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Publié par Patrick Granet

L’esclavage a augmenté dans le monde de près de 30% depuis 2014. C'est la conclusion effrayante de l’étude annuelle sur l’esclavage publiée par l’Association australienne de défense des droits de l’homme, Walk Free Foundation. Elle a évalué l’esclavage dans les 167 pays les plus peuplés de la planète. Il en ressort que 45,8 millions de personnes dans le monde sont aujourd’hui des esclaves contre 35,8 millions en 2014.

Les formes d’esclavage comprennent à la fois le trafic d’êtres humains pour des raisons sexuelles par les ma

fias, le travail forcé dans certains pays dictatoriaux et la saisie des personnes qui ne peuvent rembourser leurs dettes dans certains pays en développement. Cette estimation du nombre d’esclaves dans le monde est le double de celle des Nations Unies.

Sans surprise, l’Inde et la Corée du nord sont les pays où l’esclavage est le plus présent. Pas moins de 18,4 millions d’Indiens seraient esclaves, sexuels ou pour payer leurs dettes et celles de leurs familles, tout comme 3,4 millions de Chinois et 2,1 millions de Pakistanais. Il y a 1,1 million d’esclaves d’Etat en Corée du nord, soit 4,4% de la population du pays. Les pays où les gouvernements ferment le plus les yeux ou sont complices et même acteurs de l’esclavage sont dans l’ordre: la Corée du nord, l’Iran, l’Erythrée, la Guinée Equatoriale et Hong Kong.

Le fondateur de la Walk Free Fondation, Andrew Forrest, explique que ces chiffres alarmants sont la résultante à la fois d’enquêtes plus poussées et des migrations qui rendent les personnes plus vulnérables. L’esclavage est illégal dans tous les pays au monde. La Mauritanie est le dernier à l’avoir aboli, en 1981, et à l’avoir criminalisé en 2007.

Les personnes qui deviennent esclaves travaillent le plus souvent dans l'industrie du sexe, l’agriculture, la pêche et le bâtiment. Ils ont les tâches les plus dangereuses et les plus pénibles. En Syrie, en Irak, au Yémen et dans les Territoires palestiniens, des enfants ont été forcés de participer à des conflits armés et contraints de devenir des informateurs ou de mener des attentats suicides.