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Publié par Patrick Granet

France, Alternative Libertaire AL - politique, On bloque tout ?

Principalement destiné à faire en sorte que le débat sur la reconduction et la
généralisation de la grève soit porté à la base, l’appel « On bloque tout ! » a pris,
modestement, sa part en tant qu’acteur collectif du mouvement social en cours. ---- Lancé
le 22 mars dernier, l’appel « On bloque tout ! » rassemble aujourd’hui 1675 signataires
dont 135 structures syndicales en tant que telles. Sur l’ensemble des signataires, un peu
plus de la moitié provient de Solidaires, près d’un tiers de la CGT. Viennent ensuite, par
ordre d’importance, les signataires FSU, CNT, FO et CNT-SO. Enfin, une soixantaine de
signataires se partagent entre CFDT, LAB, CNT-AIT, Confédération Paysanne, Unef, Fidl,
UTG, STC, USP ainsi que des signatures internationales… Le collectif d’animation regroupe
16 camarades : 8 de SUD (aérien, éducation, PTT, rail) ; 4 de la CGT (correcteurs,
étudiant.e.s, Livre, sociétés d’études) ; 2 de la CNT-SO ; 1 de la CNT ; 1 de la
FSU-Émancipation.

Principalement destiné à faire en sorte que le débat sur la reconduction et la
généralisation de la grève soit porté à la base, l’appel « On bloque tout ! » a pris,
modestement, sa part en tant qu’acteur collectif du mouvement social en cours. C’est bien
le sens et le but de l’appel « On bloque tout ! » : favoriser l’émergence d’une sorte «
d’intersyndicale de lutte et de terrain » sur une base commune, l’action en faveur de la
reconduction et de la généralisation de la grève.

Volontairement, le texte de l’appel se plaçait dans une logique de « construction », bien
conscient des écueils rencontrés dans différentes mobilisations depuis 2010, sans pour
autant abdiquer sur l’enjeu de la grève. En invitant à poser le débat dans les structures
syndicales, il a été au-delà de la forme pétitionnaire ou de témoignage pour faire office
de « contribution ouverte » que peuvent porter, à tous les niveaux, et dans toutes les
organisations syndicales, les syndicalistes de lutte. En allant au bout de la logique, peu
importait à la rigueur la signature finale de la structure si les questions posées dans
l’appel ont permis d’y faire vivre le débat.

Enfin, au-delà, l’appel rappelle clairement que c’est bien dans la lutte, et pas dans
d’hypothétiques attentes à avoir des élections en 2017, que doivent se placer nos espoirs.
Enfin, il permet aussi de poser le débat en termes de contre-offensive : obtenir le
retrait de la loi travail, puisque ça reste notre objectif, doit permettre de reposer des
revendications centrales, comme la réduction du temps de travail (avec les 32h) pour
avancer sur le chemin de la transformation sociale.

Grenoble, le 23 juin 2016. l’entrée Nord de la ville est bloquée par le collectif local.
L’appel « On bloque tout ! » et ses déclinaisons

Assez vite le collectif d’animation qui s’est mis en place pour le faire vivre, s’est
attaché à ce que des initiatives concrètes en sortent. L’appel s’est doté d’un site et
d’une page Facebook assez active (plus de 5000 personnes la suivent)

Des autocollants ont été produits et distribués par milliers partout dans l’hexagone, des
affichettes et des visuels mis.es à disponibilité. Plusieurs contributions, issues du
collectif d’animation, sont parues depuis le 22 mars, complétant l’appel initial : «
D’avril à mai… bâtir la grève » ; « Bloquons la répression » ; « Le 18 mai et après, la
grève et la rue contre la loi « travail » » qui prenait l’exact contre-pied du communiqué
intersyndical calamiteux du 3 mai. L’envoi de newsletters a l’ensemble des signataires a
permis d’assurer un lien minimum. Il y a eu également des contributions de signataires,
mais très (trop) peu (une d’un camarade de la CNT-SO, une de SUD Commerces et services…).
Une rencontre nationale s’est tenue le samedi 23 avril (le compte-rendu a été publié sur
le site) et un meeting le jeudi 19 mai (un article de bilan est paru dans le quotidien Le
Progrès Social et repris dans L’Émancipation syndicale et pédagogique).

Les échanges lors de ces deux moments de rencontre ont permis d’analyser collectivement
les différentes séquences de la mobilisation, même si on peut regretter le peu
d’initiatives concrètes qui en soient ressorties.

