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Publié par Patrick Granet

AutreFutur /30 juillet 2016

Réflexions - Culture

L’été est propice à la réflexion. Nous vous proposons de lire ou relire Le Dictionnaire du mensonge [1] de Pio Rossi [2]. On y trouve des observations précises sur les dévoiements du langage qui concourent à la duplicité générale des relations sociales.


"Les avantages de la dissimulation sont trois.
Le premier est d’endormir ceux qui s’opposeraient à nos intentions dès qu’elles sont rendues publiques. Le deuxième de nous réserver, à chaque occurrence, une belle retraite. Le troisième avantage est de nous découvrir l’esprit d’autrui ; d’où le proverbe espagnol : Dis un mensonge et tu trouveras une vérité. "

Avant-goût :

ACCUSER. Si l’autorité de celui qui accuse pouvait rendre brusquement l’innocence suspecte, vaines seraient les espérances et misérable la condition des hommes. Malheureux le monde, si les grands pouvaient authentifier leurs calomnies sous le seul prétexte de les avoir proférées. Il n’y aurait nulle bonté qui ne fût mise dans l’ombre et présentée comme coupable au tribunal de la mort.
Pour accuser autrui, encore faut-il être pur et innocent.

ADULER, ADULATION. N’est pas adulateur celui qui dit la vérité, tout comme ce n’est pas aduler le soleil que de déclarer que le soleil resplendit ou réchauffe.
C’est chose naturelle aux hommes que de désirer la louange : s’ils ne peuvent obtenir la véritable, ils tirent jouissance de la fausse.
L’apparence flatteuse de celui qui adule est le charme le plus puissant que la fraude prenne pour nous en rendre fous. L’adulation est ce monstre doux qui ne complote que de retirer au monde la vérité.
L’adulation, quoiqu’elle soit une peste atroce, n’offense pourtant que ceux qui la reçoivent et s’en délectent. Elle est en elle-même la parure de tous les vices.
Meilleur est l’homme et moins il a besoin d’adulation.
L’adulation est devenue un mal qui est doux, un vice civil. On masque l’intérieur avec l’extérieur. On voile le cœur avec le visage. On ternit l’aspect et le miroir de la vérité par le souffle d’une parole. Ainsi l’homme, que David le sacré avait figuré par l’allégorie de la cithare, ne tire son que de cordes fausses : il fait résonner une voix sans cœur ou qui trahit le cœur même. Instrumentiste de cette tromperie est le fausset de l’intérêt qui joue le rôle de grand maître de chapelle dans le concert de l’univers.

AMIS DE FORTUNE. Les amis de fortune courent là où elle est. Ils haïssent qui la possède parce qu’ils voudraient la posséder.
Les amis de fortune se laissent pousser par le souffle des vents et des aventures.

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