Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Patrick Granet

Une mise au point anti-politique

Une réponse au texte « Une mise au point politique », un texte de la commission féministe de Nuit Debout, par N, la personne qui a été soupçonné d´être mysogine et accusé de sexisme sans faits réels existants :http://nuitdeboutmontpellier.org/wp-content/uploads/2016/07/sexisme-en-milieu-militant.pdf

********

C’est vraiment énervant de se sentir obligé de répondre à cette calomnie, mais – comme dit une expression anglaise : « Un mensonge voyage la moitié du monde avant que la vérité n’ait le temps d’enfiler ses bottes ».

Il y’a une chose que la commission a passé sous silence, omis d’écrire dans son texte: des faits. Alors – d’abord, les faits.

Le 24 juin, une femme de la commission féministe de la Nuit Debout (M), invitée par plusieurs personnes du squat du cinéma Royal, est venue demander une salle pour y organiser des réunions non-mixtes. Je n’avais jamais rencontré cette femme auparavant. Face à quelqu’un qui se présentait comme féministe, j’ai plaisanté en disant que je n’étais pas “masculiniste”, et que ce serait bien si on organisait une discussion sur la séparation entre hommes et femmes et sur les différentes formes de leurs aliénations respectives. Elle paraissait un peu énervée par ma suggestion mais peu importe. Un de mes amis qui lui aussi ne l’avait jamais rencontré, lui a fait visité le ciné et ils ont décidé qu’elle pouvait avoir la meilleur salle – la salle d’accueil du squat – pour sa réunion non-mixte sachant que c’était le seul moyen de rentrer dans le squat. Juste avant son départ elle a affirmé à mon ami que j’avais « une réputation de misogyne ». Quand mon ami m’a raconté ça j’étais très énervé. « Misogyne »! – un homme qui déteste les femmes..? Moi ? Et de parler d’une «réputation » – c’est la première fois que j’entendais cela, et quand mes ami-e-s l’ont appris, tout le monde fût étonné, dégoûté et a trouvé cela ridicule. C’était une agression gratuite et grossière. Que doit-on penser d’une personne qui, invitée dans un lieu dans lequel il lui est offert amicalement d’organiser ses réunions, commence à calomnier arbitrairement une personne inconnue à un inconnu qui , lui, était assez sympa pour avoir faciliter une réunion dans sa maison ?

Le 27 juin la salle d’accueil était bien nettoyée pour accueillir cette réunion. Après 20 minutes un mec, qui parfois habite là, est arrivé dans la cuisine de l’appartement en haut disant qu’une ou deux de ces femmes lui avait fait des reproches au moment où il a du passer par cette salle. 5 minutes après, une de mes amies, qui était à cette réunion est montée dans l’appartement du dessus car elle ne voyait pas ce qu’elle pouvait apporter à cette réunion. Elle était outré par la façon dont quelques unes avait traité le mec qui ne faisait que passer et qui s’était par ailleurs excusé. Après une heure ou deux, A. et M. (cette dernière qui a parlé de ma « réputation »), sont montées dans la grande cuisine et nous ont remerciés pour les avoir si bien accueilli. Après 30 minutes j’ai approché M (qui était avec A) un peu angoissé et nerveux – ce qui est normal quand on entend des choses horribles sur soi – j’ai le sentiment d’être obligé de préciser que je n’ai pas été agressif mais je n’ai pas pu rester silencieux devant une telle calomnie. J’ai demandé dans une voix hésitante “Qu’est-ce-que c’est que cette «réputation misogyne » – d’où vient-elle?”; qu’il faut donner du contenu à cette réputation. Elle ne m’a pas regardé et a répondu en regardant son amie A. d’une façon hautaine, « La réputation viens de partout. » et a refusé de donner une preuve de cette misogynie. Apparemment elle pense que quand un homme demande à une femme des explications, c’est que l’homme est un agresseur.

Les deux ont commencés à partir vers l’escalier pour sortir. J’étais énervé par cette attitude arrogante et je les ai suivis avec une distance de 4 mètres et j’ai dit finalement « Comment tu aurais senti si quelqu’un dit de toi que tu as une réputation de raciste ? ». Leurs têtes avaient déjà disparu de ma vue pendant qu’elle descendaient l’escalier, mais elle a répondu « Maintenant ce n’est pas le bon moment »; j’ai dit « Maintenant n’est jamais le bon moment ; quand est-ce-qu’on va parler de ça ? » ; parlant de loin, elle a répondu « la prochaine fois nous nous rencontrons » et j’ai dit dans une façon fâché « Alors – la prochaine fois – c’est sûr ! ». S, l’amie qui est restée dans la réunion seulement pendant 25 minutes avant de partir en haut, a voulu m’appuyer en demandant également des explications. Sans égard pour elle, elles ont continuaient leur chemin vers le rez de chaussé. Cette façon de faire l’a vraiment étonnée et dérangée dans ce sentiment de rabaissement, elle a leur lancé spontanément l’injure de « petites connes ». Après que M. et A. soient sorties, la situation a eu des conséquences très émotives et difficiles pendant 40 minutes, mais nous avons finit par une ambiance festive, ayant momentanément oublié ces conneries.