Médiatiquement l’appel a été soutenu par Le Progrès Social, mentionné dans Politis et
L’Humanité et plus sérieusement traité par Médiapart (deux articles et une invitation à un
des directs qu’organise régulièrement ce média en ligne). Il a également été relayé par
différents médias liés à l’extrême gauche (Le Monde libertaire, Radio
libertaire,Alternative libertaire, L’Anticapitaliste…).

Tout bloquer, oui, mais comment ?

A l’appui de cette dynamique d’ensemble, et sur la base du texte d’appel, des collectifs
locaux « On bloque tout ! » se sont constitués spontanément sur plusieurs villes : Dijon,
Grenoble, Marseille, Nantes, Pau… ailleurs des initiatives en lien avec l’appel étaient
prises, bien souvent appuyées sur des équipes intersyndicales (souvent CGT, CNT, FSU et
Solidaires), le minimum ayant été des tractages de l’appel dans les manifestations jusqu’à
des réunions publiques et des opérations de blocage économique. Ce qui a permis de remplir
en quelque sorte un rôle d’assemblée générale interprofessionnelle. On peut toutefois
regretter que pour la plupart de ses signataires, « On bloque tout ! » soit resté une
sorte de label sans forcément réussir à s’incarner dans des actions concrètes. A
contrario, la mise en avant du « blocage » a parfois pu paraître se substituer à l’ancrage
de la grève ce qui n’était pas forcément notre démarche.

Mais on peut quand même raisonnablement penser que l’appel a contribué à ancrer largement
la nécessité du blocage de l’économie comme enjeu de la mobilisation. Et ce n’est pas rien !

Sur un autre plan et parfois en parallèle, le rapport aux Nuits debout n’a pas été évacué.
Le collectif d’animation a été en liaison avec la commission Grève générale de Nuit debout
Paris (un tract commun a été réalisé) et une camarade est intervenue place de la
République le 28 avril au soir. Autre exemple, des camarades signataires de Saint-Denis
sont parmi les animatrices et animateurs de la Nuit debout dionysienne. Enfin, sur la
question de la répression, outre le texte déjà cité, le collectif d’animation a signé et
relayé l’appel « Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable » et a lancé
une campagne de solidarité avec Antoine, jeune militant de la CGT Valenciennes qui a été
emprisonné plus de trois semaines avant d’être condamné à 10 mois de prisons avec sursis
et deux ans d’interdiction de manifester dans son département.

Blocage à Donges
Quelles perspectives pour « On bloque tout ! » ?

La mobilisation n’est pas terminée et promet de se décliner cet été avant de reprendre à
la rentrée de septembre. L’appel et les différentes contributions qui lui sont liées
restent utiles à celles et ceux déterminé.e.s à lutter contre la loi « travail » et son
monde. La page Facebook comme le site ont relayé les appels à la grève et les opérations
de blocage économiques, et nous continuerons cet été de nous faire l’écho des différentes
initiatives qui pourront être prises.

Mais on peut déjà se dire que l’appel « On bloque tout ! » aura eu plus de résonance que
les appels de syndicalistes pour la grève générale en 2010. Nous sommes plusieurs à nous
interroger sur la suite à donner, pourquoi pas dès maintenant, à cet appel. Comment faire
perdurer les liens tissés par « On bloque tout ! » entre équipes syndicales et collectifs
de militant.e.s Solidaires, CGT, FSU, CNT, FO, CNT-SO, LAB… ?

Une des pistes consisterait à faire émerger un réseau pérenne de syndicalistes de lutte,
appuyé sur de réels collectifs locaux, dont la forme comme le nom resterait à trouver mais
qui viserait à dépasser la forme « appel » pour être capable d’initiatives concrètes et de
terrain.

La mobilisation a permis de constater les difficultés à donner sens et corps à l’action
collective pour des centaines de milliers de salarié.e.s qui pouvaient « soutenir » la
mobilisation sans pour autant franchir le pas de la grève. Il existe de nombreuses raisons
à cela : manque d’ancrage du syndicalisme, précarité et bas salaires…

Ces difficultés affectent l’ensemble des collectifs syndicaux, quelles que soient leur
affiliation. N’y a-t-il pas urgence à mettre en commun nos pratiques, à échanger sur les
obstacles, à développer horizontalement les solidarités intersyndicales ?

Un réseau, des collectifs de syndicalistes de lutte pourrait permettre cela, organiser des
rencontres, régionales et nationales, des formations, des campagnes mêmes… Parce qu’on n’a
pas fini de vouloir tout bloquer contre la loi « travail » et son monde !

