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Publié par Patrick Granet

Yenikapı : Discours de Recep Tayyip Erdoğan

Du discours de Tayyip Erdoğan, les médias officiels dits “occidentaux” n’auront retenu que la réitération de ses propos sur la peine de mort.

Tout en évitant les nombreuses répétitions, nous tentons d’en livrer l’essentiel.

Il s’est réservé la part du lion. Mais s’il ne pouvait en être autrement, le fait qu’il parle au dessus des chefs des trois partis, devant le “peuple”, alors que constitutionnellement il n’est encore que “président”, a pleine signification. La présidentialisation n’est plus qu’une formalité dont il devra trouver la forme, le lieu, et l’heure.

Sa prise de parole de tribun est dirigée vers le “peuple”, pris à témoin de l’histoire, et élevé… à ses côtés bien sûr. Il ne s’est pourtant pas séparé pour ce faire de sa mystique habituelle, ni de l’évocation de la “nouvelle Turquie” et son avenir radieux pour 2023.

Tayyip Erdoğan endosse sans problème pour ce faire, l’habit kémaliste au passage, que vient officiellement de lui apporter son “opposition” peu avant. Opposition qui avait pour sa présence, négocié en coulisses la couleur des drapeaux et la dimension des portraits du saint homme, rappelons-le.

Le discours fut sur sa fin plus “politique”, et s’adressait cette fois à ses opposants, de l’intérieur comme de l’extérieur, tout autant qu’aux partis qui lui ont fait allégeance. Ce sera lui le patron incontesté, et la journée du 7 août en est le commencement. La purge se poursuivra jusqu’au bout, le “terrorisme” sera combattu, la place de la Turquie dans le “concert des Nations” réhabilitée.

Après avoir salué longuement tout le monde :

Avant tout je remercie encore une fois, tous mes frères qui ont montré le soir du 15 juillet, le courage de descendre dans les rues, et se mettre face aux canons, chars hélicoptères et avions.

240 de nos frères; dont 172 civils, 63 policiers, 5 militaires, se sont élevés au rang de martyre. Je demande à Allah miséricorde. Je présente mes condoléances à notre Nation. Encore le même soir, 2195 de nos frères qui ont marché sur l’ennemi, ont atteints le rang de ghazi. Je leur souhaite qu’Allah leur donne bon rétablissement.

Ceux qui ont obtenu l’honneur d’être martyre et ghazi, faisant partie de nos millions de concitoyens qui ont rempli cette nuit, les rues et les places en tuant la mort, ont fait écrire leurs noms dans l’Histoire avec des lettres d’or. Dans la lutte menée pour la Patrie, le fait d’atteindre de tels rangs n’est pas un privilège qu’on peut avoir n’importe quand.

Que dit notre poète de l’Indépendance [Mehmet Akif Ersoy, poète, père des paroles de l’yhme national turc] « Qui ne se sacrifierait pas pour cette Patrie paradis. Des martyrs gicleront si tu serres la terre, des martyrs. Que le Dieu prenne tout ce que je possède, vie, amour. Pourvu qu’il ne me prive pas dans ce monde, de ma Patrie. »

Chacun de nos frères qui ont rempli les places la nuit du 15 juillet, ont leur part pour la protection de notre Patrie. Je dis alors, pour cette raison, que notre Djihad soit béni.

Ici, maintenant, cette image, voyez-vous cette image que nous donnons avec nos gens de nos 81 villes, nos gens de toutes opinions, avec les Présidents du CHP et du MHP… Elle doit rendre nos ennemis tristes, elle doit les rendre malades, autant que le matin du 16 juillet.

Amis ou ennemis, le monde a vu…

Le 15 juillet a montré à nos amis, que ce pays, est non seulement fort devant des attaques politiques économiques et diplomatiques, mais aussi devant les sabotages militaires et qu’il ne s’effondre pas, ne sortira pas de ses rails. Et nos ennemis qui attendaient en se frottant les mains, pour que la Turquie s’écroule par terre, se sont réveillés le lendemain, malheureux de voir que leur affaire sera désormais plus difficile.

Ce paysage est la preuve et la déclaration du prix que ceux qui visent ne serait-ce qu’une pierre de notre Patrie de mille ans, doivent tenir compte du prix à payer. Ce paysage est la preuve et la déclaration que la Turquie atteindra ses objectifs du 2023. Savez-vous quel est notre travail désormais ? Dépasser le niveau des civilisations contemporaines.

Suite aux slogans revendiquant la peine de mort :

Les Présidents des partis politiques sont ici. Comme la souveraineté appartient inconditionnellement à la Nation, et comme vous revendiquez la peine de mort, l’autorité qui décidera de cela est l’assemblée Nationale. Quand notre Assemblée prendra une décision de ce genre, les pas qui devront suivre sont évidents. S’il s’agit d’approuver, je le déclare dès maintenant, j’approuverai. Mes frères, quand je vois mon frère dont le corps est divisé en deux sur l’avenue de Vatan (Istanbul) est-il possible que je mette cela de côté ? Mon frère dont la tête était séparée de son corps par une bombe lancée par un F-16… sa tête s’était envolée sur le centre des congrès… Après avoir vu cela, il n’y a pas de peine de mort dans l’Union Européenne, il n’y en a pas au Conseil, il n’y en a pas je ne sais où… Il y en a aux Etat-Unis, il y en a au Japon. Il y en a en chine. Dans la majorité des pays mondiaux, il y en a.

