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Publié par Patrick Granet

ncarcéré depuis deux ans et demi pour des abus sexuels sur sa fille, cet évangéliste demande à être libéré avant son procès.

"Je regrette énormément, je m'en voudrais jusqu'à ma mort, chaque jour que Dieu me prête vie j'y pense et je n'ai pas de moyen de me racheter". Cheveux ras et blanc, l'homme bat sa coulpe face aux juges de la cour d'appel de Montpellier qui étudient sa demande de remise en liberté par visioconférence, ce mardi 23 août.

Ce quinquagénaire auto-entrepreneur perpignanais est incarcéré depuis avril 2014, accusé d'avoir abusé sexuellement de sa fille lorsque celle-ci était âgée de 11 à 16 ans. Cet homme de foi, évangéliste, lui aurait aussi imposé la vision de films pornographiques et l'aurait filmée lors d'ébats sexuels. Il reconnaît une grande partie des faits, mais pas les plus graves, et comme le rappelle le conseiller de la chambre de l'instruction, "Il minimise sa responsabilité et persiste à dire que sa fille porte une part de responsabilité, qu'elle serait l'instigatrice de ces relations sexuelles pour obtenir des autorisations de sortie avec ses copines."

Cette affaire aurait pu ne jamais trouver d'épilogue judiciaire parce que le religieux s'en est mêlé. Déjà, la mère de famille, n'a jamais dénoncé ces viols dont elle avait connaissance, elle a d'ailleurs échappé à toute poursuite. Surtout, son église évangéliste a organisé une séance de grand pardon religieux. Sous la houlette d'un pasteur, le père a fait son repentir et la jeune victime a accepté ses excuses. Elle a finalement trouvé le courage de déposer plainte. "Tout le monde était informé de l'affaire dans cette assemblée de l'église évangélique, tonne Me Marie-Pierre Cussac, l'avocate de la partie civile, la jeune victime qui a réussi à refaire sa vie mais reste très traumatisée. Elle a accordé son pardon dans le contexte que l'on imagine. Il n'a pas conscience qu'il a atteint sa fille à la fois dans sa chair et dans son esprit."

Le détenu veut en tout cas sortir de prison avant son procès devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales qui doit être audiencée en 2017. "Je voudrais être avec mon fils, y a des fuites d'eau et des moisissures à la maison et il faut que j'aide ma femme financièrement, je voudrais sortir avant l'incarcération (avant le procès NDLR)" dit-il, rappelant qu'en détention, il se "tient à carreau de toute parole et acte mauvais. J'ai fait beaucoup de travail sur moi-même, je ne suis plus le même homme."

Pour autant, le parquet général s'oppose formellement à sa demande, "pour éviter toute pression sur la victime avant le procès, assène Manon Brignol. Et puis, il y a un risque de fuite, il encourt quand même vingt ans de prison". La décision sera rendue demain 25 août.

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