Le Collectif d’animation de l’appel « On bloque tout ! », le 12 juillet 2016

http://www.alternativelibertaire.org/?On-bloque-tout-Un-premier-bilan
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Principalement destiné à faire en sorte que le débat sur la reconduction et la
généralisation de la grève soit porté à la base, l’appel « On bloque tout ! » a pris,
modestement, sa part en tant qu’acteur collectif du mouvement social en cours. ---- Lancé
le 22 mars dernier, l’appel « On bloque tout ! » rassemble aujourd’hui 1675 signataires
dont 135 structures syndicales en tant que telles. Sur l’ensemble des signataires, un peu
plus de la moitié provient de Solidaires, près d’un tiers de la CGT. Viennent ensuite, par
ordre d’importance, les signataires FSU, CNT, FO et CNT-SO. Enfin, une soixantaine de
signataires se partagent entre CFDT, LAB, CNT-AIT, Confédération Paysanne, Unef, Fidl,
UTG, STC, USP ainsi que des signatures internationales… Le collectif d’animation regroupe
16 camarades : 8 de SUD (aérien, éducation, PTT, rail) ; 4 de la CGT (correcteurs,
étudiant.e.s, Livre, sociétés d’études) ; 2 de la CNT-SO ; 1 de la CNT ; 1 de la
FSU-Émancipation.

Principalement destiné à faire en sorte que le débat sur la reconduction et la
généralisation de la grève soit porté à la base, l’appel « On bloque tout ! » a pris,
modestement, sa part en tant qu’acteur collectif du mouvement social en cours. C’est bien
le sens et le but de l’appel « On bloque tout ! » : favoriser l’émergence d’une sorte «
d’intersyndicale de lutte et de terrain » sur une base commune, l’action en faveur de la
reconduction et de la généralisation de la grève.

Volontairement, le texte de l’appel se plaçait dans une logique de « construction », bien
conscient des écueils rencontrés dans différentes mobilisations depuis 2010, sans pour
autant abdiquer sur l’enjeu de la grève. En invitant à poser le débat dans les structures
syndicales, il a été au-delà de la forme pétitionnaire ou de témoignage pour faire office
de « contribution ouverte » que peuvent porter, à tous les niveaux, et dans toutes les
organisations syndicales, les syndicalistes de lutte. En allant au bout de la logique, peu
importait à la rigueur la signature finale de la structure si les questions posées dans
l’appel ont permis d’y faire vivre le débat.

Enfin, au-delà, l’appel rappelle clairement que c’est bien dans la lutte, et pas dans
d’hypothétiques attentes à avoir des élections en 2017, que doivent se placer nos espoirs.
Enfin, il permet aussi de poser le débat en termes de contre-offensive : obtenir le
retrait de la loi travail, puisque ça reste notre objectif, doit permettre de reposer des
revendications centrales, comme la réduction du temps de travail (avec les 32h) pour
avancer sur le chemin de la transformation sociale.

Grenoble, le 23 juin 2016. l’entrée Nord de la ville est bloquée par le collectif local.
L’appel « On bloque tout ! » et ses déclinaisons

Assez vite le collectif d’animation qui s’est mis en place pour le faire vivre, s’est
attaché à ce que des initiatives concrètes en sortent. L’appel s’est doté d’un site et
d’une page Facebook assez active (plus de 5000 personnes la suivent)

Des autocollants ont été produits et distribués par milliers partout dans l’hexagone, des
affichettes et des visuels mis.es à disponibilité. Plusieurs contributions, issues du
collectif d’animation, sont parues depuis le 22 mars, complétant l’appel initial : «
D’avril à mai… bâtir la grève » ; « Bloquons la répression » ; « Le 18 mai et après, la
grève et la rue contre la loi « travail » » qui prenait l’exact contre-pied du communiqué
intersyndical calamiteux du 3 mai. L’envoi de newsletters a l’ensemble des signataires a
permis d’assurer un lien minimum. Il y a eu également des contributions de signataires,
mais très (trop) peu (une d’un camarade de la CNT-SO, une de SUD Commerces et services…).
Une rencontre nationale s’est tenue le samedi 23 avril (le compte-rendu a été publié sur
le site) et un meeting le jeudi 19 mai (un article de bilan est paru dans le quotidien Le
Progrès Social et repris dans L’Émancipation syndicale et pédagogique).

Les échanges lors de ces deux moments de rencontre ont permis d’analyser collectivement
les différentes séquences de la mobilisation, même si on peut regretter le peu
d’initiatives concrètes qui en soient ressorties.

