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Publié par Patrick Granet

Des chars turcs sont entrés en Syrie et ouvrent un nouveau front face à l’Etat islamique E

Une vingtaine de chars turcs sont entrés, samedi 3 septembre, dans le village d’Al-Raï dans le nord de la Syriepour combattre les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) qui y étaient positionnés. Avec cette offensive, la Turquie ouvre un nouveau front après le début de son intervention « Bouclier de l’Euphrate », en août, contre l’EI.

Lire aussi : Erdogan « déterminé » à poursuivre l’offensive turque en Syrie

Les chars sont entrés dans ce village depuis la province frontalière de Kilis pour soutenir militairement les rebelles de l’opposition syrienne, selon l’agence de presse pro-gouvernementale Anatolie. Au cours des derniers jours, ils ont progressé rapidement, reprenant à l’EI plusieurs zones frontalières, avec le soutien de l’artillerie turque et des frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Lors de l’opération terrestre de samedi, des positions de l’EI étaient d’ailleurs visées par des tirs d’obus, a précisé l’agence privée Dogan. Deux cibles au sud d’Al-Raï ont été détruites dans la matinée, a annoncé le chef d’état-major turc dans un communiqué cité par la télévision NTV. Il a aussi précisé que deux villages et un aéroport autour de Al-Raï ont été repris par les insurgés soutenus par Ankara.

Des offensives qui visent aussi les Kurdes

Ahmed Othman, un commandant du groupe rebelle pro-turc Sultan Murad, a affirmé à l’Agence France-Presse que ses hommes étaient actuellement positionnés « sur deux fronts à Al-Raï, au sud et à l’est, afin d’avancer vers les villages qui ont été libérés de l’EI, à l’ouest de Djarabulus ».

Selon lui, il ne s’agit que de la première phase : « Nous voulons débarrasser la zone frontalière entre Al-Raï et Djarabulus de l’EI, avant de progresser vers le sud vers Al-Bab [dernier bastion de l’organisation djihadiste près d’Alep] et Manbij [contrôlée par des forces pro-kurdes]. »

Lire aussi : En Syrie, la Turquie redemande le retrait des Kurdes, sans confirmer de trêve

Le 24 août, des rebelles syriens, aidés par l’artillerie turque et des frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, avaient repris Djarabulus à l’EI. Cette offensive visait à la fois le groupe djihadiste et les milices kurdes. C’est l’opération la plus ambitieuse menée par la Turquie en Syrie depuis le déclenchement du conflit en 2011.

Inquiétudes de Washington

Après le succès des combattants kurdes et arabes qui ont libéré Manbij de l’EI mi-août, ces derniers ont annoncé vouloir avancer pour relier leurs deux autres « cantons » dans le nord de la Syrie, Kobané et Afrin. Mais le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a prévenu, vendredi, qu’Ankara ne leur permettrait pas de créer un « couloir terroriste ».

Lire aussi : Les brigades syriennes du « Bouclier de l’Euphrate »

Le gouvernement turc, en conflit avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) sur son propre territoire, veut empêcher les Kurdes syriens de former une zone autonome continue le long de sa frontière avec la Syrie, exigeant notamment qu’ils se retirent plus à l’est.

Vendredi, le président Erdogan a aussi assuré que les combattants kurdes syriens ne s’étaient pas retirés à l’est de l’Euphrate, réfutant les déclarations des Etats-Unis selon lesquelles les Unités de protection du peuple kurde (YPG) avaient traversé le fleuve. Selon Ankara, les YPG sont des « terroristes » liés aux séparatistes du PKK.

Ces affrontements inquiètent les Etats-Unis, à la fois alliés de la Turquie et des milices kurdes qu’ils considèrent comme un soutien efficace contre les djihadistes.


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