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Publié par Patrick Granet

Europe, Amérique, Moyen-Orient, Asie... Les attentats kamikazes s’emballent. Imprévisibles car peu sophistiqués, mais meurtriers. Ils montrent qu’il est urgent de réfléchir, de tirer des bilans et de changer de politique.

Après Nice, après l’Allemagne, après Orlando, aprèsIstanbul, après Bagdad, après Dacca, il ne fait aucun doute que les tueries aveugles, sous couvert de dijhad, vont se poursuivre.

En France, l’état d’urgence démontre son impuissance face à la menace insaisissable d’attentats d’un nouveau genre : peu de « vraies » cellules djihadistes ; davantage d’individus quasi inorganisés, souffrant de fragilités psychiques et sociales, décidés à se suicider après avoir répandu la mort.

Ce phénomène est connu de longue date aux États-Unis, régulièrement frappés par des individus s’érigeant en « tueurs de masse ». Aujourd’hui, certains ajoutent un éclat supplémentaire à leur crime en se drapant du drapeau du djihad, à la satisfaction de Daech, qui peut ainsi revendiquer des « soldats » et faire monter la peur.

Ne pas faire la politique espérée par Daech

Comment éradiquer le djihadisme ? Répétons-le : la fuite en avant dans la formule "guerre au terrorisme" + État policier est une fausse réponse. Et encore plus fausse si, comme le fait l’extrême droite, on y ajoute le ressentiment et les menaces à l’encontre de la minorité musulmane en France, alors qu’elle subit autant les horreurs djihadistesque l’ensemble de la population.

Cela, c’est typiquement faire la politique souhaitée par Daech : aggraver la stigmatisation de la minorité musulmane en Europe, diviser la société selon des clivages identitaires, faire monter la suspicion et la peur. C’est la politique du « choc des civilisations » que souhaitent, chacun à leur façon, les djihadistes et les nationalistes tenants de l’« Occident blanc ». Or le clivage n’est pas entre Orient et Occident mais, au sein même de l’Orient et de l’Occident, entre progressistes et réactionnaires.

En finir avec le djihadisme

Il est vital de sortir de l’engrenage sans fin des carnages djihadistes :

  • en soutenant les forces progressistes au Moyen-Orient (dont le fer de lance est aujourd’hui la gauche kurde), seule alternative politique réelle au chaos actuel ;
  • en dénonçant la duplicité de l’État français qui proscrit la gauche kurde, mais pactise avec des régimes (AKP turc, monarchie saoudienne et qatari) qui ont fait le lit du djihadisme ;
  • en mettant fin à l’interventionnisme militaire auquel l’État français nous accoutume depuis des siècles, malgré les retours de bâton contre la population civile (« leurs guerres, nos morts ») ;
  • en enrayant le délitement social, qui pousse divers désespérées et fanatiques à basculer dans le meurtre de masse, quitte à l’habiller du drapeau du djihad ;
  • en stoppant la militarisation de la société (État policier, état d’urgence…), inefficace contre le terrorisme, mais très utile à l’État pour réprimer les mouvements sociaux.

Pour l’essentiel, Alternative libertaire ne renie rien de ce qu’elle écrivait à ce sujet après les attentats de novembre 2015.

Alternative libertaire, 27 juillet 2016

Europe, Amérique, Moyen-Orient, Asie... Les attentats kamikazes s’emballent. Imprévisibles car peu sophistiqués, mais meurtriers. Ils montrent qu’il est urgent de réfléchir, de tirer des bilans et de changer de politique.

Après Nice, après l’Allemagne, après Orlando, aprèsIstanbul, après Bagdad, après Dacca, il ne fait aucun doute que les tueries aveugles, sous couvert de dijhad, vont se poursuivre.

En France, l’état d’urgence démontre son impuissance face à la menace insaisissable d’attentats d’un nouveau genre : peu de « vraies » cellules djihadistes ; davantage d’individus quasi inorganisés, souffrant de fragilités psychiques et sociales, décidés à se suicider après avoir répandu la mort.

Ce phénomène est connu de longue date aux États-Unis, régulièrement frappés par des individus s’érigeant en « tueurs de masse ». Aujourd’hui, certains ajoutent un éclat supplémentaire à leur crime en se drapant du drapeau du djihad, à la satisfaction de Daech, qui peut ainsi revendiquer des « soldats » et faire monter la peur.

Ne pas faire la politique espérée par Daech

Comment éradiquer le djihadisme ? Répétons-le : la fuite en avant dans la formule "guerre au terrorisme" + État policier est une fausse réponse. Et encore plus fausse si, comme le fait l’extrême droite, on y ajoute le ressentiment et les menaces à l’encontre de la minorité musulmane en France, alors qu’elle subit autant les horreurs djihadistesque l’ensemble de la population.

Cela, c’est typiquement faire la politique souhaitée par Daech : aggraver la stigmatisation de la minorité musulmane en Europe, diviser la société selon des clivages identitaires, faire monter la suspicion et la peur. C’est la politique du « choc des civilisations » que souhaitent, chacun à leur façon, les djihadistes et les nationalistes tenants de l’« Occident blanc ». Or le clivage n’est pas entre Orient et Occident mais, au sein même de l’Orient et de l’Occident, entre progressistes et réactionnaires.

En finir avec le djihadisme

Il est vital de sortir de l’engrenage sans fin des carnages djihadistes :

  • en soutenant les forces progressistes au Moyen-Orient (dont le fer de lance est aujourd’hui la gauche kurde), seule alternative politique réelle au chaos actuel ;
  • en dénonçant la duplicité de l’État français qui proscrit la gauche kurde, mais pactise avec des régimes (AKP turc, monarchie saoudienne et qatari) qui ont fait le lit du djihadisme ;
  • en mettant fin à l’interventionnisme militaire auquel l’État français nous accoutume depuis des siècles, malgré les retours de bâton contre la population civile (« leurs guerres, nos morts ») ;
  • en enrayant le délitement social, qui pousse divers désespérées et fanatiques à basculer dans le meurtre de masse, quitte à l’habiller du drapeau du djihad ;
  • en stoppant la militarisation de la société (État policier, état d’urgence…), inefficace contre le terrorisme, mais très utile à l’État pour réprimer les mouvements sociaux.

Pour l’essentiel, Alternative libertaire ne renie rien de ce qu’elle écrivait à ce sujet après les attentats de novembre 2015.

Alternative libertaire, 27 juillet 2016

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