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Publié par Patrick Granet

En Irak comme en Syrie, l’État islamique perd du terrain. À l’est de Mossoul, la deuxième plus grande ville irakienne encore aux mains de l’organisation terroriste, les peshmergas ont repris le 30 mai 2016 une dizaine de villages en deux jours. Une nouvelle avancée qui doit, d’ici peu, ouvrir les portes de la région chrétienne de la plaine de Ninive aux soldats k L’attaque a commencé vers 4 heures du matin avec les premiers rayons du soleil. Les peshmergas sont partis de Khazir, située à une petite quarantaine de kilomètres d’Erbil, la capitale de la région autonome kurde. Souvent, les combattants profitent de l’aube pour lancer leurs offensives. D’un côté comme de l’autre, c’est le moment où l’on est sûr de tomber sur un défenseur fatigué par une nuit passée à veiller ou l’esprit encore engourdi par le sommeil. Aujourd’hui, le petit matin profitera aux peshmergas. urdes irakiens. Le j

Après une série de frappes aériennes de la coalition internationale, les tanks kurdes accompagnés de démineurs ont été les premiers à avancer dans le no-man’s-land. Juste après, ce sont les mitrailleuses lourdes qui ont suivi. Appelées Douchkas, souvent montées à l’arrière des pick-ups, elles ont parfois plus de 30 ans et ont été fabriquées en URSS. Même si les Kurdes reçoivent des armes de la part de plusieurs puissances occidentales, la majeure partie de leur arsenal est antédiluvienne. Enfin, l’infanterie est à son tour entrée dans le combat. Les troupes au sol ont été acheminées par tous les moyens: taxis, minibus, 4x4, camions, voitures civiles.

Cinq mille hommes participent à la bataille côté kurde. Une force de frappe considérable dans un conflit qui, avec le temps, s’est transformé en guerre de positions.

 

Au Kurdistan irakien, depuis deux ans, les affrontements directs sont rares. La plupart du temps, les peshmergas doivent composer avec les tirs de mortiers ou les snipers de l’État islamique sans jamais les voir.

En 2014, le Kurdistan irakien devait gérer 1.000 kilomètres de ligne de front face à l’organisation terroriste. Pour s’abriter, les peshmergas ont creusé des tranchées, dans lesquelles ils restent à couvert la plupart du temps. Les offensives comme celles de Khazir ont été peu nombreuses depuis deux ans. D’où la joie affichée de certains soldats, à l’idée de reprendre du terrain sur Daech.

À l’image de la piste où marchent ces deux soldats, dans le no-man’s-land entre les premiers villages dans lesquels se déroulent les combats et les tranchées kurdes, l’air est saturé de poussière. Le sable s’infiltre partout, brouille la visibilité, irrite les yeux et enraye les armes. Au Kurdistan irakien, si l’hiver est très humide, l’été est extrêmement sec. Dans quelques jours, la température grimpera à 50 degrés, sans compter le ramadan, qui a débuté début juin et qui rend tout combat extrêmement fatigant pour les organismes. L’offensive de Khazir était la dernière avant le début du jeûne.

Les peshmergas n’ont que très peu d’équipement. Il n’est pas rare d’en croiser sur les premières lignes sans casque, sans gilet pare-balles, comme ici. La plupart ne sont pas militaires professionnels et sont chauffeurs de taxi, cuistots, ouvriers, éboueurs à mi-temps. Ils passent en moyenne dix jours sur le front et le reste du mois dans la vie civile.

Les engins explosifs improvisés (EEI) et les boobytraps sont la plus grande hantise des soldats kurdes irakiens. Dans chaque village qu’ils reprennent, les maisons en sont truffées. Ici, un jerrican rempli de TNT a été dissimulé sur le bord de la route empruntée par les Kurdes dans le no-man’s-land. Les boobytraps peuvent aussi être cachés dans les portes de frigo, dans des paquets de cigarettes, des jouets. Ils sont la première cause de mortalité chez les peshmergas. Dans le no-man’s-land de Khazir, interdiction absolue de s’aventurer au-delà des pistes sécurisées par les démineurs car, dans leur hâte, ils ont pu en oublier quelques-uns.

Au fur et à mesure de l’avancée des troupes, des bulldozers construisent déjà les prochaines tranchées, formant la nouvelle ligne de front. En face, des villages encore contrôlés par Daech. Depuis leurs positions, les membres de l’organisation terroriste continuent d’envoyer des obus de mortiers. Un peu plus tôt, un peshmerga a été tué sur cette portion de route, frappé par une roquette.

Un camion-suicide vient d’exploser à l’entrée de Mufti, le premier village libéré. Ces derniers sont très utilisés par les hommes de Daech pour briser les défenses adverses. Les hommes de l’État islamique en envoient souvent plusieurs d’affilée, espérant créer la panique chez leurs ennemis et percer une brèche dans laquelle s’engouffrer

La puissance des déflagrations est telle qu’elle qu’on peut les entendre à une dizaine de kilomètres à la ronde. C’est le neuvième véhicule-suicide de la journée. Pendant l’offensive, quinze kamikazes se sont lancés sur les troupes kurdes.

Au fur et à mesure de l’avancée des troupes, des bulldozers construisent déjà les prochaines tranchées, formant la nouvelle ligne de front. En face, des villages encore contrôlés par Daech. Depuis leurs positions, les membres de l’organisation terroriste continuent d’envoyer des obus de mortiers. Un peu plus tôt, un peshmerga a été tué sur cette portion de route, frappé par une roquette.

Un camion-suicide vient d’exploser à l’entrée de Mufti, le premier village libéré. Ces derniers sont très utilisés par les hommes de Daech pour briser les défenses adverses. Les hommes de l’État islamique en envoient souvent plusieurs d’affilée, espérant créer la panique chez leurs ennemis et percer une brèche dans laquelle s’engouffrer.

La puissance des déflagrations est telle qu’elle qu’on peut les entendre à une dizaine de kilomètres à la ronde. C’est le neuvième véhicule-suicide de la journée. Pendant l’offensive, quinze kamikazes se sont lancés sur les troupes kurdes.

Au cours de l’opération, 4 peshmergas ont été tués, 34 blessés. Selon le haut commandement kurde, 140 hommes de l’État islamique ont trouvé la mort dans les affrontements.

Pour Razi, l’un des peshmergas participant à l’offensive, «Daech utilise tous les moyens possibles et imaginables pour tenter de [les] tuer, mais jamais dans des combats directs. Toujours avec des boobytraps, des véhicules-suicides, des engins explosifs improvisés».

Après deux jours de combats, les peshmergas ne sont plus qu’à quelques kilomètres de Qaraqosh, la grande ville chrétienne de la plaine de Ninive. S’ils s’y aventurent, ils ne seront plus qu’à 30 kilomètres de Mossoul.
 
 
 
 
 

http://www.slate.fr/grand-format/offensive-contre-daech-119183

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