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Publié par Patrick Granet

C’est un vaste triangle de terre agricole qui résiste à l’urbanisation francilienne, coincé entre Gonesse, Aulnay et Roissy. Et les promoteurs rêvent d’y bâtir un Grand Projet Inutile et Imposé : EuropaCity. Sur place, la population s’alarme.

Le traditionnel et fumeux « débat public participatif » sur EuropaCity s’est tenu entre mars et juillet 2016. Malgré l’implication des opposantes et opposants, le résultat qui doit être publié mi-septembre laisse peu de doutes sur la poursuite de ce projet déjà ficelé.

Les 700 hectares de terres céréalières du Triangle de Gonesse – parmi les plus fertiles d’Europe – sont interdits à la construction d’habitats, du fait de la proximité des aéroports de Roissy et du Bourget. Mais d’autres formes d’aménagement sont possibles dans ce corridor aéroportuaire qui aiguise depuis longtemps les appétits des promoteurs et des élus et élues locales.

D’où le projet EuropaCity, centre commercial et touristique pharaonique, porté par une filiale immobilière d’Auchan. Il s’intégrerait à une zone d’aménagement concerté (ZAC) pilotée par l’établissement public d’aménagement Plaine de France, lequel bétonnerait environ 300 hectares. Une gare de la ligne 17 du Grand Paris Express, implantée en plein champ, desservirait EuropaCity.


Lire aussi : « Un Grand Paris pour le Grand Capital », dans Alternative libertaire de janvier 2015.


Arrêter Europacity

Ce projet est donc l’aboutissement d’un dessein plus large : terminer l’urbanisation de toute la zone entre Paris et Roissy. EuropaCity figure d’ailleurs parmi les pôles majeurs de la dynamique du Grand Paris, qui conduit à concentrer les richesses dans huit pôles d’activités, au motif de renforcer l’attractivité internationale de l’Île-de-France.

Les aménageurs font remarquer qu’il resterait 400 hectares préservés dans une zone agricole protégée (ZAP). Sans abandonner la revendication d’arrêter le projet Europacity, la Costif (Coordination pour la solidarité des territoires d’Île-de-France) les prend au mot, et travaille actuellement à un projet alternatif.


La protestation des habitantes et des habitants

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Voir tout le reportage photo de Yann Guillotin ici.


Ce projet maintiendrait une partie des cultures céréalières, à côté d’une logique d’installation de jeunes paysans et paysannes dans des exploitations de maraîchage et d’élevage bio, tendant vers la permaculture. Pour l’institution, les deux arguments principaux de ce projet sont ainsi la création d’emplois pérennes et les jeunes. Pour la Costif il s’agit surtout d’essaimer une nouvelle vision de l’agriculture, car à Gonesse deux conceptions du monde s’affrontent.

À l’image de nombreuses autres expériences en Île-de-France (Amap, fermes pédagogiques, associations poussant l’installation d’agriculteurs ou l’achat par des collectifs citoyens de terres menacées), le Triangle de Gonesse pourrait devenir un laboratoire de cette agriculture, à l’inverse de la perspective que proposent les marchands de rêves climatisés et climaticides d’EuropaCity.

Une agriculture au service de toutes et tous

L’objectif de la Costif reste donc bien le retrait du projet, étape indispensable pour que les terres de Gonesse soient libres de développer une agriculture au service de toutes et tous. Depuis 2012, la Costif se mobilise, de Saclay à Gonesse en passant par Montesson, contre des projets qui détruisent les terres agricoles, accroissent la ségrégation sociale et territoriale et font obstacle à une autre vision du futur.

Alain Dordé (Costif)