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Publié par Patrick Granet

Une cellule secrète de l'État islamique a pour mission de programmer à distance des attaques terroristes au-delà de ses frontières et de renvoyer les nouvelles recrues dans leur pays d'origine.

Si l'enquête qui a suivi les attentats de novembre 2015, à Paris et Saint-Denis, avait permis de mettre en lumière les ramifications, les appuis, les soutiens et les réseaux souterrains multiples de l'État islamique en France et, plus largement, en Europe, le New York Times apporte de nouveaux éléments sur la stratégie de l'organisation terroriste au-delà des frontières des territoires qu'elle contrôle en Syrie et en Irak.

En s'appuyant sur le témoignage d'Harry Sarfo, un djihadiste incarcéré en Allemagne après son retour de Syrie, ainsi que de nombreux documents issus des services de renseignement français, belges, allemands et autrichiens auxquels il a eu accès, le New York Times se penche sur le rôle d'Emni, une cellule secrète de l'État islamique qui rassemble à la fois des forces de police déployées dans les territoires contrôlés par l'organisation terroriste, mais surtout une branche spécialisée dans les opérations extérieures et l'exportation du terrorisme au-delà de ses frontières.

Répartition géographique

L'une de ses missions serait ainsi d'envoyer (ou de mobiliser) ses soldats pour mener des actions violentes et des attaques terroristes à travers le monde. Les témoignages et les documents recueillis par le New York Times décrivent une cellule à plusieurs niveaux, sous le contrôle direct d'Abu Muhammad al-Adnani, porte-parole, chef de la propagande et l'un des plus anciens cadres de l'État islamique en Syrie. Sous ses ordres, on retrouve plusieurs lieutenants mandatés pour préparer des attaques chacun dans la région du monde qu'il leur est confiée: l'Europe, l'Asie...

L'article du New York Times explique, par ailleurs, comment Emni procède pour positionner ses hommes à travers l'Europe, notamment en demandant à certains nouveaux arrivants de faire marche-arrière à leur arrivée à la frontière turco-syrienne et de retourner dans leur pays d'origine où ils seront plus «utiles» pour l'organisation terroriste. Avant cela, les nouvelles recrues en provenance d'Europe (et du reste du monde) sont réparties dans des dortoirs, puis examinées, répertiorées et questionnées.

Mon ami leur a demandé ce qu'il en était de la France et ils ont commencé à rire. Ils ont répondu: “Ne t'inquiète pas pour la France”

Interrogatoires

Depuis la prison de Brême où il est incarcéré, Harry Sarfo se souvient de son interrogatoire à son arrivée, face à un homme équipé d'un ordinateur:

«Il me posait des questions banales comme: Quel est votre nom? Quel est votre second prénom? Qui est votre mère? D'où vient-elle? Quelles études avez-vous suivies? Quels diplômes possédez-vous? Quelle est votre ambition? Que souhaitez-vous devenir?»

Trois jours après son arrivée, des hommes cagoulés d'Emni sont venus lui rendre visite pour lui annoncer que, malgré son envie de combattre en Syrie et en Irak, il serait préférable qu'il rentre en Allemagne. «Ils m'ont dit qu'ils n'avaient pas assez de monde sur le sol allemand prêts à prêts à faire le job», a-t-il déclaré lors d'un interrogatoire mené par les autorités allemandes peu après son interpellation, en 2015.

En France, en revanche, la cellule se targuait de posséder plus de volontaires que nécessaire. «Mon ami leur a demandé ce qu'il en était de la France et ils ont commencé à rire. Mais à rire sérieusement, avec des larmes aux yeux. Ils ont répondu: “Ne t'inquiète pas pour la France”.» Cette conversation a eu lieu au mois d'avril 2015. Sept mois, précisément, avant que 130 personnes trouvent la mort dans une série d'attaques terroristes coordonnées dans Paris et sa banlieue, revendiquées par l'État islamique.

