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Publié par Patrick Granet

Brésil : la révolte, les anarchistes et les peuples indigènes

La Coordination anarchiste brésilienne (CAB) fait le lien entre deux aspects de la révolte au Brésil : dans les villes, la lutte pour un vrai service de transports, et plus généralement pour de vrais services publics ; dans les zones rurales, la lutte des peuples indigènes contre l’agro-business dévastateur et le plan IIRSA. Avec, en toile de fond, la gabegie liée au Mundial 2014.

Extrait d’un article de la CAB publié sur Anarkismo.net, le réseau communiste libertaire international.

Stoppons la répression des mouvements sociaux au Brésil !

Durant le premier semestre 2013, il y a eu des mobilisations du nord au sud du Brésil qui ont été confrontées à la réaction des gouvernements, de l’appareil répressif et des médias. Depuis les luttes pour la défense des transports publics dans la capitale, en passant par les grèves des chantiers du PAC (Plan d’accélération de la croissance) jusqu’aux résistances des peuples indigènes, toutes ces luttes ont été l’objet d’une criminalisation liée à l’organisation de la Coupe du monde de football.

La Coupe du monde arrive ! Mais en plus de ce méga-évènement, nous avons les projets pharaoniques du Plan d’accélération de la croissance (PAC) et de l’Initiative pour l’intégration des infrastructures régionales de l’Amérique du Sud (IIRSA) [1]. Ces politiques publiques perpétuent l’œuvre de 500 ans de massacres des peuples autochtones. Expropriations et expulsions se multiplient au profit des entreprises. L’argent du peuple brésilien est gaspillé. Dans les villes où aura lieu la Coupe, et même dans d’autres villes, on annonce la construction de bâtiments et autres édifices. […]

Transports publics et offensive populaire dans les villes

Chaque début d’année, le patronat des transports, en lien avec les pouvoirs publics, augmente scandaleusement les prix, alors que les transports sont de mauvaise qualité (inadaptés aux handicapés), fréquemment en retard et bondés. En outre, les travailleurs des transports sont surexploités.

Cette situation scandaleuse a conduit la jeunesse à s’opposer aux augmentations et à revendiquer un « pass gratuit » pour les étudiants et les chômeurs, et un autre modèle de transports, 100 % gratuits. […] Sur ce point, les récentes victoires Porto Alegre et à Goiânia sont l’exemple à suivre. […] La réduction du coût des transports collectif est une victoire de la rue et du peuple entraîné par la jeunesse. Loin d’être une mobilisation virtuelle, cette action a été le fruit d’un patient travail de mobilisation auquel nous avons modestement apporté notre contribution.

D’autres luttes pour la réduction des tarifs se sont multipliés au Brésil, tandis que la réaction conservatrice du gouvernement, des médias et des entreprises tentait de légitimer la répression des mouvements sociaux, avec des dizaines d’incarcérations et des poursuites judiciaires. […]

La résistance indigène contre l’agro-industrie

Plusieurs mobilisations des peuples indigènes ont marqué le premier semestre 2013, parmi lesquelles l’occupation de l’Assemblée nationale par près de 300 personnes […]. Il y a plus d’une centaine de propositions de lois contraires aux droits des peuples indigènes en examen à la Chambre des députés et au Sénat. Parmi celles-ci, on peut souligner la Proposition d’amendement de la Constitution (PEC) 215 […]. Si ce texte est appliqué, il donnera le pouvoir au Congrès de modifier la réglementation des terres des peuples indigènes, pouvoir qui était jusqu’à présent réservé à une organisation des peuples natifs. De nombreux députés souhaitent en effet mettre les terres indigènes au service de l’agro-industrie.

Une bonne partie du capitalisme brésilien, donc de la lutte des classes et des luttes indigènes, repose sur l’agro-industrie, basée sur la monoculture et l’exportation. Pour s’étendre, elle s’attaque aux exploitations familiales, expulse les travailleurs ruraux et vole les terres des peuples indigènes. Ce modèle concentre les richesses, génère de la misère, de la violence et de la pauvreté presque partout où il s’installe. A la campagne et dans les villes, il tue lentement les travailleurs qui consomment les produits empoisonnés par les pesticides. On constate également une augmentation du coût des produits alimentaires de base (riz, haricot et blé) qui représentent jusqu’à 70 % de la consommation du pays, mais seulement 30 % des terres cultivées, et cela en raison de la progression de la monoculture. […]

Du sud au nord du pays, nous sommes solidaires des luttes des peuples indigènes. Depuis les procès de résistance dans la communie de Maracanã à Rio de Janeiro, en passant par les luttes des Pitaguarys dans le Ceara ou encore les mobilisations des Guaranis et des Kaingangs dans le Rio Grande do Sul, nous sommes main dans la main avec les indigènes pour la défense de leur territoire et contre les impacts du plan IIRSA.

La solidarité vaut plus que des écrits ! Soyons solidaires de celles et ceux qui luttent !

Coordination anarchiste brésilienne, 19 juin 2013

[1] L’IIRSA a été lancée en 2000 par la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay, le Chili, le Venezuela, le Guyana et le Surinam. Il s’agit d’un projet d’intégration du capitalisme sud-américain, avec des conséquences sociales et environnementales désastreuses. Nous en avions parlé en 2006 dans l’article « Venezuela : Les deux visages du chavisme ».

