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Publié par Patrick Granet

Sans liberté d'expression, point de liberté

a liberté d'expression fait partie intégrante de la Liberté et ne saurait s'en détacher au risque de disparaître. En effet, dans notre société, l'on peut diviser la Liberté en plusieurs « catégories » telles que : se déplacer, penser, exprimer... Hors depuis plusieurs années la liberté d'expression fait beaucoup parler d'elle, entre Dieudonné en spectacle, Marsault sur facebook, les Lepen depuis toujours, bref les fafs en règle générale.

Rappel

« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen que ce soit. »

Cette définition englobe donc un grand nombre de « catégories » de libertés comme : la presse, manifester, choisir en quelle langue l'on souhaite s'exprimer, la liberté d'association, la liberté de réunion... cette liste est évidemment non exhaustive.

L'on peut donc dire que la France ne respecte pas à la lettre ce texte, les langues régionales sont dans une impasse et difficilement praticables, mais d'autres restrictions plus ou moins importantes selon les considérations de chacun existent. Ci-dessous quelques exemples :

le négationnisme, l'appel à la haine au meurtre, l'atteinte à la propriété intellectuelle, l'atteinte au secret des affaires...

Ce que l'on peut dire en public est donc limité, peut être condamné, et la parole se voit ainsi interdite. Est-ce une bonne chose ? Si l'on reste dans des considérations faisant appel aux sentiments, la réponse est évidente. Oui ! De cette façon l'on limitera les propos homophobes, machistes, racistes,...istes. Mais cela se paye par une contre-partie, la société a été crée par l'humain, l'humain appartient à la nature, la nature répond à un équilibre, il est logique qu'une société quelle qu'elle soit réponde aussi à un équilibre. Cette contre-partie pourra être l'interdiction d'affirmer une opinion politique, ou d'en critiquer une, donc l'impossibilité de manifester par exemple.

Donc est-il bon d'interdire une parole ?

La réponse est difficile, et ne peut se limiter à oui ou non. Le fait d'interdire une première parole mènera automatiquement à en interdire d'autres à plus ou moins long termes. Par contre il est bien entendu que l'appel à la haine (quelle que soit la raison, envers un faf ou envers un antifa, etc...) ne peut être accepté non plus.

Interdire ou faire interdire une expression, peu importe sa forme, peut par ailleurs s'avérer contre-productif, cela n'est bien souvent pas que l'expression d'un rapport de force, il peut s'agir d'un aveu de faiblesse. Si la prise de position est opprimante, transformer l’oppresseur en opprimé ne fera qu'accentuer le nombre d'opprimés, et n'empêchera pas à l'idée émise de persiter à travers les âges. Il faut trouver la réponse adéquat, non pas dans le but de lancer un débat ou un dialogue, mais dans le but de rallier un maximum de personnes et d'idées nouvelles. Car le combat passe par la lutte, la lutte par la réflexion, la réflexion par le temps qui lui est accordée. Vouloir asséner un coup fatal dès le début à son adversaire ne fera que le faire revenir plus dangereux, tel un hydre, et nous aura fait puiser nos forces ailleurs que là où il fallait. Le retour de celui-ci sera d'autant plus périlleux, que notre combativité et notre capacité de réponse seront amoindries.

Argent et liberté d'expression

L'un des freins à la liberté d'expression est l'argent. En fait il est un frein à la Liberté, et cela n'est pas difficile à prouver que la liberté est proportionnelle au pouvoir, qui, lui, est bien souvent proportionnelle à l'argent détenu.

Bien que cela soit un fait, lutter contre la possibilité d'expression des possédant ou de leurs idées, ne peut et ne pourra jamais faire avancer aucune cause, bien au contraire notre lutte se retournera contre nous. De plus lorsque le peu de possibilités que l'on a pour s'exprimer est réduite, nous sommes les premiers à nous en plaindre, et c'est bien normal. Il n'est pas logique de faire subir à l'autre ce que l'on ne veut pas subir, non seulement, mais surtout de défendre au final une logique qui va dans son sens et contre le nôtre.

La lutte des classes ne doit pas avoir pour but la restriction des libertés de ceux qui en jouissent, mais au contraire l'extension de ces dernières à l'ensemble de population. A moins que l'on se trompe de combat (ou que l'on soit marxiste).

L'utilisation des mêmes armes que nos ennemis ne fera que nous rapprocher d'eux, trouvons les moyens de les attaquer différemment.

Je finirai en citant Nietzsche, car cette phrase reflète bien, pour moi, les dangers et tentations auxquels nous pouvons être confronté.

« Si tu luttes contre un monstre, prends garde de ne pas devenir un monstre toi-même... Et si tu plonges ton regard dans l'abîme, songe que l'abîme aussi ancre son regard en toi. »

SLS le 13 août 2016

Ecrit par SLS, à 08:45 dans la rubrique "Pour comprendre".

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