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Emni, la cellule de Daech chargée d'exporter le terrorisme dans le monde

Repéré par Robin Panfili

Monde

Un panneau de l'État islamique dans la ville de Manbij, dans le nord de la Syrie l'un des endroits où les combattants étrangers étaient accueillis à leur arrivée. DELIL SOULEIMAN/AFP

Une cellule secrète de l'État islamique a pour mission de programmer à distance des attaques terroristes au-delà de ses frontières et de renvoyer les nouvelles recrues dans leur pays d'origine.

Si l'enquête qui a suivi les attentats de novembre 2015, à Paris et Saint-Denis, avait permis de mettre en lumière les ramifications, les appuis, les soutiens et les réseaux souterrains multiples de l'État islamique en France et, plus largement, en Europe, le New York Times apporte de nouveaux éléments sur la stratégie de l'organisation terroriste au-delà des frontières des territoires qu'elle contrôle en Syrie et en Irak.

En s'appuyant sur le témoignage d'Harry Sarfo, un djihadiste incarcéré en Allemagne après son retour de Syrie, ainsi que de nombreux documents issus des services de renseignement français, belges, allemands et autrichiens auxquels il a eu accès, le New York Times se penche sur le rôle d'Emni, une cellule secrète de l'État islamique qui rassemble à la fois des forces de police déployées dans les territoires contrôlés par l'organisation terroriste, mais surtout une branche spécialisée dans les opérations extérieures et l'exportation du terrorisme au-delà de ses frontières.

Répartition géographique

L'une de ses missions serait ainsi d'envoyer (ou de mobiliser) ses soldats pour mener des actions violentes et des attaques terroristes à travers le monde. Les témoignages et les documents recueillis par le New York Times décrivent une cellule à plusieurs niveaux, sous le contrôle direct d'Abu Muhammad al-Adnani, porte-parole, chef de la propagande et l'un des plus anciens cadres de l'État islamique en Syrie. Sous ses ordres, on retrouve plusieurs lieutenants mandatés pour préparer des attaques chacun dans la région du monde qu'il leur est confiée: l'Europe, l'Asie...

L'article du New York Times explique, par ailleurs, comment Emni procède pour positionner ses hommes à travers l'Europe, notamment en demandant à certains nouveaux arrivants de faire marche-arrière à leur arrivée à la frontière turco-syrienne et de retourner dans leur pays d'origine où ils seront plus «utiles» pour l'organisation terroriste. Avant cela, les nouvelles recrues en provenance d'Europe (et du reste du monde) sont réparties dans des dortoirs, puis examinées, répertiorées et questionnées.

Mon ami leur a demandé ce qu'il en était de la France et ils ont commencé à rire. Ils ont répondu: “Ne t'inquiète pas pour la France”

Interrogatoires

Depuis la prison de Brême où il est incarcéré, Harry Sarfo se souvient de son interrogatoire à son arrivée, face à un homme équipé d'un ordinateur:

«Il me posait des questions banales comme: Quel est votre nom? Quel est votre second prénom? Qui est votre mère? D'où vient-elle? Quelles études avez-vous suivies? Quels diplômes possédez-vous? Quelle est votre ambition? Que souhaitez-vous devenir?»

Trois jours après son arrivée, des hommes cagoulés d'Emni sont venus lui rendre visite pour lui annoncer que, malgré son envie de combattre en Syrie et en Irak, il serait préférable qu'il rentre en Allemagne. «Ils m'ont dit qu'ils n'avaient pas assez de monde sur le sol allemand prêts à faire le job», a-t-il déclaré lors d'un interrogatoire mené par les autorités allemandes peu après son interpellation, en 2015.

En France, en revanche, la cellule se targuait de posséder plus de volontaires que nécessaire. «Mon ami leur a demandé ce qu'il en était de la France et ils ont commencé à rire. Mais à rire sérieusement, avec des larmes aux yeux. Ils ont répondu: “Ne t'inquiète pas pour la France”.» Cette conversation a eu lieu au mois d'avril 2015. Sept mois, précisément, avant que 130 personnes trouvent la mort dans une série d'attaques terroristes coordonnées dans Paris et sa banlieue, revendiquées par l'État islamiqu

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Emni, la cellule de Daech chargée d'exporter le terrorisme dans le monde

Repéré par Robin Panfili

Monde

Un panneau de l'État islamique dans la ville de Manbij, dans le nord de la Syrie l'un des endroits où les combattants étrangers étaient accueillis à leur arrivée. DELIL SOULEIMAN/AFP

Une cellule secrète de l'État islamique a pour mission de programmer à distance des attaques terroristes au-delà de ses frontières et de renvoyer les nouvelles recrues dans leur pays d'origine.

