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Publié par Patrick Granet

'organisation de l'État islamique (EI) a revendiqué l'attaque intervenue mardi matin contre l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray par « deux soldats ». Un prêtre a trouvé la mort, une autre personne a été grièvement blessée. Les deux forcenés ont été abattus. Le parquet antiterroriste est saisi.

ux preneurs d'otages qui s'étaient retranchés mardi matin 26 juillet dans une église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen en Seine-Maritime, avec cinq otages, ont été « neutralisés », a annoncé la police nationale sur Twitter. Au moins un otage a trouvé la mort, le prêtre auxiliaire Jacques Hamel, né en 1930, à la retraite depuis une dizaine d'années, qui aurait été égorgé, a-t-on précisé de source policière. Une seconde personne aurait été grièvement blessée. Elle aurait subi une tentative d'égorgement et serait à l'heure actuelle entre la vie et la mort, selon une source citée par Le Figaro. Elle a été prise en charge par le Service mobile d'urgence et de réanimation (SMUR) de Rouen.

Une fois l'alerte déclenchée, le bâtiment a été cerné par les forces de police et de gendarmerie, et le quartier isolé. Une religieuse, présente ce matin dans l’église et qui a réussi à s’échapper pour donner l’alerte, a raconté au Figaro l'arrivée des deux meurtriers. « Ils sont entrés brusquement. Ils ont pris l’espace. Ils parlaient en arabe. J’ai vu un couteau. Je suis partie au moment où ils commençaient à agresser le père Jacques. Je ne sais même pas s’ils ont réalisé que je partais. »

François Hollande et le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve se sont immédiatement rendus sur les lieux du drame. Selon les premières déclarations du chef de l'État, les deux terroristes « se réclamaient de Daech ». Une information confirmée par l'organisation, qui a revendiqué cette attaque menée « par deux soldats ».

« Les Français doivent savoir qu'ils sont menacés mais qu'ils ne sont pas le seul pays, l'Allemagne l'est aussi et d'autres, mais que leur force tient à leur cohésion », a ajouté le président. « Nous sommes face à une épreuve, une de plus, car la menace est très élevée et elle reste très élevée, nous sommes face à un groupe, Daech, qui nous a déclaré la guerre. » De son côté, le premier ministre Manuel Valls a appelé à faire « bloc ».

Le parquet antiterroriste est saisi de cette tuerie, selon le porte-parole du ministère de l’intérieur. L'enquête est confiée à la Sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), selon un communiqué du procureur de Paris. Selon une source citée par 20 minutes, un homme aurait été arrêté et des perquisitions auraient eu lieu. Ce n’est pas la première fois qu’un lieu de culte est visé par un attentat. Arrêté le 19 avril 2015, après s’être tiré une balle dans la jambe, Sid Ahmed Ghlam, un étudiant de 24 ans, projetait de viser une église.

« Les deux assaillants ont pris en otages les cinq personnes qui se trouvaient là », a dit sur France Info Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l'intérieur. « La BRI de Rouen est intervenue très rapidement, le secteur a été bouclé immédiatement […], les forces de l'ordre ont pris position autour et à un moment donné les deux assaillants sont sortis de l'église et ont été à ce moment-là neutralisés par la BRI », a-t-il ajouté.

Selon de premières informations, l'un des deux meurtriers pourrait être A. K., un jeune homme de 19 ans originaire de la commune. Selon Marianne, ce dernier a commencé à se radicaliser par Internet après les attentats de janvier 2015. Arrêté une première fois en Allemagne alors qu'il est encore mineur, A.K. tente une seconde fois le voyage vers la Syrie, mais en passant par Genève. Tout juste majeur, il a été arrêté le 14 mai 2015 à Cointrin puis incarcéré dans la prison de Champ-Dollon, selon La Tribune de Genève. Il a été mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme. Il serait depuis sorti de prison en mars 2016, muni d'un bracelet électronique.

« Je ne pouvais pas imaginer qu'une telle chose pourrait nous arriver », a déclaré à Libération le père Auguste Moanda-Phuati, curé de nationalité congolaise de la paroisse de Saint-Étienne-du-Rouvray. En poste depuis cinq ans, celui-ci affirme n'avoir « jamais reçu de menace » et se dit « bouleversé et consterné ».

Mohammed Karabila, président du Conseil régional du culte musulman de Normandie, travaillait avec Jacques Hamel lors de réunions interconfessionnelles, depuis le début de la vague d'attentats en France. Il s’est dit « effaré par le décès de [son] ami ». « C’est quelqu’un qui a donné sa vie aux autres. On est abasourdis à la mosquée », a-t-il ajouté. La mosquée de Saint-Étienne-du-Rouvray avait été inaugurée en 2000.

Selon Le Monde, Mgr Lebrun, archevêque de Rouen, en Pologne pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), devrait rentrer le plus rapidement possible en France, tout comme Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France. Dans un communiqué du Vatican, le pape François s'associe « à la douleur et à l'horreur » et « condamne de la manière la plus radicale » l'attaque de ce matin. « Nous sommes particulièrement frappés parce que cette violence horrible est intervenue dans une église, un lieu sacré où s'annonce l'amour de Dieu, avec le meurtre barbare d'un prêtre et des fidèles touchés », explique le Vatican.

Le président de la République va réunir demain la Conférence des représentants des cultes en France (CRCF). La CRCF, créée en novembre 2010, regroupe six instances responsables des Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe, protestante), de l'islam, du judaïsme et du bouddhisme.

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