Malheureusement, seulement momentanément. Le 5 juillet, les femmes du commissariat féministe de la nuit de boue, sans honte, ont édité un texte sur le site de la Nuit debout dans l’onglet « sexisme en milieu militant ». Un texte sans rattachement à des faits et garnit de préjugés montrant de leur part aucune curiosité envers le vécu social des individu-e-s qu’elles accusent. Ce texte à même était écrit sans prendre en compte les remarques d’une des femmes qui avait participé à la première réunion et qui était intéressée par les réunions non mixtes malgré tout. Cette personne à également eu droit à des préjugés alors qu’elle cherchait à comprendre ce qui poussait une des membres et plus largement la commission, à me considérer comme misogyne (comme quoi elle serait une de mes amies et que du coup elle prenait partie et ne pouvait pas comprendre, qu’elle avait admis les codes patriarcaux etc.)

Des fois le seul plaisir des gens souffrants de la peste émotionnelle est de faire le bordel parmi les gens qui essaient de lutter et d’expérimenter contre la misère de ce monde immonde, de diviser pour mieux régner, de défendre leurs rôles et leurs dogmes juste pour affirmer leur arrogance et supériorité avec des abstractions soi-disant politiquement « correctes » …Et surtout avec plusieurs falsifications qui sont bien mise en évidence si on compare ce que j’ai écrit avec les conneries dans leur texte politique, qui montre seulement leur manque d’intérêt dans la vie et l’histoire des individus, leurs désirs de représenter les femmes comme une abstraction, comme tous politiciens qui veulent représenter d’autres gens, et de stéréotyper, d’une façon complètement insultante, les femmes qui n’ont pas absorbé les idéologies « correctes » comme des femmes soumises même si elles refusent et s’opposent à toutes les conneries des mecs traditionnels. Ce type de ” conscience féministe” exprime toujours une attitude hiérarchique qui traite automatiquement les femmes qui sont plus nuancées comme des femmes “inconscientes” parce qu’elles ne possèdent pas une conscience comme propriété, parce qu’elles doivent ” élever” leur conscience au niveau haut de ces experts. Elles cherchent seulement à renverser les rôles traditionnels – devenir aussi horrible et idiot que les hommes qui reproduisent les attitudes masculines. Marine le Pen, Hilary Clinton – elles aussi s’appellent « féministes » – mais c’est seulement un moyen d’avancer dans leurs carrières bourgeoises et reproduire toutes les horreurs de la société de classe. L’idée que Thatcher en tant que femme signifie qu’elle était plus opprimé que les mecs prolos qui étaient écrasés par ses politiques ou qu’une noire juive lesbienne handicapée du Bangladesh peut mentir sur n’importe qui plus haut dans la hiérarchie des victimes est dans la logique de leur discours.

La mentalité de victime est une mentalité d’esclave qui veut rester esclave et qui à peur des gens qui lutte contre une société qui rend la grande majorité des gens comme “victimes” tant qu’il/elle ne combat pas sa misère. Ils/elles ont peur parce que les gens qui luttent s’affirment eux-mêmes contre la peur lancée par cette société. Ils/elles ne veulent pas être rappeler à leur résignation dans leur identité comme victime passive. Ils/elles sont obligé-e-s de mentir d’abord à eux-mêmes pour cacher leur conscience de cette auto-répression. Maintenant est probablement la dernière époque , quand c’est possible , de vraiment détruire les bases des mensonges en dépassant les séparations qui maintiennent cette société qui isole et humilie sans fin – de détruire la forme totalitaire du spectacle avec laquelle la société de la marchandise, du vol qui s’appelle “propriété”, écrase les gens. Dans cette époque, nous sommes dominés par une véritable poupée russe des mensonges – des mensonges dans un mensonge plus grand dans un mensonge encore plus grand, etc, ad infinitum . Mais la première force de la démoralisation contre les gens qui veulent lutter contre toute cela provient des gens qui font semblant d’être une partie de cette lutte. Pour cette raison, il est nécessaire d’abord de s’opposer aux mensonges qui soutiennent les séparations dans notre vie immédiate, au centre de cette poupée russe. Le début de la dignité et du sens est de combattre les mensonges où on peut, sinon la merde colle.