Si l'enquête qui a suivi les attentats de novembre 2015, à Paris et Saint-Denis, avait permis de mettre en lumière les ramifications, les appuis, les soutiens et les réseaux souterrains multiples de l'État islamique en France et, plus largement, en Europe, le New York Times apporte de nouveaux éléments sur la stratégie de l'organisation terroriste au-delà des frontières des territoires qu'elle contrôle en Syrie et en Irak.

En s'appuyant sur le témoignage d'Harry Sarfo, un djihadiste incarcéré en Allemagne après son retour de Syrie, ainsi que de nombreux documents issus des services de renseignement français, belges, allemands et autrichiens auxquels il a eu accès, le New York Times se penche sur le rôle d'Emni, une cellule secrète de l'État islamique qui rassemble à la fois des forces de police déployées dans les territoires contrôlés par l'organisation terroriste, mais surtout une branche spécialisée dans les opérations extérieures et l'exportation du terrorisme au-delà de ses frontières.

Répartition géographique

L'une de ses missions serait ainsi d'envoyer (ou de mobiliser) ses soldats pour mener des actions violentes et des attaques terroristes à travers le monde. Les témoignages et les documents recueillis par le New York Times décrivent une cellule à plusieurs niveaux, sous le contrôle direct d'Abu Muhammad al-Adnani, porte-parole, chef de la propagande et l'un des plus anciens cadres de l'État islamique en Syrie. Sous ses ordres, on retrouve plusieurs lieutenants mandatés pour préparer des attaques chacun dans la région du monde qu'il leur est confiée: l'Europe, l'Asie...

L'article du New York Times explique, par ailleurs, comment Emni procède pour positionner ses hommes à travers l'Europe, notamment en demandant à certains nouveaux arrivants de faire marche-arrière à leur arrivée à la frontière turco-syrienne et de retourner dans leur pays d'origine où ils seront plus «utiles» pour l'organisation terroriste. Avant cela, les nouvelles recrues en provenance d'Europe (et du reste du monde) sont réparties dans des dortoirs, puis examinées, répertiorées et questionnées.

Mon ami leur a demandé ce qu'il en était de la France et ils ont commencé à rire. Ils ont répondu: “Ne t'inquiète pas pour la France”

Interrogatoires

Depuis la prison de Brême où il est incarcéré, Harry Sarfo se souvient de son interrogatoire à son arrivée, face à un homme équipé d'un ordinateur:

«Il me posait des questions banales comme: Quel est votre nom? Quel est votre second prénom? Qui est votre mère? D'où vient-elle? Quelles études avez-vous suivies? Quels diplômes possédez-vous? Quelle est votre ambition? Que souhaitez-vous devenir?»

Trois jours après son arrivée, des hommes cagoulés d'Emni sont venus lui rendre visite pour lui annoncer que, malgré son envie de combattre en Syrie et en Irak, il serait préférable qu'il rentre en Allemagne. «Ils m'ont dit qu'ils n'avaient pas assez de monde sur le sol allemand prêts à faire le job», a-t-il déclaré lors d'un interrogatoire mené par les autorités allemandes peu après son interpellation, en 2015.

En France, en revanche, la cellule se targuait de posséder plus de volontaires que nécessaire. «Mon ami leur a demandé ce qu'il en était de la France et ils ont commencé à rire. Mais à rire sérieusement, avec des larmes aux yeux. Ils ont répondu: “Ne t'inquiète pas pour la France”.» Cette conversation a eu lieu au mois d'avril 2015. Sept mois, précisément, avant que 130 personnes trouvent la mort dans une série d'attaques terroristes coordonnées dans Paris et sa banlieue, revendiquées par l'État islamiqu