Médiatiquement l’appel a été soutenu par Le Progrès Social, mentionné dans Politis et
L’Humanité et plus sérieusement traité par Médiapart (deux articles et une invitation à un
des directs qu’organise régulièrement ce média en ligne). Il a également été relayé par
différents médias liés à l’extrême gauche (Le Monde libertaire, Radio
libertaire,Alternative libertaire, L’Anticapitaliste…).

Tout bloquer, oui, mais comment ?

A l’appui de cette dynamique d’ensemble, et sur la base du texte d’appel, des collectifs
locaux « On bloque tout ! » se sont constitués spontanément sur plusieurs villes : Dijon,
Grenoble, Marseille, Nantes, Pau… ailleurs des initiatives en lien avec l’appel étaient
prises, bien souvent appuyées sur des équipes intersyndicales (souvent CGT, CNT, FSU et
Solidaires), le minimum ayant été des tractages de l’appel dans les manifestations jusqu’à
des réunions publiques et des opérations de blocage économique. Ce qui a permis de remplir
en quelque sorte un rôle d’assemblée générale interprofessionnelle. On peut toutefois
regretter que pour la plupart de ses signataires, « On bloque tout ! » soit resté une
sorte de label sans forcément réussir à s’incarner dans des actions concrètes. A
contrario, la mise en avant du « blocage » a parfois pu paraître se substituer à l’ancrage
de la grève ce qui n’était pas forcément notre démarche.

Mais on peut quand même raisonnablement penser que l’appel a contribué à ancrer largement
la nécessité du blocage de l’économie comme enjeu de la mobilisation. Et ce n’est pas rien !

Sur un autre plan et parfois en parallèle, le rapport aux Nuits debout n’a pas été évacué.
Le collectif d’animation a été en liaison avec la commission Grève générale de Nuit debout
Paris (un tract commun a été réalisé) et une camarade est intervenue place de la
République le 28 avril au soir. Autre exemple, des camarades signataires de Saint-Denis
sont parmi les animatrices et animateurs de la Nuit debout dionysienne. Enfin, sur la
question de la répression, outre le texte déjà cité, le collectif d’animation a signé et
relayé l’appel « Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable » et a lancé
une campagne de solidarité avec Antoine, jeune militant de la CGT Valenciennes qui a été
emprisonné plus de trois semaines avant d’être condamné à 10 mois de prisons avec sursis
et deux ans d’interdiction de manifester dans son département.

Blocage à Donges
Quelles perspectives pour « On bloque tout ! » ?

La mobilisation n’est pas terminée et promet de se décliner cet été avant de reprendre à
la rentrée de septembre. L’appel et les différentes contributions qui lui sont liées
restent utiles à celles et ceux déterminé.e.s à lutter contre la loi « travail » et son
monde. La page Facebook comme le site ont relayé les appels à la grève et les opérations
de blocage économiques, et nous continuerons cet été de nous faire l’écho des différentes
initiatives qui pourront être prises.

Mais on peut déjà se dire que l’appel « On bloque tout ! » aura eu plus de résonance que
les appels de syndicalistes pour la grève générale en 2010. Nous sommes plusieurs à nous
interroger sur la suite à donner, pourquoi pas dès maintenant, à cet appel. Comment faire
perdurer les liens tissés par « On bloque tout ! » entre équipes syndicales et collectifs
de militant.e.s Solidaires, CGT, FSU, CNT, FO, CNT-SO, LAB… ?

Une des pistes consisterait à faire émerger un réseau pérenne de syndicalistes de lutte,
appuyé sur de réels collectifs locaux, dont la forme comme le nom resterait à trouver mais
qui viserait à dépasser la forme « appel » pour être capable d’initiatives concrètes et de
terrain.

La mobilisation a permis de constater les difficultés à donner sens et corps à l’action
collective pour des centaines de milliers de salarié.e.s qui pouvaient « soutenir » la
mobilisation sans pour autant franchir le pas de la grève. Il existe de nombreuses raisons
à cela : manque d’ancrage du syndicalisme, précarité et bas salaires…

Ces difficultés affectent l’ensemble des collectifs syndicaux, quelles que soient leur
affiliation. N’y a-t-il pas urgence à mettre en commun nos pratiques, à échanger sur les
obstacles, à développer horizontalement les solidarités intersyndicales ?

Un réseau, des collectifs de syndicalistes de lutte pourrait permettre cela, organiser des
rencontres, régionales et nationales, des formations, des campagnes mêmes… Parce qu’on n’a
pas fini de vouloir tout bloquer contre la loi « travail » et son monde !

