Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Patrick Granet

Depuis quelque temps on voit fleurir sur les réseaux sociaux les articles du site Révolution permanente, qui se proclame « nouveau site d’information d’extrême gauche ». Mais est-il vraiment pertinent ?

Ce site est réalisé par le CCR (Courant communiste révolutionnaire) du NPA, un courant fortement lié au Partido de los trabajadores socialistas (PTS) argentin, et dont le site Internet sert d’ailleurs de modèle à Révolution Permanente [1]. Le PTS est une des nombreuses scissions du Movimiento al Socialismo, créé par la figure tutélaire du trotskysme argentin Nahuel Moreno, qui passa sa vie à osciller selon les opportunités entre lambertisme, sandinisme et péronisme de gauche.

Le site Révolution permanente est surtout la vitrine du CCR. Il fait preuve d’un activisme sans relâche, d’une lutte à l’autre, faisant parfois d’un fait divers un fait politique, ne reculant ni devant les titres et images racoleurs, ni les sources douteuses. Dernièrement, il n’a pas hésité à reprendre sans critique le communiqué de la préfecture de police de Paris, qui insinuait un accord des organisations syndicales pour que des CRS encadrent le carré de tête, communiqué qui a abouti à l’attaque des services d’ordre syndicaux lors de la manifestation du 17 mai à Paris.

De fait, la rupture avec les directions syndicales est un axe politique central, un leitmotiv pour ce courant, quitte à relayer l’intox policière. Pour le CCR et pour d’autres courants léninistes dogmatiques, les syndicats ne sont qu’un premier stade de conscience de classe, incapables de politiser la lutte. Seul le parti peut le faire, en organisant les masses à travers des comités de lutte créés pour l’occasion.

Une analyse faussée du mouvement sur la loi Travail

Force est de constater que ce discours est déconnecté des réalités de la mobilisation actuelle, où la principale difficulté n’est pas tant l’obstruction des directions syndicales que le manque d’équipes syndicales combatives et la résignation des salarié-e-s. Par conséquent créer des comités de lutte ne résoudrait rien, ils sont utiles dans un contexte de généralisation de la grève, mais ne sauraient en être à l’origine.

De son côté le syndicalisme, comme tout outil de lutte en période non révolutionnaire, est traversé par une contradiction entre volonté de rupture et tendance au compromis social et à la bureaucratisation. Pour autant, l’immense majorité des travailleuses et travailleurs combatifs y sont organisé-e-s, et être au plus près du prolétariat, c’est y militer activement.

Refusant la division héritée de la social-démocratie entre syndicat (cantonné à l’entreprise) et parti politique, nous défendons au contraire un syndicalisme révolutionnaire, où les salarié-e-s portent les revendications immédiates et un projet politique de transformation sociale, double besogne décrite dans la charte d’Amiens en 1906. En ce sens, les syndicats doivent réaliser l’unité de classe par-delà les appartenances politiques des uns ou des autres.

Nous refusons donc le fonctionnement syndical en tendances, qui retraduit les oppositions entre courants politiques au lieu de mettre au centre les orientations syndicales.

Martial (AL St Denis) et Grégoire (AL Orléans)

Depuis quelque temps on voit fleurir sur les réseaux sociaux les articles du site Révolution permanente, qui se proclame « nouveau site d’information d’extrême gauche ». Mais est-il vraiment pertinent ?

Ce site est réalisé par le CCR (Courant communiste révolutionnaire) du NPA, un courant fortement lié au Partido de los trabajadores socialistas (PTS) argentin, et dont le site Internet sert d’ailleurs de modèle à Révolution Permanente [1]. Le PTS est une des nombreuses scissions du Movimiento al Socialismo, créé par la figure tutélaire du trotskysme argentin Nahuel Moreno, qui passa sa vie à osciller selon les opportunités entre lambertisme, sandinisme et péronisme de gauche.

Le site Révolution permanente est surtout la vitrine du CCR. Il fait preuve d’un activisme sans relâche, d’une lutte à l’autre, faisant parfois d’un fait divers un fait politique, ne reculant ni devant les titres et images racoleurs, ni les sources douteuses. Dernièrement, il n’a pas hésité à reprendre sans critique le communiqué de la préfecture de police de Paris, qui insinuait un accord des organisations syndicales pour que des CRS encadrent le carré de tête, communiqué qui a abouti à l’attaque des services d’ordre syndicaux lors de la manifestation du 17 mai à Paris.

De fait, la rupture avec les directions syndicales est un axe politique central, un leitmotiv pour ce courant, quitte à relayer l’intox policière. Pour le CCR et pour d’autres courants léninistes dogmatiques, les syndicats ne sont qu’un premier stade de conscience de classe, incapables de politiser la lutte. Seul le parti peut le faire, en organisant les masses à travers des comités de lutte créés pour l’occasion.

Une analyse faussée du mouvement sur la loi Travail

Force est de constater que ce discours est déconnecté des réalités de la mobilisation actuelle, où la principale difficulté n’est pas tant l’obstruction des directions syndicales que le manque d’équipes syndicales combatives et la résignation des salarié-e-s. Par conséquent créer des comités de lutte ne résoudrait rien, ils sont utiles dans un contexte de généralisation de la grève, mais ne sauraient en être à l’origine.

De son côté le syndicalisme, comme tout outil de lutte en période non révolutionnaire, est traversé par une contradiction entre volonté de rupture et tendance au compromis social et à la bureaucratisation. Pour autant, l’immense majorité des travailleuses et travailleurs combatifs y sont organisé-e-s, et être au plus près du prolétariat, c’est y militer activement.

Refusant la division héritée de la social-démocratie entre syndicat (cantonné à l’entreprise) et parti politique, nous défendons au contraire un syndicalisme révolutionnaire, où les salarié-e-s portent les revendications immédiates et un projet politique de transformation sociale, double besogne décrite dans la charte d’Amiens en 1906. En ce sens, les syndicats doivent réaliser l’unité de classe par-delà les appartenances politiques des uns ou des autres.

Nous refusons donc le fonctionnement syndical en tendances, qui retraduit les oppositions entre courants politiques au lieu de mettre au centre les orientations syndicales.

Martial (AL St Denis) et Grégoire (AL Orléans)

Commenter cet article