique. Des pasteurs mariés suffisent pour guider le peuple dans la lecture des Saintes Écritures.

Les idées de Luther se répandent comme une traînée de poudre en Allemagne. Les prêtres se marient, les moines et les religieuses abandonnent leur couvent... Le prédicateur prend les choses en main et organise la nouvelle confession.

Tandis que l'Europe centrale se déchire entre catholiques et protestants, l'homme qui est cause de tout cela finit sa vie paisiblement en 1546 à Eisleben, sa ville natale.

La Fête de la Réformation

Le 31 octobre, anniversaire des 95 thèses de Luther, est commémoré par les protestants sous le nom de Fête de la Réformation.

Quant à la « Confession de foi d'Augsbourg », elle fédère encore 65 millions de fidèles des églises luthériennes, principalement en Allemagne, en Scandinavie et dans les régions américaines d'immigration allemande.

 
 
Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Mga (09-01-201619:34:49)

A la question de HB: "Pourquoi cette haine de Martin Luther à l'encontre de la révolte des paysans ?"

Je réponds:
Cela est à mon sens plutôt bien mis en valeur dans le livre "Histoire de la révolution française, Tome premier" de Louis Blanc.
Martin Luther, conscient lui-même des excès de sa doctrine, présage la suite du soulèvement contre l’Église (dans la continuité de Jan Hus): le soulèvement contre toute autorité, même royale.
C'est ainsi qu'il fit la distinctio... Lire la suite

Benoit de BIEN (01-11-201516:52:24)

Excellent article par lequel à 80 ans (!) j'apprends Luther et le contexte de son action. Merci.

HB (01-11-201515:30:54)

Pourquoi cette haine de Martin Luther à l'encontre de la révolte des paysans ?

alain le joncour (10-03-201016:25:18)

Dans le même souhait de rachat des fautes commises à l'encontre des préceptes de l'Eglise il est bon de rappeler que certains " vendaient" leurs enfants ! Oblat était leur nom !!! leur enfance et leur adolescence était dévolue à l'Eglise et ils ne retrouvaient leur liberté qu'à leur majorité... 

Herodote.net précise : 
Les enfants n'étaient pas "vendus" mais "offerts" à l'Église pour que celle-ci pourvoit à leur éducation et, si possible, les hisse à la dignité de moine et c... Lire la suite


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