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Principalement destiné à faire en sorte que le débat sur la reconduction et la
généralisation de la grève soit porté à la base, l’appel « On bloque tout ! » a pris,
modestement, sa part en tant qu’acteur collectif du mouvement social en cours. ---- Lancé
le 22 mars dernier, l’appel « On bloque tout ! » rassemble aujourd’hui 1675 signataires
dont 135 structures syndicales en tant que telles. Sur l’ensemble des signataires, un peu
plus de la moitié provient de Solidaires, près d’un tiers de la CGT. Viennent ensuite, par
ordre d’importance, les signataires FSU, CNT, FO et CNT-SO. Enfin, une soixantaine de
signataires se partagent entre CFDT, LAB, CNT-AIT, Confédération Paysanne, Unef, Fidl,
UTG, STC, USP ainsi que des signatures internationales… Le collectif d’animation regroupe
16 camarades : 8 de SUD (aérien, éducation, PTT, rail) ; 4 de la CGT (correcteurs,
étudiant.e.s, Livre, sociétés d’études) ; 2 de la CNT-SO ; 1 de la CNT ; 1 de la
FSU-Émancipation.

Principalement destiné à faire en sorte que le débat sur la reconduction et la
généralisation de la grève soit porté à la base, l’appel « On bloque tout ! » a pris,
modestement, sa part en tant qu’acteur collectif du mouvement social en cours. C’est bien
le sens et le but de l’appel « On bloque tout ! » : favoriser l’émergence d’une sorte «
d’intersyndicale de lutte et de terrain » sur une base commune, l’action en faveur de la
reconduction et de la généralisation de la grève.

Volontairement, le texte de l’appel se plaçait dans une logique de « construction », bien
conscient des écueils rencontrés dans différentes mobilisations depuis 2010, sans pour
autant abdiquer sur l’enjeu de la grève. En invitant à poser le débat dans les structures
syndicales, il a été au-delà de la forme pétitionnaire ou de témoignage pour faire office
de « contribution ouverte » que peuvent porter, à tous les niveaux, et dans toutes les
organisations syndicales, les syndicalistes de lutte. En allant au bout de la logique, peu
importait à la rigueur la signature finale de la structure si les questions posées dans
l’appel ont permis d’y faire vivre le débat.

Enfin, au-delà, l’appel rappelle clairement que c’est bien dans la lutte, et pas dans
d’hypothétiques attentes à avoir des élections en 2017, que doivent se placer nos espoirs.
Enfin, il permet aussi de poser le débat en termes de contre-offensive : obtenir le
retrait de la loi travail, puisque ça reste notre objectif, doit permettre de reposer des
revendications centrales, comme la réduction du temps de travail (avec les 32h) pour
avancer sur le chemin de la transformation sociale.

Grenoble, le 23 juin 2016. l’entrée Nord de la ville est bloquée par le collectif local.
L’appel « On bloque tout ! » et ses déclinaisons

Assez vite le collectif d’animation qui s’est mis en place pour le faire vivre, s’est
attaché à ce que des initiatives concrètes en sortent. L’appel s’est doté d’un site et
d’une page Facebook assez active (plus de 5000 personnes la suivent)

Des autocollants ont été produits et distribués par milliers partout dans l’hexagone, des
affichettes et des visuels mis.es à disponibilité. Plusieurs contributions, issues du
collectif d’animation, sont parues depuis le 22 mars, complétant l’appel initial : «
D’avril à mai… bâtir la grève » ; « Bloquons la répression » ; « Le 18 mai et après, la
grève et la rue contre la loi « travail » » qui prenait l’exact contre-pied du communiqué
intersyndical calamiteux du 3 mai. L’envoi de newsletters a l’ensemble des signataires a
permis d’assurer un lien minimum. Il y a eu également des contributions de signataires,
mais très (trop) peu (une d’un camarade de la CNT-SO, une de SUD Commerces et services…).
Une rencontre nationale s’est tenue le samedi 23 avril (le compte-rendu a été publié sur
le site) et un meeting le jeudi 19 mai (un article de bilan est paru dans le quotidien Le
Progrès Social et repris dans L’Émancipation syndicale et pédagogique).

Les échanges lors de ces deux moments de rencontre ont permis d’analyser collectivement
les différentes séquences de la mobilisation, même si on peut regretter le peu
d’initiatives concrètes qui en soient ressorties.