L’esclavage et l’humiliation

Le fondateur de notre République Ghazi [titre donné aux blessés de guerre] Mustafa Kemal, en 1920, dans les jours obscurs où la plus grande partie du pays, commençant par Istanbul et Izmir, disait : « N’ayons pas peur, notre Nation est grande. Elle n’acceptera pas l’esclavage et l’humiliation . Mais il faut la réunir et la demander ‘Ô la Nation, acceptes-tu l’esclavage et l’humiliation ?’ Moi, je connais la réponse que ma Nation donnera. ». Alors, ici, maintenant, encore une fois, je demande. 96 ans après Ghazi Mustafa Kemal, sur la place de Yenikapı, je vous pose la même question. Ô la Nation, acceptes tu l’esclavage et l’humiliation ?
C’est cela. Personne ne peut apporter l’esclavage à cette Nation.

Le 15 juillet, vous avez montré concrètement en mettant vos corps contre les chars, que vous n’accepterez pas l’esclavage et l’humiliation. Notre ghazi se jette sous les deux chenilles du char. Son bras est gravement blessé. Quand je l’appelle, il me dit ‘Laissez moi tomber mon President, vous, comment allez-vous ?’. C’est un esprit hors du commun.

Les écoles militaires

Le gouvernement a fait une déclaration sur la fermeture des lycées militaires. Certains anciens militaires ont dit que c’était une erreur. Je leur fait appel, depuis ici, ce sont les membres de FETÖ, formé en monotype [dans ces lycées] qui ont fait cette tentative. Alors nous disons que nos écoles [académies] de guerre resteront, que les diplômés de tous les lycées [y compris les Imam Hatip] pourront intégrer ces écoles. Désormais ceux qui feront des tentatives similaires auront la même réponse de ma Nation.

Il y a encore certains qui hésitent à les nommer [FETÖ]. N’hésitons pas. Nous devons nous renforcer contre les réseaux de traîtrise qui arrivent à s’infiltrer partout. Peu importe le nom que ce réseau de traîtrise porte, FETÖ, ou PKK, ou encore Daech, aucune différence.

Sur le point où nous en sommes arrivés, les rangs sont très nets. D’un côté il y a l’Etat de la République turque, et de l’autre, il y a des organisations terroristes dont certaines sont dans l’abus ethnique, d’autres, l’abus religieux, et encore d’autres sont dans la déviance idéologique. Derrière eux, il y a des forces obscures. Tous ceux qui sont du coté de son Etat, sa Nation, des droits et de la réalité sont aujourd’hui ici, à Yenikapı. Je salue les 80 villes d’ici, je salue les 79 millions.

Bien analyser le 15 juillet

Ma Nation sacrée, en tant que Nation et Etat, nous devons bien analyser la tentative de coup d’Etat. Nous devons bien évaluer non seulement ceux qui ont réalisé cette traîtrise mais les forces qui sont derrière eux, et les motifs qui les ont mobilisés.
Profitons de cet esprit d’unité et d’union que nous avons. Nous devons transformer le 15 juillet en un jour de naissance [Milat, utilisé pour le jour de naissance de Jesus]. Nous devons mettre tous les événements gênants sur la table. Nous devons étudier tous les procès qui ont fragilisé les Forces Armées turques. Nous devons étudier de nombreux procès similaires. Nous devons étudier tous les concours [allusion au scandale de questionnaire volés pour le concours d’embauche des fonctionnaires] et processus.

Les organisations terroristes

Les membres des organisations terroristes, pour certains, attendent leur sort dans les palais de justice, d’autres écopent leur peines, et encore d’autres donnent leur dernier compte dans leur tombeau. Nous connaissons très bien les forces qui se trouvent derrière eux. Quand le temps viendra, nous allons mettre leur comptabilité devant eux.
Le 15 juillet est dans un de ses aspect, une tentative de coup d’Etat, initié par les membres du réseau de traîtrise FETÖ infiltrés dans notre armée. Mais l’affaire n’est pas réduite a cela. C’est à la fois, une tentative par la main des terroristes portant des uniformes militaires, d’une nouvelle étape, du résultat recherché par les actions armées du Daech et du PKK. Cette tentative est donc, une action terroriste. Avec toutes ces particularités, le 15 juillet, est une tentative d’occupation de notre pays par la main d’une force armée qui trahit sa Nation et son pays. Nous savons très bien, à qui ces terres qui nous appartiennent depuis mille ans, allaient être servies dans un plateau en or, si le coup d’état avait réussi.

Que personne ne s’inquiète…

Nous devons mettre sur leurs cours normal et naturel, la politique, les médias et le monde des affaires que cette organisation [FETÖ] essayait de conceptualiser grâce à la force obtenue par des voix illégitimes. Nous devons rendre à la Nation, tous les moyens qu’ils ont obtenu [FETÖ] en abusant la sensibilité religieuse, la bonté et la solidarité de la Nation. Que personne ne s’inquiète à cause des foyers, écoles, maisons qui ont été fermés. Aussi bien les institutions de notre Etat que les organisations de société civile qui servent dans les mêmes secteurs, combleront les manques, largement et d’une meilleure façon. Nous devons rendre les moyens qu’ils ont obtenu à l’étranger, en utilisant le nom et le prestige de notre pays, à leur vrai propriétaire, c’est à dire à notre Etat et à notre Nation. Notre gouvernement, avec les prérogatives qu’il détient avec la déclaration de l’état d’urgence, continue à faire des pas très importants dans ces domaines.

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