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Publié par Patrick Granet

Le 1er décembre 1916, le père Charles de Foucauld est tué dans son ermitage de Tamanrasset, au coeur du Sahara. Il a 58 ans.

Sa mort survient dans des conditions obscures : on ne sait s'il a été assassiné par des bandits touaregs ou tué par inadvertance par le jeune bédouin chargé de le protéger ?

Elle passe inaperçue en France où les esprits sont davantage préoccupés par la boucherie de la Grande Guerre que par la mort d'un missionnaire.

Après bien des débats, l'Église catholique a choisi le 13 novembre 2005 de béatifier l'officier libertin devenu ermite.

Jeanne Lafont
Un saint hors du commun

Officier issu d'une riche famille de Strasbourg, le vicomte Charles Eugène de Foucauld perd la foi à 16 ans. Révolté de naissance, il passe son bac à 14 ans mais sort bon dernier de l'école de cavalerie de Saumur Saint-Cyr. Il mène en garnison une vie de patachon et de débauche, se signale en Algérie par ses conquêtes féminines et gagne le surnom de « lettré fêtard ».

Le père Charles de Foucauld (15 septembre 1858, Strasbourg ; 1er décembre 1916)Il divorce enfin de l'armée en 1882, à 24 ans, et claque la fortune familiale dans les casinos.

Après plusieurs voyages au Maroc et dans le sud algérien et tunisien, il se convertit soudain lors d'un passage à Paris, à l'église Saint-Augustin. Il a alors 28 ans.

Charles de Foucauld fait un pèlerinage à Jérusalem puis entre au monastère trappiste de Notre-Dame-des-Neiges, dans l'Ardèche. Après un nouveau séjour en Terre sainte, il est ordonné prêtre le 9 juin 1901 et la même année se rend en Algérie.

Sa longue errance se termine en 1905 par son installation dans une pauvre cabane de pierre à Tamanrasset, dans le massif du Hoggar, au coeur du Sahara algérien. Il apprend la langue des habitants de la région, les Touaregs, en caressant le rêve de les amener à la foi chrétienne par sa présence et son exemple, sans se faire d'illusion sur la difficulté de la tâche. Mais il défend aussi ses voisins contre les abus de l'autorité coloniale.

Son exemple, fait d'humilité et d'ouverture aux autres, a inspiré de nombreux groupes religieux, créés après sa mort et rassemblés au sein d'une association, la « famille spirituelle Charles de Foucauld ».

Publié ou mis à jour le : 2015-10-23 17:39:37

 
Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Hervé Courtaigne (27-11-201622:47:45)

La version officielle de la mort de Charles de Foucauld est celle d'une banale razzia durant laquelle un jeune membre du rezzou frustré de la pauvreté de sa part tira le coup fatal. Laperrine avait bien encouragé cette implantation à Tamanrasset, mais qu'avons-nous comme preuve d'une activité pleine de duplicité qui excède le simple nationalisme "banal" de l'époque dans sa couche sociale?

kourdane (01-12-201418:22:04)

en 1971 j'étais sur l'Assekrem ! j'y ai rencontré un des frères qui vivait à Tamanrasset.
Déjà a cette époque l'histoire était du passé, que reste t'il aujourd'hui ?
Il fut l'instigateur d'un lexique et de la grammaire tifinar.

Jean MARTIN (25-11-200619:07:17)

Il est regrettable qu'une revue scientifique se borne à publier, à propos de Charles de Foucauld, un banal extrait de la littérature hagiographique que ce personnage a pu inspirer. Foucauld était certes un savant incontesté, grand connaisseur des langues berbères, mais c'était aussi un agent de renseignement de l'armée française, en relations étroites avec Laperrine. (Il l'a d'ailleurs payé de sa vie). Il poursuivait le projet de convertir les Maghrébins au christianisme, mais dans un but politi... Lire la suite
 

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