Médiatiquement l’appel a été soutenu par Le Progrès Social, mentionné dans Politis et
L’Humanité et plus sérieusement traité par Médiapart (deux articles et une invitation à un
des directs qu’organise régulièrement ce média en ligne). Il a également été relayé par
différents médias liés à l’extrême gauche (Le Monde libertaire, Radio
libertaire,Alternative libertaire, L’Anticapitaliste…).

Tout bloquer, oui, mais comment ?

A l’appui de cette dynamique d’ensemble, et sur la base du texte d’appel, des collectifs
locaux « On bloque tout ! » se sont constitués spontanément sur plusieurs villes : Dijon,
Grenoble, Marseille, Nantes, Pau… ailleurs des initiatives en lien avec l’appel étaient
prises, bien souvent appuyées sur des équipes intersyndicales (souvent CGT, CNT, FSU et
Solidaires), le minimum ayant été des tractages de l’appel dans les manifestations jusqu’à
des réunions publiques et des opérations de blocage économique. Ce qui a permis de remplir
en quelque sorte un rôle d’assemblée générale interprofessionnelle. On peut toutefois
regretter que pour la plupart de ses signataires, « On bloque tout ! » soit resté une
sorte de label sans forcément réussir à s’incarner dans des actions concrètes. A
contrario, la mise en avant du « blocage » a parfois pu paraître se substituer à l’ancrage
de la grève ce qui n’était pas forcément notre démarche.

Mais on peut quand même raisonnablement penser que l’appel a contribué à ancrer largement
la nécessité du blocage de l’économie comme enjeu de la mobilisation. Et ce n’est pas rien !

Sur un autre plan et parfois en parallèle, le rapport aux Nuits debout n’a pas été évacué.
Le collectif d’animation a été en liaison avec la commission Grève générale de Nuit debout
Paris (un tract commun a été réalisé) et une camarade est intervenue place de la
République le 28 avril au soir. Autre exemple, des camarades signataires de Saint-Denis
sont parmi les animatrices et animateurs de la Nuit debout dionysienne. Enfin, sur la
question de la répression, outre le texte déjà cité, le collectif d’animation a signé et
relayé l’appel « Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable » et a lancé
une campagne de solidarité avec Antoine, jeune militant de la CGT Valenciennes qui a été
emprisonné plus de trois semaines avant d’être condamné à 10 mois de prisons avec sursis
et deux ans d’interdiction de manifester dans son département.

Blocage à Donges
Quelles perspectives pour « On bloque tout ! » ?

La mobilisation n’est pas terminée et promet de se décliner cet été avant de reprendre à
la rentrée de septembre. L’appel et les différentes contributions qui lui sont liées
restent utiles à celles et ceux déterminé.e.s à lutter contre la loi « travail » et son
monde. La page Facebook comme le site ont relayé les appels à la grève et les opérations
de blocage économiques, et nous continuerons cet été de nous faire l’écho des différentes
initiatives qui pourront être prises.

Mais on peut déjà se dire que l’appel « On bloque tout ! » aura eu plus de résonance que
les appels de syndicalistes pour la grève générale en 2010. Nous sommes plusieurs à nous
interroger sur la suite à donner, pourquoi pas dès maintenant, à cet appel. Comment faire
perdurer les liens tissés par « On bloque tout ! » entre équipes syndicales et collectifs
de militant.e.s Solidaires, CGT, FSU, CNT, FO, CNT-SO, LAB… ?

Une des pistes consisterait à faire émerger un réseau pérenne de syndicalistes de lutte,
appuyé sur de réels collectifs locaux, dont la forme comme le nom resterait à trouver mais
qui viserait à dépasser la forme « appel » pour être capable d’initiatives concrètes et de
terrain.

La mobilisation a permis de constater les difficultés à donner sens et corps à l’action
collective pour des centaines de milliers de salarié.e.s qui pouvaient « soutenir » la
mobilisation sans pour autant franchir le pas de la grève. Il existe de nombreuses raisons
à cela : manque d’ancrage du syndicalisme, précarité et bas salaires…

Ces difficultés affectent l’ensemble des collectifs syndicaux, quelles que soient leur
affiliation. N’y a-t-il pas urgence à mettre en commun nos pratiques, à échanger sur les
obstacles, à développer horizontalement les solidarités intersyndicales ?

Un réseau, des collectifs de syndicalistes de lutte pourrait permettre cela, organiser des
rencontres, régionales et nationales, des formations, des campagnes mêmes… Parce qu’on n’a
pas fini de vouloir tout bloquer contre la loi « travail » et son monde !

