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Publié par Patrick Granet

« Le djihadisme est en cours d’autonomisation »

À l’heure où certains souhaiteraient la criminalisation du salafisme, que nous apprennent les recherches portant sur cette matrice fondamentaliste, dont les adeptes revendiquent de revenir aux premiers temps de l’islam ? Si les interprétations de l’idéal salafi ont historiquement été d’une incontestable pluralité oscillant entre modernisme le plus rationnel et rigorisme le plus intransigeant, on constate que les courants djihadistes se sont inscrits au XXe siècle dans le cadre du revivalisme salafi poussant à spéculer sur les possibles porosités entre les formes quiétistes et les manifestations insurrectionnelles de ce dernier.

D’aucuns défendent ainsi la thèse d’une différence de degré et non de nature entre salafisme et djihadisme, expliquant la radicalisation par la rupture culturelle et psychologique que l’adoption d’un imaginaire fondamentaliste est supposée produire. Le salafisme, bien que majoritairement non-belliqueux et même prêt à condamner l’engagement violent, ne saurait donc s’exonérer d’une responsabilité intrinsèque dans l’éclosion et la diffusion des thèses djihadistes. Là où des acteurs embrassent la véhémence de l’organisation Etat islamique, le salafisme est censé avoir tracé son sillon dans lequel germe la graine de la belligérance.

Pour d’autres au contraire, arguant du fait que les auteurs d’attentats diffèrent ostensiblement des adeptes du piétisme salafi tels que généralement observés, l’engagement violent relèverait d’une expérience distincte. Leur pratique religieuse et piété résiduelles autoriseraient à situer ailleurs leur appétence...


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