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Publié par Patrick Granet

Citoyens de la classe ouvrière

Citoyens de la classe ouvrière

ETAT D’URGENCE dans les banlieues, reconnaissance par voie législative du rôle positif de la colonisation, ce sont les dernières attaques contre les citoyens de la classe ouvrière par un gouvernement qui persiste en refusant d’abroger cette loi, tout au plus le Président consent à instaurer une commission.

La bourgeoisie française n’est pas disposée à une autocritique même symbolique. Il s’agit bien là de la bourgeoisie française. La France c’est la grande majorité des exploités et des opprimés qui y vivent et s’y battent quelles que soient leur origines nationales. La bourgeoisie française assume son passé colonial et affiche sans vergogne son intention d’avoir recours contre la classe ouvrière dans son ensemble aux mêmes méthodes si cela s’avérait nécessaire. C’est ainsi que s’explique la réactivation d’une loi de 1955 en pleine guerre d’Algérie. Car, son arsenal répressif légal des lois Perben aux lois Sarkozy est amplement suffisant pour maintenir l’ordre bourgeois.

Soyons intransigeants sur la question du colonialisme. Il est inconcevable de pouvoir lui trouver des aspects positifs. Le seul fait de dire que les colons ont apportés des hôpitaux aux colonisés, c’est dire que ces derniers étaient des barbares congénitalement arriérés et donc incapables de parvenir par leur propres moyens au progrès. Voilà synthétisé toute l’idéologie colonialiste.

Affirmer, comme l’écrit Maurice Szafran dans Marianne du 3 décembre 2005 en reprenant des propos de Max Gallo, que : « le phénomène de la colonisation exige des analyses fines, complexes, au-delà, cela va de soi, du méchant (blanc) et du gentil (noir ou arabe) » c’est, n’en déplaise à cet ardent défenseur de la République, excuser le crime colonial. Entrer dans un pays manu militari avec une puissance de feu très largement supérieure, lui imposer des institutions étrangères, contrecarrer son développement et pratiquer l’esclavage par dessus le marché, c’est un viol, un crime contre l’humanité. Même l’abolition de l’esclavage ou même la décolonisation sous contrôle de la puissance coloniale ne change rien au fond du problème.

Minoritaire, illégitime la droite au pouvoir engagée dans un plan de destruction sociale et de mise en liberté surveillée de la démocratie cherche à diviser la classe ouvrière. Elle cherche à opposer le travailleur qui a encore un emploi à celui qui est dans la galère et met le feu à sa banlieue. Elle cherche à opposer le travailleur français à celui qui a été contraint de quitter son pays ruiné par les « bienfaits » de la bourgeoisie française.

Cette entreprise ne sera battue en brèche que par l’unité des toutes les composantes de la classe ouvrière. Le procès du colonialisme, inséparable du procès du capitalisme, sera fait par la seule classe ouvrière. La république bourgeoise n’est pas universelle, seule est universelle c’est la République des citoyens de la classe ouvrière.

Yannick Villars

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