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généralisation de la grève soit porté à la base, l’appel « On bloque tout ! » a pris,
modestement, sa part en tant qu’acteur collectif du mouvement social en cours. ---- Lancé
le 22 mars dernier, l’appel « On bloque tout ! » rassemble aujourd’hui 1675 signataires
dont 135 structures syndicales en tant que telles. Sur l’ensemble des signataires, un peu
plus de la moitié provient de Solidaires, près d’un tiers de la CGT. Viennent ensuite, par
ordre d’importance, les signataires FSU, CNT, FO et CNT-SO. Enfin, une soixantaine de
signataires se partagent entre CFDT, LAB, CNT-AIT, Confédération Paysanne, Unef, Fidl,
UTG, STC, USP ainsi que des signatures internationales… Le collectif d’animation regroupe
16 camarades : 8 de SUD (aérien, éducation, PTT, rail) ; 4 de la CGT (correcteurs,
étudiant.e.s, Livre, sociétés d’études) ; 2 de la CNT-SO ; 1 de la CNT ; 1 de la
FSU-Émancipation.

Principalement destiné à faire en sorte que le débat sur la reconduction et la
généralisation de la grève soit porté à la base, l’appel « On bloque tout ! » a pris,
modestement, sa part en tant qu’acteur collectif du mouvement social en cours. C’est bien
le sens et le but de l’appel « On bloque tout ! » : favoriser l’émergence d’une sorte «
d’intersyndicale de lutte et de terrain » sur une base commune, l’action en faveur de la
reconduction et de la généralisation de la grève.

Volontairement, le texte de l’appel se plaçait dans une logique de « construction », bien
conscient des écueils rencontrés dans différentes mobilisations depuis 2010, sans pour
autant abdiquer sur l’enjeu de la grève. En invitant à poser le débat dans les structures
syndicales, il a été au-delà de la forme pétitionnaire ou de témoignage pour faire office
de « contribution ouverte » que peuvent porter, à tous les niveaux, et dans toutes les
organisations syndicales, les syndicalistes de lutte. En allant au bout de la logique, peu
importait à la rigueur la signature finale de la structure si les questions posées dans
l’appel ont permis d’y faire vivre le débat.

Enfin, au-delà, l’appel rappelle clairement que c’est bien dans la lutte, et pas dans
d’hypothétiques attentes à avoir des élections en 2017, que doivent se placer nos espoirs.
Enfin, il permet aussi de poser le débat en termes de contre-offensive : obtenir le
retrait de la loi travail, puisque ça reste notre objectif, doit permettre de reposer des
revendications centrales, comme la réduction du temps de travail (avec les 32h) pour
avancer sur le chemin de la transformation sociale.

Grenoble, le 23 juin 2016. l’entrée Nord de la ville est bloquée par le collectif local.
L’appel « On bloque tout ! » et ses déclinaisons

Assez vite le collectif d’animation qui s’est mis en place pour le faire vivre, s’est
attaché à ce que des initiatives concrètes en sortent. L’appel s’est doté d’un site et
d’une page Facebook assez active (plus de 5000 personnes la suivent)

Des autocollants ont été produits et distribués par milliers partout dans l’hexagone, des
affichettes et des visuels mis.es à disponibilité. Plusieurs contributions, issues du
collectif d’animation, sont parues depuis le 22 mars, complétant l’appel initial : «
D’avril à mai… bâtir la grève » ; « Bloquons la répression » ; « Le 18 mai et après, la
grève et la rue contre la loi « travail » » qui prenait l’exact contre-pied du communiqué
intersyndical calamiteux du 3 mai. L’envoi de newsletters a l’ensemble des signataires a
permis d’assurer un lien minimum. Il y a eu également des contributions de signataires,
mais très (trop) peu (une d’un camarade de la CNT-SO, une de SUD Commerces et services…).
Une rencontre nationale s’est tenue le samedi 23 avril (le compte-rendu a été publié sur
le site) et un meeting le jeudi 19 mai (un article de bilan est paru dans le quotidien Le
Progrès Social et repris dans L’Émancipation syndicale et pédagogique).

Les échanges lors de ces deux moments de rencontre ont permis d’analyser collectivement
les différentes séquences de la mobilisation, même si on peut regretter le peu
d’initiatives concrètes qui en soient ressorties.

Médiatiquement l’appel a été soutenu par Le Progrès Social, mentionné dans Politis et
L’Humanité et plus sérieusement traité par Médiapart (deux articles et une invitation à un
des directs qu’organise régulièrement ce média en ligne). Il a également été relayé par
différents médias liés à l’extrême gauche (Le Monde libertaire, Radio
libertaire,Alternative libertaire, L’Anticapitaliste…).

