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Publié par Patrick Granet

L'ACCUEIL DE GROUPES NON-MIXTES Quand on accueille un groupe non mixte qui spécifie ses conditions de réunion (lieu tranquille, sans interruption ou passages même discrets) il est bon de faire en sorte de réunir toutes ces dispositions et de veiller à ce qu’elles soient respectées. Si cela est impossible, il est préférable de décliner et d'expliquer au groupe qu’on ne pourra pas les accueillir adéquatement. LA NON-MIXITÉ EST POUR NOUS UN OUTIL D'ÉMANCIPATION ET UNE UNE NÉCESSITÉ POLITIQUE1 Les femmes* souhaitent, en général, convaincre le groupe dominant qu’il les traite mal. Devant l’échec de cette stratégie de persuasion amicale, des femmes choisissent la non-mixité pendant leurs réunions, mais une non-mixité choisie, et non imposée. La pratique de la non-mixité est tout simplement la conséquence de la théorie de l’auto-émancipation. L’auto-émancipation, c’est la lutte par les oppriméEs pour les oppriméEs. Cette idée simple, il semble que chaque génération politique doive la redécouvrir. Dans les groupes mixtes, et en général dans les groupes dominéEs-dominants, c’est la vision dominante du préjudice subi par le groupe dominé qui tend à… dominer. Les oppriméEs doivent non seulement diriger la lutte contre leur oppression, mais auparavant définir cette oppression elles et eux-mêmes. C’est pourquoi la non-mixité voulue, la non-mixité politique, doit demeurer la pratique de base ; et c’est seulement ainsi que les moments mixtes de la lutte – car il y en a et il faut qu’il y en ait – ne seront pas susceptibles de déraper vers une reconduction douce de la domination. SAVOIR OÙ ON MET LES PIEDS Ensuite, sachez qu'une femme qui exprime son inquiétude quant à la réputation d'un homme qui serait misogyne ne colporte pas de “rumeur”, elle tente de se solidariser avec celleux en qui elle a confiance afin de savoir où elle peut être en sécurité, car oui en tant que femmes (et féministes) nous sommes souvent agressées verbalement, physiquement et cherchons à nous protéger de ce genre de situation. Ça n'a donc rien à voir avec le fait de “salir” la réputation de quelqu'un pour le plaisir, ou ça n'a rien de comparable justement avec le fait de ne pas digérer d'avoir une réputation, ce n'est pas agréable mais cela n'engendre pas la peur d'être agressées que nous ressentons tous les jours et dont nous nous protégeons, ici réside la grosse différence et il est très important de le comprendre. ENTRE SUSPICION, “RECADRAGE”, ET CULPABILISATION, C'EST TOUJOURS LA MÊME PERSONNE QUI SUBIT L'AGRESSION Par ailleurs, répéter les inquiétudes d'une personne opprimée à la personne concernée génèrant la méfiance, c’est mettre en danger la personne opprimée, lui faire courir le risque d’un rappel à l'ordre violent … Une agression verbale, par exemple. Aussi, forcer une personne à s'expliquer, sans son consentement, est oppressif. Poursuivre une personne qui veut s'en aller, est oppressif. Insulter une personne qui exprime qu’elle ne veut pas communiquer pour le moment, est une agression. Quand une personne se fait agresser, oppresser verbalement et physiquement par un dominant ou une personne qui a intégré les codes de la société dominante, sachez qu’il n'est jamais bienveillant de venir la “calmer” ou faire “redescendre les choses” : tenter de cadrer la personne qui subi l'agression, c'est être du côté de l’agresseur et des codes de la société dominante que la personne a intégré. C'est légitimer et préserver l’ordre etabli et c'est infliger une nouvelle violence à la personne qui a subi l'agression. Tout-e-s ensemble luttons contre toutes les discriminations ! La Commission féministe de l'Assemblée populaire Nuit debout de Montpellier

Sexisme en milieu militant

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