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Publié par Patrick Granet

26 juillet
4 personnes décédées à Calais depuis un peu plus de deux semaines

Cette frontière tue et ne cessera pas de prendre des vies tant qu’elle ne sera pas ouverte.

Suite aux décès successifs d’habitant-es de la “jungle”, un collectif de personnes, comprenant la plupart des associations ont décidé de se réunir chaque lendemain de décès en ville afin de défier l’indifférence générale face aux victimes de cette frontière. En effet, depuis un peu plus de deux semaines, ce sont 4 personnes qui sont décédées des suites du régime répressif à l’oeuvre à Calais.

Dans la nuit du 12 juillet, Samrawit, une femme de 19 ans originaire d’Erythrée a été mortellement percutée par un automobiliste qui a pris la fuite par la suite sur une des autoroutes de Calais.

Il semble que la police ait ensuite tiré une grande quantité de gaz lacrymos sur la jungle alors que tout le monde dit que rien n’avait provoqué ça.

Samrawit fut l’une des nombreu-ses expulsé-es du camp de Steenvoorde la veille, le 11 juillet. Forcée à retourner à Calais et à essayer des moyens plus dangereux de tenter de traverser la frontière. Encore une fois, nous contestons les déclarations de la police évoquant une expulsion paisible et non violente au regard de ses conséquences dévastatrices.

Dans la nuit du 20 au 21 juillet, un homme a été retrouvé mort sur la même autoroute. Le 26 juillet, suite aux opérations policières de pression sur les lieux de sociabilité de la “jungle”, une bagarre violente a éclaté où un homme est mort suite à des blessures de coups de couteau. Enfin, le 27 au soir, un homme de 28 ans est mort sur l’autoroute, encore une fois percuté par un véhicule qui s’est échappé aussitôt.

Ainsi, dans ce climat morbide, nous avions décidé hier soir de nous réunir pour commémorer la mort du jeune éthiopien décédé le 26. Sous prétexte de la tenue d’un rassemblement d’extrême-droite, la sous préfecture a interdit notre rassemblement la veille au soir. Encore une fois, l’Etat confirme ses politiques racistes, une des raisons de l’interdiction étant que “ceux-ci [les migrants] dont le nombre atteint 4500 individus font preuve de comportements violents”. C’est donc les fourgons de police qui nous attendaient devant le parc Richelieu à 18h30. Après avoir dispersé la vingtaine de personnes présentes, ils sont même allés jusqu’à arrêter une manifestante, qui est actuellement toujours en garde à vue.

Mais la censure politique de l’Etat ne nous empêchera pas de rappeler que ces frontières tuent et mutilent quotidiennement. Un autre rassemblement ce tiendra ce soir à 18h30, toujours devant le parc Richelieu afin de commémorer la mort du jeune homme le 27.

25 juillet
Construction d’un nouveau mur autour de la Jungle

Le projet consiste en un mur de béton de 4 mètres de haut avec une partie végétalisée du côté de la route et du béton gravé (avec des scènes de la ville de Calais !) du côté du bidonville et de la zone commerciale. Tout ceci sera bien sûr financé par le Royaume-Uni. Les travaux commenceront début août et s’étendront sur 16 semaines. Il faut noter aussi que le commissaire et le représentant de la mairie qui étaient présents ont tous deux rappelé leur volonté d’expulser tout les habitats de la jungle pour ne laisser plus que les containers. Des caméras de vidéosurveillance seront aussi posées sur ce mur.

Malgré leur faux semblants ridicules à coup de verdure et “d’apparence accueillante”, il est clair que les autorités tentent de transformer encore un peu Calais en une prison à ciel ouvert. Face à une politique d’apartheid et des mesures de plus en plus concentrationnaires, on vous invite à agir comme bon vous semble contre la construction de ce nouveau mur. À suivre…

11 juillet
Dispersions massives dans la région

Aujourd’hui, la police et la gendarmerie ont expulsé le camp de Steenvoorde (Hazebrouck) tôt dans la matinée. Un camp/jungle existait là depuis huit ans, où vivaient des personnes originaires principalement d’Érythrée, du Soudan, d’Éthiopie.

Contrairement à ce que les autorités ont dit aux médias locaux, l’expulsion n’était pas apaisée – en ceci que les 65 personnes qui ont été mises dans un bus partant pour le sud de la France n’étaient pas en mesure de faire un choix véritable vu la lourde présence policière et les menaces de détentions et d’expulsions.

Les autorités détruisent ce camp, qui hébergeait entre 100 et 200 personnes.

Cela se déroule dans le cadre d’une stratégie générale de dispersion massive des migrant-es dans la région. Le petit camp de Chocques a été expulsé il y a environ un mois. Il y a eu aussi des expulsions à Dieppe et Cherbourg la semaine dernière. Un procès concernant l’expulsion du camp de Norrent-Fontes (Isbergues) aura lieu le 27 juillet 2016.

Lire plus sur Calais Migrant Solidarity

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