Tout bloquer, oui, mais comment ?

A l’appui de cette dynamique d’ensemble, et sur la base du texte d’appel, des collectifs
locaux « On bloque tout ! » se sont constitués spontanément sur plusieurs villes : Dijon,
Grenoble, Marseille, Nantes, Pau… ailleurs des initiatives en lien avec l’appel étaient
prises, bien souvent appuyées sur des équipes intersyndicales (souvent CGT, CNT, FSU et
Solidaires), le minimum ayant été des tractages de l’appel dans les manifestations jusqu’à
des réunions publiques et des opérations de blocage économique. Ce qui a permis de remplir
en quelque sorte un rôle d’assemblée générale interprofessionnelle. On peut toutefois
regretter que pour la plupart de ses signataires, « On bloque tout ! » soit resté une
sorte de label sans forcément réussir à s’incarner dans des actions concrètes. A
contrario, la mise en avant du « blocage » a parfois pu paraître se substituer à l’ancrage
de la grève ce qui n’était pas forcément notre démarche.

Mais on peut quand même raisonnablement penser que l’appel a contribué à ancrer largement
la nécessité du blocage de l’économie comme enjeu de la mobilisation. Et ce n’est pas rien !

Sur un autre plan et parfois en parallèle, le rapport aux Nuits debout n’a pas été évacué.
Le collectif d’animation a été en liaison avec la commission Grève générale de Nuit debout
Paris (un tract commun a été réalisé) et une camarade est intervenue place de la
République le 28 avril au soir. Autre exemple, des camarades signataires de Saint-Denis
sont parmi les animatrices et animateurs de la Nuit debout dionysienne. Enfin, sur la
question de la répression, outre le texte déjà cité, le collectif d’animation a signé et
relayé l’appel « Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable » et a lancé
une campagne de solidarité avec Antoine, jeune militant de la CGT Valenciennes qui a été
emprisonné plus de trois semaines avant d’être condamné à 10 mois de prisons avec sursis
et deux ans d’interdiction de manifester dans son département.

Blocage à Donges
Quelles perspectives pour « On bloque tout ! » ?

La mobilisation n’est pas terminée et promet de se décliner cet été avant de reprendre à
la rentrée de septembre. L’appel et les différentes contributions qui lui sont liées
restent utiles à celles et ceux déterminé.e.s à lutter contre la loi « travail » et son
monde. La page Facebook comme le site ont relayé les appels à la grève et les opérations
de blocage économiques, et nous continuerons cet été de nous faire l’écho des différentes
initiatives qui pourront être prises.

Mais on peut déjà se dire que l’appel « On bloque tout ! » aura eu plus de résonance que
les appels de syndicalistes pour la grève générale en 2010. Nous sommes plusieurs à nous
interroger sur la suite à donner, pourquoi pas dès maintenant, à cet appel. Comment faire
perdurer les liens tissés par « On bloque tout ! » entre équipes syndicales et collectifs
de militant.e.s Solidaires, CGT, FSU, CNT, FO, CNT-SO, LAB… ?

Une des pistes consisterait à faire émerger un réseau pérenne de syndicalistes de lutte,
appuyé sur de réels collectifs locaux, dont la forme comme le nom resterait à trouver mais
qui viserait à dépasser la forme « appel » pour être capable d’initiatives concrètes et de
terrain.

La mobilisation a permis de constater les difficultés à donner sens et corps à l’action
collective pour des centaines de milliers de salarié.e.s qui pouvaient « soutenir » la
mobilisation sans pour autant franchir le pas de la grève. Il existe de nombreuses raisons
à cela : manque d’ancrage du syndicalisme, précarité et bas salaires…

Ces difficultés affectent l’ensemble des collectifs syndicaux, quelles que soient leur
affiliation. N’y a-t-il pas urgence à mettre en commun nos pratiques, à échanger sur les
obstacles, à développer horizontalement les solidarités intersyndicales ?

Un réseau, des collectifs de syndicalistes de lutte pourrait permettre cela, organiser des
rencontres, régionales et nationales, des formations, des campagnes mêmes… Parce qu’on n’a
pas fini de vouloir tout bloquer contre la loi « travail » et son monde !

Le Collectif d’animation de l’appel « On bloque tout ! », le 12 juillet 2016

http://www.alternativelibertaire.org/?On-bloque-tout-Un-premier-bilan
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