La Coordination anarchiste brésilienne (CAB) fait le lien entre deux aspects de la révolte au Brésil : dans les villes, la lutte pour un vrai service de transports, et plus généralement pour de vrais services publics ; dans les zones rurales, la lutte des peuples indigènes contre l’agro-business dévastateur et le plan IIRSA. Avec, en toile de fond, la gabegie liée au Mundial 2014.

Extrait d’un article de la CAB publié sur Anarkismo.net, le réseau communiste libertaire international.

Stoppons la répression des mouvements sociaux au Brésil !

Durant le premier semestre 2013, il y a eu des mobilisations du nord au sud du Brésil qui ont été confrontées à la réaction des gouvernements, de l’appareil répressif et des médias. Depuis les luttes pour la défense des transports publics dans la capitale, en passant par les grèves des chantiers du PAC (Plan d’accélération de la croissance) jusqu’aux résistances des peuples indigènes, toutes ces luttes ont été l’objet d’une criminalisation liée à l’organisation de la Coupe du monde de football.

La Coupe du monde arrive ! Mais en plus de ce méga-évènement, nous avons les projets pharaoniques du Plan d’accélération de la croissance (PAC) et de l’Initiative pour l’intégration des infrastructures régionales de l’Amérique du Sud (IIRSA) [1]. Ces politiques publiques perpétuent l’œuvre de 500 ans de massacres des peuples autochtones. Expropriations et expulsions se multiplient au profit des entreprises. L’argent du peuple brésilien est gaspillé. Dans les villes où aura lieu la Coupe, et même dans d’autres villes, on annonce la construction de bâtiments et autres édifices. […]

Transports publics et offensive populaire dans les villes

Chaque début d’année, le patronat des transports, en lien avec les pouvoirs publics, augmente scandaleusement les prix, alors que les transports sont de mauvaise qualité (inadaptés aux handicapés), fréquemment en retard et bondés. En outre, les travailleurs des transports sont surexploités.

Cette situation scandaleuse a conduit la jeunesse à s’opposer aux augmentations et à revendiquer un « pass gratuit » pour les étudiants et les chômeurs, et un autre modèle de transports, 100 % gratuits. […] Sur ce point, les récentes victoires Porto Alegre et à Goiânia sont l’exemple à suivre. […] La réduction du coût des transports collectif est une victoire de la rue et du peuple entraîné par la jeunesse. Loin d’être une mobilisation virtuelle, cette action a été le fruit d’un patient travail de mobilisation auquel nous avons modestement apporté notre contribution.

D’autres luttes pour la réduction des tarifs se sont multipliés au Brésil, tandis que la réaction conservatrice du gouvernement, des médias et des entreprises tentait de légitimer la répression des mouvements sociaux, avec des dizaines d’incarcérations et des poursuites judiciaires. […]

La résistance indigène contre l’agro-industrie

Plusieurs mobilisations des peuples indigènes ont marqué le premier semestre 2013, parmi lesquelles l’occupation de l’Assemblée nationale par près de 300 personnes […]. Il y a plus d’une centaine de propositions de lois contraires aux droits des peuples indigènes en examen à la Chambre des députés et au Sénat. Parmi celles-ci, on peut souligner la Proposition d’amendement de la Constitution (PEC) 215 […]. Si ce texte est appliqué, il donnera le pouvoir au Congrès de modifier la réglementation des terres des peuples indigènes, pouvoir qui était jusqu’à présent réservé à une organisation des peuples natifs. De nombreux députés souhaitent en effet mettre les terres indigènes au service de l’agro-industrie.

Une bonne partie du capitalisme brésilien, donc de la lutte des classes et des luttes indigènes, repose sur l’agro-industrie, basée sur la monoculture et l’exportation. Pour s’étendre, elle s’attaque aux exploitations familiales, expulse les travailleurs ruraux et vole les terres des peuples indigènes. Ce modèle concentre les richesses, génère de la misère, de la violence et de la pauvreté presque partout où il s’installe. A la campagne et dans les villes, il tue lentement les travailleurs qui consomment les produits empoisonnés par les pesticides. On constate également une augmentation du coût des produits alimentaires de base (riz, haricot et blé) qui représentent jusqu’à 70 % de la consommation du pays, mais seulement 30 % des terres cultivées, et cela en raison de la progression de la monoculture. […]

Du sud au nord du pays, nous sommes solidaires des luttes des peuples indigènes. Depuis les procès de résistance dans la communie de Maracanã à Rio de Janeiro, en passant par les luttes des Pitaguarys dans le Ceara ou encore les mobilisations des Guaranis et des Kaingangs dans le Rio Grande do Sul, nous sommes main dans la main avec les indigènes pour la défense de leur territoire et contre les impacts du plan IIRSA.

La solidarité vaut plus que des écrits ! Soyons solidaires de celles et ceux qui luttent !

Coordination anarchiste brésilienne, 19 juin 2013

[1] L’IIRSA a été lancée en 2000 par la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay, le Chili, le Venezuela, le Guyana et le Surinam. Il s’agit d’un projet d’intégration du capitalisme sud-américain, avec des conséquences sociales et environnementales désastreuses. Nous en avions parlé en 2006 dans l’article « Venezuela : Les deux visages du chavisme ».