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Publié par Patrick Granet

Le jeudi 4 août, dans l’après-midi, les anarchistes Marios Seisidis et Kostas Sakkas ont été arrêtés près de la ville de Sparte dans le Péloponnèse après un contrôle routier et une course-poursuite. Ils ont refusé de se soumettre à la prise d’empreintes digitales et de se faire photographier pour l’identité judiciaire [1]et ont été transféré le vendredi 5 août à Athènes où ils sont passés devant le procureur qui a reconnu les accusations suivantes : vol (pour la voiture), usage de faux (papiers d’identité et fausses plaques minéralogiques), rébellion, fausses déclarations et deux infractions au code de la route. Ils doivent passer ce samedi devant le tribunal pour être jugés.
Les compagnons rapportent s’être fait tirer dessus par les flics alors qu’ils n’étaient pas armés, ils ont tous les deux été sévèrement tabassés.

Marios Seisidis était recherché depuis bientôt 10 ans pour des braquages de banques commis par ce que les flics et médias ont appelé « les braqueurs en noir ». Plus précisément, cette affaire concerne - au minimum - sept braquages de banques de 2002 à 2006. Une récompense de 600 000 euros pour leur capture avait été annoncée en octobre 2009, ainsi que sur celles de Giannis Dimitrakis, Simos Seisidis (son frère, blessé par les flics lors de son arrestation et qui sera amputé d’une jambe) et Grigoris Tsironis (aujourd’hui en prison pour l’affaire des « braqueurs de Distomo »). Les co-accusés ont été relaxés de toutes les accusations dans cette affaire. Le compagnon est considéré comme un suspect par les flics pour d’autres braquages de banques de 2011 à 2015, l’affaire des "braqueurs de Distomo", les flics accusant Nikos Maziotis et Vassilis Paleokostas d’être les chefs de cette organisation.

Kostas Sakkas a été arrêté une première fois en décembre 2010 avec Alexandros Mitrousias à Athènes et accusé de participation à la Conspiration des Cellules de Feu (CCF). Il commence le 4 juillet 2013 une grève de la faimpour demander sa remise en liberté en attente de jugement [2], qui lui sera accordée 38 jours plus tard sous conditions. Le 7 janvier 2014, il est arrêté pour violation de sa conditionnelle (les flics craignaient qu’il ne se fasse la belle comme Christodoulos Xiros, membre du groupe 17 Novembre qui n’était pas revenu de permission) mais sera innocenté. Le 15 janvier 2014, un nouveau mandat d’amener est publié contre lui, les juges ayant trouvé de nouvelles preuves quant à sa participation dans la CCF (plus exactement, une empreinte digitale retrouvée sur un sac plastique dans la planque de Chalandri). Malgré cela, il sera remis à nouveau en liberté sous conditions et le 10 février, après n’avoir pas pointé au commissariat, il sera recherché.

Ci dessous un texte écrit hier par des prisonniers de l’aile A de la prison de Korydallos (où sont détenus de nombreux compagnons).

Communiqué de la prison de Korydallos pour Marios Seisidis et Kostas Sakkas

À la nouvelle de l’arrestation des deux individus en lutte Marios Seisidis et Kostas Sakkas, on ne peut que ressentir de la peine. Tristesse que deux anarchistes tombent entre les mains de l’autorité, qui les prive désormais de cette liberté dont ils jouissaient en cavale. Une peine que ressent chacun d’entre nous qui a vécu l’instant de cette privation violente.

Marios Seisidis, visé et recherché lui-aussi dans cette affaire, qui s’avère aujourd’hui être montée de toutes pièces par l’Etat, des « braqueurs en noir », a choisi il y a de ça dix ans le chemin de la cavale, refusant de se rendre et de mettre en gage sa liberté dans les mains de ses poursuivants.

Kostas Sakkas, accusé d’être membre de la CCF sans la moindre preuve contre lui, a été emprisonné puis remis en liberté après une grève de la faim, sous des conditions auxquelles il ne s’est pas soumis, choisissant de vivre tel qu’il l’entend et non suivant des conditions imposées.

Leur traitement vengeur par les flics nous remplit de rage et nous rappelle que la réponse à la répression ne peut être autre que l’intensification de la lutte contre tous ceux qui nous privent de la liberté que nous aimons tant. Nos pensées les accompagnent et nous leur exprimons notre solidarité indéfectible.

Rien ne restera sans réponse ! Bas les pattes des individus en lutte !

Courage à Marios et Kostas !

Initiative de prisonniers de l’aile A de la prison de Korydallos.

[Traduit du grec d’Indy Athenes.]

Notes

[1] A noter que le fichage ADN est assez peu courant en Grèce ; NdT.

[2] La détention préventive en Grèce est de 18 mois maximum. Au-delà, soit les personnes sont relâchées dans l’attente du procès, soit les juges sortent de nouvelles affaires juste avant la fin de la préventive afin de relancer un autre cycle de 18 mois d’enfermement (comme cela a pu se passer pour les compagnons dans l’affaire de Velvento) ; NdT.

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