N, le 26 juillet 2016

PS

Je peux faire des hypothèses sur la vrai raison de cette mauvaise réputation malicieuse lancée contre moi, liée à la publication de ce texte: http://dialectical-delinquents.com/articles/textes-francais/nuit-debout-ou-nuit-troglycerine/ , qu’une personne a caractérisé de « facho » sur la liste mail IACAM (voir le deuxième partie de ce texte), et qu’il a souhaité faire censuré par IACAM (mais sans succès). Ce texte critique en partie le contrôle des AG de nuit debout, par des organisations (dont je me suis rendu compte que certaines militantes de ces organisations, font partie de la commission féministe Nuit Debout). Et, parce que le contrôle d’un mouvement ressemble à du militantisme bureaucratique, j’ai alors parlé dans ce texte de cette organisation comme d’un organe anarcho-bureaucratique. Peut-être est-ce par pur esprit de vengeance que je serai accusé d’être misogyne par ces militantes ? C’est seulement la speculation – et je ne voudrais pas être l’initiateur d’une rumeur qui dirait qu’une organisation politique peut contenir en son sein quelques manipulateurs bureaucratiques, qui de surcroît ne sait répondre aux critiques qui peuvent lui être adressée qu’avec des calomnies. Ça serait petit !

Comme les gens qui suivent un manuel d’instruction de l’Armée chilienne publié à la fin de 1973, qui mentionne l’utilité des rumeurs: “C’est un morceau d’information diffusé à travers les mêmes moyens que sa cible, son authenticité est douteuse et son origine impossible à prouver. Une fois en cours, la rumeur se répand rapidement, à condition qu’elle aborde certains sentiments de base tels que l’inquiétude, la peur, l’espoir, le désir, la haine. Elle doit être mise en circulation avec aplomb, comme un vrai fait, en faisant appel aux sentiments et aux émotions du public ou les «premiers» connus qu’elle atteindra.” [traduit de l’anglais d’ici]

PPS
Pour ceux qui s’intéressent à la question des séparations entre femmes et hommes, je trouve qu’il y a des aspects de ces 2 textes français que j’ai publié en anglais il y a presque 40 ans qui sont encore pertinents (j’ai traduit le 2ème en anglais) :
« compte-rendu (1976) » par Nadine Bloch
http://www.non-fides.fr/IMG/pdf/compte-rendu_1976.pdf

Traduction anglaise ici :
http://dialectical-delinquents.com/articles/daily-life/all-things-considered-1976/

“Quelques reflexions sur le subjectivisme et l’intellectualisme pour servir a la critique des separations.“ par Joël Cornuault
http://anarvist.freeshell.org/Les_evenements_courants_volume_3__by__Cornuault_Joel_.htm

Traduction anglaise par moi-même :
http://dialectical-delinquents.com/articles/daily-life/reflections-on-subjectivism-and-intellectualism-1977/

Pendant cette époque (les années 70s) j’ai aussi photocopié et distribué quelques exemplaires d’une version anglaise de ce texte par Jeanne Charles qui peut aussi contribuer à une critique de la séparation entre femmes et hommes:

http://www.bopsecrets.org/French/women.htm

Version anglaise:
http://www.bopsecrets.org/PS/women.htm

PPPS

Une femme m’a écrit le suivant sur les fautes d’orthographe etc. dans ce texte :

Cher N,

j’ai bien lu, d’abord le “pdf” auquel tu réponds, puis ta réponse. tu me demandes si je veux bien corriger les erreurs d’orthographe, d’accord ou de syntaxe de ton texte. je te propose de ne pas le corriger. pourquoi? parce que l’oppression par l’orthographe sur les auteurs, et les étrangers en particulier, est une spécificité du racisme à la française, qui fait qu’il est très difficile pour un étranger (et tu es de langue maternelle étrangère au français) de se sentir légitime de s’exprimer en français.
je te propose donc de laisser tes formulations telles quelles, pour juste rappeler à tes détracteurs/euses que le pire mal qui puisse gangréner un groupe humain, fut-il révolutionnaire, c’est le malentendu, et avec lui, la rupture du dialogue. Tes opposant-e-s seraient-elles/ils xénophobes??? auraient ils/elles méprisé de dialoguer avec toi parce que tu as quelques difficultés d’expression, parfois? Laissons donc ton texte en l’état, si ça peut les aider à apprendre à te comprendre…

J’ai repondu :

Salut, G –
La question importante pour un texte est, evidemment, que c’est compréhensible, qu’une personne qui le lit n’a pas besoin de beaucoup de temps pour désencrypter ce que est écrit. Si ce que j’ai écrit n’est pas trop difficile de comprendre, ce n’est pas nécessaire de corriger ni l’orthographe ni le grammaire incorrecte; mais si le sens est ambigu ou incompréhensible ou inutilement compliqué, c’est important que c’est corrigé.

Commenter cet article